lundi 26 novembre 2007

Dernier dimanche de l’année liturgique : Matthieu 24, 36-44

C’est aujourd’hui le dernier dimanche du temps de l’Eglise. Une période de l’année qui prend des airs de fin du monde, avec ses passages bibliques évoquant le jugement des nations et la présence glorieuse de Dieu… Et nous voici ce matin dans le cercle intime des disciples, à poser les mêmes questions : Seigneur, dis-nous comment les choses se passeront ! Jésus soulève alors un coin du voile ; il parle des signes de la fin. Il annonce son retour. Il nous donne rendez-vous.
Frères et sœurs, réglez bien vos montres, car Jésus reviendra
- mais personne ne sait quand
- mais à contretemps
- alors soyons vigilants !


I
Cette histoire commence comme une réunion qui s’éternise.
Quelqu’un demande : - cela ne devait pas se terminer à 21 heures ?
Un autre répond : - si ! mais on n’a pas précisé le mois ni l’année !
C’est une blague pour dire que la réunion durera le temps nécessaire, même si l’ordre du jour précise une heure où chacun, normalement, devait rentrer chez soi. Je peux témoigner que généralement, cette blague fait plutôt rire jaune… Que dit Jésus ? Je reviendrai, mais « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, mais le Père seul ».
Alors !? Méchante blague au peuple des croyants ? Un peu comme s'il disait : réglez vos montres, mais j’enlève les aiguilles ? Bien plus : n'est-ce pas la meilleure manière d'endormir notre vigilance ?
En réalité, c'est l'inverse. Pour en être sûr, rappelez-vous peut-être… votre adolescence, quand vous sortiez le samedi soir et que vous disiez à votre mère : ne t’inquiète pas ! Que faisait-elle ? Je peux vous dire que la mienne, elle ne fermait pas l’œil de la nuit ! Elle savait que je devais rentrer ; elle ne connaissait pas le moment exact, alors elle attendait. Et quand enfin son gamin faisait grincer les escaliers et montait se coucher, elle pouvait s’endormir…
Jésus voudrait que chaque croyant attende son retour comme si c'était pour cette nuit. Pensez aussi à la façon dont vous avez peut-être attendu votre fiancé(e) avant chaque rendez-vous ; l’excitation, la joie qui vous animaient… Jésus, pareillement, voudrait que notre vie chrétienne se passe dans la joie de son retour, avec cet amour qui nous fait tant le désirer et le voir.
Vous savez que bien des sectes ont annoncé la venue du Christ avec une précision qu’elles pensaient pouvoir trouver dans les Ecritures… Jésus ne nous demande pas de chercher à deviner le jour de son retour ; personne ne peut le faire, quoi qu’en disent les faux prophètes. Par contre, il voudrait que l’agenda de nos vies comporte deux remarques importantes : il reviendra sûrement, et il reviendra bientôt. Nous a-t-il déjà menti ? Pouvons-nous, ne serait-ce qu’une fois, le prendre en défaut ; lui dire : cela, Jésus, tu l’as annoncé et ce n’est pas arrivé ?
Bientôt, nous fêterons Noël. Aussi sûrement qu'il est né autrefois à Bethlehem, aussi sûrement, il déchirera le ciel et il reviendra. Peu de gens attendaient le Messie il y a deux mille ans ; mais les prophéties se sont quand même accomplies. A la fin des temps, « la foi du plus grand nombre se refroidira », annonce la Bible ; peu importe : il reviendra.
Bien plus : il reviendra bientôt. Mais voici un « bientôt » qui nous gène beaucoup. Vous connaissez cette autre blague que se racontent les enfants : quel est le mot le plus long de la langue française ? Alors vous réfléchissez… Vous pensez à « anticonstitutionnellement » ou un autre phénomène linguistique du même genre… Eh bien pas du tout ! La réponse, c’est « élastique », parce qu’il s’étire !
Frères et sœurs, le mot le plus long de la Bible, c’est « bientôt » (il reviendra « bientôt ») parce que ce bientôt s’étire depuis 2000 ans ! Mais Jésus n’est pas lié au temps comme nous le sommes… Un psaume dit même que pour Dieu, « mille ans sont comme un jour ». Rappelez-vous : la première mention du temps dans la Bible vient avec la mort. Dieu dit à l’homme : « Le jour où tu mangeras de cet arbre, tu mourras ». C’est quand le péché est entré dans le monde que Dieu a commencé à parler au futur ; quand il a fallu annoncer la venue d’un rédempteur… Il semble donc normal que ce monde de souffrance connaisse un terme – et que ce terme soit fixé- puisque sa nature même le lie au temps qui passe....
De ce point de vue, le « bientôt » quelque peu atemporel du Seigneur apparaît bien adapté à sa promesse ! C’est pourquoi vivons à l'heure du Christ en marquant sur nos agendas ces deux repères : il revient bientôt et il revient sûrement.


