Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l'agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains.
10Et ils criaient d'une voix forte, en disant: Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l'agneau.
11Et tous les anges se tenaient autour du trône et des vieillards et des quatre êtres vivants; et ils se prosternèrent sur leur face devant le trône, et ils adorèrent Dieu,
12en disant: Amen! La louange, la gloire, la sagesse, l'action de grâces, l'honneur, la puissance, et la force, soient à notre Dieu, aux siècles des siècles! Amen!
13Et l'un des vieillards prit la parole et me dit: Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d'où sont-ils venus?
14Je lui dis: Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit: Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau.
15C'est pour cela qu'ils sont devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux;
16ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur.
17Car l'agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
1Quand il ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d'environ une demi-heure.
2Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et sept trompettes leur furent données.
3Et un autre ange vint, et il se tint sur l'autel, ayant un encensoir d'or; on lui donna beaucoup de parfums, afin qu'il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui est devant le trône.
4La fumée des parfums monta, avec les prières des saints, de la main de l'ange devant Dieu.
5Et l'ange prit l'encensoir, le remplit du feu de l'autel, et le jeta sur la terre. Et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et un tremblement de terre.
6Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner.
Le silence. Un silence complet dans les cieux. Pendant une demi-heure, rien n'est dit. Rien n'est fait. Tout et tous figés dans un silence absolu pour trente minutes.
Le silence. Je ne sais pas si c'était la même chose quand le livre de l'Apocalypse a été écrit, mais je sais que pour nous, entourés que nous sommes de radios, de télés, de voitures, d'ordinateurs, de trains et d'avions, le silence est devenu une chose rare. Réfléchissez: quand avez-vous été pour la dernière fois été placé dans un environnement entièrement silencieux?? De toute façon, certains ne peuvent pas supporter le silence, un peu comme ces gens qui emportent leur chaîne même en camping!
Ou peut-on trouver le silence aujourd'hui? Je connais au moins un endroit: dans bien des temples ou des églises avant le début du culte.
Il y a aussi les silences fatigués, quand on rentre épuisé à la maison, qu'on s'écroule sur le fauteuil et qu'on ne dit rien.
Et puis, il y a le silence des drames, comme celui que j'ai vu tomber sur Paris le 11 septembre 2001. Je peux vous dire qu'en revenant à la maison ce jour-là on n'entendait pas les gens parler dans la rue ou dans le métro.
Enfin, il y a le silence du suspense, quand on attend ce qui va arriver.
Par une série de visions, l'Apocalypse stimule notre imagination pour nous faire entrer dans la réalité céleste. L'Apocalypse nous fait entrer dans le Saint des Saints, elle nous fait voir le trône de Dieu. Le livre de Jean, dans un style imagé et poétique nous fait voir l'autre côté de l'histoire, dans la face cachée de ce qui régit nos vies, là où Dieu se trouve.
Notre texte de ce matin est rempli d'action et de bruit. Nous voyons une grande foule de croyants réunie. En langage théologique, c'est l'Eglise Triomphante. C'est la partie de l'Eglise qui, parès avoir vécu sa vie à la lumière de Christ, a achevé sa course, est passé par la dernière épreuve, la mort, et qui a remporté la victoire. Le péché, la douleur,le mal ne peuvent désormais plus les atteindre. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur ambiante...Dieu essuiera toute larme de leur yeux. (7.16,17).
Ils sont en sécurité, pour toujours; ils vivent dans la présence visible de Dieu. Ils le voient en face, dans toute sa lumière glorieuse, une gloire telle que personne ne peut la voir et vivre. Ils ont atteint l'immortalité, et ils peuvent contempler cette gloire. Ils peuvent expérimenter l'amour de Dieu, en fait, ils sont immergés dedans.
Et ils célèbrent Dieu et chantent sa louange. Ils portent des robes blanches et ont des feuilles de palmier à la main, la tenue des grandes célébrations à l'époque de Jean. L'église triomphante célèbre le salut que Jésus lui a donné, l'amour du Père qu'elle a reçu, et les anges le rejoignent pour louer Dieu et l'adorer.
Je ne sais pas comment vous vous représentez cette scène, mais elle est étonnante, grandiose. Ce n'est pas par hasard que ce texte est parfois utilisé lors des obsèques d'un croyant. Ces obsqèques, nous, Protestants, les appelont culte d'action de grâce, car mêrme si nous avons de la peine de voire partir un être cher et un frère dans la foi, nous savons que les croyants rejoignent cette Eglise triomphante qui repose dans le sein de Dieu.
Cette image est une image de triomphe, de victoire, de célébration. De célébration éxubérante, bruyante.
Si nous lisons Apoc 14.2, nous avons une autre facette de cette célébration: j'entendis du ciel une voix qui ressemblait au bruit des grosses eaux, au grondement d'un fort coup de tonnerre. Le son que j'entendis était aussi comme celui de joueurs de harpe jouant de leur instrument.
Je sais qu'ils sont nombreux, mais pour faire un grand bruit avec des harpes, il faut quand même s'y mettre!!
Mais la clameur de la louange va faire place au silence. L'Agneau, Jésus, ouvre le septième sceau (8.1). Les sceux que l'on retrouve dans l'Apocalypse sont les étapes successives de l'histoire humaine. Une autre étape, une autre époque, va commencer. Et le silence se fait. Plus de harpes, plus de chants, plus de cris. Plus rien. Le silence. Le silence dans le ciel pendant une demi-heure.
Et alors que le silence s'épaissit, sept anges s'approchent et reçoivent des trompettes. Un autre ange aussi s'approche. C'est à lui que revient la tâche de présenter les prières des croyants qui vivent dans ce monde ci, dans notre monde. Les Chrétiens qui ont toujours à mener les luttes de la vie, qui doivent faire face aux attaques de l'ennemi, ceux qui sont appelés à vivre leur foi dans un monde cassé, déchu et cruel. C'est ce qu'on appelle en langage théologique l'Eglise Militante. L'Eglise qui se bat, qui combat. Et cette Eglise, elle prie. La prière commune fait partie intégrante du culte que nous partageons ensemble chaque dimanche. Il y a bien des choses que je serai prêt à laisser de côté dans notre liturgie, mais sans doute pas la prière. Et puis, à côté de notre prière commune, il y a aussi notre vie de prière individuelle, que nous menons chacun à notre façon, tout au long de la semaine.
Et bien, ces prières, comme l'encens que reçoit l'ange, s'élèvent vers le ciel. Elles vont l'atteindre.
Prions sans cesse frères et soeurs comme nous y invite Paul, parce que nos prières vont être entendues. Dieu les entend. Chaque requête, chaque soupir, il les écoute.
Christ aussi écoute. Romains 8.34 nous dit « Jésus Christ est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ».
Et dans l'encens qui monte vers le Père, en plus de nos prières, il y a les prières de Jésus pour nous.
Encore une fois, frères et soeurs, imaginez la scène:
la grande gloire du ciel
le flot de nos prières qui monte de la terre
les prières de Jésus
sept anges avec des trompettes
C'est l'attente. Tout est prêt...
mais prêt pour quoi? Pourquoi ce silence, que prépare t'il?
En fait, ce silence nous dit des choses. La prmeière, que j'ai déjà évoquée, est donc que Dieu écoute nos prières. Nous croyons en un Dieu qui nous parle. Mais Dieu nous écoute aussi. Elle est précieuse cette écoute. Quand quelqu'un me dit «j'ai besoind de parler », il a en fait besoin d'être écouté, sinon il pourrait se contenter de parler tout seul. Nous devons, en tant que chrétiens, ne pas nous contenter de parler de Dieu. Il faut que nous parlions à Dieu. Dans la prière, nous entrons en dialogue avec lui. Nous passons de la religion à la relation. C'est le premier point.
Pour illustrer le second, je voudrais citer les mots millénaires de vieux prophètes hébreux à notre monde tellement bruyant, tellement remuant, tellement agité qu'il n'a plus de temps pour Dieu. Habakuk 2.20 Le Seigneur est dans son saint temple. Que toute la terre fasse silanche devant lui!
Sophonie 1.7 Silence devant l'Eternel, silence! En effet, le jour de l'Eternel est proche
Zacharie 2.17 Que toute créature fasse silence devant l'Eternel, car il s'est réveillé et sort de se demeure sainte.
Arrêtez tout. Taisez-vous. Ecoutez. Faites attention: Dieu va agir et il va agir puissament.
