dimanche 27 mars 2011
Carême 2011: méditations sur le Petit Catéchisme (3)
Chers frères et soeurs,
chers amis,
Un jou, les disciples de Jésus lui ont demandé comment prier. Jésus leur a répondu de prier en disant: Notre Père qui est aux cieux...
Notre Père...
J'aimerais commencer par ces mots en vous racontant une petite anecdote. Il y a quelques années déjà, je me trouvais en Amérique, et j'ai été amené à participer à un culte d'une paroisse de la PC-USA (Presbyterian Church in the USA, équivalent de l'ERF). Je devais amener une petite méditation sur Ephésiens 1, et la pasteure m'a fait parvenir le texte qu'elle souhaitait que j'utilise pour le culte. Il disait notamment, en Ephésiens 1.3: « béni soit le Dieu et parent de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle »
Parent, et non pas père comme le dit le texte grec. Manifestement, cette pasteure se rattachait à la tendance théologique qui affirme qu'il faut gommer tout langage masuclin concernant Dieu, car il est (entre autres) oppressant pour les femmes et favorise ce qui est un vrai problème: la domination masculine et le machisme. C'est la même idée qui a incité certaines églises à placer dans leurs lieux de culte des représentations de Dieu sous les traits d'une femme.
Autant vous le dire toute de suite: je trouve ridicule d'imaginer que Dieu puisse être une femme. C'est aussi déplacé que de penser que Dieu est un vieux homme barbu (un vieil homme blanc, bien sûr!)!! Et pourtant, combien sommes-nous à nous le représenter ainsi? Même au caté l'autre jour, on m'a dit que Dieu était « un garçon »!
Nous tous ici, nous sommes bien de sexe masculin ou féminin, avec des chromosomes XX ou XY. Mais Dieu n'a pas de chromosomes: il est le maître et le créateur des chromosomes!
Ceci dit, rien ne nous autorise à nous conduire comme mon amie et à modifier le langage biblique pour le faire coller à certaines modes. Ce que nous devons plutôt faire, c'est accepter ce langage biblique et chercher à en saisir toute la profondeur, parfois loin des sentiers battus.
Jésus nous dit d'appeler Dieu « notre Père ». Cette idée de paternité de Dieu, on la trouve déjà dans l'Ancien Testament, et c'était déjà alors une spécificité face aux dieux des peuples païens voisins, qui n'étaient pas décrit de cette façon.
Alors, pourquoi la Bible nous parle t'elle de la paternité de Dieu? Je crois que ce langage nous permet de comprendre qui Dieu est vraiment. L'autre jour, un ami m'a dit que pour lui, Dieu avait peut-être créé le monde, mais qu'il s'en était retiré depuis longtemps. La notion d'un Dieu Père, affirmée par Jésus, dément cette idée si commune.
En effet, un homme peut très bien être un géniteur sans pour autant devenir un père. Il peut féconder une femme et s'en aller ensuite. Une femme, au contraire, va avoir au moins un contact biologique fort avec l'enfant qu'elle va porter pendant 9 mois. Dès le début, mère et enfant sont liés de façon physique. Ce n'est pas vrai pour le père. On choisit d'être père. Il faut se reconnaître comme tel, il faut accepter les responsabilités que cela représente. Pour devenir père et non plus simplement géniteur, il faut entrer dans une relation d'amour et de confiance avec son enfant.
Dire que Dieu est notre Père, c'est donc affirmer avec confiance qu'il est là pour nous quand nous en avons besoin, qu'il joue pleinement son rôle dans nos vies et que nous pouvons compter sur lui. Nous devons bien comprendre que la paternité de Dieu n'est pas autoritaire, ni distante, ni détaché comme celle de certains pères humains. Notre Père est aux cieux, mais il est là pour nous qui sommes sur la terre
Je sais bien que nombreux sont ceux qui ont eu une relation compliquée avec leur père, mais nous avons à prendre garde à ne pas transposer notre propre vécu à notre relation avec le Seigneur.
Dieu est en effet notre Père céleste. Contrairement aux pères humains, il ne peut faillir dans sa tâche, dans son rôle pour nous. Et le fait que Jésus débute sa prière par ses mots: notre Père, nous montre ce qu'est la prière: un mouvement vers Dieu, comme celui d'un enfant qui va vers son père pour lui demander quelque chose dont il a besoin et qui sait que son père va prendre soin de lui.
Mais nous disons aussi « notre Père ». Pas « mon père ». Cela implique que nous ne sommes pas seuls à bénéficier de la paternité de Dieu. La Bible nous dit que ceux qui croient en Jésus sont fils et filles de Dieu, qu'ils ont été adoptés par le Père. Nous avons donc beaucoup de frères et soeurs.
Dire « Notre Père » c'est reconnaître que nous n'avons pas un Dieu personnel qui serait à notre disposition.
Ce qui caractérise des frères et des soeurs, c'est d'avoir un même père. Prier « notre Père » c'est donc admettre que nous avons des frères et des soeurs, et que nous sommes unis à eux par un lien spécial que Dieu lui-même a créé.
Je vous le demande: que faisons-nous de ce lien fraternel dans notre vie d'église? Sommes-nous une famille aimante les une pour les autres? Vivons-nous en paix avec nos frères et nos soeurs? Il y a là un vrai test de la solidité de notre foi et de notre bonne marche sous le regard du Seigneur.