II
Frères et sœurs, réglez bien vos montres, car Jésus reviendra - mais personne ne sait quand. Sachons aussi que ce sera à contretemps.
Arriver « à contretemps », cela veut dire « comme un cheveu sur la soupe », « comme un chien dans un jeu de quilles ». Bref, le temps semble mal choisi ; en tout cas il surprend. Attention, dit Jésus, le jugement viendra subitement, au moment où vous n’y pensiez pas… Et pour bien comprendre, il rappelle l’histoire d’un autre jugement, et ses circonstances :
« Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu'à ce que le déluge vînt et les emportât tous ; il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme ». Terrible leçon que l’histoire de Noé et du déluge !
Vous direz peut-être : n’y a-t-il pas une contradiction dans le discours de Jésus ? Il parle des signes de la fin des temps, mais il dit que personne ne peut connaître le moment exact où cela se produira !
Mais regardez autour de vous ! Des signes comme les catastrophes naturelles, les dérèglements climatiques, la prolifération de l’arme nucléaire sont des repères pour ceux qui ont des oreilles pour entendre et un coeur croyant pour comprendre. Le monde voit aussi ces signes ; pourtant, « il regarde sans voir » comme dit la Bible, il a comme un voile devant les yeux. Bien sûr, dans le domaine de l’écologie notamment, il entreprend des réformes avec plus ou moins de succès. Chaque hiver également, notre société est capable de magnifiques élans de solidarité envers les plus démunis. Il faut le souligner et surtout ne pas le minimiser : l’Eglise n’a pas le monopole de la charité, Dieu merci ! Mais que montre l’expérience ? Les efforts de quelques-uns se heurtent toujours à l’égoïsme ou à l’indifférence du plus grand nombre. Il y a des catastrophes que l’on évite de justesse, mais beaucoup (trop) font sans cesse la une de nos journaux … Le monde ne peut trouver en lui-même les ressources de son salut. Il se construit sa propre morale et ses valeurs changent selon les époques. Les avertissements de l'Evangile sont relativisés, quand ils ne sont pas tout simplement ignorés. Les chrétiens – quand ils osent tenir tête à l’air du temps - sont taxés de personnes rétrogrades… de rêveurs, comme il y en a toujours eu dans l'histoire de ce monde.
Il en sera donc, à l'approche de la fin, comme au temps du déluge. Les gens regardaient le père Noé comme un original un peu fêlé, qui construisait un bateau au sommet d’une montagne. Eux construisaient des maisons solides pour y abriter leurs enfants. Et pourtant, dans ce monde qu'on croyait si stable et dans lequel rien ne devait jamais être bousculé, le déluge vint - selon la parole que l'Eternel avait dite - et les emporta tous. Sauf Noé et sa famille.
Jésus semble donc nous dire : Attention, vous qui connaissez l'histoire de Noé, prenez-en de la graine ! Réglez vos montres à l'heure de ce patriarche et ne vous laissez par endormir !
Bien sûr, ce monde fait de grands projets : les politiques construisent l'Europe. Les conférences mondiales travaillent activement pour la paix. De nouvelles découvertes ajouteront encore au confort de nos vies. La médecine fait reculer la maladie et même la mort. De nouvelles techniques étonnantes se multiplient et ainsi la roue tourne, mais je reviendrai, nous dit le Christ, à un moment ou personne ne m’attend. Il ne faut donc pas que la routine des jours qui passent vous endorme. Ne vous laissez pas abuser par les apparences ! Oui, je reviendrai - mais personne ne sait quand - mais à contretemps - alors soyez vigilants ! C’est le dernier point de cette méditation…