Vous vous souvenez de notre petite discussion sur les différents typse de silence? Ici, c'est bien le silence du suspense. Quelque chose va arriver. L'ange dont nous avons parlé mélange l'encens (nos prières) avec le feu de l'autel (symbole de l'esprit de Dieu). Puis il renvoie l'encensoir, virevoltant sur la terre.
Voilà ce qui arrive à nos prières. Elles montent vers le Père qui les reçoit, et elles reviennent sur la terre accomplir sa volonté. Notre prière est puissante, frères et soeurs.
Parfois nous la prononçons les yeux au ciel en nous demandant s'il y a quelqu'un là haut ou si Dieu n'est pas trop occupé pour nous entendre. Mais ce n'est pas vrai. Nos prières vont revenir, chargées de la force de l'Esprit, elles vont ouvrir la porte à l'action du Seigneur dans notre vie. La prière du juste a une grande efficacité dit Jacques dans son épître. Elle n'en a quye parce que Dieu a choisi de s'en servir pour en faire une des causes de son action.
Nous devons arriver à voir nos prières comme une sorte d'éclair inversé, qui part de la terre pour frapper le ciel. Un éclair qui va ensuite revenir frapper nos réalités et nous ouvrir les possibles que Dieu veut placer devant nous.
Les anges aux trompettes se préparent à en sonner; la trompette, c'est le symbole de la proclamation, et quand Dieu parle, il agit. Souvenez-vous des trompettes qui accompagnaient les prières des Hébreux qui marchaient autour de Jéricho. Les murailles colossales de la villes sont tombées. De la même façon, les trompettes divines accompagnent votre prière pour faire tomber les murailles qui se dressent devant nous.
Dieu va agir, il va répondre au prières de son peuple. Le silence dans le ciel n'est pas la marque d'un refus, mais celle d'une préparation. Dieu n'est pas devenu indifférent, Dieu ne nous a pas oubliés alors que nous attendons une réponse à la prière. Mais, dans le silence, il se prépare et il nous prépare à le voir agir.
Nous quittons ce texte avec un appel à la prière, une exhortation à la prière. Prions, frères et soeurs, prions notamment pour notre église. Elle en a besoin car nous savons que l'Adversaire ne veut pas que l'Evangile du Salut soit annoncé. Prions pour l'unité et l'amour entre nous. Prions pour la puissance dans le témoignage auquel nous sommes tous appelés. Prions pour nos frères et soeurs, pour ceux qui s'éveillent à la foi, pour le pasteur et sa famille.
Une prière chaque semaine pour votre église. Voilà ce que je vous demande frères et soeurs. Je vous le demande avec la certitude qu'elle sera entendue et que nous verrons bientôt l'encensoir venir frapper cette terre du Poitou et y répandre le feu de l'Esprit du Seigneur.
dimanche 25 avril 2010
Nous sommes de retour!!
Milles excuses pour l'interruption des publications sur ce blog depuis deux semaines. Vous retrouverez bientot les sermons des deux derniers dimanches, qui font partie d'une série sur le livre de l'Apocalypse, que nous lisons cette année durant le temps de Pâques.
vendredi 9 avril 2010
samedi 3 avril 2010
Luc 24.13-35 (Pâques)

13 Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, éloigné de Jérusalem d'une douzaine de kilomètres.14 Ils discutaient ensemble de tout ce qui s'était passé. 15 Pendant qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha et fit route avec eux, 16 mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.17 Il leur dit: «De quoi parlez-vous en marchant, pour avoir l'air si tristes?»18 L'un d'eux, un dénommé Cléopas, lui répondit: «Es-tu le seul en séjour à Jérusalem qui ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci?» 19 «Quoi?» leur dit-il. Ils lui répondirent: «Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,20 et comment les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont fait arrêter pour qu'il soit condamné à mort et l'ont crucifié.21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour que ces événements se sont produits. 22 Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Elles se sont rendues de grand matin au tombeau23 et n'ont pas trouvé son corps; elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu'il est vivant.24 Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit, mais lui, ils ne l'ont pas vu.»25 Alors Jésus leur dit: «Hommes sans intelligence, dont le coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes!26 Ne fallait-il pas que le Messie souffre ces choses et qu'il entre dans sa gloire?»27 Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.28 Lorsqu'ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin,29 mais ils le retinrent avec insistance en disant: «Reste avec nous car le soir approche, le jour est [déjà] sur son déclin.» Alors il entra pour rester avec eux.30 Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna.31 Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux.32 Ils se dirent l'un à l'autre: «Notre coeur ne brûlait-il pas en nous lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures?»33 Ils se levèrent à ce moment même et retournèrent à Jérusalem, où ils trouvèrent les onze et les autres qui étaient rassemblés34 et qui leur dirent: «Le Seigneur est réellement ressuscité et il est apparu à Simon.»35 Alors les deux disciples racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils l'avaient reconnu au moment où il rompait le pain.
Chers frères et sœurs,
Chers amis,
Il y a dans le langage typique de certains milieux chrétiens une expression "rencontrer le Christ" qui évoque une expérience vécue de découverte de Christ. Comme beaucoup d'expressions toutes faites, elle a le don de m'énerver, mais nous devons bien admettre qu'elle est vraie. Rencontrer le Christ vivant n'est pas une option pour un croyant. Etre Chrétien, c'est rencontrer le Christ ressuscité, et les récits qui racontent les apparitions du Christ vivant à ses disciples après le matin de Pâques en témoignent encore et encore.
Je voudrais avec vous méditer sur l'histoire de ces deux "pèlerins" sur la route d'Emmaüs ce matin. Nous ne savons presque rien d'eux, à part un nom, Cléopas. Nous ne savons pas s'il s'agit de deux amis ou d'un couple, mari et femme. Nous ne savons pas d'ailleurs précisément où se trouvait le village d'Emmaüs. En fait, qu'importe? En l'occurrence, je crois que tout ce flou sur les détails nous aide aussi à nous identifier à ses deux disciples qui cheminent ensemble ce matin là.
Ils discutaient ensemble de tout ce qui s'était passé dit Luc, et sans doute leur dialogue était-il lourd et triste. Ils parlent de la mort de Jésus, et de cette histoire incroyable de tombe vide qu'on leur a rapportée avant qu'ils ne quittent Jérusalem. Une histoire qu'ils ne savaient pas trop comment expliquer mais que, de toute évidence, ils n'ont pas crue. Voilà pourquoi ils s'en vont, le cœur lourd, amer et déçu. C'est à ce moment là que Jésus se met à marcher avec eux. Et c'est là une première bonne nouvelle pour nous: savoir que quand nous sommes en train de nous battre avec le doute, quand nous essayons de trouver un sens à notre vie, quand nous devons faire face à la déception et à la tristesse, Jésus est là, avec nous. En Esaïe, Dieu dit "j'habite dans les hauteurs et la sainteté, mais je suis avec l'homme brisé et abattu, afin de redonner vie au cœur abattu" (57.15).
Oh, bien sûr, les deux disciples ne reconnaissent pas Jésus. Luc nous précise "leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître". Empêchés par leurs propress tristeses et leurs manques de foi? Peut-être. Mais aussi et surtout, je crois, au risque de vous choquer, empêchés par Dieu lui-même. Car si nous croyons en un Dieu qui se montre, qui se révèle, il ne faut jamais oublier que ce même Dieu choisit le moment et la façon dont il se révèle. C'est là un point essentiel de ce texte, et je vous demande de garder cette pensée pour plus tard.
Jésus marche deux à côté des deux pèlerins. "Vous parlez de quoi? Ca n'a pas l'air d'aller??".
"De Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont fait arrêter pour qu'il soit condamné à mort et l'ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël".
Cette réponse est fascinante. Tout d'abord, faites attention aux temps employés: Jésus ETAIT un prophète, nous ESPERIONS que ce serait lui qui délivrerait Israël.
C'est du passé, pour eux, tout est fini. Bien plus, la réponse de Cléopas montre qu'il n'avait rien compris à l'identité et à la mission de Jésus. Pour eux Jésus était un prophète, rien de plus. Bien sûr ils avaient bien espéré qu'il soit le Messie, mais pour eux comme pour beaucoup de juifs de l'époque, le Messie devait être le libérateur qui viendrait les délivrer de l'occupation romaine manu militari. Ils pensaient que Jésus allaient écraser les occupants. Mais il était mort, et avec lui leurs espoirs et leur foi. Pourquoi? Parce que ce qu'ils attendaient ne pouvait pas être fait par un Messie crucifié comme le dernier des bandits.
