jeudi 25 décembre 2008



Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort une lumière a brillé.

N'ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une source de grande joie pour tout le peuple: aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.

L'Eglise luthérienne en Poitou vous souhaite un très Joyeux Noël.

lundi 22 décembre 2008

Veillée de Noël le 24 décembre à 20h30 au temple de Prailles.

Venez retrouver le sens de la tradition et vous remémorer la Bonne Nouvelle de Noël: Dieu est venu parmi nous.

Cordiale invitation à tous.

jeudi 18 décembre 2008

"Luther", de Eric Till, avec J. Fiennes et P.Ustinov




Enfin!! Sorti en 2003, le film Luther sort finalement en salle dans notre pays. Qu'est-ce qui peut justifier un tel retard? Mystère...Toujours est-il que l'on ne peut que se réjouir que le plus grand nombre puisse enfin le voir, car il le mérite.

Obsédé par son salut, Martin Luther (1483-1546) quitte tout pour entrer au couvent. C'est dans la Bible qu'il trouvera les vérités libératrices de l'Evangile. Le jeune moine va peu à peu s'opposer aux dérives d'une Eglise plus avide de puissances et de richesses que de fidélité au message de Jésus. Menacé, Luther tient bon, au prix d'un doute parfois terrible sur les conséquences de ses actes, et fait naître le mouvement de Réforme qui va balayer l'Europe entière et changer l'histoire du monde.

Le film se concentre sur les années 1505-1530. Le défi de décrire ces décennies complexes et bouillonnantes en moins de deux heures est remarquablement relevé par Eric Till. Le scénario demeure fidèle à la réalité historique, même si des inexactitudes (assez mineures dans l'ensemble) peuvent être notées, de même que des raccourcis chronologiques sans doute destinés à alléger un film qui a voulu rester accessible à tous et fait un vrai effort de pédagogie. Un effort a clairement été fait pour ne pas tomber dans la légende dorée et faire de Luther une sorte de Saint protestant. On sent aussi chez Till la volonté de garder un équilibre entre l'analyse de la personnalité si riche de Luther et la description des bouleversements sociaux et spirituels provoqués par la Réforme.

L'oeuvre de Till est servie par une pléiade d'acteurs qui donnent tous une épaisseur certaine à leurs personnages. On trouve parmi eux Joseph Fiennes (surprenant Luther), Peter Ustinov (qui incarne le Prince Frederic et dont ce fût le dernier rôle), Bruno Ganz (Hitler dans La Chute) et Alfredo Molina. Quant aux décors et aux costumes, ils sont simplement somptueux. La B.O. sert bien l'ambiance générale des scènes, même si elle est parfois un peu trop présente.

A qui s'adresse ce film? Certainement pas aux seuls chrétiens! Les passionnés d'histoire, ceux qui aiment les histoires vraies plus puissantes encore que la fiction et les amateurs de biographies feront bien d'aller dans les salles obscures découvrir la vie d'un homme qui fût comme le dit l'affiche du film "un génie, un rebelle et un libérateur".

dimanche 14 décembre 2008

Seigneur,
apprends-moi à me tourner vers toi,
même si je ne sais pas encore regarder.
Seigneur,
tu es ma force,
même si je ne sais pas te saisir.
Seigneur,
tu es mon salut,
même si je ne sais pas croire.
Seigneur,
tu es mon pardon,
même si je ne sais plus me repentir.
Seigneur,
tu es amour,
même si je ne sais pas aimer.
Loué sois-tu !


Même si… « prière pour mon village ».

samedi 13 décembre 2008

1 THESSALONICIENS 5.16-24


16 Soyez toujours joyeux. 17 Priez sans cesse, 18 exprimez votre reconnaissance en toute circonstance, car c'est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ.19 N'éteignez pas l'Esprit, 20 ne méprisez pas les prophéties, 21 mais examinez tout et retenez ce qui est bon.22 Abstenez-vous de toute forme de mal.23 Que le Dieu de la paix vous conduise lui-même à une sainteté totale et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irréprochable lors du retour de notre Seigneur Jésus-Christ!24 Celui qui vous appelle est fidèle, c'est aussi lui qui le fera.

