mercredi 19 juin 2013

"Chefs-d'oeuvre" en péril??

Ci-dessus : l’église néo-gothique de Gesté – crédit : DR
Depuis quelques semaines, la polémique entourant l'église de Gesté est devenue emblématique du débat autour du devenir de certains lieux de culte. L'église actuelle de ce village du Maine-et-Loire a été construite au 19ème siècle et est bien représentative d'un certain style de l'époque, voir même de plusieurs tant l'ensemble est composite. Comme beaucoup d'édifices cultuels construits lors de cette période (sur fonds publics d'ailleurs), le bâtiment est en mauvais état, à tel point que 3 millions d'Euros seraient nécessaires pour une restauration. La somme est bien sûr trop lourde à porter pour une commune de 2400 habitants. Le Conseil Municipal a donc orienté sa réflexion vers la destruction de l'église et la construction d'un nouveau lieu de culte, solution qui a d'ailleurs  reçu l'approbation du clergé local.
Malgré cela, ce projet a provoqué l'émoi et la mobilisation d'adversaires déterminés, choqués que l'on puisse arriver à ce qu'ils considèrent être une extrémité regrettable et un bradage de patrimoine. La presse s'est largement fait écho des arguments des uns et des autres, et nous n'y reviendrons donc pas.
Néanmoins, dans la mesure où des histoires comparables se sont produites et se produiront encore (notamment chez nous en Poitou), on peut quand même se faire quelques réflexions sur la question:

- il faudra cesser de considérer tous les élus amenés à prendre de telles décisions comme de farouches anticléricaux. Des sentiments antichrétiens peuvent peut-être motiver certaines actions ou manque d'action, mais il serait illusoire de croire qu'ils expliquent tout, à moins de tomber dans un délire paranoïaque. Quiconque a dû faire face à la gestion d'un budget communal sait le poids de cette charge, notamment dans le très difficile contexte actuel. Est-on notamment sûr que les amoureux des belles pierres soient prêts à accepter une hausse substantielle de leurs impôts locaux pour des décennies? Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres...

- il faut aussi avoir l'honnêteté de se poser la question: vaut-il vraiment la peine de consacrer des sommes très importantes à l'entretien de lieux de cultes souvent désertés, alors même que cet argent pourrait être bien plus utiles ailleurs (action culturelle, solidarité, sport...). Personne ne nie l'absolue nécessité d'une politique de sauvegarde de nos authentiques joyaux, mais des bâtiment beaucoup plus récents et communs et qui, il faut le dire même si cela doit heurter quelques sensibilités locales, ne représentent aucun intérêt particulier méritent-ils de telles dépenses? Que la moindre bicoque datant de 1880 soit dénommée "historical landmark" aux USA ou en Australie est normal, mais notre rapport à "l'ancien" (et au beau) peut et doit être différent.

- La question interpelle aussi, bien entendu, les communautés chrétiennes. Celles-ci peuvent souvent s'estimer heureuses de s'être vu déchargées de lourds frais d'entretien par la loi de 1905 qui a fait des communes le propriétaires des lieux de cultes anciennement concordataires. Ce que nous savons tous, c'est que bien des églises, bien des temples, ne correspondent plus à la réalité des communautés qui les occupent. Ne voit-on pas des messes ou des cultes se dérouler dans les sacristies? On connaît aussi des exemples de paroisses qui se sont épuisées sur la question de l'entretien d'un lieu de culte devenu trop grand. Ayons l'honnêteté de reconnaître que des salles plus petites et modernes seraient dans bien des cas préférables à des lieux de culte souvent trop grands et malcommodes par rapport aux normes actuelles. Ayons le courage de dire qu'il faudrait, selon les circonstances locales, envisager d'autres solutions: l'église de maison, la location d'une salle municipale si du moins un certain laïcisme ne s'y oppose pas. J'ai conscience que dire cela, c'est admettre la disparation programmée d'un certain type de christianisme, et donc de fonctionnement des églises locales. C'est, en l'occurrence, simplement faire face à la réalité; sans tomber dans la crainte qui paralyse et empêche de vivre le présent et de préparer l'avenir.

- Nos ancêtres huguenots ont célébré le culte dans les forêts en plein air durant plus d'un siècle. Ce n'est pas ça qui a mis la foi à bas en France. De ce point de vue là, le bon français nous aide, en nous rappelant qu'un lieu de culte protestant, c'est un "temple". Le terme "église" ne peut proprement désigner quant à lui qu'une communauté chrétienne. Peu importe le lieu où celle-ci se réunit, du moment que la Parole est fidèlement prêchée et les sacrements droitement administrés. Rappelons nous des avertissements de Jacques Ellul, qui a bien souligné à quel point la notion même de "lieu sacré" est en contradiction flagrante avec la foi biblique.

Beaucoup voient dans la destruction d'églises dont la restauration ou l'entretien sont devenus de trop lourds fardeaux pour les collectivités locales  un symbole de la décadence morale et spirituelle de notre pays. Disons qu'elle souligne certainement la fin d'une certaine religiosité...Mais la foi n'a pas grand-chose à voir là-dedans, et nos préoccupations de chrétiens devraient se porter ailleurs que dans ces questions, à moins que nous ne voulions vraiment privilégier l'accessoire aux dépens de l'essentiel...

Pascal Montabert



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Un refuge et un appui (Psaume 46.2)



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Source:  pdphoto.org 

Un refuge et un appui

 “Dieu est pour nous un refuge et un appui.”
(Psaume 46:2)

“Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui se trouve toujours dans la détresse.  C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée et que les montagnes chancellent au coeur des mers.”  (Ps. 46:2-3).  Quelles paroles remplies de lumière et de joie!  Dans la détresse et devant les dangers les plus grands, notre Dieu sera toujours un refuge et un abri pour ceux qui cherchent secours en lui et qui le craignent!


Sommes-nous écrasés par les difficultés personnelles, la maladie, les tentations oppressantes ou les inquiétudes face à demain?  Sommes-nous déçus par nos amis, nos proches, voire nos frères dans la foi?  Sommes-nous accablés par les innombrables défis moraux et spirituels de la société moderne ou par les incessants bruits de guerre?  Le Dieu très haut qui “domine sur les nations”, qui “domine sur la terre” (v. 11), n’a jamais promis à ses fidèles que la terre ne serait pas bouleversée, que les montagnes ne chancelleraient pas ou que les eaux ne gronderaient pas.  Il n’a jamais promis à ses enfants de les épargner de la détresse ou de l’épreuve, mais il a promis d’être “un secours qui se trouve toujours dans la détresse”.

Sommes-nous dans la détresse?  Il est aujourd’hui même un refuge et un appui.  Parfois, il nous semble que Dieu ne répond pas immédiatement à nos prières.  Pourtant, pas un seul instant il ne nous abandonne à nous-mêmes, sans son précieux secours, “un secours qui se trouve toujours dans la détresse”— au moment et au milieu même de la détresse.  Par son oeuvre parfaite de rédemption, Jésus-Christ nous assure que celui qui le cherche d’un coeur humble le trouvera, lui qui, le premier, par sa Parole et par son Esprit, est venu nous chercher et nous trouver.  Le fidèle recevra toute l’aide dont il a besoin, une aide adéquate et pertinente, parfaitement adaptée au danger qu’il traverse, à tel point que nous ne pouvons pas désirer meilleur secours et que jamais nous ne trouverons un secours semblable en aucune de ses créatures.