Cléopas demande à celui qui les a rejoints "es-tu le seul à ne pas savoir ce qui s'est passé ces jour-ci à Jérusalem??". En fait, Cléopas ne savait pas ce qui s'était passé à Jérusalem. Il connaissait les évènements qui s'étaient produits mais il n'en saisissait pas le sens.
Alors Jésus doit tout reprendre à zéro. "Hommes sans intelligence, dont le coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Messie souffre ces choses et qu'il entre dans sa gloire?". Ce que Jésus va expliquer, en se basant sur les promesses de l'Ancien Testament, c'est que le Messie annoncé ne devait pas venir dans la puissance et la force mais vivre dans la faiblesse et expier par sa mort les péchés des hommes. Quels textes Jésus a-t-il utilisés? Nous n'en savons rien, mais peut-être s'est il servi d'Esaïe 53 que nous avons lu lors du Vendredi Saint.
3 Méprisé et délaissé par les hommes, homme de douleur, habitué à la souffrance, il était pareil à celui face auquel on détourne la tête: nous l'avons méprisé, nous n'avons fait aucun cas de lui.4 Pourtant, *ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé. Et nous, nous l'avons considéré comme puni, frappé par Dieu et humilié.5 Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes: la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et *c'est par ses blessures que nous sommes guéris.6 Nous étions tous comme des brebis égarées: chacun suivait sa propre voie, et l'Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous.
Le Messie ne devait pas être un guerrier libérateur. Le Messie devait être un serviteur souffrant dont le sang devait couler pour que nous soyons purifiés de nos fautes. Ce que Jésus est en train de dire, de faire comprendre en se servant de la Parole de Dieu.
C'est là quelque chose d'essentiel. Nous parlons ce matin de rencontrer Jésus. Encore faut-il rencontrer le vrai Jésus, le Jésus dont la Bible rend témoignage, le Jésus confessé depuis des siècles par la véritable Eglise dans le Credo de Nicée-Constantinople. Pas un de ces Jésus alternatifs tels que beaucoup de pseudo-théologies en fabriquent, pas une sorte de Che Guevara palestinien, pas une espèce de gourou New Age, non, le vrai Christ. Ce vrai Jésus, nous le connaîtrons à travers la Parole lue, méditée, écoutée dans la prédication de l'Eglise. Les deux pèlerins avaient une vision du Messie totalement opposée à celle de Jésus et de la Bible. Voilà pourquoi ils n'ont d'abord pas pu le reconnaître. Mais si nous rencontrons le Christ de l'Ecriture, vrai homme et vrai Dieu, par les blessures duquel nous sommes guéris, alors notre cœur commencera à bruler d'un feu nouveau.
C'est ce qui arrive aux deux pèlerins alors que cet étranger bizarre. Mais ils ne sont pas encore arrivés à Emmaüs. Cela c'est une autre étape, à laquelle nous devons aussi arriver.
Car une fois arrivés dans le village, les deux compagnons disent à Jésus "reste avec nous". Qu'elle est belle cette parole: "reste avec nous". Nous qui brûlons à l'écoute de la Parole de Dieu, allons-nous le laisser s'éloigner ou allons-nous lui demander de se manifester pleinement? Pas si nous suivons l'exemple de pèlerins. Mais alors, il faudra lui ouvrir notre maison. Comme l'a dit Mickaël Oxen "Ouvrir nos portes, dire: reste avec nous, c'est accepter de remettre complètement en cause notre religion personnelle, nos idées sur le Christ pour nous mettre à l'écoute de la Parole de Dieu".
A cette présence que vous pouvez ressentir à vos côtés, dites "reste avec nous".
C'est alors que nous nous ouvrirons à la grâce d'une rencontre complète avec le Christ. En effet, une fois installés, il faut bien manger. "Jésus prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna". Ca ne vous rappelle rien tout ça??
Oui, c'est à ce moment que les yeux des disciples s'ouvrent totalement, et qu'ils reconnaissent celui qui, la nuit où il fut livré, prit du pain et, après avoir rendu grâce le rompit et le donna à ses disciples en disant "prenez mangez ceci est mon corps qui est donné pour vous", le corps du Fils de Dieu brisé pour le pardon de nos fautes.
Et tout de suite après, Jésus disparaît. Pourquoi? Pour montrer son pouvoir? Non, je crois que Luc veut ici nous montrer qu'il est plus important pour nous de voir Jésus dans la Parole et les sacrements que dans sa chair. Il est plus important de rencontrer le Christ vivant dans la Parole et les sacrements avec les yeux de la foi que de le voir avec les yeux de notre tête.
Et le reste de l'histoire nous le prouve(Lc 24. 35-49) ; les deux disciples retournent à Jérusalem et qu'est-ce qui se passe? :
Les amis de Jésus sont rassemblés
Jésus apparaît au milieu d'eux
La Parole est annoncée
Un repas est partagé
Exactement comme dans l'histoire des pèlerins d'Emmaüs. Exactement comme dans les autres Evangiles où l'on retrouve le même schéma: disciples rassemblés, présence de Jésus, écoute de la Parole, partage du pain. Exactement comme dans le livre des Actes où Luc décrit ainsi la jeune église: ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres (Parole), dans la communion fraternelle (rassemblement) dans la fraction du pain et dans les prières (repas) (Actes 2.42).
Est-ce que vous voyez où je veux en venir? Le culte de la première église était fondé sur l'expérience de la rencontre avec le Christ ressuscité! Car nos cultes n'ont pas d'autre raison d'être que de rencontrer le Christ vivant. Nous nous rassemblons, nous écoutons la Parole, nous rompons le pain ensemble et nous sommes assurés de la présence de Christ au milieu de nous. Dieu nous a donné sa Parole et le sacrement de la Cène pour que nous puissions y rencontrer Christ.
Si, dans votre spiritualité, il n'y pas de place pour une rencontre réelle avec Jésus dans le pain et le vin consacrés, changez de spiritualité: elle n'est pas biblique. Vous vous privez d'une bénédiction, et la même chose arrive quand vous négligez la lecture et la méditation de la Parole de Dieu.Nous avons tous besoin de nourrir notre foi à ces deux canaux que Dieu nous ouvre dans sa bonté. Nous avons besoin d'eux pour avoir la force, comme les pèlerins d'Emmaüs, comme les premiers chrétiens, d'aller dire aux autres: "Jésus est ressuscité!" afin qu'ils puissent le rencontrer comme leur Seigneur et leur Sauveur.
vendredi 2 avril 2010
Jean 18.39 (Vendredi Saint)

Chers frères et soeurs,
Chers amis,
N'avez-vous jamais ressenti de la satisfaction en pouvant dire, une fois un gros travail achevé "c'est fait, c'est terminé"? Ce soir, je voudrais passer quelques moments avec vous pour méditer sur le sens des derniers mots de Christ en croix "tout est accompli".
Tout est accompli. Jésus est mort avec ces mots à la bouche. Tout est accompli, mais qu'est-ce que "tout"? Qu'est-ce que Christ a voulu dire?
Tout d'abord, il faut comprendre le sens général de ces mots, qui en fait , en grec n'en sont qu'un : tetelestai . Tetelestai, cela veut dire c'est terminé, c'est fini; le travail est fait, et il n'y aura plus à y revenir. Tetelestai, ce n'est pas un langage sacré, c'est une expression de tous les jours de la langue de l'époque.
Imaginez que vous vous retrouviez dans le monde méditerranéen de l'époque de Jésus.
Vous entendriez un serviteur dire tetelestai à son maître pour lui dire que le travail qui lui a été confié a été fait.
Vous entendriez un prêtre dire tetelestai en parlant d'un sacrifice offert par quelqu'un pour dire qu'il est accepté.
Vous entendriez un marchand dire tetelestai en parlant d'une dette contractée et totalement payée.
Vous entendriez un artiste, prenant du recul pour contempler l'œuvre à laquelle il vient de donner la dernière touche dire tetelestai. C'est terminé.
Sachant tout cela, tournons-nous à présent vers notre Seigneur pour comprendre ce que tetelestai a pu vouloir dire dans sa bouche.