III
« Vigilant » ! Le mot vient de « veiller », c'est-à-dire s’abstenir de dormir. Le veilleur fait attention à ce qui l’entoure et réveille au besoin la population endormie… De là aussi les vigiles chargés de la sécurité et les surveillants de nos cours de récréation…
Si vous croyez en mes paroles, dit Jésus, vous ne serez pas pris au dépourvu. Il nous appelle à la vigilance : « En ce jour-là, de deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé ; et de deux femmes qui moudront à la meule, l'une sera prise et l'autre laissée. Veillez donc, puisque vous ne savez quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, Si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas fracturer sa maison. C'est pourquoi, vous aussi, tenez vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas ».
La Bible ne connaît pas trente-six manières d'être prêt. Il n'y en a qu'une : vivre dans la repentance et la foi en Christ. Comment ? En puisant chaque jour dans sa Parole !
Elle nous dit que Jésus a expié nos péchés et donné sa vie. Tous ceux qui saisissent ces paroles par la foi reçoivent ce qu’elles expriment : le pardon et le salut sans condition, sans contribution humaine d’aucune sorte. Et puisque nous péchons tous les jours et que tous les jours la chair, le monde et le diable nous entraînent à l'incrédulité, à la tiédeur, au doute, au désespoir ou à l'erreur, laissons-nous instruire, guider, consoler et rassurer par la Parole ! Elle doit nourrir notre âme comme le pain nourrit notre corps. Frères et sœurs, nous faisons preuve de vigilance quand nous permettons au Seigneur de s'asseoir près de nous pour nous parler de sa grâce qui nous donne une conscience paisible. Nous sommes vigilants quand son Evangile guide et sanctifie nos cultes ; quand il inspire le contenu de nos prières. Quand il réclame pour notre vie davantage de foi, de persévérance, de fidélité, de fermeté, de pureté, et toutes les bénédictions de son royaume. Sans lui, nous retomberions vite dans la tiédeur, l'aveuglement ou l'insouciance.
Nous témoignons enfin de notre vigilance quand les biens du Seigneur fructifient entre nos mains. C’est l’image des serviteurs de la parabole qui, en l’absence de leur maître, doublent chacun la valeur de leur dépôt… Frères et sœurs, comment gérons-nous ce que Dieu nous a confié ? Avons-nous « creusé un trou dans la terre » pour y cacher l’argent de notre maître, ou travaillons-nous à le faire fructifier ? Suis-je veilleur dans mon église, dynamique et entreprenant, attentif à ses besoins – y compris matériels ? Suis-je impliqué dans ses efforts missionnaires, dans ses associations de bienfaisance ?
C'est ainsi seulement, et pas autrement, que nos montres sont réglées à l'heure du Christ et aux bienfaits de son royaume. Alors, quoi qu'il arrive, où que nous soyons, nous serons enlevés au ciel. Jésus n'oubliera aucun de ses bien-aimés le jour du grand rendez-vous. Amen !

mercredi 14 novembre 2007

Pour l'Eglise persécutée

C'est au mois de Novembre de nombreuses paroisses célèbrent le Dimanche de l'Eglise Persécutée, journée de sensibilisation et de prière pour les chrétiens souffrant pour leur foi. En France, cette journée s'est tenue le 4 novembre, et le 11 (ou le 18) en Suisse.

Il faut se souvenir que c'est le 20ème siècle qui a vu la mort du plus grand nombre de chrétiens au cours de persécutions, pour l'essentiel menées dans les dictatures marxistes.

Aujourd'hui la situation demeure critique dans de trop nombreux points du globe, notamment en Chine, en Inde et dans le monde musulman. En Europe, il serait faux de parler de persécution, mais on note une volonté de certains mileux et gouvernements de bailloner les chrétiens au nom d'un certain "politiquement correct".

Ces faits demandent notre vigilance, exprimée dans la prière et la mobilisation. Dans notre pays, l'association Portes Ouvertes est à la pointe du combat pour soutenir nos frères persécutés, pourquoi ne pas se rendre sur son site: http://www.portesouvertes.fr/

Prière pour les chrétiens persécutés

Seigneur Jésus, devant qui tout genou fléchira, donne courage à nos frères pour qu'ils puissent confesser ton nom en face de l'opposition d'un monde hostile à l'Evangile. Aide-les à se souvenir de la longue lignée de témoins fidèles qui ont enduré la persécution et ont même fait face à la mort pour ne pas te déshonorer. Donne-leur la force de te confesser devant les hommes, sachant que tu les confesseras devant ton Père qui est dans les cieux; toi qui vis et règne avec le Père et le Saint Esprit, un seul Dieu aux siècles des siècles. Amen.