Par conséquent, en dépit de la grandeur de la menace — terre bouleversée, montagnes ébranlées, eaux écumeuses — le coeur des fidèles  ne sera pas troublé.  “C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée” (v. 3).  Ceux dont le coeur est rempli de la crainte de l’Éternel ne seront pas effrayés par la puissance menaçante de l’enfer qui cherche sans cesse à se déployer sur terre, car “l’Éternel des armées est avec nous, le Dieu de Jacob est pour nous une haute retraite” (v. 12).

Ce bonheur n’appartient pas seulement aux croyants individuellement.  Il est promis à toute l’Église.  L’Éternel des armées n’est pas seulement avec “moi”, il est avec “nous” (v. 8 et 12), avec le peuple qui garde fidèlement l’alliance du Seigneur.  “Il est un fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu” (v. 5), un fleuve bien différent des eaux tumultueuses et orgueilleuses des nations tout autour; un fleuve dont les courants paisibles et vivifiants, comme les eaux de Siloé, procurent joie, réconfort et fraîcheur à la cité de Dieu.  Ce fleuve de vie coule au milieu de la ville sainte, là où la Parole du Seigneur est fidèlement proclamée et les sacrements correctement administrés.  Oui, le Seigneur a promis à son Église sa présence toute spéciale au milieu d’elle!  Cette présence bienfaisante et sainte lui procure non seulement la protection face aux dangers, mais aussi la vie abondante et le dynamisme purificateur de son Esprit.

Pourquoi craindre ou envier le tumulte de la cité des hommes?  Le Seigneur lui-même illumine son peuple de la joie de sa présence.  Que cette joie ne soit pas étouffée par les ronces et les épines du péché, mais que nous sachions la préserver et la transmettre!  Car même si la terre venait à être ébranlée ou détruite, son Église sera protégée, florissante, victorieuse.  “Des nations grondent, des royaumes chancellent” (v. 7), mais le Seigneur “fait entendre sa voix; la terre se dissout” (v. 7).  Sa voix tonne, puissante, efficace, irrésistible.

Que restera-t-il, alors, du bruit des tumultes?  “C’est lui qui fait cesser les combats jusqu’au bout de la terre; il brise l’arc et rompt la lance.  Il consume par le feu les chars de guerre” (v. 10).  Douce promesse!  La protection du Seigneur se transformera en jugement contre ceux qui auront osé s’en prendre à ses élus et faire obstacle à ses plans.  Le secours dans la détresse se changera en un Royaume de paix où régnera la paix parfaite.  Rêve utopique?  Non, espérance bénie qui, dans l’admiration et la certitude, nous fait plier les genoux et relever la tête.  “Arrêtez et reconnaissez que je suis Dieu:  je domine sur les nations, je domine sur la terre.  L’Éternel des armées est avec nous, le Dieu de Jacob est pour nous une haute retraite.”  (v. 11-12).

Paulin Bédard, pasteur
Paru dans la revue Lumière sur mon sentier,
Vol. 3, No. 6, novembre 2008.

tiré du site de l'Eglise Réformée de Beauce (Québec)

dimanche 16 juin 2013

LUC 7.36-8.3



36 Un *pharisien invita Jésus à manger. Jésus se rendit chez lui et se mit à table.37 Survint une femme connue dans la ville pour sa vie dissolue. Comme elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, elle avait apporté un flacon d'albâtre rempli de parfum.38 Elle se tint derrière lui, à ses pieds. Elle pleurait; elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus; alors elle les essuya avec ses cheveux et, en les embrassant, elle versait le parfum sur eux. 39 En voyant cela, le pharisien qui l'avait invité se dit: Si cet homme était vraiment un *prophète, il saurait quelle est cette femme qui le touche, que c'est quelqu'un qui mène une vie de débauche.40 Jésus lui répondit à haute voix:---Simon, j'ai quelque chose à te dire.---Oui, Maître, parle, répondit le pharisien.41 ---Il était une fois un prêteur à qui deux hommes devaient de l'argent. Le premier devait cinq cents pièces d'argent; le second cinquante.42 Comme ni l'un ni l'autre n'avaient de quoi rembourser leur dette, il fit cadeau à tous deux de ce qu'ils lui devaient. A ton avis, lequel des deux l'aimera le plus?
43 Simon répondit:---Celui, je suppose, auquel il aura remis la plus grosse dette.---Voilà qui est bien jugé, lui dit Jésus.
44 Puis, se tournant vers la femme, il reprit:---Tu vois cette femme? Eh bien, quand je suis entré dans ta maison, tu ne m'as pas apporté d'eau pour me laver les pieds; mais elle, elle me les a arrosés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. 45 Tu ne m'as pas accueilli en m'embrassant, mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a cessé de couvrir mes pieds de baisers. 46 Tu n'as pas versé d'huile parfumée sur ma tête, mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. 47 C'est pourquoi je te le dis: ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, c'est pour cela qu'elle m'a témoigné tant d'amour. Mais celui qui a eu peu de choses à se faire pardonner ne manifeste que peu d'amour!
48 Puis il dit à la femme:---Tes péchés te sont pardonnés.
49 Les autres invités se dirent en eux-mêmes: «Qui est donc cet homme qui ose pardonner les péchés?»
50 Mais Jésus dit à la femme:---Parce que tu as cru en moi, tu es *sauvée; va en paix.Quelque temps après, Jésus se rendit dans les villes et les villages pour y proclamer et annoncer la Bonne Nouvelle du *royaume de Dieu.
2 Il était accompagné des Douze et de quelques femmes qu'il avait délivrées de mauvais esprits et guéries de diverses maladies: Marie, appelée Marie de Magdala, dont il avait chassé sept démons,
3 Jeanne, la femme de Chuza, administrateur d'*Hérode, Suzanne et plusieurs autres. Elles assistaient Jésus et ses *disciples de leurs biens.

  Simon fait partie des Pharisiens, ce groupe religieux juif qui se caractérise par une piété sévère et une certaine obsession de la pureté. Les relations entre Jésus et les Pharisiens sont compliquées, et généralement conflictuelles, car l'enseignement de Jésus choque la base pharisienne. Néanmoins, on arrive parfois à se parler...mais Simon reste prudent. Il invite Jésus chez lui, mais se garde de lui prodiguer les marques de respect et d'accueil que la culture du temps réserve aux hôtes : le baiser de bienvenue, le lavage des pieds, l'onction d'huile odorante sur la tête. Jésus est invité, mais pas vraiment accueilli.

D'un côté, je comprends Simon. Je pense qu'il veut vraiment rencontrer Jésus, qu'il s'interroge à son sujet. Mais, dans le même temps, il ne veut pas se compromettre aux yeux de ses amis Pharisiens en donnant l'impression d'être trop proche de ce rabbin tant controversé. Simon garde donc Jésus à distance respectable. Les gens religieux sont souvent comme cela : désireux de se protéger, de marquer les limites entre ceux qui font partie du groupe et ceux qui ne le font pas, prompts à souligner qu'eux sont saints, et que les autres ne le sont pas.
Tout est donc sous contrôle. Mais l'atmosphère feutrée de la soirée va être perturbée par l'entrée en scène de quelqu'un qui n'aurait jamais dû se trouver là.

