mardi 31 décembre 2013

L'Eglise Luthérienne en Poitou 
vous souhaite 
une sainte et heureuse année.

mercredi 25 décembre 2013


L'Eglise Luthérienne en Poitou
vous souhaite un très
JOYEUX NOËL!

JEAN 1:1-18 (NOEL 2013)

1 Au commencement était celui qui est la Parole de Dieu. Il était avec Dieu, il était lui-même Dieu.2 Au commencement, il était avec Dieu. 3 Tout a été créé par lui; rien de ce qui a été créé n'a été créé sans lui. 4 En lui résidait la vie, et cette vie était la lumière des hommes. 5 La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas étouffée.6 Un homme parut, envoyé par Dieu; il s'appelait Jean.7 Il vint pour être un témoin de la lumière, afin que tous les hommes croient par lui.8 Il n'était pas lui-même la lumière, mais sa mission était d'être le témoin de la lumière.9 Celle-ci était la véritable lumière, celle qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain.10 Celui qui est la Parole était déjà dans le monde, puisque le monde a été créé par lui, et pourtant, le monde ne l'a pas reconnu.11 Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas accueilli.12 Certains pourtant l'ont accueilli; ils ont cru en lui. A tous ceux-là, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu 13 Ce n'est pas par une naissance naturelle, ni sous l'impulsion d'un désir, ou encore par la volonté d'un homme, qu'ils le sont devenus; mais c'est de Dieu qu'ils sont nés.
14 Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité! 15 Jean, son témoin, a proclamé publiquement:
---Voici celui dont je vous ai parlé lorsque j'ai dit: Celui qui vient après moi m'a précédé
car il existait déjà avant moi.
16 Nous avons tous été comblés de ses richesses. Il a déversé sur nous une grâce après l'autre. 17 En effet, si la *Loi nous a été donnée par *Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.18 Personne n'a jamais vu Dieu: Dieu, le Fils unique qui vit dans l'intimité du Père, nous l'a révélé.





Chers frères et soeurs en Christ,
chers amis,

Je voudrais vous faire une confidence : je ne suis pas un grand fan de la fête de Noël, de son sentimentalisme de guimauve, de cette frénésie de gens qui, dans des magasins, achètent avec l'argent qu'il se plaignent de ne pas avoir des choses qui ne serviront à rien. Il y a un aspect de la saison que j'aime pourtant : les chants de Noël, chrétiens ou laïques d'ailleurs...
Il y a en anglais une chanson de Noël (chantée par Sinatra) qui dit «I'll be home for Christmas, you can count on it » « je serai à la maison pour Noël, tu peux compter sur moi »
C'est vrai que Noël est souvent un temps de retrouvailles familiales. Quand nous habitions Paris, Dawn et moi apprécions toujours de revenir en Poitou. Pour beaucoup de gens, Noël est une saison qu'on passe à la maison. Peut-être que vous avez dit à des proches « je serai à la maison pour Noël, tu peux compter sur moi ».
Mais en fait, c'est aussi ce que Jésus dit. L'Evangile de Jean décrit Jésus venant dans le monde et dit «  Il est venu chez lui ». Quand Jésus est venu en ce monde, né de la vierge Marie, comme un simple enfant humain, prenant une chair comme la nôtre, alors, à Noël, Jésus est venu chez lui, à la maison.
En effet, Jésus est venu dans un monde qu'il avait créé, pas dans un endroit inconnu dont il n'aurait jamais entendu parler. C'est le monde que le Père a créé par le Fils, notre monde. En Colossiens, Paul dit : « Car c'est en lui que les choses visibles comme les invisibles, dans le ciel et sur terre, ont toutes été créées : trônes et seigneuries, autorités, puissances. Oui, par lui et pour lui tout a été créé. »
Jésus est venu dans le monde qu'il avait créé. Un monde auquel le Père avait promis d'envoyer un Sauveur, et c'est pour cela que Jésus a dit « je serai à la maison pour Noël, vous pouvez compter sur moi ».