Souvenons-nous de ces paroles de Jésus-Christ:
« Si vous avez de l'amour les uns pour les autres, tous sauront que vous êtes mes disciples. » Jean 6.35
ainsi que de celles de Jean: ''Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu », et qu'il déteste son frère, c'est un menteur, car celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne peut aimer Dieu, qu'il ne voit pas. 21Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère''. 1 Jean 4.20
Il est bon de dire le Notre Père dans nos dévotions personnelles, mais vous avez remarqué que nous le disons tous ensemble chaque dimanche. Dire « Notre Père » nous engage donc dans une communauté, dans une famille.Dans les familles, il peut y avoir parfois des incompréhensions, des conflits même. Mais tout doit se vivre dans la certitude que celui qui est notre Père à tous veut que nous nous aimions les uns les autres, que nous nous épaulions les une les autres, que nous soyions fidèles les uns aux autres, parce que nous sommes fidèles à Dieu.
En nous apprenant cette prière, Jésus place donc devant nos yeux un Dieu qui n'est pas un tyran mais un père aimant, parfait. Le Notre Père n'est pas un manuel de la prière: il nous montre des choses. Il nous montre un Dieu qui veut nous donner de bonnes choses; un Dieu qui sait mieux que nous ce dont nous avons besoin; un Dieu qui nous donne chaque jour le pain et le pardon.
Que ton nom soit sanctifié: « Le nom de Dieu est saint par lui-même; mais nous demandons qu'il soit aussi sanctifié parmi nous ».
Que ton règne vienne: « Le règne de Dieu s'établit de lui-même dans le monde, et sans le secours de nos prières; mais nous demandons qu'il s'établisse aussi en nous ».
Que ta volonté soit faite: « La bonne et miséricordieuse volonté de Dieu s'accomplit dans le monde sans le secours de nos prières; mais nous demandons qu'elle s'accomplisse aussi parmi nous ». Que nous fassions la volonté de Dieu et que nous recevions son pardon quand nous échouons.
Le début du Petit Catéchisme nous parle donc du nom de Dieu (Père), de son royaume, de sa volonté. D'abord, nous cherchons les choses de Dieu. Le reste de ce que nous demandons découle de ces trois premières requêtes.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour: le pain de ce jour. Pas celui de demain. Ne vous inquiètez pas à propos de demain. Dans la marche avec Dieu, on avance pas à pas. Demander à Dieu de nous « donner » notre pain quotidien, c'est reconnaître que même si nous avons des revenus parce que nous travaillons ou que nous avons travaillé, nous continuons à tout devoir à la main généreuse de Dieu.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés: nous aimons parce que nous avons été aimés. Nous pardonnons parce que nous avons été pardonnés. Nous montrons de la grâce, parce que nous avons reçu de la grâce. En anglais, on dit « forgive us our trespasses » un « trespass » c'est aller là où nous ne devrions pas aller. Ca nous arrive souvent. Mais Jésus est allé là où il n'avait pas à aller (à la croix) pour pardonner toutes nos fautes. Et son amour est suffisant pour que nous soyons pardonnés mais aussi pour que nous apprenions à pardonner.
Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre nous du mal: nos ennemis abondent. Le péché, le diable, et ce qui va avec eux. La tentation et les épreuves nous guettent à chaque pas. Mais n'ayez pas peur. Jésus ne vous dirait pas de prier pour la délivrance s'il ne croyait pas que Dieu veut vous la donner. Il vous protège contre la tentation, il vous délivre du mal, y compris du mal ultime, la mort.
Notre Père céleste entend votre prière. Jésus veut dit de demander toutes ces bonnes choses: le nom de Dieu, son royaume, sa volonté, votre pain quotidien, votre pardon et votre délivrance. Et tout cela, Dieu ne vous le donne qu'au nom de Jésus, votre Sauveur.
Priez ainsi. Demandez à ce Dieu bon et plein de grâce de vous donner toutes ses bénédictions en son Fils Jésus-Christ. Priez comme Jésus vous l'a appris, avec l'aide de l'Esprit Saint.
Le Notre Père ne nous apprend pas le « comment » de la prière, mais son « qui » et son « quoi ». Le qui, c'est notre Père qui reçoit vos prières en Christ. Le « quoi », ce sont tous ces dons parfaits pour lesquels nous prions, qu'il veut nous donner, et pour lesquels nous tournons vers lui les regards de la foi.
Amen +
mardi 22 mars 2011
dimanche 20 mars 2011
Carême 2011: méditations sur le Petit Catéchisme (2)

mardi 15 mars 2011
Carême 2011: méditations sur le Petit Catéchisme (1)

Chers frères et soeurs
chers amis,
Nous commençons aujourd'hui notre voyage du Carême 2011, six semaines pour le temps de préparation qui va nous nous mener au vendredi saint, où nous commémorerons le sacrifice de Jésus pour nous et le dimanche de Pâques, où nous célèbrerons sa résurrection.
Six semaines, comme les six parties du Petit Catéchisme de Martin Luther: les Dix Commandemants, les Credo, le Notre Père, le Baptême, l'Absolution des péchés et la Sainte Cène.
Voilà pourquoi je me suis dit qu'il serait peut-être bon de consacrer ce Craême à une série de prédications/méditations sur le Petit Catéchisme.
J'aimerai vous demander comment vous décririez ce qu'est un Catéchisme.
Une définition que j'ai trouvée bonne est la suivante: instruction dans les principes de la foi chrétienne. Le mot « catéchisme » vient du grec katekhismos (instruction orale) car il fut un temps où le catéchisme n'était pas un livre comme il l'est devenu pour nous. Depuis son origine, l'Eglise chrétienne a toujours instruit ceux qui, entre autres, se préparaient au baptême ou à la confirmation mais aussi l'ensemble du peuple de Dieu.