  Une femme entre dans la pièce. Tout le monde la connaît dans le village (et certains la connaissent certainement plus que d'autres). Luc nous la décrit pudiquement comme « une femme pécheresse ». Mais quand on voit la réaction qu'elle provoque, quand on note qu'elle a les cheveux déliés (contrairement à toute honnête femme), on voit qu'il s'agit très certainement de la prostituée locale. Et voilà cette créature qui, après avoir violé l'entrée d'une maison respectable, se jette aux pieds de Jésus, en larmes,

Elle apporta un vase plein de parfum et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait, et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les embrassa et versa le parfum sur eux.
Quelle attitude inconvenante, repoussante !!

Simon observe la scène, choqué. Et, en son for intérieur il se dit que si Jésus était vraiment un prophète, un envoyé de Dieu, il ne permettrait jamais que cette pécheresse le contamine ainsi, il rejetterait cette incarnation du péché le plus grossier. Comme le monde serait beau si tout le monde était comme Simon !! Qu'est-ce que Dieu serait content !!

Mais le problème pour les gens comme Simon, c'est que Dieu ne pense pas comme eux, et il nous le montre en Jésus. Ce qui intéresse Jésus, ce n'est tant la pureté en tant que telle que le fait de relever cette femme tombée si bas. Jésus va lui témoigner cet amour si complet et radical qui lui a fait qui l'a amené à venir jusqu'à nous. La Bible nous enseigne que Jésus « est l'égal de Dieu, parce qu'il est Dieu depuis toujours. Pourtant, cette égalité, il n'a pas cherché à la garder à tout prix pour lui. Mais tout ce qu'il avait, il l'a laissé. Il s'est fait serviteur, il est devenu comme les hommes » (Philippiens 2.6-7). Christ a accepté de quitter la gloire de son Père et de prendre chair dans le ventre d'une jeune fille même pas mariée ! Quel abaissement ; mais cet abaissement a été accepté pour nous. Telle est la Bonne Nouvelle : le Fils de Dieu s'est fait homme et il est venu dans le monde pour sauver les pécheurs . Voilà pourquoi Jésus est allé jusqu'à la croix : pour nous, et pour cette femme aussi.

Et la femme comprend qu'en Jésus elle peut trouver la source du pardon et d'une vie nouvelle et libérée. De ce point de vue là, sa vision de l'amour de Dieu est beaucoup plus claire que celle de Simon et de ses amis. Elle comprend qu'en Jésus, elle sera acceptée par Dieu, elle que tout le monde rejette. Elle comprend qu'en Jésus, par une grâce imméritée, elle peut devenir enfant de Dieu. Et cette grâce, elle l'accepte avec des larmes de reconnaissance. Cette réponse à l'amour de Dieu, elle est touchante, émouvante. Elle est surtout la marque d'un changement profond, de quelque chose de presque physique. On sent cette femme ressent de façon débordante l'amour et le pardon divin. Quel grand cadeau Jésus lui fait ! Une vie nouvelle dans la famille de Dieu !!

Voilà pourquoi Jésus dit à Simon : «  je te le dis: ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, c'est pour cela qu'elle m'a témoigné tant d'amour. » (v.47). Remarquons l'ordre : la femme n'est pas sauvée parce qu'elle a aimé, elle aime parce qu'elle a été sauvée. L'amour n'est pas une cause, mais une conséquence, une réponse au mouvement premier de la grâce de Dieu. Et cette grâce de Dieu, cette promesse faite à la foi : Jésus l'exprime à la femme :
« Tes péchés te sont pardonnés (…) Parce que tu as cru en moi, tu es sauvée; va en paix. »
Bien sûr, les Pharisiens réagissent à cette parole : comment Jésus ose t' il pardonner les péchés ?? Car enfin, tout le monde sait que seul Dieu peut faire cela ! Et, en effet, en prononçant ses paroles, Jésus affirme son identité divine, il affirme être la seule source possible du salut.

Mes amis, encore aujourd'hui, Jésus dit à tous deux qui se repentent et qui croient en lui « Parce que tu as cru en moi, tu es sauvé(e); va en paix. ». Si vraiment notre espérance est placée en Christ seul, nous pouvons être en paix. Mais ce texte nous pose une autre question : nous y reconnaissons nous comme Simon ou comme la pécheresse ? Car ultimement, la grande différence entre la femme et le Pharisien n'est pas tant dans leur statut social, mais dans leur relation avec Jésus.
Pour Simon, Jésus est un invité, quelqu'un avec lequel on cause mais qu'on garde à distance.
Pour la femme, Jésus est son Seigneur et son Sauveur, la source de la vie nouvelle et du pardon.
Simon croit pouvoir juger Jésus et se place au dessus de lui
la femme sait que Jésus est celui qui lui permet de ne pas passer en jugement et sa vie toute entière est changée.

Mes amis, nous devons nous souvenir que, dans notre vie, si Christ n'est pas Seigneur de tout s'il n'est pas Seigneur du tout. Notre évangile d'aujourd'hui nous montre qu'une foi authentique produira du fruit d'amour pour Dieu et pour notre prochain. Or, l'amour, ça se manifeste, ça se voit. Je pense que c'est pour cela que Luc a placé après ce récit une description du groupe des disciples qui suivaient Jésus : pour bien montrer qu'une authentique rencontre avec le Christ nous amènera à lui consacrer notre vie, nos biens, notre temps, bref, à faire de lui notre Seigneur, c'est-à-dire notre Maître. Vous remarquerez que Jésus a dit à la femme : vas en paix. Vas, pars, avance. La foi en Christ nous lance sur un nouveau chemin, le chemin des disciples, le chemin de ceux qui suivent Jésus et lui obéissent. Il est bon de se souvenir que Dieu nous accepte tel que nous sommes. Il faut aussi se souvenir qu'il nous aime trop pour nous laisser tels que nous sommes. Cela implique, disons le, une réorientation des pensées et des actes en conformité avec la Loi de Dieu. Parce qu'elle se savait aimée de Dieu, la pécheresse a offert à Jésus ce qu'elle avait de plus précieux : son parfum de grand prix. Nous aussi, sûrs de l'amour de Christ, nous pouvons à notre tour l'aimer et lui consacrer tout ce que nous avons et ce que nous sommes, en aimant aussi notre prochain.


samedi 15 juin 2013

Actualité de Chalcédoine, de Pierre Courthial

Actualité de Chalcédoine[1]

 

 