Prière pour les persécuteurs

Dieu éternel et tout-puissant, tu nous a commandé, par ton Fils notre Seigneur, d'aimer nos ennemis, de faire du bien à ceux qui nous maudissent et de prier pour ceux qui nous persécutent. C'est pourquoi nous t'implorons pour que, par ta grâce, nos ennemis puissent être amenés à une vraie repentance. Qu'ils puissent, Seigneur, avoir pour nous le même amour que nous avons pour eux, et qu'ils puissent être d'un seul coeur et d'un seul esprit avec ton Eglise. Par Jésus-Christ, notre Serigneur, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit. Amen.

mardi 30 octobre 2007

Prière pour la foi

Seigneur, écoute-moi.
Exauce-moi, Seigneur,Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, Dieu d’Israël, Toi, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
Dans Ta miséricorde infinie, Tu as daigné Te complaire en nous, hommes, afin que nous Te connaissions,Toi qui fis le ciel et la terre et qui règnes sur tout et sur tous.
Tu es Dieu, le Dieu vrai et unique,Il n’y en a d’autre en dehors de Toi ni au-dessus de Toi.Toi, qui par Notre Seigneur Jésus Christ,nous accordas le don du Saint Esprit,donne à celui qui Te prie de vivre et comprendre Que Tu es le seul Dieu, l’Unique.
Qu’il soit affermi en Toi et dans sa foi,et qu’il s’écarte des vains errements idolâtres que Toi, Dieu, Créateur et Père unique, condamnes.
Amen.

Irénée de Lyon

mardi 23 octobre 2007

Fête de la Réformation et assemblée de paroisse

Chers amis,

Il est grand temps de reprendre contact ! Il y a eu les vacances, la rentrée scolaire… Notre paroisse doit reprendre ses activités, aussi nous vous proposons de nous rencontrer pour nous entretenir de nos divers projets


DIMANCHE 28 OCTOBRE à 10 heures 30 à BEAUSSAIS
Fête de la Réformation, culte avec sainte cène


suivi d’un repas en commun dans la cantine de La Couarde,chacun apportant son repas (vin et café offerts par la paroisse).

L’après-midi nous aurons à réfléchir sur les sujets suivants :

- Instruction religieuse de nos enfants
- Stage de Thomas Constantini
- Recherche d’un ou d’une trésorière
- Organisation des activités de la paroisse après le départ en retraite de notre pasteur
- Nouvelles des diverses associations de notre Eglise.


Dans l’attente de vous rencontrer, je vous adresse mes salutations les plus fraternelles.


Pasteur Marc Amilhat

mercredi 17 octobre 2007

Genèse 12, 1-4a

L'Éternel dit à Abram: Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai.
Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction.
Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.
Abram partit, comme l'Éternel le lui avait dit, et Lot partit avec lui. Abram était âgé de soixante-quinze ans, lorsqu'il sortit de Charan.