En fait, c'est une pratique luthérienne assez courante de se recentrer sur le Petit Catéchisme pendant le Carême. Cela vient de ce qui se faisait dans l'Eglise des premiers siècles: les gens étaient baptisés à Pâques, et le Carême était pour eux l'occasion d'étudier une dernière fois les grands principes de la foi qu'ils allaient confesser.
Martin Luther a écrit le Petit Catéchisme en 1529. La Réforme était encore jeune, mais commençait à se développer. Luther était inquiet du niveau de connaissances qu'il trouvait dans les paroisses, y compris au sein du clergé.
Le Réformateur s'était battu pour rétablir l'autorité de la Bible au sein de l'Eglise, mais il voyait qu'il y avait encore beaucoup à faire pour que les grandes doctrines bibliques soient connues de tous.
C'est pourquoi il écrivit un Grand Catéchisme (plus orienté vers les pasteurs) et un Petit Catéchisme (dont Luther souhaitait qu'il soit utilisé par les chefs de famille pour intruire leur maisonnée. Audacieux, mais irréaliste à l'époque...et peut-être encore aujourd'hui hélas)
3 Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi.
7 Tu n'utiliseras pas le nom de l'Eternel, ton Dieu, à la légère
8 Souviens-toi de faire du jour du repos un jour saint.
12 Honore ton père et ta mère afin de vivre longtemps dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne.
13 Tu ne commettras pas de meurtre.
14 Tu ne commettras pas d'adultère.
15 Tu ne commettras pas de vol.
16 Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
17 Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain;
tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son esclave, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni quoi que ce soit qui lui appartienne.»
Voilà les dix commandements que Dieu a donnés à Israël. Dix commandements qui nous disent ce que Dieu attend de nous. Dix commandements qui sont le Loi de Dieu, que nul n'a le droit de violer.
Je crois que nous n'aimons pas ce mot « commandements ». Nous somems dans une société qui n'aime plus être « commandée ». Il est vrai que pendant trop longtemps, dans nos pays, l'autorité des parents, du patron, de l'instituteur, de l'Eglise étaient au dessus de toute contestation. Ce n'est jamais sain pour une autorité humaine, laquelle est par définition imparfaite.
Mais nous souffrons aujourd'hui d'un excès inverse: si rien n'est interdit, tout est permis. Vraiment tout, et les résultats peuvent être dramatiques. Il n'y a qu'à voir les conséquences de l'absence de régulations dans l'économie capitaliste pour s'en rendre compte: si rien n'empêche les actionnaires de multiplier leurs dividendes en détruisant les emplois et la nature, ils le feront!
S'il n'y avait pas un code de la route et des gendarmes pour le faire respecter, des fous rouleraient régulièrement à 150 km/h dans le centre-ville de Melle!
Un problème d'une liberté totale est qu'elle laisse aussi libre cours à tous nos égoïsmes, nos violences. Une société sans loi ne serait pas un paradis, mais une jungle. Roussseau disait que l'homme naît bon mais que le société le corrompt. La Bible affirme que la société a besoin d'un cadre parce que l'homme est naturellement mauvais.
Mais en fait, nous ne parlons pas de questions sociétales ici, ou seulement indirectment.
En fait, je crois qu'on trouve trois élèments dans les commandements. Les deux premiers sont assez faciles à discerner. Traditionnellement, on a divisé les commandents en deux tables: les trois premiers parlent de nos devoirs envers Dieu, les sept autres de nos devoirs envers notre prochain. Dieu et notre prochain: impossible de les distinguer. On en peut pas prétendre être plein d'amour pour Dieu et haïr nos frères et soeurs humains. Mais il y a un troisième élément que nous devons souligner: « Tu ». Tu n'utiliseras pas le nom de l'Eternel, ton Dieu, à la légère, tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
Tu, seconde personne du singulier. C'est à toi que les commandements sont adressés, c'est à toi qu'ils s'imposent. Laq uestion n'est pas de savoir ce que ton voisin, ton frère, ton collègue fait ou ne fait pas. C'est à toi que la Loi s'adresse, ce sont tes pensées et tes attitudes auxquelles elle se confronte.
Et c'est là que la Loi blesse. Cette loi qui a pu être résumée en quelques mots seulements: tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même (Matthieu 22.37, 39).
Frères et soeurs, à moins d'être gonflés d'un orgueil terrible, pouvons-nous honnêtement dire que nous aimons nos prochains comme nous-mêmes? Pouvons-nous affirmer que Dieu et sa volonté tiennent toujours la première place dans notre vie? Encore une fois, la question n'est pas de savoir si untel ou unetelle fait pire que vous, mais si obéissez de façon parfait et absolue aux commandements de Dieu.
Le résumé de la Loi nous montre qu'elle porte l'amour en son coeur. Mais justement. Nous aimons peu, nous aimons mal, nous avons toujours tendance à aimer quand ça nous arrange, et bine sûr les gens qui nous aiment. Nous sommes avares de notre amour envers les autres, et nous dédaignons trop souvent d'aimer Dieu et de recevoir son amour pour nous.
La théologie luthérienne distingue très clairement la Loi et l'Evangile (la Bonne Nouvelle). On pourrait dire les choses autrement: il y a la "mauvaise nouvelle" et la "bonne nouvelle". La Loi est mauvaise nouvelle pour nos orgueils, nos fainéantises, notre satisfaction de nous-mêmes parce qu'encore et toujours elle va nous montrer à quel point nous sommes loin du but.
Lex semper accusat: la Loi accuse toujours. Ce faisant, elle nous incite à trouver ailleurs la source de notre espérance et de notre réconfort. La Loi nous apprend que nous ne pouvons pas prétendre nous approcher d'un Dieu très saint sur la base de ce que nous aurions fait, comme ces bons élèves qui, dans le passé, allaient récupérer leurs prix durant la fête de fin d'année de l'école.