Le premier élément, je crois, est que la vie terrestre de Jésus était terminée. Ce sont les dernières paroles d'un mourant qui sait que son heure est venue. Jésus a connu une vie en tous points semblable à la nôtre, avec une différence fondamentale: il était sans péché. Mais à présent cette vie allait s'achever. Christ le savait. Et ce n'était pas simplement le réalisme d'un mourant se rendant compte qu'il arrive au bout, non, beaucoup plus profondément que cela Jésus a accepté de mourir. Le seul homme qui n'avait pas à mourir a accepté de le faire, pour vous. Christ avait annoncé sa mort, il savait où son chemin le menait "Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l'enlève, mais je la donne de moi-même" (Jean 10.17-18). Jésus a accepté de mourir afin que par sa mort la puissance de la mort dans nos vies soit vaincue et pour que nous puissions recevoir le salut et l'espérance de la résurrection.
Deuxièmement, c'était l'œuvre de Jésus, sa mission, qui était achevée. On dit que certains grands hommes (ou considérés comme tels) ont, au moment de mourir, exprimé le regret de ne pas avoir fait plus, d'avoir encore tant à accomplir.
Jésus n'est pas mort en laissant derrière lui une tâche inachevée. Il avait à mener l'œuvre la plus importante: le salut du monde, et il l'a accomplie. Tetelestai. Tout est accompli. Jésus avait reçu une mission du Père. Avant d'être arrêté, Jésus a dit "Père, j'ai révélé ta gloire, sur la terre, j'ai terminé ce que tu m'avais donné à faire" (Jean 17.4). Jésus a accompli tout ce qu'il fallait pour que nous puissions être sauvés, pour que nous puissions retrouver la communion avec Dieu et avec les autres.
Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a fait devenir péché pour nous afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu dit Paul (2 Co 5.21). Jésus a vécu une vie parfaite à notre place. Jésus a payé pour nos fautes à notre place. Tout est accompli. Il n'y besoin de rien d'autre, de votre part ou de quiconque. Vous n'avez qu'accepter par la foi cette bonne nouvelle.
Troisièmement, ce que nous voyons en Christ, c'est l'accomplissement des Ecritures. Dieu avait promis en Genèse que le Sauveur naîtrait d'une femme et cela s'est accompli (Gen 3.15, Gal 4.4). Dieu avait dit que le Sauveur naîtrait d'une vierge par la bouche du prophète Esaïe (7.14) et cela s'est accompli ( Mt 1.18). Le prophète Michée avait annoncé que le Messie naîtrait à Bethléem et cela s'est accompli (Mich 5.2). L'entrée triomphale à Jérusalem a été annoncée par Zacharie et cela s'est accompli, comme nous avons pu le voir dimanche dernier lors du culte des Rameaux. Dans ce culte du Vendredi Saint, nous ne lisons pas seulement les Evangiles qui racontent la mort du Seigneur. Nous lisons aussi, et c'est très important, les textes de l'Ancien Testament qui annoncent la venue du Messie et qui nous montrent que Jésus était bien le Sauveur promis parce qu'il les a accomplis.
Esaïe 53 a annoncé le rejet du Christ par les hommes. Le même texte a décrit sa terrible agonie des centaines d'années avant que les soldats romains ne mettent la croix en place pour le supplice. La crucifixion a aussi été prédite dans le psaume 22 et nous savons tous que cela s'est accompli.
Il y a dans l'Ancien Testament plus de 300 prophéties concernant le Messie qui se sont accomplies dans la vie de Jésus. Ce que cela nous montre, c'est que Christ a accompli les promesses de Dieu, qui avait dit aux humains qu'il leur enverrait un sauveur. Jésus est l'accomplissement du colossal plan de salut que Dieu a fait courir sur plusieurs siècles, ce plan de salut, qui, aussi impressionnant qu'il soit ne vous en concerne pas moins directement. L'amour de Dieu pour vous vient de loin, de très loin. Il a été accompli en Christ.
Enfin, Jésus a été l'accomplissement de l'expiation.
Jésus a un jour résumé ainsi sa mission "Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Luc 19.10). Et Paul nous dit que Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs (1 Tim 1.15). Les pécheurs que nous sommes tous ne pouvaient être trouvés que sous la domination de la mort et sous la condamnation de Dieu. Les pécheurs que nous sommes ne pouvaient être sauvés que par une personne prenant leur place et portant leur culpabilité. IL fallait que nos fautes soient lavées dans le sang d'un être innocent. Il fallait que les exigences justes et droites de la Loi de Dieu soient satisfaites, que la dette de notre péché soit entièrement effacée par quelqu'un qui paierait pour nous. Et c'est sur la Croix que tout cela s'est accompli.
Tout ce vers quoi l'Ancien Testament pointait a été achevé en Christ. Les peaux d'animaux dont Dieu a couvert Adam et Eve après la chute, le refuge de l'arche de Noé, la protection offerte aux Israelites par le sang de l'agneau disposé sur leurs portes, tout cela pointait vers ce qui allait pleinement se développer en Jésus.
Esaïe dit comme nous l'avons entendu tout à l'heure "l'Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous". Dieu a fait retomber mes fautes sur Christ, elles ne sont plus sur moi. Bien sûr, il y a toujours du péché en moi, mais je ne porte plus sa condamnation. C'est une distinction vitale. Vous avez peut-être entendu parler la semaine dernière de cet américain marié à une française qui vit depuis des années dans le couloir de la mort d'un pénitencier texan et qui s'est vu accorder une grâce supplémentaire. Cet homme est sous le coup d'une condamnation à mort. De la même façon, ceux qui ne croient pas que Christ leur donne le salut sont sous le coup de la condamnation de Dieu. Mais pour ceux qui ont reçu Christ, il n'y a plus de condamnation, il n'y a plus de culpabilité: elles ont été portés par Christ. Et parce qu'il a dit "tout est accompli" tout peut être accompli pour vous.
Ces paroles prononcées il y a près de 2000 ans vous concernent. Christ vous a donné le salut, il a vaincu le péché et la mort, il a accompli les Ecritures et le plan divin du salut. Alors, cessez de vouloir vous en sortir seuls. Cessez de vous demander si vous avez assez de foi pour être acceptés par Dieu. La seule question, c'est de savoir si votre foi est tournée ou non sur Jésus et sur lui seul. Vous n'avez rien à présenter à Dieu, c'est lui qui vous dit "tout est accompli". Cette parole, recevons-là, croyons-là et reposons nous sur celui qui a tout accompli pour nous.
Amen.
Chers amis,
N'avez-vous jamais ressenti de la satisfaction en pouvant dire, une fois un gros travail achevé "c'est fait, c'est terminé"? Ce soir, je voudrais passer quelques moments avec vous pour méditer sur le sens des derniers mots de Christ en croix "tout est accompli".
Tout est accompli. Jésus est mort avec ces mots à la bouche. Tout est accompli, mais qu'est-ce que "tout"? Qu'est-ce que Christ a voulu dire?
Tout d'abord, il faut comprendre le sens général de ces mots, qui en fait , en grec n'en sont qu'un : tetelestai . Tetelestai, cela veut dire c'est terminé, c'est fini; le travail est fait, et il n'y aura plus à y revenir. Tetelestai, ce n'est pas un langage sacré, c'est une expression de tous les jours de la langue de l'époque.
Imaginez que vous vous retrouviez dans le monde méditerranéen de l'époque de Jésus.
Vous entendriez un serviteur dire tetelestai à son maître pour lui dire que le travail qui lui a été confié a été fait.
Vous entendriez un prêtre dire tetelestai en parlant d'un sacrifice offert par quelqu'un pour dire qu'il est accepté.
Vous entendriez un marchand dire tetelestai en parlant d'une dette contractée et totalement payée.
Vous entendriez un artiste, prenant du recul pour contempler l'œuvre à laquelle il vient de donner la dernière touche dire tetelestai. C'est terminé.
Sachant tout cela, tournons-nous à présent vers notre Seigneur pour comprendre ce que tetelestai a pu vouloir dire dans sa bouche.