Pierre COURTHIAL
Du 8 octobre au 1er novembre 451 se tint à Chalcédoine, en Asie Mineure, en face de Constantinople, un concile œcuménique qui, sur le fondement de l’Ecriture Sainte-Parole de Dieu, confessa la Foi orthodoxe en ces termes:
« Nous enseignons tous unanimement
Un seul et même Fils notre Seigneur Jésus-Christ, 
le même parfait quant à Sa divinité,
le même parfait aussi quant à Son humanité,
vrai Dieu et aussi vrai homme…
consubstantiel au Père par Sa divinité,
consubstantiel à nous par Son humanité,
en tout semblable à nous, le péché excepté ;
engendré du Père, avant tous les siècles, quant à Sa divinité ;
quant à Son humanité né pour nous, dans les derniers temps, de la vierge Marie, mère de Dieu ;
nous confessons un seul et même Christ Jésus Fils unique
que nous connaissons être en deux natures
sans qu’il y ait entre elles
ni confusion, ni transformation, ni division, ni séparation,
car la différence des deux natures
n’est nullement supprimée par leur union ;
tout au contraire les propriétés de chacune sont sauvegardées
et subsistent en une seule personne et une seule hypostase… »
C’est en suite et au terme d’un long combat spirituel, d’une attentive méditation de la Parole de Dieu, et pour proclamer la gloire mystérieuse, évidente pour la foi, de l’unique Seigneur et Sauveur, que nos « pères » du Concile de Chalcédoine ont énoncé ce Credo orthodoxe qu’ont ratifié nos « pères » des confessions de foi de la Réformation sans aucune hésitation ; voici, par exemple, ce que déclare la confession réformée en France de 1559 :
« Nous croyons que Jésus-Christ, étant la Sagesse de Dieu et Son Fils éternel, a revêtu notre chair afin d’être Dieu et homme en une même personne, et un homme semblable à nous, capable de souffrir dans Son corps et dans Son âme, ne différant de nous qu’en ce qu’il a été pur de toute souillure.
Quant à Son humanité, nous croyons que le Christ a été l’authentique postérité d’Abraham et de David quoiqu’il ait été conçu par l’efficace secrète du Saint-Esprit. Ce faisant, nous rejetons toutes les hérésies qui, dans les temps anciens, ont troublé les Eglises.
Nous croyons qu’en une même personne, à savoir Jésus-Christ, les deux natures sont vraiment et inséparablement conjointes et unies, chacune d’elles conservant néanmoins ses caractères spécifiques, si bien que, dans cette union des deux natures, la nature divine, conservant sa qualité propre, est restée incréée, infinie et remplissant toutes choses, de même que la nature humaine est restée finie, ayant sa forme, ses limites et ses propres caractères.
En outre, quoique Jésus-Christ, en ressuscitant, ait donné l’immortalité à Son corps, nous croyons toutefois qu’Il ne l’a pas dépouillé de la réalité propre à Sa nature humaine. »
Nous considérons donc le Christ en Sa divinité de telle sorte que nous ne Le dépouillons point de Son humanité.
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Si nos pères de la Réformation ont pleinement repris les affirmations de nos pères de Chalcédoine, c’est qu’au XVIe siècle comme au Ve siècle il s’est agi, fondamentalement, du même combat spirituel. Certes, entre temps, les circonstances et le mode des questions avaient changé ; mais, sous d’autres formes, c’est le même conflit qui se poursuivait entre deux religions: la religion humaniste avec son affirmation insensée et mortelle du salut de l’homme par l’Homme et la religion chrétienne avec son affirmation, fidèle à la révélation biblique, du salut de l’homme par Dieu.
A Chalcédoine, l’Eglise a confessé que son Sauveur n’est autre que Dieu lui-même. Conformément aux Ecritures, elle a confessé, sans admettre la moindre atténuation (toute atténuation reviendrait sur ce point à une négation !) l’identité du Sauveur Jésus-Christ comme véritablement Dieu.
Les termes grecs employés : homoousios (consubstantiel), physeis (nature), prosôpon (personne), asynchutôs (sans confusion), atreptôs (sans transformation), adiairetôs (sans division), achôristôs (sans séparation), loin d’être, comme d’aucuns l’ont prétendu ou le prétendent, une preuve de la pénétration d’une métaphysique grecque dans la pensée chrétienne, pétrifiant et mutilant celle-ci par des définitions froides et négatives, cernent, avec la meilleure (jusqu’à présent !) précision possible, le mystère de l’incarnation de Dieu (pour nous et pour notre salut !) révélé par la Sainte Ecriture. L’orgueil de la raison prétendument autonome ne se scandalise de la confession et des termes précis de Chalcédoine que parce qu’ils obligent au choix à faire entre le Dieu-Sauveur de l’Ecriture et les mythes ou utopies pseudo-salvateurs qu’imaginent les hommes dans leur refus du vrai Dieu.
Le fait est que chaque fois (jusqu’à présent) que des chrétiens ont prétendu corriger ou améliorer Chalcédoine, aller au-delà de Chalcédoine, ils sont revenus en deçà de Chalcédoine et retombés dans les mêmes vieilles erreurs (baptisées parfois « nouveautés »), antérieures à Chalcédoine.
Certes, la révélation biblique a et aura toujours plus de contenu de sens que les confessions de la Foi orthodoxe de l’Eglise. Mais le progrès dans la confession de foi de l’Eglise ne pourra être poursuivi que dans la direction orientée selon la Parole de Dieu, précisée par Chalcédoine.
Lors de la réformation, dans une nouvelle bataille du conflit permanent entre la religion chrétienne et la religion humaniste, l’Eglise a confessé, une nouvelle fois, que l’homme ne pouvait être sauvé que par Dieu, c’est-à-dire que par grâce. Pas de salut possible par les œuvres. Mais aussi, bien sûr ! et précisément parce que la grâce souveraine de Dieu agit réellement en tous ceux qu’elle conjoint à Jésus-Christ par le moyen de la foi et leur donne d’agir avec gratitude dans une liberté retrouvée, pas de salut possible sans les œuvres, sans le fruit de l’Esprit Saint.
Aujourd’hui, en ce dernier quart du XXe siècle, c’est encore une nouvelle et plus terrible bataille du même conflit permanent entre l’humanisme et la foi chrétienne qui s’est engagée.
L’actualité de Chalcédoine et de la Réformation redevient évidente.
Mais d’abord – et c’est ce que cet article veut souligner – l’actualité de Chalcédoine.
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Toutes les formes diverses de l’humanisme (je désigne par ce terme la religion de l’Homme, avec son idée de salut de l’homme par l’Homme) sont disposées, dans leur refus, leur rejet, leur négation du Dieu Créateur et Sauveur dont parle l’Ecriture Sainte et qui parle avec l’Ecriture Sainte qu’Il a inspirée, à absolutiser n’importe quel relatif, à diviniser n’importe quoi ou n’importe qui. Notre époque n’est pas irréligieuse ; elle est, au contraire, pour toute religion, pour toute relation avec tout prétendu absolu, le seul « irrecevable » pour elle étant la religion chrétienne, la relation au seul vrai Absolu. Notre époque a tous les cultes possibles et imaginables, des plus terre à terre aux plus idéologiques et sophistiqués, sauf le culte du vrai Dieu.
Rien n’est plus à la page que les paroles de S. Paul :
« La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent la vérité captive dans l’injustice, car ce qu’on peut connaître de Dieu est clair pour eux: Dieu le leur a clairement montré.
« En effet les (attributs) invisibles de Dieu, Sa puissance éternelle et Sa divinité, se voient fort bien depuis la création du monde, quand on les considère dans Ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne L’ont pas glorifié comme Dieu et ne Lui ont pas rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs raisonnements et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres.
« Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous; et ils ont remplacé la gloire du Dieu incorruptible par des images… remplacé la vérité de Dieu par le mensonge et adoré et servi la créature au lieu du Créateur qui est béni éternellement. » (Rm 1.18-25)
Chalcédoine renverse les idoles que l’humanisme ne cesse d’ériger et de substituer au Dieu de la révélation. Chalcédoine rejette au néant, dont elles ne devraient jamais sortir, les prétendues divinités auxquelles les hommes, que l’humanisme rend fous, sont prêts à rendre un culte et à confier leurs destins. Chalcédoine, contre toute métaphysique païenne, s’inscrit ainsi dans la vraie tradition des vrais prophètes de l’Ancien Testament et des vrais apôtres du Nouveau Testament.