Chers frères et sœurs,

La période de l’Avent, c’est aussi la fin de l’année. L’occasion de faire des bilans. Parfois, ces bilans ne sont pas brillants : ça ne va pas fort au travail, les finances font grise mine, il y a des tiraillements au sein de la famille…Parfois, on a des « mauvaises journées ». Pour certains, ça devient même de « mauvaises années ».

Dans notre deuxième lecture d’aujourd’hui, Paul dresse une sorte de liste pour ceux qui se disent disciples de Jésus. Cette liste, elle contient une série d’attitudes que l’apôtre considère comme nécessaires au bien-être spirituel d’un croyant et d’une paroisse. Et l’une d’entre elles nous frappe, la première, celle qui dit « soyez toujours joyeux ». Et alors que je réfléchissais à ces mots, force m’a été de constater que j’échoue sur ce point bien souvent. Lorsque, il y a peu de temps, j’ai perdu un temps précieux dans mes études de théologie parce que mon ordinateur m’a lâché et que j’ai été malade pendant une semaine, je n’avais pas naturellement le cœur à me réjouir, mais plutôt à me demander comment rattraper le temps perdu. « Soyez toujours joyeux » ? A première vue, ça a l’air impossible…

Mais nous sommes le Troisième Dimanche de l’Avent. Un dimanche qui s’appelle traditionnellement Gaudete, ce qui vient du Latin qui signifie “réjouissez-vous”. La joie se trouve donc au cœur de notre célébration d’aujourd’hui. Plus facile à dire qu’à faire : comment donc se réjouir tout le temps ? Les coups durs, cela arrive tout le temps, et parfois à nous ou à ceux qui nous sont chers…Alors est-ce que Paul n’est qu’un rêveur totalement déconnecté de la vraie vie ? Est-ce qu’il a les yeux tellement tournés vers le Ciel qu’il ne voit pas tout ce qui peut arriver sur la Terre ? Je répondrai à la fois oui et non.

Paul était sans doute un grand intellectuel, avec ce que cela suppose d’idéalisme. Il est d’ailleurs rassurant de voir que le fait que l’apôtre ait été inspiré par Dieu n’a pas modifié sa personnalité. Et il est aussi probable que le point de vue de Paul ait été influencé par le fait qu’il croyait sans doute, comme beaucoup dans l’Eglise de l’époque, que le retour de Christ n’allait pas tarder et peut-être même qu’il le verrait.

Mais il faut aussi répondre non. Paul n’était pas un rêveur la tête perdue dans les nuages et ses hautes pensées. Et il n’est pas totalement focalisé sur le spirituel quand il nous dit de nous réjouir constamment. Après tout, le Nouveau Testament nous montre amplement que la vie de Paul et son ministère n’étaient pas un tapis de rose. L’apôtre savait ce que souffrir veut dire. On voit d’ailleurs bien le côté très pratique et réaliste de ses lettres.Il faut je crois être clair sur ce que Paul n’essaie pas de dire dans ce verset. Il ne cherche à culpabiliser personne. Il ne cherche pas à nous mettre la pression, à nous charger d’un fardeau pour que nous soyons joyeux, sinon…Non ! Paul ne veut pas nous gaver de joie comme on gave les oies qui fourniront le foie gras.
Le problème, c’est que la joie a été entourée de bien des choses négatives dans l’Eglise. Elle n’est plus ce don précieux, mais elle est devenue, en tout cas dans bien des milieux, comme une sorte de document officiel que l’on doit montrer pour prouver qu’on est bien chrétien. Cela, c’est une perversion de la joie authentique. Elle ne produit qu’une attitude hypocrite et conformiste, qui va s’écrouler au premier coup de vent.La joie authentique est bien plus profonde que ça. Elle n’est pas basée sur nos sentiments, parce que nos sentiments peuvent varier selon nos circonstances. La joie authentique, et la capacité de se réjouir toujours sont des dons qui viennent de Christ. Je crois que cela devient clair quand nous lisons notre verset à la lumière de notre passage entier, notamment le v.24: Celui qui vous appelle est fidèle, c'est aussi lui qui le fera.