Le premier élément, je crois, est que la vie terrestre de Jésus était terminée. Ce sont les dernières paroles d'un mourant qui sait que son heure est venue. Jésus a connu une vie en tous points semblable à la nôtre, avec une différence fondamentale: il était sans péché. Mais à présent cette vie allait s'achever. Christ le savait. Et ce n'était pas simplement le réalisme d'un mourant se rendant compte qu'il arrive au bout, non, beaucoup plus profondément que cela Jésus a accepté de mourir. Le seul homme qui n'avait pas à mourir a accepté de le faire, pour vous. Christ avait annoncé sa mort, il savait où son chemin le menait "Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l'enlève, mais je la donne de moi-même" (Jean 10.17-18). Jésus a accepté de mourir afin que par sa mort la puissance de la mort dans nos vies soit vaincue et pour que nous puissions recevoir le salut et l'espérance de la résurrection.
Deuxièmement, c'était l'œuvre de Jésus, sa mission, qui était achevée. On dit que certains grands hommes (ou considérés comme tels) ont, au moment de mourir, exprimé le regret de ne pas avoir fait plus, d'avoir encore tant à accomplir.
Jésus n'est pas mort en laissant derrière lui une tâche inachevée. Il avait à mener l'œuvre la plus importante: le salut du monde, et il l'a accomplie. Tetelestai. Tout est accompli. Jésus avait reçu une mission du Père. Avant d'être arrêté, Jésus a dit "Père, j'ai révélé ta gloire, sur la terre, j'ai terminé ce que tu m'avais donné à faire" (Jean 17.4). Jésus a accompli tout ce qu'il fallait pour que nous puissions être sauvés, pour que nous puissions retrouver la communion avec Dieu et avec les autres.
Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a fait devenir péché pour nous afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu dit Paul (2 Co 5.21). Jésus a vécu une vie parfaite à notre place. Jésus a payé pour nos fautes à notre place. Tout est accompli. Il n'y besoin de rien d'autre, de votre part ou de quiconque. Vous n'avez qu'accepter par la foi cette bonne nouvelle.
Troisièmement, ce que nous voyons en Christ, c'est l'accomplissement des Ecritures. Dieu avait promis en Genèse que le Sauveur naîtrait d'une femme et cela s'est accompli (Gen 3.15, Gal 4.4). Dieu avait dit que le Sauveur naîtrait d'une vierge par la bouche du prophète Esaïe (7.14) et cela s'est accompli ( Mt 1.18). Le prophète Michée avait annoncé que le Messie naîtrait à Bethléem et cela s'est accompli (Mich 5.2). L'entrée triomphale à Jérusalem a été annoncée par Zacharie et cela s'est accompli, comme nous avons pu le voir dimanche dernier lors du culte des Rameaux. Dans ce culte du Vendredi Saint, nous ne lisons pas seulement les Evangiles qui racontent la mort du Seigneur. Nous lisons aussi, et c'est très important, les textes de l'Ancien Testament qui annoncent la venue du Messie et qui nous montrent que Jésus était bien le Sauveur promis parce qu'il les a accomplis.
Esaïe 53 a annoncé le rejet du Christ par les hommes. Le même texte a décrit sa terrible agonie des centaines d'années avant que les soldats romains ne mettent la croix en place pour le supplice. La crucifixion a aussi été prédite dans le psaume 22 et nous savons tous que cela s'est accompli.
Il y a dans l'Ancien Testament plus de 300 prophéties concernant le Messie qui se sont accomplies dans la vie de Jésus. Ce que cela nous montre, c'est que Christ a accompli les promesses de Dieu, qui avait dit aux humains qu'il leur enverrait un sauveur. Jésus est l'accomplissement du colossal plan de salut que Dieu a fait courir sur plusieurs siècles, ce plan de salut, qui, aussi impressionnant qu'il soit ne vous en concerne pas moins directement. L'amour de Dieu pour vous vient de loin, de très loin. Il a été accompli en Christ.
Enfin, Jésus a été l'accomplissement de l'expiation.
Jésus a un jour résumé ainsi sa mission "Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Luc 19.10). Et Paul nous dit que Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs (1 Tim 1.15). Les pécheurs que nous sommes tous ne pouvaient être trouvés que sous la domination de la mort et sous la condamnation de Dieu. Les pécheurs que nous sommes ne pouvaient être sauvés que par une personne prenant leur place et portant leur culpabilité. IL fallait que nos fautes soient lavées dans le sang d'un être innocent. Il fallait que les exigences justes et droites de la Loi de Dieu soient satisfaites, que la dette de notre péché soit entièrement effacée par quelqu'un qui paierait pour nous. Et c'est sur la Croix que tout cela s'est accompli.
Tout ce vers quoi l'Ancien Testament pointait a été achevé en Christ. Les peaux d'animaux dont Dieu a couvert Adam et Eve après la chute, le refuge de l'arche de Noé, la protection offerte aux Israelites par le sang de l'agneau disposé sur leurs portes, tout cela pointait vers ce qui allait pleinement se développer en Jésus.
Esaïe dit comme nous l'avons entendu tout à l'heure "l'Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous". Dieu a fait retomber mes fautes sur Christ, elles ne sont plus sur moi. Bien sûr, il y a toujours du péché en moi, mais je ne porte plus sa condamnation. C'est une distinction vitale. Vous avez peut-être entendu parler la semaine dernière de cet américain marié à une française qui vit depuis des années dans le couloir de la mort d'un pénitencier texan et qui s'est vu accorder une grâce supplémentaire. Cet homme est sous le coup d'une condamnation à mort. De la même façon, ceux qui ne croient pas que Christ leur donne le salut sont sous le coup de la condamnation de Dieu. Mais pour ceux qui ont reçu Christ, il n'y a plus de condamnation, il n'y a plus de culpabilité: elles ont été portés par Christ. Et parce qu'il a dit "tout est accompli" tout peut être accompli pour vous.
Ces paroles prononcées il y a près de 2000 ans vous concernent. Christ vous a donné le salut, il a vaincu le péché et la mort, il a accompli les Ecritures et le plan divin du salut. Alors, cessez de vouloir vous en sortir seuls. Cessez de vous demander si vous avez assez de foi pour être acceptés par Dieu. La seule question, c'est de savoir si votre foi est tournée ou non sur Jésus et sur lui seul. Vous n'avez rien à présenter à Dieu, c'est lui qui vous dit "tout est accompli". Cette parole, recevons-là, croyons-là et reposons nous sur celui qui a tout accompli pour nous.
Amen.
samedi 27 mars 2010
PHILIPPIENS 2.5-11 (Dimanche des Rameaux)

Entrée de Jésus dans Jérusalem Enluminures de l’évangéliaire d’Egbert (10 ème siècle). Lire Luc 19.28-44
Phi 2:5 Tendez à vivre ainsi entre vous, car c'est ce qui convient quand on est uni à Jésus-Christ.Phi 2:6 Lui qui, dès l'origine,était de condition divine,ne chercha pas à profiter de l'égalité avec Dieu,
Phi 2:7 mais il s'est dépouillé lui-même,et il a pris la condition du serviteur.Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu'il était bien un homme.
Phi 2:8 Il s'abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu'à subir la mort,oui, la mort sur la croix.
Phi 2:9 C'est pourquoi Dieu l'a élevé à la plus haute place et il lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom,
Phi 2:10 pour qu'au nom de Jésu tout être s'agenouille dans les cieux, sur la terre et jusque sous la terre,
Phi 2:11 et que chacun déclare: Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père.
Chers frères et soeurs,
Aujourd'hui, c'est le dimanche des Rameaux, qui ouvre la Semaine Sainte où nous allons revivre le drame des derniers jours et des dernières heures de Notre Seigneur.
Reconnaissons-le, parfois, ce temps de notre calendrier liturgique est quand même lourd, sombre. Le service de Vendredi Saint est là pour nous rappeler tout ce que Christ a souffert pour nous. Entre les acclamations joyeuses de l'entrée à Jérusalem et la gloire de la tombe vide du matin de Pâques, tout l'espace est occupé par une croix sanglante. Oui, souvent, nous préférons un roi triomphant à un serviteur souffrant ou à un agneau immolé.
St Paul a écrit aux Philippiens (et à nous) que Jésus a choisi de devenir un serviteur souffrant. Jésus aurait très bien rester ce qu'il était: le glorieux Fils de Dieu, pas limité par un corps humain et ne connaissant pas la douleur. Même après avoir pris forme humaine, Jésus est resté Dieu, et il aurait très bien pu ne pas souffrir et ne pas accepter de diminuer sa gloire. Mais il a choisi de devenir serviteur. Jésus a choisi le chemin de la faiblesse, de la douleur et de la mort, et il l'a fait pour nous.