Le Sauveur Jésus-Christ, ce vrai homme, né d’une femme, né sous la Loi, qui a été tenté, qui a souffert, qui est mort, qui est ressuscité, qui est monté au ciel et qui reviendra, est, en vérité, Dieu, vraiment Dieu, éternellement consubstantiel au Père et à l’Esprit Saint.
Notre Sauveur est Dieu, Dieu seul sauve. C’est le sens même du nom de JÉSUS.
Dans la lumière actuelle de Chalcédoine qui reflète vraiment, quoique partiellement, la lumière actuelle de la Parole de Dieu, nous savons alors, comme il faut bien aujourd’hui le savoir, le dire et le démontrer en tous domaines de l’existence, que l’homme ne peut être sauvé que par Celui qui, étant Dieu – et parce qu’Il est Dieu –, s’est fait homme par amour et par grâce afin de mourir à notre place sous la plus juste malédiction et de ressusciter victorieusement pour que nous ressuscitions en Lui à une vie nouvelle. Il s’ensuit que l’Homme ne peut pas sauver l’homme et que c’est le mensonge de l’humanisme de le dire et de le croire. Ni l’Etat, ni la Science, ni l’Evolution, ni l’Eglise, ni la Révolution, ni l’ONU, rien au monde ne peut sauver l’homme. Loin d’être le salut de l’homme, l’humanisme est la mort de l’homme. Eternellement. Et déjà, temporellement.
Les quatre termes, faussement qualifiés de « négatifs », de Chalcédoine : « sans confusion », « sans transformation », « sans division », « sans séparation », soulignent à la fois la distinction qualitative et l’union qualitative qu’il y a, et qui demeurent, entre la divinité de Dieu et l’humanité de l’homme en l’unique personne de Jésus-Christ.
Alors que pour la pensée humaniste, quels qu’en soient les formes et les avatars, ou bien tout est indifférencié, ou bien toutes les différences ne sont que de degrés, Chalcédoine exprime avec force et netteté la Foi orthodoxe de l’Eglise quand celle-ci est soumise à la Parole de Dieu. La métaphysique grecque ne se trouve aucunement dans Chalcédoine; au contraire, Chalcédoine la dénonce pour la rejeter, parce que Chalcédoine est selon la Bible.
Le salut par Dieu, le salut par grâce, tel est le contenu de sens de la Sainte Ecriture, tel est le contenu de sens de Chalcédoine.
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L’actualité de Chalcédoine n’est pas seulement « théologique ». Elle se répercute en tous domaines: culturel, philosophique, politique, etc. Et ce, pour la simple raison que le salut qu’apporte le Christ Jésus est aussi universel que le péché qui a tout recouvert, pénétré et corrompu.
Parce que l’union personnelle, hypostatique, de Dieu et de l’homme en Jésus-Christ est unique et une-fois-pour-toutes, aucun autre homme et aucune institution humaine (même l’Eglise en tant que corps mystique du Christ, même l’Etat, qui a été établi par Dieu) n’a le droit de prétendre à quelque divinisation. S’il y a le Dieu-homme: Jésus-Christ, il ne peut y avoir d’Eglise déifiée ni d’Etat déifié. Seul, cet homme: le Christ Jésus est vraiment Dieu; et, en Lui, en sa personne, si les deux natures, divine et humaine, sont unies, elles ne le sont que sans confusion et sans transformation. A combien plus forte raison, ces réalités, belles et nécessaires quand elles sont fidèles à leur vocation: l’Eglise, l’Etat, la science, le travail, ne peuvent être, n’ont pas droit à être divinisées.
Ce n’est pas dans l’institution ecclésiale seulement (laquelle, d’ailleurs, ne doit pas être confondue avec l’Eglise-corps mystique de Christ !) et dans la théologie, mais en tous les domaines de son existence, de sa pensée, que l’homme a besoin d’être sauvé, sauvé du Malin, sauvé du péché, sauvé d’une corruption de mort.
Certes rien n’est profane de droit, même si tout est pécheur de fait, car tout est appelé à être « christifié », c’est-à-dire à être justifié et sanctifié en Jésus-Christ; ce Sauveur ayant le droit seigneurial de dire, en droit, de tout: « C’est à Moi ! » Mais la « christification » d’une réalité humaine, en quelque domaine que ce soit, n’est jamais une déification. En notre époque où l’on parle, à tort et à travers, de « sécularisation », contre toute cette sécularisation, mais aussi, à l’inverse, contre toute possible et prétendue déification, Chalcédoine est, plus que jamais, d’une prodigieuse actualité: ni confusion, ni transformation, ni division, ni séparation entre ce qui est du Créateur et ce qui est de la créature !
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Durant les premiers siècles de notre ère, l’Eglise a eu devant elle un Etat impérial qui s’auto-divinisait. Le culte de César n’était pas alors un vain mot: il y eut assez de « martyrs » pour le contre-attester.
Durant le millenium médiéval, ce sont les Etats européens qui, à leur tour, eurent devant eux une Eglise qui s’auto-divinisait, prétendant d’ailleurs gouverner par son souverain pontife un Etat suzerain des autres.
Aujourd’hui, un nombre croissant d’Etats (qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche, peu importe !) entendent s’occuper de « tout », c’est-à-dire deviennent de plus en plus totalitaires, avec l’acquiescement complice, et parfois même sous la poussée, d’un grand nombre de citoyens. Dans cette perspective, l’Etat « engloberait » tous les domaines de l’existence humaine qui ne tiendraient leurs quelques droits que de lui seul.
Face à ces prétentions « religieuses » d’un humanisme politique, ensuite ecclésial, puis, de nouveau, politique, Chalcédoine dresse et confesse Celui qui seul est Seigneur et a, de droit, tout pouvoir dans le ciel et sur la terre parce que cet homme, vraiment homme, est, et Lui seul, Dieu vraiment Dieu.
Le fondement de toutes les libertés et libérations vraies et légitimes, de quelque ordre qu’elles soient, est en Celui dont témoigne, fidèle à l’Ecriture Sainte, Chalcédoine. Devant Lui s’effondrent toutes les prétentions des hommes et des institutions humaines à une autorité autonome.
Quand des Eglises, pour leur jugement et pour leur malheur, rejettent Chalcédoine, elles rejettent du même coup la souveraineté du Dieu trinitaire, et de Sa parole, sur l’histoire du monde et l’existence des hommes et, par suite, deviennent complices des humanistes qui veulent (et croient), eux, « faire l’histoire » souverainement en confisquant les libertés des hommes et en manipulant ceux-ci.
Tandis que la mystérieuse souveraineté du Dieu trois fois saint établit la liberté et les libertés des hommes et que celles-ci ne tiennent leur réalité et leur sens que de Lui, selon Son dessein éternel et immuable, la prétendue souveraineté autonome et arbitraire des hommes ne tend (même au nom de la « Liberté ») qu’à supprimer les libertés.
Les « chrétiens » qui rejettent Chalcédoine en viennent forcément à n’avoir plus qu’un faux-Christ qui n’a plus de Christ que le mot, qu’un « Christ » immergé dans l’histoire temporelle et confondu avec elle, qu’un « Christ » qui n’est plus le vrai Dieu qui S’est fait homme, vraiment homme, par amour et par grâce, mais l’Homme – symbole d’une humanité imaginée – qui se fait dieu par orgueil. Au vrai Jésus-Christ, au Jésus historique de la Bible, est alors substitué tel pseudo-Christ de la religion humaniste; et la prétendue «  démythologisation » du Christ Jésus de la Sainte Ecriture n’aboutit en fait qu’à remplacer Celui-ci par tel Jésus « mythique », à la mode de telle ou telle forme d’humanisme, selon les Idées et les Pouvoirs de telle ou telle époque.
En la personne une du Christ – vraiment Dieu et vraiment homme – la nature divine créatrice et législatrice ne se confond pas avec la nature humaine créée et obéissante. La Loi parfaite de Dieu nous est ainsi révélée tant dans la souveraineté de Celui qui ordonne que dans l’obéissance de Celui qui se range à la volonté qu’il reconnaît au-dessus de la sienne. L’union des deux natures est ainsi totale sans qu’il y ait ni transformation, ni confusion.
Nos existences d’hommes libres et responsables (mais non pas « autonomes » !) n’ont de réalité et de sens que parce qu’elles ne dépendent, pour le jugement et pour la grâce, pour la grâce et pour le jugement, que de Dieu seul, et que ni le hasard, ni la nécessité, ni l’Etat, ni l’Eglise, ni rien d’autre ne peut nous dépouiller de notre dignité de créatures-images de Dieu, souillées par le péché mais appelées au salut qui est en Jésus-Christ.
L’Eglise contemporaine se trouve acculée à un choix: entre les divers saluts utopiques qu’une nouvelle fois nous propose l’humanisme et le salut que nous présente et que donne aux siens, la Parole de Dieu, le Christ confessé par Chalcédoine.