La Loi nous montre la sévérité des exigences de Dieu. Elle nous pousse à nous réfugier dans son amour. Et cela, nous le trouvons, caché, dans les paroles qui en fait précèdent le premier commandement: « tu n'auras pas d'autres dieux devant moi ». En fait, dans le texte biblique, il est dit juste avant« Je suis l'Eternel, ton Dieu (qui t'ai fait sortir d'Egypte, de la maison d'esclavage) ». D'ailleurs, dans des éditions très anciennes du Petit Catéchisme (1531, 1538) ces paroles furent rajoutées, ce qui est selon moi préférable.
Luther a dit que ces paroles de la Loi « ne commandaient rien et donnaient tout ». Il n'y a qu'à voir comment elles sont rédigées: pas de « tu dois » « tu ne dois pas » où nous sommes placés au centre. Non, ici, l'important n'est pas ce que nous devons faire, mais ce que Dieu fait ou plus exactement sur qui il est. Je suis l'Eternel ton Dieu. Dieu se montre, simplement, et nous dit qu'il est notre Dieu. Pas de « si », pas de conditions, de pré-requis.
Rien de commandé, tout est offert.
Et si vous ne croyez pas, faites encore attention au vocabulaire: je suis ton Dieu. Ton Dieu: je suis à toi.
Trop souvent, nous pensons que c'est à nous de nous rapprocher de Dieu. Mais si nous faisons confiance à la Bible, nous y voyons au contraire l'image d'un Dieu qui fait le premier pas, qui se montre. Un Diue qui dans ces mots nous offre la vie, l'espérance et le salut.
Vous trouvez que j'en lis trop dans ces quelques mots? Et pourtant, ici Dieu nous dit bien « je suis à toi, et tu es à moi ». Ce ne sont pas les paroles d'un Dieu lointain, ce ne sont pas les paroles d'un Dieu ennemi. Ce sont els paroles d'un Dieu qui nous a donnés son Fils Jésus-Christ.
Je suis l'Eternel ton Dieu.
Quel est le sens de ces paroles?
C'est que Dieu vient vers nous, non pas avec le visage courrouvé qu'aurait mérité nos violations de sa sainte Loi, mais en te disant: « me voici devant toi. Je ne me cache pas. Je peux être tien et illuminer ta vie par ton amour ».
Tout ce que Dieu vous a donné et qui vient en Jésus-Christ, ces paroles en portent déjà la promesse. « Je suis l'Eternel ton Dieu », celui de ta vie, de ta personnalité, de tes combats et de tes joies.
Alors puissions-nous tous dire dans nos coeurs en ce début de carême « l'Eternel est mon Dieu »
Amen +
dimanche 6 mars 2011
MATTHIEU 7.21-29

21Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : « Seigneur ! Seigneur ! » qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22Beaucoup me diront en ce jour-là : « Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas par ton nom que nous avons parlé en prophètes, par ton nom que nous avons chassé des démons, par ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? » 23Alors je leur déclarerai : « Je ne vous ai jamais connus ; éloignez-vous de moi, vous qui faites le mal! »
24Ainsi, quiconque entend de moi ces paroles et les met en pratique sera comme un homme avisé qui a construit sa maison sur le roc. 25La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont précipités sur cette maison : elle n'est pas tombée, car elle était fondée sur le roc. 26Mais quiconque entend de moi ces paroles et ne les met pas en pratique sera comme un fou qui a construit sa maison sur le sable. 27La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison : elle est tombée, et sa chute a été grande.
28Lorsque Jésus eut achevé ces discours, les foules étaient ébahies de son enseignement, 29car il les instruisait comme quelqu'un qui a de l'autorité, et non pas comme leurs scribes.
Chers frères et soeurs
chers amis,
Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : « Seigneur ! Seigneur ! » qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
La volonté de Dieu. Ce qu'il veut. Ce qu'il souhaite. Ce qu'il désire. Son but, son plan.
« celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux ». Ces mots, je vous conjure de ne pas les laisser passer, mais de les placer dans vos coeurs pour les méditer, ici et maintenant!
Pourquoi?
21Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : « Seigneur ! Seigneur ! » qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22Beaucoup me diront en ce jour-là : « Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas par ton nom que nous avons parlé en prophètes, par ton nom que nous avons chassé des démons, par ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? » 23Alors je leur déclarerai : « Je ne vous ai jamais connus ; éloignez-vous de moi, vous qui faites le mal! »
Ces paroles, elles sont adressées à des gens qui se croient chrétiens et qui pourtant manquent tragiquement la cible. Un jour viendra où ils diront à Jésus « regarde Jésus: nous avons exorcisé les gens en ton nom, nous avons enseigné en ton nom, nous avons fait des choses miraculeuses en ton nom! ». Ce jour, c'est le jour final, celui où chacun d'entre nous sera appelé à répondre de ses faits et gestes, c'est le jour du jugement.
Il y a eu un autre jour, où Jésus a dit « Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » (Matt 26.42). Celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux entrera dans le royaume des cieux.
Alors, pour découvrir ce matin ce que veut dire « faire la volonté du Père de Jésus », je vous invite à étudier comment cette expression est utilisée dans l'Evangile de Matthieu.
Ce n'est pas par accident si la dernière fois où nous la recontrons, dans le passage que je viens de vous lire, se situe quand Jésus doit faire face à une immense vague d'angoisse et qu'il se met à genoux et prie son Père, juste avant d'être arrêté, livré et crucifié. Que ta volonté soit faite, Père...