Et il est venu chez les siens. Les siens, c'est tout d'abord le peuple élu, le peuple d'Israël. Jésus est né de la lignée de David. Jésus est venu chez les siens, mais Jean nous dit aussi que « les siens ne l'ont pas reçu ». Et, au delà du peuple d'Israël, c'est bien toute l'humanité pécheresse qui l'a rejeté. Paul décrit ainsi les réactions à l'Evangile « Les Juifs crient au scandale. Les Grecs les païens, à l'absurdité. » (1 Co 1.23)

Qu'est-ce que vous penseriez si, en arrivant chez vous pour Noël, vous trouviez porte close? Si on lâchait les chiens sur vous ? Comment vous sentiriez-vous si vous arriviez les bras chargés de cadeaux et qu'on vous mette dehors ?
Rappelez vous l'histoire de Noël : même dans l'auberge de Bethléem, il n'y avait pas de place pour Jésus et sa mère a dû accoucher dans l'étable. Et puis le roi Hérode a envoyé ses escadrons de la mort pour tuer celui qui devait être le vrai roi des Juifs. Et puis, tout au long de son ministère, Jésus a été moqué, rejeté, insulté, calomnié par tous ceux qui étaient bien sûr convaincus qu'ils n'avaient pas besoin d'un Sauveur et que leurs propres oeuvres leur permettaient de gagner la faveur de Dieu. D'ailleurs, quand Jésus a prêché dans sa propre ville, les gens ont été tellement furieux de son message qu'il ont cherché à le jeter d'une falaise.

Jésus a dit « je serai à la maison pour Noël, vous pouvez compter sur moi » et il n'a pas été reçu. Nous aussi, nous claquons souvent la porte au nez de Jésus. Nos coeurs sont comme des auberges trop pleines où il n'y a pas de place pour lui ou des escadrons de la mort cherchant à tout prix à le faire taire. Dans notre péché, nous avons rejeté Jésus quand il est venu à la maison pour être avec nous.

Et vous savez quoi ? C'est exactement pour cela que cela est venu. Parce qu'il savait qu'il y a avait de gros,  de dramatiques problèmes à la maison. Et, malgré le rejet, Christ ne s'est laissé arrêter par rien. Ni l'étable puante de Bethléem, ni les escadrons de la mort, ni les foules mauvaises et les leaders religieux hostiles n'ont pu empêcher d'accomplir sa mission, de venir chez lui pour sauver son peuple. Et même si nous rejetons Jésus, que ce soit par indifférence ou révolte, il ne s'en ira pas, il ne vous abandonnera pas à votre triste sort. Il est venu avec les bras chargés de pardon et de guérison. Il est venu pour vous purifier de toutes vos fautes pour que vous puissiez vous approcher du Père sans crainte. Il est venu pour vous ramener dans la famille.
Voilà pourquoi il vous dit « tu seras à la maison pour Noël, tu peux compter sur moi »

Même si nous le rejetons, Jésus vient quand même ; il veut venir dans votre vie pour changer votre coeur, changer votre futur, pour que vous puissiez être à la maison pour Noël, pour que vous soyez à la maison avec lui pour la vie éternelle.

Oui, votre péché vous sépare de Dieu ; oui il vous mène au jugement et à la destruction. Mais Jésus est venu pour vous ramener à la maison, avec le Père. Pour vous donner la vie éternelle. Et pour cela, il suffit de croire en lui. C'est le cadeau de Noël : il suffit de l'accepter. Et si vous l'avez accepté depuis des années, c'est peut-être aujourd'hui l'occasion de vous souvenir de son caractère merveilleux.

C'est ce que Jean dit au verset 12 «  A tous ceux qui ont cru en lui, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu ». On dit que Noël est la fête des enfants, mais si Jésus est venu, c'est pour que nous puissions être enfants de Dieu, simplement en croyant en lui.
Jésus n'est pas dégoûté par nos coeurs si sales et remplis de péché. Il y entre et y fait naître la foi, pour y abattre les portes fermées, les barricades que nous mettons sur ce chemin. Il le fait pour que nous puissions le recevoir, le connaître, et mettre notre confiance en lui.

Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous (v.14)
Jésus a pris chair humaine, il est devenu l'un de nous. Rien ne l'y obligeait. Il savait ce à quoi il serait exposé, il savait vers quoi son chemin le menait : vers la croix ; et pourtant il est venu pour ouvrir les portes fermées, abattre les barrières, pour nous donner la foi et pour que nous puissions vivre avec lui pour toujours.
Mais en attendant ce moment où il n'y aura plus ni larmes ni douleurs, alors que nous marchons dans ce monde dont les ténèbres ne sont pas dissipées par les lumières de Noël, nous pouvons nous réjouir que Christ est encore avec nous. Il est avec nous et, parce qu'il a été semblable en tout à part le péché, il peut comprendre nos luttes, nos doutes, nos tristesses, nos échecs, nos épreuves. « En effet, nous n'avons pas un grand-prêtre qui serait incapable de se sentir touché par nos faiblesses. Au contraire, il a été tenté en tous points comme nous le sommes, mais sans commettre de péché. Approchons-nous donc du trône du Dieu de grâce avec une pleine assurance. Là, Dieu nous accordera sa bonté et nous donnera sa grâce pour que nous soyons secourus au bon moment. »
tenté ici veut dire aussi éprouvé : vous sentez vous seul, il l'a été. Rejeté ? Il l'a été, etc, etc...

Cela aussi c'est un aspect de ce que Noël, la naissance de Christ parmi nous, a permis. Nous pouvons encore aujourd'hui nous approcher du trône de la grâce pour recevoir pardon, force et secours. Jésus est encore ici parmi nous, il nous l'a promis.
Et Jean nous dit que Jésus est « plein de grâce et de vérité ».
La grâce et la vérité ; voilà aussi deux beaux cadeaux. La grâce qui nous est tellement étrangère, tant nous sommes habitués à tout gagner, à tout mériter. Mais en Jésus, par grâce, Dieu nous amène dans une nouvelle dimension : non plus celle du mérite, de la récompense, mais du don gratuit. La vérité aussi. Il y a tellement de mensonges autour de nous. Oh, bien sûr, les vérités que nous annoncent l'Ecriture quant à notre condition peuvent nous apparaître peu plaisantes : dire que nous sommes de pauvres pécheurs enclins au mal et incapable de mériter autre chose que condamnation de Dieu : voilà qui ne paraît guère éclairé et capable d'attirer le chaland. Et pourtant cette vérité qui abat l'idole de l'humanisme, nous devons l'accepter pour comprendre l'immensité de celle qui l'accompagne : Jésus nous aime malgré notre péché, malgré notre rébellion et il est venu pour nous ramener à la maison du Père.

Il est là pour Noël et jusqu'à la fin du monde, il est là plein de grâce et de vérité.

Amen.

mardi 24 décembre 2013

Esaïe 9.6 (veillée de Noël)

Chers frères et soeurs en Christ,
chers amis,

Une majorité de français considère que la fête de Noël a été détournée de son vrai sens. Ceci dit, comme on ne sait pas ce qu'est ce « vrai sens » pour eux, il vaut sans doute mieux laisser filer. Au delà du consumérisme, des appels à la générosité et Noël est le temps où les chrétiens célèbrent la naissance de Jésus-Christ. C'est cela le vrai et seul sens de Noël, le reste n'est que rajout. Mais pour comprendre ce sens, il faut comprendre qui est Jésus, né de la vierge Marie il y a 2000 ans, à Bethléem. Et, dans un texte que nous avons lu ce soir, le prophète Esaïe (qui a annoncé la naissance du Sauveur 7 siècles avant le premier Noël) nous aide à comprendre en donnant à Jésus 4 noms, 4 titres qui nous font mieux saisir qui il est :

En effet, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule; on l'appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. ESAIE 9:6