C’est seulement avec l’aide de Christ que nous sommes capables d’être toujours joyeux. Etre toujours joyeux, c’est reconnaître que Jésus est toujours présent à nos côtés. Et si Jésus est toujours avec nous, alors nous pouvons en effet nous réjouir, parce que peu importe ce qui nous arrive : bon, mauvais, neutre, Christ marche avec nous et veille sur nous. Une fois que nous avons pris conscience de cela, notre vie prend un éclairage nouveau.

Etre toujours joyeux, c’est savoir « pousser là où nous avons été plantés ». C’est savoir accepter notre place dans l’existence et y voir un appel de Dieu. C’est placer notre relation avec Jésus au-dessus de quoique ce soit dans ce monde.Je suis sûr que vous voyez ce dont je veux vous parler. Je suis sûr que vous avez parfois rencontré des gens qui pouvaient bien faire leur travail, mais dont il était evident qu’ils n’en tiraient aucune joie, aucune satisfaction. Leur cœur n’y était pas. Et puis il y en a d’autres qui tirent de leur métier une motivation, un élan. Ca ne veut pas dire qu’ils sont toujours avec un grand sourire aux lèvres, mais ils reflètent le fait qu’ils sont heureux de leur sort et que leur vie repose sur des bases saines et solides.

Alors, qu’en ce dimanche Gaudete, que le don de la joie et la capacité de nous réjouir toujours nous soit donnés, ainsi qu’à beaucoup d’autres, tandis que nous attendons la venue de notre Sauveur.

lundi 24 novembre 2008

Ezechiel 34.11-16

Chers frères et sœurs,


Nous fêtons aujourd’hui le dimanche du Christ-Roi. Christ est notre Roi,à nous Chrétiens. Cela veut dire que nous reconnaissons qu’il est notre Seigneur. Nous savons qu’il est le seul chef suprême de l’Eglise (Eph 1.22). Mais nos textes d’aujourd’hui nous montrent que Jésus est aussi notre Roi quand il est notre Berger. Jésus n’est pas un Roi ordinaire : il a quitté son trône dans le Ciel pour venir vivre parmi nous, pour porter nos fautes à la Croix. L’Ancien Testament annonce cette réalité à de nombreuses occasions en utilisant le thème du berger. Le prophète Esaïe nous dit « Pareil à un berger, le Seigneur s’occupera de son troupeau, il prendra les agneaux dans ses bras et les portera contre sa poitrine ; il conduira ses brebis qui allaitent » (40.11). Ce matin, c’est que Dieu veut faire : nous amener contre sa poitrine, tout près de son cœur, pour que nous puissions écouter sa Parole. Christ le Roi est notre bon berger. Et nous pouvons nous réjouir de deux vérités : 1) le bon berger cherche ses brebis 2) le bon berger prend soin de ses brebis.