La première fois où nous entendons l'expression, c'est juste avant notre passage de ce matin, et elle se trouve donc aussi dans ce que l'on appelle le Sermon sur la Montagne. Et, dans cette première utilisation comme dans la dernière, cette expression est placée dans le contaxte de la prière. Car ce que Jésus a demandé dans le jardin de Gethsemané, il nous dit aussi de le prier dans le Notre Père: Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »
Puis, après nous avoir fait découvrir Dieu comme notre Père, Jésus continue à lier le thème de la volonté de Dieu et de la famille. C'est en Matthieu 12.46,49-50 que nous trouvons les mots suivants « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? 49Puis il étendit la main sur ses disciples et dit : Voici ma mère et mes frères ! 50En effet, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère. »
Ainsi, Dieu est notre Père, et nous sommes frères et soeurs de Christ. En fait, l'enjeu de faire la volonté du Père qui est dans les cieux, c'est précisement de devenir enfants de Dieu. Jésus continue à parler en Matthieu « 3En vérité je vous le dis, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. 4C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. » (Matt 18.3-4). Et, quelques versets plus loin, la référence à la volonté du Père apparaît à nouveau « De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits. »
Et c'est bien là le drame des gens que Jésus ne veut pas que nous devenions. Regardez leur attitude. Comment se présentent-ils: « regarde Jésus tout ce que nous avons fait pour toi! On a chassé des démons! On a enseigné ton message! On a fait des choses extraordinaires en ton nom, Jésus ». En son nom, oui. Mais ce qu'ils mettent en avant, c'est ce que eux ont fait. Pourquoi insister sur des oeuvres de puissance, et pas sur le témoignage paisible d'une vie de foi? Où est l'humilité des petits enfants? En ce jour du jugement, beaucoup viendront à Jésus en lui « présentant leur note »: vois tout ce que j'ai fait pour toi! Où est mon salaire? Où est ma récompense?
Jésus ne nie pas que Dieu ait pu effectivement les utiliser. Mais, après tout, Dieu peut tout aussi bien se servir d'incroyants! Non, le verdict de Jésus porte sur un point beaucoup plus profond: « je ne vous ai jamais connus ». Cette phrase porte bine sûr en elle un jugement de la part de Jésus, mais aussi je crois un regret. Car je ne vous ai jamais connus veut dire aussi vous ne m'avez jamais connu! IL vous manque l'essentiel! Par delà votre religion, vous êtes passés à côté d'une relation avec moi!
Voilà pourquoi Jésus parle d'eux comme « faisant le mal » ou « commettant l'injuste », car il n'y a rien de pire que de faire la bonne chose pour de mauvaises raisons! L'Eternel, lui, regarde au coeur et il sait ce qui s'y trouve.
Le drame de ces gens est qu'ils n'ont pas compris ces paroles de Jésus « ne vous réjouissez pas que les esprits vous soient soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux ». Ils n'ont pas fait la volonté du Père; ils sont fait leur propre volonté, ils ont voulu poser le marché en leurs termes, ils se sont reposé sur leurs oeuvres.
Le grand Blaise Pascal disait qu'il n'y a que deux sortes de gens raisonables: ceux qui servent Dieu de tout leur coeur parce qu'ils le connaissent et ceux qui le cherchent de tout leur coeur parce qu'ils ne le connaissent pas. Mais prétendre servir Dieu sans le connaître d'abord, c'est une folie!
Un jour, Jésus a raconté une histoire à ses adversaires pharisiens et aux chefs religieux:
Un homme avait deux fils ; il s'adressa au premier et dit : (Mon) enfant, va travailler aujourd'hui dans ma vigne. 29Il répondit : Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il y alla. 30Il s'adressa alors au second et donna le même ordre. Celui-ci répondit : Je veux bien, Seigneur, mais il n'y alla pas. 31Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit : En vérité je vous le dis, les péagers et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu.
Choquant! Pourquoi? Les gens auxquels Jésus parle sont les plus religieux des hommes alors que les péagers et les prostituées sont des impies notoires?
Pourquoi?
Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui. Mais les péagers et les prostituées ont cru en lui, et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui.
Oui, les péagers et les prostitués savent que ce n'est pas ce qu'ils font qui leur ouvre les portes du royaume, et si vous pensez le contraire, vous passerez après eux.
Comment entrer dans le Royaume des cieux?
En faisant la volonté du Père
Quelle est la volonté du Père?
C'est, je crois, Jean qui la résume le mieux:
« Voici, en effet, la volonté de mon Père: que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterait au dernier jour ».
La volonté du Père, c'est que vous croyez. Que vous placiez votre confiance en Jésus-Christ. Qu'il soit pour vous le rocher solide sur lequel vous allez pouvoir construire votre vie. Croire. C'est ç la fois simple et compliqué. Cela implique de non plus nous fonder sur ce que nous avons fait de bien ou de mal mais sur ce que Jésus a accompli. C'est lui qui a accompli la volonté de notre Père qui est dans les cieux en nous donnant le salut sur la croix.
Alors croyez que le mort de Jésus est suffisante pour vous.
Croyez en ce qu'il vous a donné lors de votre baptême.
Croyez en sa présence tous les jours auprès de vous.
En croyant, en affirmant que Jésus est vraiment votre Seigneur, vous permettrez au Saint Esprit de porter du fruit dans votre vie. En croyant, vous pourrez y voir plus clair sur vous mêmes et les autres parce que votre vision aura été rétablie. En croyant, vous serez progressivement libéré de l'esclavage du légalisme, des fausses sagesses dont notre monde est rempli pour ne plus vous centrer que sur la vérité qui se trouve dans les paroles de Christ.