dimanche 9 juin 2013

LUC 7.11-17


11Ensuite il se rendit dans une ville appelée Naïn ; ses disciples et une grande foule faisaient route avec lui. 12Lorsqu'il approcha de la porte de la ville, on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve ; et il y avait avec elle une importante foule de la ville. 13Le Seigneur la vit ; il fut ému par elle et lui dit : Ne pleure pas ! 14Il s'approcha et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te l'ordonne, réveille-toi ! 15Et le mort s'assit et se mit à parler. Il le rendit à sa mère. 16Tous furent saisis de crainte ; ils glorifiaient Dieu et disaient : Un grand prophète s'est levé parmi nous, et : Dieu est intervenu en faveur de son peuple. 17Cette parole se répandit à son sujet dans la Judée tout entière et dans tous les environs.




Une femme marche. Une veuve sur un chemin poussiéreux. Le soleil frappe les rues de Naïn. La ville se trouve au bord d'une large et belle vallée, mais la veuve n'a pas le coeur à penser à la beauté. Aujourd'hui, sa vie s'est arrêtée. Elle perdu son dernier lien avec la société, elle est sur le point de devenir une exclue.
La femme marche derrière le corps de son fils unique, enveloppé d'un lincueil et porté sur une simple planche de bois. Il est mort ce jour même et doit être enterré avant le couche du soleil. Le choc est insupportable, trop lourd à porter. Peut-être la femme se souvient elle avoir pris le même chemin pour enterrer son mari. Elle l'a perdu, elle a perdu son fils et elle peut craindre d'être elle aussi perdue.
Dans une société où la famille était en fait le seul « filet de sécurité » en terme social, se retrouver veuve et sans enfant voulait tout simplement dire être privée de tout soutien. Un femme ne pouvait être représentée légalement que par un homme. Elles ne pouvaient être défendues socialement que par des hommes. Pour défendre ses intérêts, une femme devait compter sur les hommes de sa famille. Bien sûr, le peuple connaissait la Loi que Dieu avait donnée à Moïse, et qui affirmait clairement que les veuves, en tant que personnes particulièrement fragiles devaient être protégées et recevoir une protection particulière. Mais il était tellement tentant pour certains d'abuser de cette faiblesse. Une veuve sans enfant restait une femme seule dans un monde d'hommes : une proie facile, tout simplement... Sombre perspective. Ils sont sans doute nombreux ceux qui, tout en l'accompagnant, sont tristes de la mort du jeune homme, mais aussi inquiets pour la mère : que va t'elle devenir ? En plus de l'épreuve terrible qui consiste à devoir enterrer son enfant, la veuve de Naïn est seule, abandonnée, en fait, on pourrait même dire que socialement, elle n'existe plus.