1)
Quand Ezechiel s’adresse aux Israëlites, ceux-ci se trouvent dans une période très sombre de leur histoire. Le peuple s’est révolté, détourné du vrai Dieu pour adorer des idoles et il a été emmené en esclavage à Babylone, après la prise de Jérusalem et la destruction du Temple.
Le jugement de Dieu est tombé sur un peuple rebelle. Sans doute les Israëlites se sentent-ils désespérés, abandonnés. Mais que leur dit Dieu ? « J’irai à la recherche de la brebis qui s’est perdue, je ramènerai celle qui s’est égarée ». Dieu annonce que, dans son amour, il va aller rechercher ceux qui sont perdus, et les trouver. Et il va prendre soin d’eux « je panserai celle qui est blessée et j’assisterai celle qui est affaiblie. En revanche, je détruirai celles qui sont grasses et vigoureuses ». Dieu veut apporter la guérison aux faibles, mais ceux qui se croient forts, qui pensent qu’ils n’ont pas besoin de lui, vont vers leur destruction. Jésus lui-même nous a dit qu’il était venu pour les malades et non pas pour ceux qui se croient bien-portants.
D’un point de vue humain, on pourrait être tenté de dire que les Israëlites l’avaient bien cherché. Dieu les avait libérés de l’esclavage en Egypte. IL leur avait donné un bon pays où coulaient le lait et le miel. Et eux, s’étaient empressés de se détourner de lui pour aller vers d’autres dieux et pour suivre leurs mauvaises voies. Ils avaient ainsi appelés sur eux les malheurs dont Dieu les avaient menacés. « Voilà, bien fait » diraient certains.
Mais Dieu n’agit pas ainsi, il ne pense pas ainsi. Dieu va aller chercher ses brebis perdues, et c’est vrai pour nous aussi.
IL peut nous arriver, dans notre vie de chrétiens, de nous éloigner de Dieu, de chercher à suivre un autre chemin que celui qu’il nous a tracé. Ce n’est pas parce que nous sommes des brebis du troupeau que nous ne serons pas tentés d’aller faire un tour ailleurs. Et, en fait, ils sont nombreux ceux qui se sont progressivement, insensiblement, éloignés de l’église, parce que l’herbe leur semblait plus verte ailleurs. Il faut dire que la société moderne est source de bien des tentations.
Si cela ne dépendait que de nous, nous serions perdus. Nous serions condamnés à errer sans but. C’est là le sort des hommes sans Dieu. Mais Dieu vient nous chercher lui-même. Jésus nous a dit qu’il était venu chercher ce qui était perdu (Lc 19.10). Et ce que nous voyons là, c’est l’infinie patience de Dieu, son amour pour nous qui sommes des pécheurs qui ne mériteraient que d’être laissés à eux-même. Et non seulement Dieu vient à notre recherche, mais en plus, il va nous ramener avec lui

2)
« tout comme un berger part à la recherche de son troupeau quand il se trouve au milieu de ses brebis et qu’elles sont dispersées, je veillerai sur mes brebis et je les arracherai de tous les endroits où elles ont été éparpillées un jour de ténèbres et d’obscurité. Je les ferai sortir des divers peuples, je les rassemblerai des divers pays et je les ramènerai sur leur territoire ». Imaginez la joie des Israëlites qui ont entendu ces paroles : ils étaient peut-être réduits en esclavage sur une terre étrangère, mais Dieu leur faisait la promesse de les ramener dans leur pays. ET c’est bien ce qui s’est passé, des années après, la prophétie s’est accomplie et Jérusalem a été reconstruite.
Ezechiel couronne cette prophétie par une image importante : celle du repos (v.14). Les brebis perdues pourront se reposer dans leurs paturages, sans plus être esclaves d’une nation ennemie. C’est là un e belle image de la paix et du repos que Jésus donne aux croyants : ne plus être esclaves du péché, de l’égoïsme ou de tout ce qui nous enchaîne, mais pouvoir vivre paisiblement auprès du Berger qui est notre Sauveur. Voilà ce que Jésus nous donne. IL nous le donne parce qu’il est mort pour nos péchés. C’est ce qui est merveilleux avec notre Roi : il est venu pour servir « le Fils de l’Homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Mc 10.45)
Jésus est Roi et Seigneur de l’Eglise : sachons lui faire confiance pour la guider par son Saint Esprit et sa Parole. Jésus est notre Bon Berger : il a donné sa vie pour nous et nous pouvons dire avec confiance et reconnaissance :
Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles
Il restaure mon âme
Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom (Psaume 23)