Le premier des titres de Jésus, c'est « merveilleux conseiller ». Il y a beaucoup de conseillers aujourd'hui. Les chefs d'Etat en ont. Mais même le commun des mortels a dorénavant à sa banque un « conseiller financier » qui le guide dans la gestion de ses comptes. On peut faire appel à un conseiller juridique. Certains couples ont recours à un conseiller conjugal. Et puis, tout simplement, quand on se retrouve dans un situation compliquée, il est bon de pouvoir demander conseil à des amis, des parents. Mais tous ces conseillers là restent des humains, faillibles, avec une vision limitée. C'est pour cela que Jésus est un « conseiller merveilleux » : il est venu pour nous conseiller, nous guider de façon parfaite. Il est venu nous parler du Père et de la façon dont nous pouvons mener notre existence avec une sagesse qui vient d'en haut. Cette sagesse, il la donnera à tous ceux qui la lui demandent, à ceux qui cherchent sincèrement. En Colossiens 2:3, nous lisons qu'en Jésus « se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. ». Avez-vous besoin de sagesse, de connaissance ? Allez à Jésus, le merveilleux conseiller, écoutez sa Parole dans la Sainte Bible : c'est là un guide sûr qui n'a jamais déçu personne. Mais ici, il est essentiel de souligner une chose. La sagesse de Jésus n'est pas seulement une sagesse qui mène dans la vie (même si c'est déjà merveilleux !!), mais aussi une sagesse qui mène à la vie, la vraie vie, la vie éternelle que Dieu promet à tous ceux qui croient en son Fils. Quelle folie que de se priver de cette sagesse !

Le deuxième nom de Jésus est : « Dieu puissant ». C'est ainsi que les chrétiens vivent cette fête de Noël. C'est bien pour cela que l'Eglise se réjouit ce soir. Parce que nous croyons, comme l'affirment les Ecritures, qu'à Bethléem, Dieu s'est fait homme, qu'il a pris forme humaine en naissant de la vierge Marie. Certains disent que le christianisme serait plus simple à accepter si l'on cessait de dire que Jésus était totalement Dieu et totalement homme. Ne pourrait-on pas trouver quelque chose de plus attractif, le voir comme un grand maître spirituel par exemple ? Le problème est que Jésus ne nous a jamais laissé ce choix : il a toujours affirmé son identité divine. Il a toujours dit être venu nous révéler le Père et être le Sauveur du monde.
Et c'est là quelque chose d'essentiel. Souvent les gens se font de Dieu (quand ils y croient) l'image d'une force assez impersonnelle qui régnerait dans les nuages et se soucierait bien peu de nous. Mais Noël nous dit que Dieu est venu vers nous, qu'il est venu partager notre humaine condition, qu'il est venu nous secourir et qu'il n'est pas resté indifférent. Noël nous parle d'un Dieu qui nous aime et qui ne nous abandonne pas, un Dieu qui veut que nous le connaissions, que nous connaissions son amour et sa grâce et qui envoie son Fils vers un monde qu'il a tant aimé. Un Dieu puissant qui s'est fait petit enfant pour venir au plus près de nous, par grâce.

Le troisième nom est «  Père éternel ». L'enfant qui devait naître, le Sauveur promis, serait un père... Est-ce que ça veut dire, par exemple, que Le Père et son fils Jésus sont indistincts ? Non, ce n'est pas ça dont il est question. En fait, on pourrait traduire l'hébreu par « père de l'éternité » ou « père de ce qui est éternel » (père au sens de « source »). Jésus est éternel, c'est ce qu'affirme le Nouveau Testament. La Bible nous enseigne que « Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui, et pour toujours. » (Héb 13:8)
Vous voyez, une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens aiment Noël, c'est que cette fête représente une certaine tradition dans un monde très mouvant. Nous vivons dans une société qui change, qui change constamment et pas qu'en bien. Un monde où le temporaire l'emporte et où il nous faut toujours courir après de nouvelles choses pour remplacer ce qui vient juste de s'envoler. C'est l'obsolescence programmée de tout, et pas seulement des téléphones portables. Peut-être que vous ressentez que tout ça ne peut vraiment apporter le bonheur, parce qu'il n'y a aucune fondation durable. Peut-être que vous vous rendez compte qu'il nous faut gagner une perspective éternelle sur le monde et sur nous-mêmes. C'est là que Christ peut et veut nous aider (et cela rejoint ce que nous avons dit sur sagesse). Ne gâchez pas votre vie à courir après le vent : recherchez ce qui est éternel et que seul Jésus peut vous donner. C'est lui qui est le « père de l'éternité » parce que lui seul peut vous donner la vie éternelle : Oui, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui mettent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu'ils aient la vie éternelle. (Jean 3:16)