Et c'est là une grande difficulté. Nous nous approchons du jour où Dieu est mort. C'est l'offense de la croix, parce que, cloué au bois, Jésus qui était Dieu a donné sa vie. Comment Dieu peut-il mourir, puisqu'il est éternel et immortel? Pourquoi devrait-il mourir, puisqu'il est bon et pur, aimable et admirable? La mort de Jésus est la mort de Dieu et c'est là pour nous un mystère et un scandale, et ça l'est encore plus lorsque nous nous rendons compte que le récit de la Passion nous dit que Dieu est mort pour nous.
Depuis des siècles, des gens ont essayé d'échafauder des théories qui permettraient d'adoucir l'histoire, de la rendre plus acceptable. Ainsi, certains ont dit que Jésus n'était pas mort sur la Croix, mais qu'il s'était juste évanoui. D'autres ont dit que Jésus n'était pas Dieu. Je parlais l'autre jour avec un très bon ami à moi de choses spirituelles. Il est féru d'histoire et m'a demandé ce que je pensais de l'Arianisme, l'hérésie très répandue dans les premiers siècles de l'Eglise qui disait que Jésus n'était qu'un homme mais pas Dieu. Il se demandait s'il était finalement très important de croire que Jésus était bien Dieu. Je lui ai répondu que si Jésus n'était qu'un homme, alors le vieil adage chrétien "dieu s'est fait homme pour que l'homme puisse devenir dieu" ne tient plus. Si ce n'est qu'un homme qui est mort sur une croix il y a 2000 ans, Jésus est au plus une sorte de Gandhi palestinien. Son histoire est triste, mais pas plus que beaucoup d'autres, et nous n'avons pas vraiment de raisons de nous y attarder. Nos péchés ne sont pas effacés!
Mais nous voyons Paul réaffirmer la vérité fondamentale de notre foi: Jésus était de condition divine, Jésus était Dieu. Il possédait la même gloire, la même sainteté, la même sagesse, la même puissance que le Père. Mais Jésus n'a pas regardé tout cela et il s'est abaissé, il s'est humilié. Il est devenu l'un de nous, il s'est fait homme. Son humanité n'était pas différente de la nôtre; sauf sur un point essentiel: c'est que Jésus était sans péché. Il n'a jamais commis un seul péché et pourtant il a payé pour les vôtres, pour les miens.
Jésus a vécu une vie comme la nôtre. Il a eu faim, il a eu soif, il a été fatigué. Pourtant Dieu n'a pas faim, il n'a pas soif, il n'est jamais fatigué. Dieu ne saigne pas, non plus. Il ne souffre pas. Il ne peut pas mourir. Mais Christ, qui était vrai Dieu et vrai homme a accepté de quitter le sein du Père pour venir souffrir et mourir à votre place pour que vos fautes soient effacés, en se faisant serviteur.
C'est bien la chair du Fils de Dieu qui a été clouée à la croix. Encore une fois, la mort d'un homme, même très bon, ne serait d'aucune utilité pour notre salut éternel. Mais Jésus a déposé la chair et le sang de Dieu sur la croix, et sa mort est tout pour nous. La mort de Jésus et sa résurrection sont les évènements centraux de l'histoire du monde, bien plus importants que la Première Guerre Mondiale ou la Chute du Mur de Berlin! La Croix est le véritable pivot de l'histoire humaine, celui par rapport auquel tous les humains sont amenés à se déterminer.
Sur la croix, Jésus a marqué sa solidarité avec une humanité pécheresse. Lui qui était saint et sans péché est devenu l'un d'entre nous, alors même que nous sommes pécheurs. Sur la croix, Jésus a embrassé toute l'humanité, parce que c'est lui qui a porté le poids de notre péché et de notre culpabilité.
Jésus est venu dans l'humilité pour porter ce qui était nos fardeaux: notre péché, notre mort, notre damnation. J'ai beaucoup pris le train à un certain moment de ma vie. J'ai toujours été surpris par les remerciements chaleureux des personnes dont j'avais mis les valises sur la galerie "Merci Monsieur, vous êtes bien aimable".
De la même façon, ce n'était pas à Jésus de porter nos fardeaux. Jésus n'avait pas à mourir. Il a choisi de mourir pour nous. Jésus-Christ, le seul homme qui n'avait pas à mourir, a choisi une mort terrible pour nous sauver.
Aujourd'hui, nous le voyons entrer à Jérusalem monté sur un simple ânon, lui qui aurait pu être porté par des myriades d'anges. Est-ce que vous croyez que les rois David et Salomon se promenaient sur des ânes?? Ce que nous avons en face de nous, c'est un serviteur. Jésus entre à Jérusalem pour se présenter à Dieu comme sacrifice expiatoire pour les péchés du monde entier. Oui, Jésus va à la boucherie pour nous. Et il le sait.
Et dans ce corps qui bientôt sera flagellé, roué de coups, couronné d'épines, cloué sur une croix se tient pourtant toute la force divine qui a créé notre univers et qui le soutient. Cette figure pathétique d'un fils de charpentier mourant, est en fait celle du grand Dieu qui protège et défend le monde même quand le monde se tourne contre lui. C'est ça, un serviteur.
Aujourd'hui encore, Jésus reste Dieu et homme. Mais il n'est plus serviteur. En théologie, on dit que son état d'abaissement (ou d'humiliation) a fait place à son état d'élévation (ou d'exaltation, si vous voulez creuser le sujet, voyez les pages 118 à 128 de votre catéchisme). A présent Christ siège à la droite du Père, entouré de la louange de Dieu et des saints.
A cette louange, nous nous joignons déjà, notamment quand nous chantons comme nous allons le faire tout à l'heure "Saint, saint, saint". Ce chant, c'est en fait un entraînement pour ce qui nous attend. Oui nous louons, dans nos chants, dans nos prières, le nom de Jésus, le nom par lequel nous sommes sauvés et par lequel la puissance du diable est défaite.
Un jour, tout genou fléchira dans le ciel, sur la terre ou sous la terre, que cela lui plaise ou non. Même Satan devra confesser de sa bouche que Christ est Seigneur. Ne vous laissez pas inquiéter par les oiseaux de mauvais augure qui nous disent que le christianisme est mort dans nos pays. Certes, l'église fidèle ne regroupe qu'un petit troupeau, mais ce n'est pas ça qui empêchera le plan divin de s'achever par la victoire de l'Agneau immolé; malgré les ruses du diable et la rébellion des hommes.
Alors, demeurons fidèles, gardons devant nous l'exemple d'humilité de notre Sauveur, puisque c'est ce que Paul nous invite à faire dans notre vie d'église. L'humilité, dans notre société, plus personne n'en a rien à faire. Dans les entreprises, parfois même dans les familles, on est prêt à tout pour ne pas "se laisser bouffer" (ou pour bouffer les autres autres?). il faut montrer les dents, bomber le torse et défendre son territoire!
Mais nous chrétiens, sommes appelés à quelque chose de différent dans les communautés au sein desquels l'Esprit nous réunit. "Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir d'une gloire sans valeur, mais avec humilité considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de regarder à ses propres intérêts regarde aussi à ceux des autres." (2.3-4). Voilà notre feuille de route. Nous sommes appelés à suivre les pas de notre Sauveur. Bien sûr, cela peut faire peur. Quand on se rend humble, on se rend aussi vulnérable. Mais en prenant et en gardant ensemble toujours cette direction, nous pourrons créer dans l'église ces relations nouvelles que Dieu veut y développer, quand nous aurons un même amour, un même cœur, une même pensée (2.2). Jésus est venu dans l'humilité par amour pour nous. Marchons dans l'humilité par amour mutuel.
vendredi 26 mars 2010
PHILIPPIENS 3.4-14
Des problèmes sur notre plateforme Blogger ont retardé la publication du sermon de dimanche dernier. Acceptez nos excuses.