Amen.

samedi 22 novembre 2008

Esaïe 65.17-25



Frères et sœurs, nous voici à l’avant dernier dimanche du temps de l’Eglise. Pendant un an, le Seigneur nous a conduits à travers sa Parole pour nous instruire et nous fortifier. Cinquante deux fois, du haut ce cette chaire, vous aurez entendu développer et proclamer la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ. La liturgie pour aujourd’hui nous invite à lever les yeux vers le ciel : la course est presque achevée, le combat est bientôt fini : le repos de nos âmes est là, tout proche.
Le livre de l’Apocalypse est intarissable sur le sujet. Sans doute connaissez-vous aussi des passages des évangiles ou des épîtres qui nous auraient très bien guidés dans cette réflexion. Mais il m’a semblé important de vous enseigner ce matin à partir d’une prophétie de la première alliance. L’Evangile, chers amis, est l’annonce de la délivrance finale qui nous sera accordée en Christ, et cet évangile brillait déjà de façon splendide dans la Bible des Hébreux.
Voici, dit Dieu par la bouche du prophète Esaïe : « Je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre » ! Vous ne souffrirez plus ; vous ne travaillerez plus en vain ; la nature elle-même vous sera favorable !
I
Premier point de cette méditation : vous ne souffrirez plus…
L'Eternel invite tous les croyants à se réjouir. Qu’est-ce que je dis ? A jubiler, oui ! « Réjouissez-vous – dit-il- et soyez dans l'allégresse, car je vais créer Jérusalem pour l'allégresse et son peuple pour la joie ! Je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre.... Je ferai de Jérusalem mon allégresse et de mon peuple ma joie ».
De quelle Jérusalem le prophète parle-t-il ? S’agit-il de la capitale actuelle de l’Etat d’Israël, partagée entre chrétiens, juifs, arméniens et musulmans ? S’agit-il de la « ville éternelle » que domine le dôme étincelant de la mosquée d’Omar ? Certainement pas. Depuis les premiers écrits du Nouveau Testament, Jérusalem a cessé de désigner une ville faite de pierres et de briques. Jérusalem est le symbole de la maison du Père. Le peuple qui y habite n’est plus descendant d’Abraham selon la chair, mais selon l’Esprit. La Jérusalem céleste, c’est l'ensemble de tous les rachetés depuis le commencement de l'histoire de l'Eglise.
Trois fois de suite, dans ce beau texte, Dieu nous dit : « Réjouissez-vous » ! Pourquoi ? Parce qu’il nous a préparé quelque-chose de formidable. Jésus disait, en parlant de notre vie future : « Lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi ». Comprenez bien, frères et sœurs : tout ce que Dieu fait est parfait. La dernière étape de notre vie de chrétien ressemblera à toutes les autres : elle portera la signature de Dieu, tout comme notre élection, notre justification, notre baptême et notre vie chrétienne. Soyons certains que cette vie éternelle sera géniale et dépassera notre attente !
L'homme a créé des édifices grandioses et magnifiques sur la terre, mais ce projet là – précisément – n’est pas pour cette terre et l’homme n'est pas capable d’en concevoir les plans. Il lui transmettrait les imperfections de sa nature humaine, et le limiterait aux dimensions de sa propre imagination.
La nouvelle Jérusalem, au contraire, sera à l’échelle des perfections divines. C’est parfois difficile d’expliquer à quelqu’un le bonheur qui l’attend quelque part. Alors, pour rendre les choses plus parlantes, on commence par dire ce qui va changer, ce à quoi on va échapper : « On ne se rappellera plus les choses passées – dit Esaïe -, elles ne reviendront plus à l'esprit... On n'y entendra plus le bruit des pleurs et des cris ».