Frères et sœurs, si Abraham avait été raisonnable et prudent, il serait resté tranquillement chez lui en Chaldée. Du coup, il ne serait pas devenu l’ancêtre du Christ et le père des croyants, et peut-être même ne serions-nous pas ici, à cette heure, pour célébrer ce culte. Tout allait bien pour lui. Il avait une maison, une femme, des parents et des amis, de grands troupeaux. Il était riche et avait tout pour être heureux. Il est vrai qu’il n’avait pas d’enfants. Mais à part cela, tout allait bien et il n’avait aucune raison au monde de quitter l’endroit où il vivait, de s’expatrier pour aller vers l’inconnu. En un mot, émigrer et devenir une sorte de sans-papiers. Et pourtant c’est ce qu’il fit. Il avait soixante-quinze ans, trente ans de plus que moi, quand il abandonna tout. Et lorsque les gens lui demandaient où il comptait aller, il ne pouvait que leur répondre : « Je n’en sais rien. C’est Dieu qui me demande de partir. Il doit savoir, lui ! » Ses voisins et ses amis ont dû lui dire : « Mais tu es fou, Abraham ! On ne quitte pas son pays comme ça ! La première tribu de bédouins venue te tombera dessus et prendra ton troupeau. Te rends-tu compte aussi de ce que tu imposes à ta femme ? Quand on a ton âge, on reste tranquillement à la maison et on soigne ses rhumatismes ! »
Quatre-mille ans ont passé depuis, mais ce qui est arrivé à Abraham reste d’une incroyable actualité. Pour chacun de nous. Car ce qui a poussé Abraham à ne pas agir de façon raisonnable peut nous aider à comprendre pourquoi nous avons pris nous aussi un risque, moins audacieux certes, mais un grand risque quand même, le risque de la foi.
Frères et sœurs, il y a trois raisons qui font que nous prenons le risque de la foi : Dieu nous parle ; Dieu nous séduit par ses promesses ; Dieu tient parole.



1) Nous prenons le risque de la foi, parce que Dieu nous parle.