Mais ne croyez pas en vous-mêmes. Ne croyez pas en vos actes, votre intelligence, votre savoir, vos émotions. Ils sont tous entachés et votre espoir ne se trouve que dans la miséricorde de Dieu.
Alors tournez-vous vers Jésus. Parce que vous pouvez être sûrs qu'il vous aime. Parce que vous savez que c'est la volonté de notre Père céleste, qui veut vous emmener dans son royaume.
Amen +
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mardi 1 mars 2011
La Bible te raconte Jésus, par Sally Lloyd-Jones

La Bible te raconte Jésus par Sally Lloyd-Jones, Editions Clé
Notre avis: Peut-être la meilleure Bible pour enfants disponible à l'heure actuelle en français. Les illustrations sont soignées, colorées et d'un style original, qui attirera les plus jeunes. Surtout, "La Bible te raconte Jésus" a l'immense mérite de ne pas moraliser les histoires du texte biblique, mais de montrer que l'ensemble de la Parole de Dieu (y compris l'Ancien Testament) pointe vers un seul centre: Jésus-Christ. J'ai même connu des parents chrétiens qui m'ont avoué avoir découvert des choses qui leur avaient échappé en lisant avec leurs enfants! L'ouvrage s'adresse à un public assez large allant de 4 (en lecture accompagnée) à 10 ans.
dimanche 27 février 2011
PSAUME 131

Éternel ! je n'ai ni un cœur arrogant, ni des regards hautains ; Je ne m'engage pas dans des questions trop grandes et trop merveilleuses pour moi.
2Loin de là, j'ai imposé le calme et le silence à mon âme,
Comme un enfant sevré auprès de sa mère ;
Mon âme est en moi comme un enfant sevré.
3Israël, attends-toi à l'Éternel,
Dès maintenant et à toujours !
Chers fères et soeurs,
chers amis,
Le grand prédicateur Charles Spurgeon a dit de ce psaume qu'il était un des plus courts à lire et un des plus longs à apprendre. Le Psaume 131, disait-il, « est une échelle très courte qui va pourtant nous mener très haut ».
Ce que nous donne ce Psaume, si nous nous l'approprions, de millions de gens autour de nous le recerchent et seraient prêt à payer des fortunes pour le posséder: un coeur calme et sans inquiétude.
Ce n’est pas facile de rester calme. Êtes-vous toujours capables de garder votre coeur en paix? Pour la plupart d’entre nous, il faut vraiment lutter pour y arriver. Nous sommes souvent ballottés par les vagues de nos émotions. Un jour, nous sommes tout joyeux et le lendemain nous vivons des frustrations ou des découragements. Notre vie quotidienne ressemble souvent à des eaux turbulentes. Combien de fois nos vies ressemblent-elles aux eaux tranquilles et paisibles du Psaume 131? David a écrit ce psaume pour exprimer le calme que Dieu a mis dans son coeur. Le Saint-Esprit a donné ce psaume à l’Église pour que les eaux tumultueuses de notre coeur se transforment en eau calme.
1.
Le calme trouve sa source dans l’humilité (v. 1)
2.
Le calme se repose dans le contentement (v. 2)
3.
Le calme se nourrit d’espérance (v. 3)
1.
Le calme trouve sa source dans l’humilité (v. 1)
David prie de façon remarquable. Il commence par parler de son coeur. V. 1: “Éternel, je n’ai pas un coeur orgeuilleux.” David s’adresse à Celui qui connaît nos coeurs! Que veut dire avoir un coeur orgueilleux ou arrogant? Cela veut dire refuser la place que Dieu nous attribue dans sa création. Cela veut dire nier que tout ce que je possède (mes capacités, mes biens...) vient ultiement de Dieu et non pas de moi-même. Cela veut dire s’élever à la place de Dieu, déterminer ce qui est bien et mal pour moi et se penser au-dessus des autres. L’orgueil est cet instinct naturel que nous recevons tous à la naissance et qui nous afflige de bien des façons. David mentionne
ensuite les yeux: “Je n’ai pas des regards hautains.”
Un coeur arrogant regarde les autres de haut, avec mépris.
David n’avait ni un coeur arrogant ni des yeux hautains. Pourtant, la tentation était bien réelle pour lui. C’était un musicien talentueux, un poète accompli. C’était un guerrier redoutable qui a remporté de grandes victoires. C’était le roi d’Israël! Il avait tout pour se gonfler d’orgueil. Mais par la grâce de Dieu,
il a gardé un coeur humble devant son Dieu et un regard doux devant les hommes. Dans sa jeunesse, il était simple berger et ça lui convenait. Quand David est devenu roi, par la suite, il savait que cet honneur et cette responsabilité venaient de la grâce de Dieu seule, et non pas de ses mérites. David savait qu’il était pécheur, et même un grand pécheur. Il s’est humilié, il a demandé pardon pour ses péchés.
David ajoute: “Je ne m’engage pas dans des questions trop grandes et trop merveilleuses pour moi.” Estce que ça veut dire que nous devrions éviter de réfléchir à des grandes questions de la Bible ou de la vie humaine?
Pas du tout! David voulait continuellement approfondir ses connaissances de la Parole de Dieu. Il méditait régulièrement la Parole. Mais voyez-vous, il y a bien des choses que Dieu ne nous a pas révélées, bien des questions qui resteront sans réponse parce que Dieu a choisi de demeurer silencieux et que notre seule rasion ne saura pas les résoudre. Il y a plus de 9 siècles, un moine nommé Anselme a écrit cette prière « Je ne cherche pas, ô Seigneur, à pénètrer tes profondeurs. Je n'estime pas mon intelligence égale à elles, mais je désire comprendre au moins en partie ta vérité, que mon coeur croit et aime. Car je ne cherche pas à comprendre pour croire, mais à croire pour comprendre ». C'est l'expression de la maturité et de l'humilité qui sied à ceux qui aiment Dieu et ont conscience de leurs propres limites.