Pourquoi Dieu place-t-il « les pleurs et les cris » parmi le souvenir des choses passées ? D’abord, n’oubliez pas qui vous parle. Le règne relativement paisible d’Osias avait été suivi d’une série de calamités. Peu après, le roi d’Israël, allié à celui de Damas, avait tenté de renverser le royaume de Juda, et cette guerre fratricide s’était prolongée très longtemps… C’est alors qu’Esaïe annonce la chute des ennemis de Juda et l’accroissement de la puissance Assyrienne. En 722 av. Jésus-Christ, Samarie n’est plus que ruines ; vingt ans plus tard, Sennachérib envahit Juda et fait le siège de Jérusalem… Les contemporains d’Esaïe savent donc ce qu’est le prix du sang et des larmes…
De même, ceux qui ont vécu les bombardements des guerres, qui ont subi le bruit des avions, des sirènes n'oublient jamais. Ceux qui ont connu l'enfer des camps de concentrations en gardent une marque indélébile. Ceux qui vivent les attentats dans leur chair sont marqués à vie. Bien sûr la vie continue, mais le souvenir en reste souvent brûlant et finit toujours, même après des années, à arracher des larmes, à susciter des cauchemars, à réveiller de terribles angoisses.
Aujourd’hui, nous sommes Français, Européens et nous traversons la période de paix la plus longue de notre histoire. Cela n’a pas toujours été le cas et nous devons en remercier le Seigneur. Mais il n’est pas nécessaire d’être le rescapé d’un massacre pour que la vie soit une survie et la mémoire, une plaie ouverte.
Imaginez une vie éternelle où l’on garderait les traumatismes de son existence : celui d’un homicide, d’un viol, d'un mariage gâché, d’une séparation, d'une famille décimée, d'un grave accident de voiture, d'une foule de regrets et d’occasions manquées. Tout cela est incompatible avec la joie éternelle. Le prophète répond : « On ne se souviendra plus des choses passées ».
Ici, vous avez un exemple très concret du perfectionnisme de Dieu. Vous remarquerez que le prophète ne dit pas : « ces choses n’existeront plus », mais « on ne s’en souviendra plus », ce qui est très différent. Quand les autres vous ont fait souffrir, on voudrait bien oublier, mais on n’y arrive pas toujours. L’oubli rend possible le pardon, le repos de l’âme. Dieu effacera, avec nos larmes, le souvenir même de l’offense, de la misère et du deuil.
Remarquez au passage que notre monde est contraint de faire l'inverse : nous venons de commémorer l’armistice du 11 novembre 1918. Il y a quatre-vingt dix ans exactement cessait la plus effroyable boucherie du XXe siècle. Alors on ressuscite les cauchemars – en technicolor, on évoque dans les journaux les atrocités, les holocaustes et les abominations en ajoutant : plus jamais çà ! C’est la pédagogie humaine et nécessaire de ce monde. Il n'empêche qu'on est glacé d’horreur devant ce que l’homme est capable d’accomplir, et cela depuis le commencement.
Dans le paradis de Dieu, le souvenir de ce monde sera totalement effacé. Il n'y aura plus de jours gris, plus de mélancolie ni de sanglots au fond d’un lit, plus de rêves angoissants car on ne se rappellera plus les choses passées.
Le prophète annonce une autre différence : « Il n'y aura plus ni enfants ni vieillards qui n’accomplissent leurs jours ; Car celui qui mourra à cent ans sera jeune ».
Qu’est-ce que cela veut dire ? Certains n’ont pas eu la chance de voir vieillir leurs parents. D’autres assistent bouleversés et impuissants à leur lente décrépitude. On les a connus forts, actifs, entreprenants ; les voici qui se traînent, pleins d'infirmités, menant au ralenti une vie faite de privations, de frustrations et de regrets.
Mais au ciel, Dieu nous réserve une autre joie : le vieillard sera comme le jeune homme. Il n'y aura plus de vieillesse, plus d'infirmité ni de mort.
Ce sera finalement un retour à l’état originel, puisque l’homme avait été créé immortel. L’horloge biologique, telle que nous la connaissons, ne s’est mise en route qu’après la chute. La « nouvelle terre » que Dieu va créer sera semblable à la toute première : les conséquences du péché auront disparu. La vieillesse et la mort ne seront plus.