« L’Eternel dit à Abram : quitte ton pays, ta patrie et la maison de ton père, et va dans le pays que je te montrerai. » J’avoue que j’aimerais bien savoir ce qui s’est passé dans la tête d’Abraham, quand Dieu lui demanda de quitter son pays et la maison de son père. J’aimerais savoir s’il a eu un moment d’incompréhension ou de révolte, si le doute a assailli son cœur et s’il s’est dit : « Mais pourquoi tout cela ? Je suis bien là où je suis. Qu’est-ce que le Seigneur attend de moi ? » Ce qu’en a pensé Sara m’intéresserait tout autant. Qu’ont-ils bien pu se dire, le matin au petit-déjeuner, après l’irruption du Seigneur dans leur vie ? Notre texte ne nous dit rien de tout cela. Il se contente de dire que Dieu parla à Abraham et qu’Abraham lui obéit. C’est tout. Le patriarche quitta tout et partit parce que Dieu le lui avait demandé. Dieu avait parlé.
Il nous paraît tout à fait normal que Dieu prenne la parole, qu’il s’adresse aux hommes et qu’il ait des choses à leur dire. Pourtant ils ne sont pas nombreux, les adeptes des religions païennes qui peuvent dire : « Notre dieu nous parle. »
Les dieux des Aztèques et des Incas n’ont jamais parlé à leurs adorateurs. Nzambi, le dieu des Congolais, n’a jamais rien dit aux païens qui le vénèrent.
Les moines et les pèlerins du Tibet, qui agitent inlassablement des moulins à prières, adressent leurs requêtes à des dieux qui ne leur parlent jamais, sans doute parce qu’ils n’ont rien à leur dire. Sommes-nous bien conscients de ce que cela veut dire : le Seigneur du monde, le Créateur de l’univers nous parle ? Il a des choses à nous dire. Il vient au-devant de nous dans sa Parole.
Dieu parla à Abraham, et il le fit avec une telle force que le patriarche se mit en route. On a l’impression qu’il a été atteint au plus profond de lui-même, au point que, même s’il avait voulu, il n’aurait pas pu résister. Saisi par la Parole de Dieu, il fait ce qu’il y a de plus insensé au monde : il prend ce qu’il possède et part pour l’inconnu ! Pas n’importe quel inconnu : le désert de l’actuelle Arabie Saoudite qu’il va arpenter sur des centaines de kilomètres ! Il est comme un cheval qui ne peut qu’aller là où le mène son cavalier, comme le disait Luther.
C’est aussi un peu ce qui nous est arrivé. Pourquoi prenons-nous le risque de la foi ? Pourquoi sommes-nous assez fous pour croire en un Dieu que nous n’avons jamais vu et dont personne ne peut nous prouver qu’il existe ? Pourquoi nous réunissons-nous depuis des années, oui depuis des dizaines d’années, chaque dimanche, pour rencontrer notre Dieu ? Alors que tant de gens autour de nous haussent les épaules quand ils nous voient, qu’ils sourient ou tout simplement nous regardent d’un air étonné ? C’est que Dieu a aussi fait irruption dans notre vie. Il ne nous a pas demandé l’impossible et l’incroyable comme à Abraham.
Aucun de nous n’a entendu une voix retentir du ciel et le bouleverser au point de dire avec le jeune Samuel : « Me voici, Seigneur ! Parle, ton serviteur t’écoute. » Il ne s’est pas dressé devant nous comme devant Saul de Tarse pour nous dire : « Arrête ! Tu fais fausse route ! », nous forçant à changer radicalement de vie.
Abraham, Samuel, Saul auraient pu dire : « Attends ! Qui me dit que c’est bien le Seigneur qui me parle ? Et si j’étais victime d’une hallucination ? Je veux d’abord des preuves avant de m’engager ! » Non, ils n’ont pas dit cela. Abraham entend ce qui pour lui ne peut être que la voix de Dieu. Samuel aussi ! Et Saul que le Christ va transformer en l’apôtre Paul !
Frères et sœurs, quand Dieu nous parle, les circonstances sont des plus simples, des plus ordinaires et des plus modestes. Quand Dieu a-t-il parlé pour la première fois à la plupart d’entre nous ? Le jour de notre Baptême, quand nous avions trois ou quatre semaines. Ce jour-là, Dieu nous a dit quelque chose d’inouï, de formidable. Il nous a dit : « Je t’adopte au nom de Jésus. Tu es à moi. Je suis ton Dieu et ton Père. »
Pendant toute notre enfance, Dieu nous a parlé à travers les histoires saintes que nos parents ou nos grands-parents nous ont racontées. Et nous voilà une fois de plus assis sur les bancs de l’église, et Dieu nous parle. Celui qui avait appelé Abraham, puis Samuel, puis Saul de Tarse, nous fait entendre sa voix en ce moment même pour nous dire des choses qui sont importantes pour nous.
Dieu parle aux hommes de bien des façons et sur des registres bien différents. Beaucoup parmi nous ont été accompagnés chaque jour, depuis leur enfance, par cette Parole de Dieu de telle façon qu’ils ont grandi tout naturellement dans la foi. Sans éclat, sans qu’ils aient eu à prendre des décisions draconiennes et bouleversantes, sans qu’ils aient été taraudés dans leur conscience et appelés à faire un choix qui a tout changé dans leur vie. Pour la plupart d’entre nous, c’était une chose tout à fait évidente de croire en ce que Dieu nous dit dans sa Parole. Mais il y en a d’autres pour qui ce n’était pas évident du tout. Pour qui croire en Dieu, lui confier sa route, lui soumettre sa volonté n’allait pas de soi. Ils ont dû rompre avec leur passé, rompre avec leurs anciennes habitudes et leurs anciens passe-temps, peut-être même avec leurs anciens amis, voire avec leur famille. Peut-être y en a-t-il parmi nous qui ont eu leur chemin de Damas, qui ont été magistralement frappés, littéralement renversés par une parole de Dieu qui ne les a plus lâchés et qui a tout changé dans leur vie.
Et puis il y en a peut-être aussi pour qui, aujourd’hui encore, il n’est pas évident de croire en lui et de confesser son nom. Des chrétiens qui sont agités, peut-être même minés par le doute, poursuivis par des questions auxquelles ils n’ont pas de réponses. Des chrétiens qui connaissent la peur et les interrogations et qui tremblent en prenant le risque de la foi. Des chrétiens qui se disent : « Et si tout cela n’était que rêve et illusions ? »
Qu’il est bon de savoir que la foi est un don de Dieu, qu’elle ne dépend pas de notre bonne volonté, des dispositions de notre cœur, de nos émotions ou de nos sentiments ! De savoir qu’on n’a pas besoin d’être un champion ni un héros de la foi pour avoir droit au titre de chrétien ! Qu’il est bon, oui, d’entendre que pour être authentique, notre foi n’a pas besoin d’être héroïque ! « Abraham crut en l’Eternel qui le lui imputa à justice », nous dit la Bible (Genèse 15, 6). Et il crut parce que Dieu avait parlé. « La foi vient de ce qu’on entend » (Romains 10, 17). Dieu nous appelle dans sa Parole comme il a appelé Abraham. Et il le fait de bien des façons ! Au point que nous sommes parfois tout étonnés de constater que nous croyons en lui et que nous l’aimons de tout notre cœur, alors que tout dans ce monde voudrait nous rendre la chose impossible. Nous prenons le risque de la foi parce que Dieu parle.