4 Pourtant, moi-même je pourrais mettre ma confiance dans ma condition. Si quelqu'un croit pouvoir se confier dans sa condition, je le peux plus encore:5 j'ai été circoncis le huitième jour, je suis issu du peuple d'Israël, de la tribu de Benjamin, hébreu né d'Hébreux; en ce qui concerne la loi, j'étais pharisien;6 du point de vue du zèle, j'étais persécuteur de l'Eglise; par rapport à la justice de la loi, j'étais irréprochable.7 Mais ces qualités qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte à cause de Christ.8 Et je considère même tout comme une perte à cause du bien suprême qu'est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. A cause de lui je me suis laissé dépouiller de tout et je considère tout cela comme des ordures afin de gagner Christ9 et d'être trouvé en lui non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi.10 Ainsi je connaîtrai Christ, la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances en devenant conforme à lui dans sa mort11 pour parvenir, d'une manière ou d'une autre, à la résurrection des morts.12 Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix ou que j'aie déjà atteint la perfection, mais je cours pour tâcher de m'en emparer, puisque de moi aussi, Jésus-Christ s'est emparé.13 Frères et soeurs, je n'estime pas m'en être moi-même déjà emparé, mais je fais une chose: oubliant ce qui est derrière et me portant vers ce qui est devant,14 je cours vers le but pour remporter le prix de l'appel céleste de Dieu en Jésus-Christ.
Chers frères et sœurs,
Le carême est un temps de repentance. La repentance, nous l'avons vu la semaine dernière, c'est avant tout un changement radical de direction. Durant le carême, nous sommes invités à réfléchir à la réalité de notre péché et à nous en détourner. Mais ce n'est pas tout. Car s'il est important de nous détourner de nos fautes, il faut aussi que nous apprenions à nous détourner de nos bonnes actions. C'est seulement ainsi que nous pourrons pleinement entrer dans la vie chrétienne, en nous centrant seulement sur Christ.
C'est ce que Paul cherche à faire comprendre aux chrétiens de l'église de la ville de Philippe dans notre texte. Il y avait des problèmes dans cette église. Des gens étaient venus dire aux chrétiens qu'en plus de croire en Jésus, il fallait qu'ils suivent les prescriptions de la Loi juive, la loi de Moïse. Pour être sauvé, il ne suffisait pas de croire en Christ, il fallait aussi obéir aux commandements. Alors Paul met en garde les gens de Philippe, et il utilise l'histoire de sa propre vie comme illustration.
"Attendez, dit l'apôtre, on vous dit de suivre la Loi juive et ses commandements? Je suis bien placé pour vous dire que ça ne sert à rien, que c'est même dangereux parce qu'à partir de ce moment-là, vous êtes sur une pente glissante qui vous éloigne de Jésus au lieu de vous en rapprocher".
Paul, comme il l'explique, était un Juif de pure race, un membre du peuple que Dieu s'était choisi dans l'Ancienne Alliance. Bien plus, il appartenait au groupe religieux le plus strict au sein du judaïsme, le plus focalisé sur l'obéissance aux commandements: les Pharisiens. Nous savons par ailleurs que Paul avait été l'élève d'un grand maître juif, Galamiel. Nous savons aussi que Paul a tout d'abord cherché à tout prix à détruire l'Eglise naissante et à persécuter les chrétiens par tous les moyens. S'il y avait un homme qui pouvait mettre ces espoirs dans la religion juive, c'était bien Paul.
Et le voilà qui dit que toutes ces choses, il les considère comme des ordures (v.8), ce qui est d'ailleurs une traduction encore bien du terme grec original.
Son pédigrée impeccable, son CV immaculé de Pharisien, le prestige que tout cela lui apportait, le brillant avenir qui lui était assuré, Paul dit que c'est zéro, rien, nada, c'est quelque chose qui sent mauvais. Pourquoi? Comment est-ce que cette révolution complète a pu avoir lieu? Il y a eu une rencontre, un bouleversement dans la vie de Paul et qui doit se produire aussi dans la nôtre si nous voulons vraiment vivre.
Un jour, sur le chemin de Damas, Jésus s'est révélé à Paul (Actes 9). Celui qui était un ennemi acharné de l'Eglise a compris qui était Jésus.
"C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu" (Eph 2.8). Ces paroles tirées de la lettre aux Ephésiens, elles sont devenues le cœur de la vie de Paul. Il est devenu un paria, un homme pourchassé et balloté
C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Nous les connaissons ses paroles. Mais le plus difficile, c'est de bien les avoir à l'esprit dans notre marche quotidienne. La société autour de nous insiste sur les performances, sur les accomplissements. Cela ne nous aide pas, d'autant plus que notre vieille nature cherche toujours à reprendre le dessus et à nous faire croire que nos œuvres ont de la valeur.
Alors, bien sûr, je ne suis pas en train de vous dire de ne pas, par exemple, faire les courses pour une voisine qui s'est cassé la jambe, de ne pas prêter une oreille attentive à quelqu'un qui a besoin de parler, de ne pas vous engager dans les diverses associations qui font vivre nos villes et nos villages. Je ne suis pas en train de vous dire de vous sentir coupable quand on vous dit merci.
Mais il est important, non, fondamental de nous souvenir encore et toujours que toutes ces "bonnes actions" sont absolument incapables de nous ouvrir la porte des cieux. Aucune d'entre elles ne vous rapprochera de notre Père céleste. En fait, notre orgueil va nous pousser à dire "oh, finalement, je ne suis pas si mauvais que ça. En fait il y a bien pire que moi. On peut même dire que je suis un brave type dans le fond". A partir de ce moment-là, nous nous comportons comme ses malades qui refusent d'admettre qu'ils le sont et qui se dispensent de traitement.
Nous devons comprendre que nous n'avons pas besoin d'un code moral (les incroyants sont souvent plus "moraux" que nous); nous n'avons pas besoin d'une religion, nous avons besoin d'un Sauveur, parce que notre situation est tellement désespérée que nous ne pouvons pas nous en sortir tout seuls. Ce sauveur, c'est Jésus-Christ, qui vécu une vie parfaite à notre place et a expié nos fautes à la croix.
Voilà pourquoi Paul dit qu'il veut être trouvé "avec (sa) justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi." Le problème de la Loi, c'est qu'elle exige de nous une obéissance parfaite, impeccable, dont nous sommes incapables. Alors, pour que nous puissions pardonnés, purifiés de nos fautes, Dieu a envoyé son Fils pour que dans sa mort nous obtenions sa justice. Si vous croyez en Jésus, Dieu voit sa vie sainte et pure quand il vous regarde: tous vos péchés sont oubliés, effacés, vous êtes libre! Vous n'avez plus besoin de chercher désespérement à gagner votre salut par vos œuvres: il vous a déjà été par Jésus acquis à la croix!
Voilà pourquoi Paul dit que rien n'a de valeur à côté de la connaissance de Christ. Est-ce que vous vous êtes rendu compte qu'il y a une grande différence entre croire en Dieu et connaître Dieu? On peut croire en Dieu comme en une grande force cosmique anonyme. On peut croire en Dieu comme en une sorte de grand vieillard barbu trônant dans les cieux et qui ne se soucie pas de nous. En fait, ne pas croire en Dieu et s'en faire une fausse image sont deux erreurs finalement assez proches l'une de l'autre.
Mais nous pouvons connaître Dieu, parce que nous pouvons connaître Jésus-Christ. Etre Chrétien, c'est connaître Christ. Pas connaître des choses le concernant, mais le connaître comme on connaît un ami, un frère. Mais être Chrétien, c'est aussi savoir que Jésus nous connaît aussi de façon personnelle. Je suis le Bon Berger a dit Christ, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.
Et cette idée de connaître Christ, dans le Nouveau Testament, équivaut à "être sauvé". Mais, dans le même temps, nous sommes appelés à toujours connaître de plus en plus, de mieux en mieux. Regardez Paul: ce n'est pas parce qu'il est apôtre, fondateur d'églises, qu'il croit qu'il peut se reposer sur ses lauriers. Ce serait tomber dans un pharisaïsme chrétien tout aussi trompeur que le juif. Paul veut "gagner" Christ, le connaître encore plus. Il ne se considère pas comme arrivé et il utilise l'image de la course, où, oubliant "qui est derrière" il va de l'avant, centré sur le but.
Nous aussi nous sommes appelés à laisser derrière nous notre excédent de bagages, notre péché, notre orgueil, nos doutes et nos craintes aussi parce que tout cela n'est rien à côté de la chose la plus précieuse au monde: connaître le Seigneur Jésus Christ, notre sauveur et notre Dieu.