Le cortège funéraire avance et s'apprête à quitter la ville. C'est alors qu'un autre groupe, qui veut y entrer. Ce sont les gens qui accompagnent ce Jésus dont on parle tant, ce Jésus qui (c'était notre évangile de la semaine dernière) vient de guérir le serviteur d'un centurion.Et cette rencontre entre les deux groupes symbolise en fait ce qui est au coeur de notre texte : la collision entre la mort et la grâce de Dieu.
Je me demande si les disciples de Jésus s'attendaient à cette rencontre avec la procession funèbre. Ce n'est jamais quelque chose de plaisant, surtout quand c'est inattendu. Surtout, je crois qu'aujourd'hui encore (aujourd'hui encore plus en fait!!) nous avons du mal à nous confronter à la mort. Voilà pourquoi ceux qui nous promettent l'éternelle jeunesse à coup de médecine douce, de botox ou d'autres choses ont tant de succès.
Mais Jésus, lui, n'a pas peur de se confronter à la mort. Luc nous dit :
Le Seigneur la vit ; il fut ému par elle et lui dit : Ne pleure pas !
Une question à toujours nous poser quand nous lisons les Evangiles est la suivante : comment est-ce que Dieu se montre à nous à travers Jésus-Christ ? Ici, nous voyons un Dieu qui nous voit, y compris dans les pires circonstances imaginables. Nous voyons aussi un Dieu « ému ». En fait, le grec veut dire « pris aux tripes ». Mes frères et soeurs, Dieu est sensible à nos souffrances, à nos doutes, à nos questionnements, à nos peurs, et il veut nous en retirer. La plupart des grandes religions se sont construites sur l'idée d'un Dieu impassible, grandiose, lointain! Notre Dieu n’est pas le «dieu grec de l'Olympe» qui regarde de très loin la terre. Israël, déjà dans l'Ancien Testament, avait reçu la révélation d'un Dieu proche, paternel, familier ! Enfin, nous voyons un Dieu qui nous parle.
Jésus dit à la femme « ne pleure pas ». Nous rendons-nous compte de l'inconvenance choquante de cette parole ? Vous imagineriez-vous dire à un ami qui vient de perdre un être cher « ne pleure pas ? ». Mais Jésus peut dire « ne pleure pas » à cette femme qui vient de tout perdre parce qu'il est vraiment Dieu, et Dieu agissant. Et Jésus agit : Il s'approcha et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te l'ordonne, réveille-toi ! 15Et le mort s'assit et se mit à parler.
Là encore, nous pouvons facilement passer à côté de tout ce que Jésus accomplit par ces actes. Ce dont il faut se souvenir, c'est que le contact avec un mort était sensé rendre impur. Jésus n'a cure de tout cela. Il n'hésite pas à transgresser la loi pour entrer dans une logique de vie. Jésus n'a jamais craint de toucher l'intouchable. Encore aujourd'hui, il n'y a aucune partie de nos vies, même celle qui nous paraissent les plus sales et inommables, où il ne veut pas apporter la purification et la guérison.
On dit qu'il y a dans cette histoire une résurrection. Moi, j'en vois deux. La résurrection du fils de la veuve est une image du pouvoir de Jésus sur la mort, qui préfigure sa résurrection glorieuse au matin de Pâques. Mais avant cela, on peut dire aussi que Jésus rend la vie à la veuve. Il la libère de sa déchéance, de la pauvreté à laquelle elle était condamnée. Ce sont là des choses toutes pratiques et matérielles, mais Jésus est Seigneur de cela aussi, il veut agir dans ces domaines là aussi ; et nous aurions tort de ne voir en lui que celui qui nous garantit « une place au Paradis ». L'oeuvre de Christ est infiniment plus grande que cela, mes amis, et elle a des répercussions dès maintenant, dans notre vie de tous les jours. Ne limitons pas Jésus. Laissons le Seigneur de la vie être le seigneur de toute notre vie, dans ces moindres détails.

L’enfant ressuscite. Et là, c’est l’explosion de joie. De tous. Pas seulement l’enfant qui n’avait probablement pas vu grand chose, pas seulement la maman qui voyait d’un coup son fils bien-aimé revenir à la vie, et qui retrouvait par la même occasion son espoir pour le lendemain, mais c’est tous qui manifestent une joie extraordinaire. Un seul est sauvé, mais tous se sentent sauvés, revivre, réintégrés dans la vie. C’est tout le cortège, les deux cortèges qui sont relevés par la vie. On avait cru être à la frontière de la mort, tous se sont retrouvés à la frontière de la vie, comme balancés de l’autre côté de la frontière.

Tous ces gens connaissent l'Ancien Testament bien sûr, et ce que Jésus vient d'accomplir leur rappelle qu'Elie avait fait la même chose pour une autre veuve des siècles plus tôt. Elie, un des plus grands messagers de Dieu dans l'ancienne alliance. Alors naturellement les gens disent : « Un grand prophète s'est levé parmi nous, et : Dieu est intervenu en faveur de son peuple. ». En fait, Luc nous pose ici la question de l'identité de Jésus. Oui, il était prophète, mais beaucoup plus que prophète. Il était le Fils de Dieu lui-même. Oui, Jésus a ressuscité le fils de la veuve ; mais il a fait plus : il a accepté de passer par la mort pour que nous puissions avoir la vie.
Je vous ai parlé des deux cortèges qui se rencontrent dans l'évangile de ce jour. La question est alors de savoir si nous faisons partie du cortège enthousiaste et désordonné qui suit Jésus, ou si nous faisons partie du triste cortège sans espoir qui marche vers des frontières funestes. La question pourrait être posée à titre individuel, mais je crois que c’est respecter le texte que de se la poser plutôt de façon communautaire : notre Eglise, ou même l’Eglise chrétienne, est-elle en train de suivre de façon imparfaite, mais joyeuse, le Christ, ou est-elle en train de se morfondre, de se plaindre de ce qu’elle a perdu, de ce qu’elle ne retrouvera plus, de ce que les choses ne sont plus comme avant, de ce que l’avenir est sombre et sans espoir. Sommes-nous dans le cortège de la vie ou dans celui de la mort ? Je n’ai pas la réponse. Mais si nous sommes dans le cortège de vie, enthousiaste et un peu bruyant, à la suite du Christ, il nous faudra alors franchir quelques frontières. Il nous faudra oser confronter la mort et ne pas avoir peur d'être contaminé par « l'impureté ». Il faudra refuser de détourner le regard. Pourquoi ? parce que la vie de la communauté toute entière, la joie de l’Eglise en dépend.
Et si nous sommes dans le cortège funèbre : celui où l’espoir est difficile à voir. Où les perspectives d’avenir ne sont plus perceptibles, où les projets n’existent plus, où le moribond l’emporte sur le vivifiant, alors, Luc nous laisse cet espoir : il y a quelque part, un cortège de vie, qui vient à notre rencontre. Il est conduit par le Christ et à sa suite marchent des gens qui n’hésiteront pas, eux à franchir les limites, pour nous redonner vie. Amen











dimanche 2 juin 2013

PSAUME 96


Chantez en l'honneur de l'Eternel un cantique nouveau, chantez en l'honneur de l'Eternel, habitants de toute la terre!
2 Chantez en l'honneur de l'Eternel, bénissez son nom, annoncez de jour en jour son salut!3 Racontez sa gloire parmi les nations, ses merveilles parmi tous les peuples! 4 Oui, l'Eternel est grand et digne de recevoir toute louange; il est redoutable, plus que tous les dieux.5 En effet, tous les dieux des peuples ne sont que des faux dieux, alors que l'Eternel a fait le ciel.
6 La splendeur et la magnificence sont devant lui, la force et la gloire remplissent son sanctuaire.7 Familles des peuples, rendez à l'Eternel, rendez à l'Eternel gloire et honneur!8 Rendez à l'Eternel la gloire due à son nom, apportez-lui des offrandes et entrez dans ses parvis!9 Prosternez-vous devant l'Eternel avec des ornements sacrés, tremblez devant lui, habitants de toute la terre!10 Dites parmi les nations: «L'Eternel règne. Aussi, le monde est ferme, il n'est pas ébranlé. L'Eternel juge les peuples avec droiture.» 11 Que le ciel se réjouisse, que la terre soit dans l'allégresse, que la mer retentisse avec tout ce qu'elle contient,12 que la campagne et tout ce qui s'y trouve soient en fête, que tous les arbres des forêts poussent des cris de joie13 devant l'Eternel, car il vient. Oui, il vient pour juger la terre. Il jugera le monde avec justice, et les peuples suivant sa fidélité.