2) Nous le prenons aussi parce que Dieu nous séduit.

Il nous attire à lui en nous faisant de merveilleuses promesses.
Abraham a soixante-quinze ans. Ce n’est plus l’âge où l’on fait des enfants. Alors que bien des couples de nos jours font le choix de ne pas en avoir parce qu’ils ont le sentiment que leur union n’est pas assez stable, parce que c’est beaucoup de responsabilités et de travail ou qu’un bébé pourrait compromettre leur carrière, alors que chaque semaine on en détruit - en France - plus de cinq mille dans le ventre de leur mère parce que leur naissance n’est pas souhaitée, à l’époque d’Abraham ne pas avoir d’enfant était considéré comme une catastrophe. Non seulement pour assurer ses vieux jours et ne pas terminer sa vie dans la misère, mais aussi parce que sans enfants on tombe dans l’oubli : c’est comme si on n’avait pas existé.
Abraham en avait pris son parti, quand Dieu lui dit : « Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai. Je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. » Son nom ne s’éteindra jamais. La preuve : aujourd’hui encore on parle de lui. Des millions de gens savent qui est Abraham. Et ce n’est pas tout. Dieu lui dit : « Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront, et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »
C’était non seulement la promesse d’un enfant qui prendrait soin de son vieux couple, mais encore l’annonce qu’il serait l’ancêtre du Rédempteur d’Israël.
« Le salut vient des Juifs », dit Jésus lui-même, le descendant direct du patriarche, celui en qui Dieu s’est incarné pour apporter au monde ce dont nous avons tous le plus besoin, le pardon et la vie.
Nous admirons la foi héroïque d’Abraham. Nous nous demandons où il a trouvé le courage de faire ce que le Seigneur lui a demandé. La réponse est claire ; elle ne fait pas l’ombre d’un doute. Il n’est pas parti comme ça à l’improviste, les yeux bandés, tout simplement parce que le Seigneur le lui avait ordonné. Non, il était fort d’une promesse incroyable par laquelle Dieu l’a séduit, littéralement attiré à lui. Il renonce à tout ce qu’il a et se met en route ! Avec sa femme et ses troupeaux, et surtout avec Dieu. Et, croyez-moi, quand on marche avec un Dieu comme ça, on sait où l’on va.
Frères et sœurs, nous ne croyons pas simplement parce que Dieu, dans sa Parole, nous le demande. Si nous croyons en lui et nous réunissons dimanche après dimanche, c’est parce qu’il nous a séduits par des promesses encore plus claires et plus lumineuses que celles faites à Abraham. La promesse qu’il nous aime, qu’il marche avec nous, qu’il nous bénis, qu’il nous pardonne toutes nos fautes et nos erreurs, nos péchés et nos infidélités. La promesse qu’il nous offre une vie plus forte que la mort, qui ne finira jamais et qui nous inspirera dans le ciel des chants de joie dont nos faibles louanges d’aujourd’hui ne sont qu’un tout petit prélude.
Cette promesse proclamée dans l’Evangile, scellée dans notre Baptême, confirmée dans l’Eucharistie par le corps et le sang du Christ, n’est pas plus logique ou sensée que celle faite à Abraham. Nous ne pouvons pas davantage la tester qu’Abraham n’a pu tester la sienne, mais nous pouvons comme lui nous fier à elle, car cette promesse trouve comme la sienne son accomplissement en Jésus-Christ. Cette promesse nous fait dire avec Paul : « Je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout. Je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. Ainsi je connaîtrai Christ et la puissance de sa résurrection » (Philippiens 3, 8-10).
Puisse Dieu nous séduire comme il a séduit Abraham ! Et puissent les promesses qui nous sont faites en Jésus-Christ nous faire prendre avec confiance et joie le risque de la foi !

3) Frères et sœurs, nous prenons le risque de la foi parce que Dieu nous parle.