Cette mort aveugle, qui frappe aussi bien les enfants que les vieillards. Et quand on voit un enfant mourir tandis qu'un vieux tyran semble éternel, on se demande où est la justice de Dieu.
C’est pourquoi Esaïe ajoute : « le pécheur âgé de cent ans sera maudit ».
Frères et sœurs, cette phrase peut surprendre car l’on associe généralement l’âge et la sagesse. Mais devant Dieu, la vieillesse n'est pas le critère d'une vie juste et bénie. Que personne ne s'imagine donc que les cheveux blancs ont un quelconque mérite devant Dieu !
Bien plus : ce centenaire que Dieu maudit, est en réalité un homme – ou une femme – qui durant un siècle entier aura été appelé par l’Esprit. Oui ! Un siècle d’appels à la repentance et la foi, obstinément renouvelés par le témoignage des chrétiens ! Pour obtenir quoi ? Un refus ! Je ne voudrais pas être à la place de tous ces vieillards au jour du Jugement, auxquels le Seigneur déroulera la longue – la très longue – liste de toutes les circonstances favorables qu’il avait placées sur leur chemin pour entendre l’Evangile et qu’ils ont toujours méprisées. Cela doit être terrible de prendre conscience, alors qu’il est trop tard, d’un aveuglement aussi obstiné…
II
Vous ne souffrirez plus, dit le Seigneur ; et vous ne travaillerez plus en vain.
Le prophète dévoile maintenant un autre coin du Paradis : « Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; ils planteront des vignes et en mangeront les fruits. Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu'un autre les habite, ils ne planteront pas des vignes pour qu'un autre en mange les fruits. Car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres, et mes élus jouiront de l'œuvre de leurs mains. Ils ne travailleront pas en vain, et ils n'auront pas des enfants pour les voir périr. Car ils formeront une race bénie de l'Eternel, et leurs enfants seront avec eux ».
Frères et sœurs, beaucoup de choses, ici-bas, nous gâchent la vie et le plaisir de travailler, d'économiser et de construire : il y a le stress et la crainte du chômage, bien sûr. Le risque de l’accident, de l’infirmité ; préparer l’avenir avec la menace de la maladie est une idée angoissante bien exploitée par les compagnies d’assurance. De même, travailler pour voir tomber le fruit de son travail entre les mains d’autrui est révoltant.
Et puis, il y a tous les parents qui ressemblent au père de la parabole, dont le fils ou la fille coupe les ponts et part faire sa vie ailleurs. Avec en prime des reproches que l’on prend en pleine figure, sur l’éducation que l’on a donnée, les valeurs que l’on s’est efforcé de transmettre. L’un de ces parents me disait un jour : c’est pire que si mon enfant était mort : son silence est une grande souffrance.
Tout cela donne un goût amer à la vie et au travail.
Mais voici le message qui nous vient de l’Evangile : « Vous habiterez vos maisons, vous mangerez le fruit de vos vignes, vous ne travaillerez pas pour rien et vos enfants seront toujours avec vous ». Au ciel, il n'y aura plus de déchirure qui gâche le bonheur. Au ciel, on ne parlera plus avec regret, en disant : j'aurai tant voulu achever ce travail, pour que mon fils ou ma fille en profite.
Parents et enfants, par la foi, seront éternellement bénis. Notre vie, dit le prophète, sera comme le jour des arbres : ils semblent ne pas mourir et portent des fruits très longtemps.
Pour confirmer et rendre solide ce qu'il vient de dire, Esaïe ajoute, de la part de Dieu : « Avant qu'ils m'invoquent, je répondrai ; avant qu'ils aient cessé de parler, j'exaucerai ». Où trouvons-nous l’assurance de voir se réaliser tout ce que nous venons d'entendre ? En Dieu lui-même. Et en Christ notre Sauveur. Il va au-devant de nos prières pour nous donner ce qu'il a de meilleur.