David savait que c’étaient des questions trop grandes, trop merveilleuses pour lui. Il acceptait humblement ses limites, sans chercher à tout comprendre les secrets de Dieu. L’humilité procurait à David un coeur calme et paisible devant les circonstances de sa vie qu’il ne comprenait pas.
David était l’image d’un autre roi, un roi qui allait venir 1000 ans plus tard. Jésus, notre grand Roi, Jésus le Fils de David, a parfaitement accompli le Ps. 131. Jésus a dit en Matt. 11:28-29: “Je suis doux et humble de coeur. Venez à moi... et vous trouverez du repos pour vos âmes.” Son humilité est la source de notre repos! L’apôtre Paul a dit: “Lui dont la condition était celle de Dieu..., il s’est dépouillé..., il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort sur la croix.” (Phil. 2:6-8). Jésus est un Roi bien plus
excellent que David. C’est le Fils éternel de Dieu, le Tout-Puissant plein de majesté, sans aucun péché, contrairement à David. Ce grand Roi glorieux s’est humilié jusqu’à mourir sur la croix pour nos péchés d’orgueil et d’arrogance. Il nous a réconciliés avec Dieu. Son humilité est la source de notre paix avec Dieu! Son humilité calme nos coeurs! Jésus notre Roi envoie son Esprit Saint dans nos coeurs pour qu’à notre tour nous devenions humbles. Il nous amène à confesser nos péchés, comme David a fait. Il nous pousse à reconnaître que tout ce que nous avons, nous l’avons reçu par pure grâce. Nous ne pouvons nous vanter d’absolument rien.
Puisque Jésus s’est humilié, nous dit Paul, ayons les mêmes sentiments que lui. “Ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire, mais dans l’humilité, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes.” (Phil. 2:3).
C’est souvent l’orgueil qui cause des chicanes dans l’Église. L’humilité sera la source de paix en nous, dans nos coeurs.
L’humilité sera aussi la source de paix entre nous, dans l’Église. Nous sommes des pèlerins du Seigneur. Nous sommes en route vers la Nouvelle Jérusalem. Aidons-nous les uns les autres sur le chemin au lieu de nous faire des croches-pattes!
Sommes-nous capables de prier comme David: “Éternel! je n’ai ni un coeur arrogant, ni des regards hautains”?
Qu’en est-il de toutes nos questions qui nous troublent et qui perturbent notre esprit? “Pourquoi cette épreuve m’arrive-t-elle? Pourquoi Dieu m’envoie-t-il cette maladie, cet accident, cette difficulté? Pourquoi Dieu fait-il tourner les événements de cette façon? Comment Dieu va-t-il s’y prendre pour réaliser son plan?”
Ayons l’humilité de reconnaître nos limites. “Je ne m’engage pas dans des questions trop grandes et trop merveilleuses pour moi.” Oui, j’étudie la Bible à fond, je veux connaître tout ce qu’il m’a révélé, mais les questions qui concernent les secrets de Dieu, je laisse ça entre ses mains. Et alors Dieu calmera nos coeurs.
Son Esprit nous donnera sa paix dans nos âmes.
Le calme se repose dans le contentement (v. 2)
Au verset 2, David continue sa prière: “Loin de là, j’ai imposé le calme et le silence à mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère; mon âme est en moi comme un enfant sevré.”
En hébreu, “imposer le calme” signifie niveler, égaliser, comme on égalise un terrain. David a nivelé ses émotions, il a calmé son coeur, il a contenu ses turbulences. S’il avait besoin de se calmer, c’est sûrement parce que son âme était parfois troublée.
Dans toutes ses adversités de sa vie aventureuse, David a dû apprendre à se calmer. Ça n’a pas été facile. “J’ai imposé le calme et le silence à mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère.” Quelle belle image! Le sevrage d’un enfant est un processus douloureux pour la mère et pour l’enfant. La mère doit renoncer à ce contact proche et intime avec son enfant. C’est déchirant de priver son enfant du sein maternel et d’entendre l’enfant pleurer et pleurer. L’enfant est habitué à se nourrir du lait de sa maman. C’est si bon! Il ne veut pas arrêter. La mère a besoin d’être forte: “Non, c’est mieux pour toi de changer ta nourriture.”
L’agitation continue tant que le sevrage n’est pas terminé. Une fois sevré, l’enfant reste enfin calme auprès de sa mère. Il est simplement content d’être à ses côtés. A partir de là, il va comprendre qu'elle est beaucoup plus qu'une source de lait! Il sait qu’elle l’aime et qu’elle prend soin de lui,même s’il n’a plus son lait. De la même façon, nous apprenons, en gagant en maturité spirituelle, à vivre avec Dieu et à lui faire confiance. Il devient une part vitale de notre existence, et pas seulement à cause de ce que nous retirons de cette relation. Nous apprenons simplement à apprécier Dieu pour qui il est.
Le Ps. 131 nous dessine l’image du contentement.
David a dû apprendre le contentement. Il a été sevré de son orgueil. Il a été sevré de son désir de trouver des réponses à ses questions trop grandes et trop merveilleuses pour lui. Il a sevré son âme spirituellement pour enfin trouver le repos et le contentement dans le Seigneur lui-même, non pas dans les bénédictions qu’il recevait, mais dans la personne même de son Dieu.