Nous le prenons aussi parce que Dieu nous séduit par ses promesses. Nous le prenons enfin parce que Dieu tient parole. Il est si facile de se laisser séduire par de fausses promesses. Bien des gens en ont fait l’amère expérience. Pas Abraham. Toute son histoire est là pour nous montrer que Dieu a tenu parole. Le patriarche eut le fils promis. De son fils Isaac est sorti un grand peuple, et de lui la postérité qui a immortalisé le nom d’Abraham sur tous les continents : Jésus-Christ. Des millions et des millions d’hommes ont confessé et confessent encore leur foi en cette postérité bénie d’Abraham.
Dieu tient parole. L’histoire de son peuple commença avec un homme qui vivait il y a quatre mille ans dans le nord de l’Irak. Et quarante siècles plus tard, nous sommes réunis ici et d’innombrables chrétiens le sont ailleurs dans le monde pour admirer ce Dieu de bonté et d’amour qui a tenu sa promesse. Nous pouvons jeter notre regard en arrière et voir à quel point le Seigneur est fidèle à sa Parole, regarder aussi autour de nous et constater que son salut est parvenu jusqu’aux extrémités de la terre, du Moyen-Orient jusqu’en Europe, de l’Europe jusqu’en Amérique et en Afrique, de là jusqu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Sibérie et jusqu’aux confins de la terre.
Non, notre foi n’est pas un saut dans le vide. Elle a un fondement solide : Dieu veut sauver tous les hommes. C’est pour cela qu’il a choisi un jour Abraham pour faire de lui un peuple et qu’il a fait sortir de ce peuple le Messie ; c’est pour cela que sa Parole est lue et que son Evangile est proclamé dans des milliers de langues et de dialectes.
Si à l’époque nous avions dit à Abraham : « Tu crois vraiment que c’est raisonnable de tout laisser derrière toi, de prendre tes valises et te mettre en route simplement parce que Dieu te l’a demandé ? », il nous aurait sans doute répondu : « Vous avez raison. Ce n’est pas très prudent, mais je risquerais beaucoup plus encore à ne pas prendre Dieu au mot, à tourner le dos à sa Parole et ses promesses. » C’est vrai : humainement parlant, la foi est toujours un risque.
Mais nous risquons beaucoup plus à faire la sourde oreille quand Dieu nous parle, à ne pas lui faire confiance, à ne pas bâtir sur ses promesses. Dieu nous parle ; Dieu nous séduit en nous promettant des choses merveilleuses ; et Dieu tient parole : il reste fidèle à ce qu’il a promis. Alors, frères et sœurs, prenons avec assurance la main de ce Dieu. Il saura nous rattraper et nous conduire là où nous verrons un jour de nos propres yeux combien il vaut la peine de compter sur lui, de marcher avec lui et de s’accrocher à ses promesses !
Frères et sœurs, en route ! Levons-nous avec Abraham, marchons avec lui sur le chemin de la foi et implorons le Seigneur : Prends ma main dans la tienne Et qu’en tout lieu, Ta droite me soutienne, Seigneur, mon Dieu. Comment donc sans ton aide Me diriger, Si je ne te possède Dans le danger. Amen.

jeudi 11 octobre 2007

L'A.E.L.B reconnue d'utilité publique

L'Association évangélique luthérienne de bienfaisance (A.E.L.B.) vient d'être reconnue d'utilité publique, elle a donc désormais la possibilité de recevoir des dons et des legs. La démarche entreprise il y a deux ans vient enfin d'aboutir.
L'A.E.L.B. est une association "auxiliaire" de l'Eglise évangélique luthérienne-Synode de France et de Belgique; il s'agit d'une association caritative qui a de multiples activités-elle est fondée néanmoins sur un total bénévolat (il n'y a pas de permanents rétribués pour la gérer) et elle oeuvre aussi bien en France qu'à l'étranger.
Crée en 1922 et ayant son siège en Alsace, elle se "propose d'apporter l'aide spirituelle, morale, physique à toute personne dont nous connaissions la détresse".
Depuis 1993, elle gère une maison de retraite médicalisée habilitée à l'Aide sociale dans le nord de l'Alsace, la "maison de retraite du Kirchberg" qui bénéficie d'une excellente réputation dans la région.
L'AELB tient son assemblée générale alternativement en Alsace et à Paris et toutes les paroisses envoient au moins un délégué.

lundi 8 octobre 2007

Changement d'horaire

ATTENTION

LE 13 OCTOBRE, le culte aura lieu A 10 HEURES au temple de Beaussais.