Est-ce que vous avez vu quelque chose de beau au cours de la semaine ? Si oui, comment avez-vous répondu ?
La beauté...elle peut prendre différentes formes (des images, des sons, des paroles, des actes) et nous y répondons de diverses façons. Par exemple, je me souviens du jour où nous sommes allés avec Dawn dans un coin qu'elle aime beaucoup à Greeley, dans la Colorado. Là bas, sur fond de Montagnes Rocheuses, j'ai pu voir un des plus magnifiques couchers de soleil de mon existence. Ma réponse (ô combien profonde) a été un grand Waahh.Ou encore, beaucoup plus récemment, j'ai eu la chance d'assister à un très beau concert, dans le cadre de la magnifique de l'église de Saint Jean d'Angély...moment magique, et je n'ai pas été le seul à me lever pour entourer les artistes d'un tonnerre d'applaudissements.


Toutes ces réponses à la beauté nous sont presque imposées. Il faut que nous réagissions, que nous disions ou fassions quelque chose tellement c'est beau. Nous savons donc tous ce que rencontrer la beauté veut dire, nous savons tous y réagir, d'une façon ou d'une autre...Mais à quand remonte la dernière fois où vous avez associé la beauté à Dieu ?? Et vous êtes vous jamais rendu compte que notre louange, notre adoration (ce que nous vivons par exemple, dans nos cultes) est une réponse à la beauté de Dieu ? Quand nous louons Dieu, nous disons qu'il est digne de notre louange, que celle-ci est notre réponse à ses oeuvres qui sont belles, magnifiques, époustouflantes...Si nous arrivons à prendre réellement conscience de la beauté de Dieu, nous serons amenés à répondre, tout comme nous répondons à la vue d'un paysage magnifique, ou quand le chef d'orchestre pose sa baguette sur son pupitre.


Vous ne pouvez pas plus commander à quelqu'un de louer Dieu que vous ne pouvez le forcer à apprécier d'autres beautés. Est-ce que vous pouvez imaginer dire à une grand-mère qui va voir son petit-fils pour la première fois « bon, c'est simple, écoute moi : quand tu le vois, je veux que des petites larmes coulent et que tu dises 'oh mon Dieu, qu'il est beau !!'. Prête ? On y va ! ». La vie ne fonctionne pas comme ça, et la louange envers Dieu non plus. Nous devons d'abord voir et comprendre Dieu et ses oeuvres. La louange est la réponse qui suit naturellement.
Mais Dieu est grand, plus immense que tout ; ses oeuvres sont nombreuses et variées, et notre louange ne sera donc pas limitée à un type de réponse. Dieu est là, dans le coucher de soleil, dans le nouveau-né que l'on prend dans ses bras, dans l'ami qui est là pour aider, dans l'éclat d'un vieux chêne au bord d'une route... Si nous arrivons à voir la beauté de Dieu dans les différentes circonstances de nos vies, notre réponse, notre louange, va varier.
La louange, c'est donc chanter nos cantiques lors des cultes, c'est la calme prière après la lecture de la Bible dans le secret de nos foyers, mais c'est en fait beaucoup plus que ça...
Mais je voudrais ce matin, que nous nous posions une question. Nous sommes réunis en ce temple, tous ensemble. Beaucoup d'entre nous viennent depuis des décennies...Mais la question que je voudrais poser c'est « qu'est-ce que nous faisons ici au juste ? ». Pourquoi nous sommes-nous donnés la peine de nous lever ?? Quel est le sens de notre présence ? Pour répondre à ces questions, nous allons nous servir de ce Psaume 96 que nous venons de lire, et qui explique en quelques mots ce qui motive nos mouvements de louange.
Pourquoi louer Dieu ? Le psaume 96 donne trois raisons : 1) à cause de la création, 2) à cause du salut et 3) parce que Dieu est incroyable de grandeur et de majesté.
11 Que le ciel se réjouisse, que la terre soit dans l'allégresse, que la mer retentisse avec tout ce qu'elle contient,12 que la campagne et tout ce qui s'y trouve soient en fête, que tous les arbres des forêts poussent des cris de joie
13 devant l'Eternel, car il vient.
Pourquoi louer Dieu ? A cause des fleurs des champs . A cause de la Voie Lactée. A cause des 100 milliards de neurones de votre cerveau. A cause des fourmis. A cause de toutes ces merveilles, parfois grandioses, parfois banales, parfois lointaines parfois toutes proches mais qui toutes participent à l'équilibre et à la beauté de notre monde et de notre vie...Pour tout cela, Dieu est digne de louange.

2 Chantez en l'honneur de l'Eternel, bénissez son nom, annoncez de jour en jour son salut!3 Racontez sa gloire parmi les nations, ses merveilles parmi tous les peuples!

Pourquoi louer Dieu ? Parce que le jour de son salut est venu. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. Pourquoi louer Dieu ? Parce que Dieu n'est pas seulement Créateur, mais aussi sauveur. Parce qu'il nous a inclus dans son alliance de grâce. Pourquoi louer Dieu ? A cause de Noël et de Pâques, la venue du Fils de Dieu et sa résurrection glorieuse, voilà pourquoi.

4 Oui, l'Eternel est grand et digne de recevoir toute louange; il est redoutable, plus que tous les dieux.5 En effet, tous les dieux des peuples ne sont que des faux dieux, alors que l'Eternel a fait le ciel.6 La splendeur et la magnificence sont devant lui, la force et la gloire remplissent son sanctuaire.

Pourquoi louer Dieu ? Parce qu'il est incroyable. Si nous pouvons parffois être fascinés par la beauté de la création, combien bien plus fascinant doit être le pouvoir qui se trouve derrière elle ? S'il est déjà beau de chanter « Saint, Saint, Saint est l'Eternel », imaginez ce que la sainteté de Dieu dans tous son éclat doit être ! Pourquoi louer Dieu ? Parce qu'il est saint, juste, glorieux et fort. Pourquoi louer Dieu ? A cause de la Trinité ; à cause du feu de l'amour divin qui brûle de toute éternité. Pourquoi louer Dieu ? Pour la grâce et la vérité, la miséricorde et la justice, voilà pourquoi.

En fait, je pense que nous pouvons comparer la louange avec ce qui se passe dans un mariage. Dans ce cas, il y a tous ces petits gestes du quotidien : un baiser, une caresse, demander à l'autre comment s'est passé sa journée...Tout cela est banal ; et pas nécessairement marqué par un romantisme passionné. Mais des études ont montré que ces petits rituels contribuent à la santé d'un couple. C'est parce que nous faisons finit par façonner ce que nous sommes. De la même façon, dans la liturgie, nous répétons les mêmes mots, les mêmes gestes dimanche après dimanche, et cela fait de nous des gens plus sensibles à la beauté et à la grandeur de Dieu.
Le psaume 96 nous dit que, d'une certaine façon, les arbres, la mer, la campagne louent Dieu. A combien plus forte raison, l'Eglise doit elle être centrée sur cette tâche car, après tout, seule la louange n'aura jamais de fin. Quand il n'y aura plus de visites aux malades ou aux familles endeuillées parce que la mort aura été vaincue et que toute larme aura été essuyée, la louange continuera. Quand il n'y aura plus besoin de faire de l'évangélisation parce que toute langue aura confessé le Seigneur Jésus, la louange continuera.
Dans le livre de Job, Dieu dit qu'à l'aube de la création, les étoiles chantaient d'allégresse pour lui. Je crois qu'elles le font encore. Nous devrions les rejoindre. La beauté de Dieu appelle cette réponse.

Amen.