David a dû apprendre le contentement. Dans l’adversité, il a été capablede se calmer parce qu’il a appris à se reposer dans l’amour et la grâce de Dieu. Il s’est contenté de lapersonne même de son Dieu.
Mille ans plus tard, la promesse de Dieu pour David s’est finalement accomplie en Jésus-Christ. Jésus aparfaitement vécu le Ps. 131. Il a imposé le calme et le silence à son âme quand il a été bafoué, quand il a été méprisé, quand on s’est moqué de lui, quand on l’a accusé faussement. C’est vrai, Jésus a vécu des émotions fortes à Gethsémani. Des angoisses profondes l’ont troublé devant la coupe de la colère de Dieuqu’il devait boire à notre place. Mais il a calmé son coeur en acceptant humblement la volonté de son Père. Il a fait confiance en son Père, sans aller au-delà avec des questions trop profondes. Au moment de mourir pour nos péchés, pour nos péchés d’orgueil et d’arrogance, Jésus a imposé le calme à son âme. “Père, je remets mon esprit entre tes mains.” (Luc 23:46). Il n’a pas cherché à prendre en main sa réputation, sa justice, son honneur. Il s’en est remis entre les bonnes mains de son Père. Il s’est contenté de la promesse
de son Père. Promesse de résurrection, promesse de recevoir le trône éternel dans le Royaume des cieux, promesse de régner, promesse d’une Église rassemblée pour sa gloire.
Aujourd’hui, Jésus notre Roi nous dit: “Ma grâce te suffit.” (2 Cor. 12:9). Quand les échardes et les épines viennent nous transpercer, contentons-nous de la grâce du Seigneur qui nous suffit. Il déverse en nous son Esprit Saint pour que nous apprenions le contentement. Paul en prison à cause de sa foi a écrit ceci en Phil. 4:11-12: “J’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation et je sais vivre dans l’abondance.” Le contentement ne vient pas tout seul. On doit apprendre à se contenter. On a besoin d’un sevrage. Paul a été sevré pour être capable de se reposer
calmement en Dieu, en toutes circonstances, même quand il était en prison à cause de sa foi. Le secret du contentement ne se trouve pas dans ce qui nous arrive, mais plutôt dans ce que nous faisons avec nos
circonstances. Trop souvent, nous nous imaginons qu’il faut qu’un certain nombre de conditions soient remplies pour être contents. “Si au moins j’avais un autre emploi, là je serais content. Si j’avais un mari, une épouse, des enfants, si j’avais une autre maison, si j’avais plus d’argent, si j’avais d’autres talents, si, si..., là je serais content''
Apprenons plutôt à dire avec David: “J’ai imposé le calme et le silence à mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère.” Je me suis contenté de la grâce de Dieu et de son amour pour moi. Je me suis contenté de sa présence bénie. Je suis à côté et je suis pleinement content et satisfait.
Le coeur apaisé se nourrit d’espérance (v. 3)
Comment David pouvait-il garder son calme intérieur? Sa “recette” se trouve au v. 3: “Israël, attends-toi à l’Éternel, dès maintenant et à toujours!” Il s’adresse à Israël, mais bien sûr, il a commencé par lui-même.
Au milieu des épreuves, David ne regardait pas à lui-même, il regardait à l’Éternel, son Dieu. “Je ne sais pas pourquoi cela m’arrive, Seigneur, mais je sais que tu le sais. Père, je ne sais pas quel est le but de cette épreuve, mais je sais que tu as un but. Et je sais que le but que tu as pour moi et pour tous tes enfants est toujours plein de grâce, plein d’amour, et que c’est pour mon bien que cela m’arrive.”
David est passé par le processus difficile d’apprendre à son âme à ne plus boire le lait naturel de la confiance en soi et à ne plus penser que nous avons toutes les réponses. Il a appris à se nourrir d’une meilleure nourriture, celle de la confiance en Dieu, celle de l’espérance en Dieu. “Je mets mon espérance dans le Seigneur et dans le Seigneur seul.”
David ayant lui-même appris cette leçon, il l’enseigne ensuite à Israël. David appelle toutle peuple de Dieu à suivre son exemple. Vous aussi, mes frères et soeurs, mettez votre espérance dans le Seigneur! Croyez dans ses promesses, tous les jours de notre pèlerinage.
N’est-ce pas libérateur? Que se passe-t-il quand nous manquons de confiance en Dieu? L’orgueil refait surface. Nous ruminons des rancunes dans nos coeurs. L’amertume nous ronge les os. Nous cherchons à
défendre notre réputation. Nous mettons toute notre énergie à nous protéger. Nous ne sommes jamais libres de relaxer. Jamais libres de nous reposer dans le contentement et de nous réjouir dans la grâce que
Dieu nous a donnée. Avez-vous déjà remarqué que les gens les plus malheureux, les plus grincheux, les plus critiques sont ceux qui passent leur temps à vivre pour eux-mêmes? Mettons notre espérance dans le
Seigneur. Que notre âme soit libre, en repos! Mettez votre espérance dans celui qui a fprotégé et restauré David, dans celui qui a fait justice à Jésus en le ressuscitant des morts et en lui donnant le
trône éternel de David. Abandonnez votre cause entre les mains du Seigneur. Sevrez vos âmes de cette confiance en vous-mêmes et mettre votre confiance uniquement dans le Seigneur votre Dieu. Quand viendra le jour du malheur — la maladie, un accident, un échec financier ou la perte soudaine d’un être cher— vous ne perdrez pas votre paix. Il y aura des turbulences, oui, mais vous pourrez calmer votre coeur en Jésus-Christ.