« Je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre », dit le Seigneur. Là, vous ne souffrirez plus ; vous ne travaillerez plus en vain ; et enfin : la nature elle-même vous sera favorable.
III
Le dernier tableau de la Jérusalem céleste est animalier ; on en voit des représentations dans tous les musées. C’est une image saisissante : « Le loup et l'agneau brouteront ensemble, le lion comme le bœuf, mangera de la paille, et le serpent aura la poussière pour nourriture ».
Frères et sœurs, on entend parfois que les prophéties ont toujours un premier temps d’accomplissement sur cette terre. Les théologiens libéraux affirment même que des prophéties qui concerneraient uniquement notre salut n’existent pas. Mais dites-moi un peu comment ces paroles d’Esaïe pourraient se réaliser ici bas ? Ecoutez cette autre description du paradis céleste, du même auteur : « Le loup habitera avec l'agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau et le bétail qu'on engraisse seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte. Le nourrisson s'ébattra sur le nid de la vipère et l'enfant sevré mettra sa main dans l'antre du cobra". (Esaïe 11:6,7).
Plus d'un enfant, en entendant ce texte, a rêvé de pouvoir jouer avec une panthère, d’apprivoiser un ours ou simplement le rouge-gorge du jardin.
Le prophète insiste : là-haut, tout sera vraiment différent.
Peut-être avez-vous en mémoire ces mots de Paul : « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car elle a été soumise à la vanité, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté des enfants de Dieu. Jusqu’à ce jour, nous savons que la création tout entière soupire et souffre comme une femme qui accouche ».
En d’autres termes, la flore et la faune ont subi par ricochet le désastre du péché. De la même manière qu’elles partagent la souffrance des chrétiens, elle aspire à entrer dans ce monde qui doit renaître. Comprenez que nous avons une dette envers la création, comme auprès d’un ami qui aurait beaucoup souffert du fait de notre inconséquence ou de nos erreurs. Ne l’oublions pas.
Dans cette nouvelle création, le monde animal ne sera plus hostile à l'homme. On n’assistera plus à cette lutte impitoyable pour la vie. Il n’y aura plus de « fêtes sauvages », pour reprendre le titre d’un film paru il y a bien longtemps, « fêtes » d’angoisse, de souffrance et de mort dans les forêts, les jungles et les savanes. On ne verra plus de chasseurs ni de chiens, plus de pièges ni de filets. Auprès de Dieu, tout est source d'une vie paisible, calme, merveilleuse, tranquille, pleine de sérénité et de joie, y compris pour les animaux.
Bien plus : vous savez que notre société est secouée régulièrement par de multiples émeutes. Eh bien ! Si j’en crois ce qui est dit ici, le mal être des banlieues, l’agressivité d’une jeunesse désœuvrée seront résolus dans la Jérusalem céleste : « Il ne sera fait ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte », dit l'Eternel. Ainsi, plus de commissariat ni de CRS au paradis : la haine, l’envie, la convoitise auront été laissées au vestiaire du tombeau et leur souvenir même ne paraîtra plus.
Chers amis, tout ce que nous venons d'entendre n'est pas le fruit d'une superproduction de Walt Disney ! Nous n'avons pas entendu aujourd'hui un récit fait d'exagérations et de phantasmes, mais le témoignage de Dieu sur la vie éternelle. Il doit nous donner envie d’y aller, surtout lorsque la tristesse et le découragement nous envahissent.
Un bonheur parfait nous est préparé. Soyons fermes dans la foi ! Jésus nous a rachetés à grand prix pour que nous soyons toujours heureux auprès de lui. Amen !