4 Pourtant, moi-même je pourrais mettre ma confiance dans ma condition. Si quelqu'un croit pouvoir se confier dans sa condition, je le peux plus encore:5 j'ai été circoncis le huitième jour, je suis issu du peuple d'Israël, de la tribu de Benjamin, hébreu né d'Hébreux; en ce qui concerne la loi, j'étais pharisien;6 du point de vue du zèle, j'étais persécuteur de l'Eglise; par rapport à la justice de la loi, j'étais irréprochable.7 Mais ces qualités qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte à cause de Christ.8 Et je considère même tout comme une perte à cause du bien suprême qu'est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. A cause de lui je me suis laissé dépouiller de tout et je considère tout cela comme des ordures afin de gagner Christ9 et d'être trouvé en lui non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi.10 Ainsi je connaîtrai Christ, la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances en devenant conforme à lui dans sa mort11 pour parvenir, d'une manière ou d'une autre, à la résurrection des morts.12 Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix ou que j'aie déjà atteint la perfection, mais je cours pour tâcher de m'en emparer, puisque de moi aussi, Jésus-Christ s'est emparé.13 Frères et soeurs, je n'estime pas m'en être moi-même déjà emparé, mais je fais une chose: oubliant ce qui est derrière et me portant vers ce qui est devant,14 je cours vers le but pour remporter le prix de l'appel céleste de Dieu en Jésus-Christ.
Chers frères et sœurs,
Le carême est un temps de repentance. La repentance, nous l'avons vu la semaine dernière, c'est avant tout un changement radical de direction. Durant le carême, nous sommes invités à réfléchir à la réalité de notre péché et à nous en détourner. Mais ce n'est pas tout. Car s'il est important de nous détourner de nos fautes, il faut aussi que nous apprenions à nous détourner de nos bonnes actions. C'est seulement ainsi que nous pourrons pleinement entrer dans la vie chrétienne, en nous centrant seulement sur Christ.
C'est ce que Paul cherche à faire comprendre aux chrétiens de l'église de la ville de Philippe dans notre texte. Il y avait des problèmes dans cette église. Des gens étaient venus dire aux chrétiens qu'en plus de croire en Jésus, il fallait qu'ils suivent les prescriptions de la Loi juive, la loi de Moïse. Pour être sauvé, il ne suffisait pas de croire en Christ, il fallait aussi obéir aux commandements. Alors Paul met en garde les gens de Philippe, et il utilise l'histoire de sa propre vie comme illustration.
"Attendez, dit l'apôtre, on vous dit de suivre la Loi juive et ses commandements? Je suis bien placé pour vous dire que ça ne sert à rien, que c'est même dangereux parce qu'à partir de ce moment-là, vous êtes sur une pente glissante qui vous éloigne de Jésus au lieu de vous en rapprocher".
Paul, comme il l'explique, était un Juif de pure race, un membre du peuple que Dieu s'était choisi dans l'Ancienne Alliance. Bien plus, il appartenait au groupe religieux le plus strict au sein du judaïsme, le plus focalisé sur l'obéissance aux commandements: les Pharisiens. Nous savons par ailleurs que Paul avait été l'élève d'un grand maître juif, Galamiel. Nous savons aussi que Paul a tout d'abord cherché à tout prix à détruire l'Eglise naissante et à persécuter les chrétiens par tous les moyens. S'il y avait un homme qui pouvait mettre ces espoirs dans la religion juive, c'était bien Paul.
Et le voilà qui dit que toutes ces choses, il les considère comme des ordures (v.8), ce qui est d'ailleurs une traduction encore bien du terme grec original.
Son pédigrée impeccable, son CV immaculé de Pharisien, le prestige que tout cela lui apportait, le brillant avenir qui lui était assuré, Paul dit que c'est zéro, rien, nada, c'est quelque chose qui sent mauvais. Pourquoi? Comment est-ce que cette révolution complète a pu avoir lieu? Il y a eu une rencontre, un bouleversement dans la vie de Paul et qui doit se produire aussi dans la nôtre si nous voulons vraiment vivre.
Un jour, sur le chemin de Damas, Jésus s'est révélé à Paul (Actes 9). Celui qui était un ennemi acharné de l'Eglise a compris qui était Jésus.
"C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu" (Eph 2.8). Ces paroles tirées de la lettre aux Ephésiens, elles sont devenues le cœur de la vie de Paul. Il est devenu un paria, un homme pourchassé et balloté
C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Nous les connaissons ses paroles. Mais le plus difficile, c'est de bien les avoir à l'esprit dans notre marche quotidienne. La société autour de nous insiste sur les performances, sur les accomplissements. Cela ne nous aide pas, d'autant plus que notre vieille nature cherche toujours à reprendre le dessus et à nous faire croire que nos œuvres ont de la valeur.
Alors, bien sûr, je ne suis pas en train de vous dire de ne pas, par exemple, faire les courses pour une voisine qui s'est cassé la jambe, de ne pas prêter une oreille attentive à quelqu'un qui a besoin de parler, de ne pas vous engager dans les diverses associations qui font vivre nos villes et nos villages. Je ne suis pas en train de vous dire de vous sentir coupable quand on vous dit merci.
Mais il est important, non, fondamental de nous souvenir encore et toujours que toutes ces "bonnes actions" sont absolument incapables de nous ouvrir la porte des cieux. Aucune d'entre elles ne vous rapprochera de notre Père céleste. En fait, notre orgueil va nous pousser à dire "oh, finalement, je ne suis pas si mauvais que ça. En fait il y a bien pire que moi. On peut même dire que je suis un brave type dans le fond". A partir de ce moment-là, nous nous comportons comme ses malades qui refusent d'admettre qu'ils le sont et qui se dispensent de traitement.
Nous devons comprendre que nous n'avons pas besoin d'un code moral (les incroyants sont souvent plus "moraux" que nous); nous n'avons pas besoin d'une religion, nous avons besoin d'un Sauveur, parce que notre situation est tellement désespérée que nous ne pouvons pas nous en sortir tout seuls. Ce sauveur, c'est Jésus-Christ, qui vécu une vie parfaite à notre place et a expié nos fautes à la croix.
Voilà pourquoi Paul dit qu'il veut être trouvé "avec (sa) justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi." Le problème de la Loi, c'est qu'elle exige de nous une obéissance parfaite, impeccable, dont nous sommes incapables. Alors, pour que nous puissions pardonnés, purifiés de nos fautes, Dieu a envoyé son Fils pour que dans sa mort nous obtenions sa justice. Si vous croyez en Jésus, Dieu voit sa vie sainte et pure quand il vous regarde: tous vos péchés sont oubliés, effacés, vous êtes libre! Vous n'avez plus besoin de chercher désespérement à gagner votre salut par vos œuvres: il vous a déjà été par Jésus acquis à la croix!
Voilà pourquoi Paul dit que rien n'a de valeur à côté de la connaissance de Christ. Est-ce que vous vous êtes rendu compte qu'il y a une grande différence entre croire en Dieu et connaître Dieu? On peut croire en Dieu comme en une grande force cosmique anonyme. On peut croire en Dieu comme en une sorte de grand vieillard barbu trônant dans les cieux et qui ne se soucie pas de nous. En fait, ne pas croire en Dieu et s'en faire une fausse image sont deux erreurs finalement assez proches l'une de l'autre.
Mais nous pouvons connaître Dieu, parce que nous pouvons connaître Jésus-Christ. Etre Chrétien, c'est connaître Christ. Pas connaître des choses le concernant, mais le connaître comme on connaît un ami, un frère. Mais être Chrétien, c'est aussi savoir que Jésus nous connaît aussi de façon personnelle. Je suis le Bon Berger a dit Christ, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent.
Et cette idée de connaître Christ, dans le Nouveau Testament, équivaut à "être sauvé". Mais, dans le même temps, nous sommes appelés à toujours connaître de plus en plus, de mieux en mieux. Regardez Paul: ce n'est pas parce qu'il est apôtre, fondateur d'églises, qu'il croit qu'il peut se reposer sur ses lauriers. Ce serait tomber dans un pharisaïsme chrétien tout aussi trompeur que le juif. Paul veut "gagner" Christ, le connaître encore plus. Il ne se considère pas comme arrivé et il utilise l'image de la course, où, oubliant "qui est derrière" il va de l'avant, centré sur le but.
Nous aussi nous sommes appelés à laisser derrière nous notre excédent de bagages, notre péché, notre orgueil, nos doutes et nos craintes aussi parce que tout cela n'est rien à côté de la chose la plus précieuse au monde: connaître le Seigneur Jésus Christ, notre sauveur et notre Dieu.
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