Enfin ; Esaïe donne à Jésus le nom de Prince de la paix :
Quelle belle chose que la paix : la paix entre peuples bien sûr, mais aussi se sentir en paix avec soi-même, dans son existence. Qui n'en a pas envie ? Et c'est un des grands thèmes de Noël. L'annonce de la naissance de Jésus par les anges a été accompagnée de ce cri glorieux « paix sur la terre »
Jésus était la paix et il nous a apporté la paix. L'apôtre Paul dit « Ainsi il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches. » (Eph 2:17). Le même Paul nous enseigne que Jésus a fait la paix par le sang de sa croix. Vous voyez, Jésus est né à Bethléem pour être notre Sauveur, et ce salut il l'a acquis à la croix, où il a pris sur lui la condamnation qui pesait sur nous. Il nous suffit de croire en lui pour être réconciliés avec Dieu et pardonnés, pour avoir la paix avec Dieu, qui nous permettra aussi d'être en paix avec les autres et avec nous-mêmes.

La sagesse que donne Jésus, sa puissance divine de salut, la vie éternelle qu'il offre à ceux croient en lui, la paix qu'il nous apporte nous disent ce qui s'est vraiment joué lors du premier Noël. Ce sont aussi les cadeaux que Dieu veut nous faire. Voulez vous les saisir par la foi ce soir ?

dimanche 22 décembre 2013

Cultes de Noël






EGLISE LUTHERIENNE EN POITOU

auront lieu au temple de Prailles:

Veillée de Noël le 24 décembre à 18h

Culte du matin de Noël le 25 décembre à 10h30

cordiale invitation à tous!


Histoires de grâce dans la généalogie de Jésus (III. Ruth)



Chers frères et soeurs en Christ,
chers amis,

Nous terminons aujourd'hui notre série de prédications « Histoires de grâce dans la généalogie de Jésus », basée sur la vie de trois femmes qui figurent dans la généalogie de Matthieu. Aujourd'hui, nous allons nous pencher sur le cas de Ruth la Moabite. Ruth a donné son nom à un livre de l'AT, le livre de Ruth. C'est un livre court, 4 chapitres, plutôt le format d'une nouvelle. En fait, quelqu'un a même dit que le livre de Ruth était la plus belle nouvelle jamais écrite. Certains aiment le livre de Ruth parce qu'il contient une belle histoire d'amour, la rencontre entre Ruth et celui qui deviendra son mari : Boaz. Mais ce n'est pas tout ce qu'il y a dans ce livre. Il y a aussi un côté très sombre. Le livre de Ruth, c'est la petite histoire de petites gens. C'est l'histoire d'une seule famille (pas celle de tout le peuple d'Israël).
Le premier verset nous dit que « A l’époque des juges, il y eut une famine dans le pays. Un homme de Bethléhem de Juda partit avec sa femme et ses deux fils s’installer dans le pays de Moab. 2 Le nom de cet homme était Elimélec, celui de sa femme Naomi, et ses deux fils s'appelaient Machlon et Kiljon ». Vous voyez, une petite famille, venue d'une petite ville. Ces gens ont faim, et ils quittent leur pays pour s'installer dans celui de Moab.
C'est donc l'époque des Juges, que vous pouvez connaître en lisant le livre qui porte ce nom. La semaine dernière, avec Rahab de Jéricho, nous avons eu une idée du livre de Josué, qui raconte la grandeur de la conquête du pays promis grâce à la puissance que Dieu déploie. Le livre des Juges lui, raconte la profondeur de la décadence et de l'échec du peuple de Dieu. Très vite, le peuple se détourne de Dieu, il l'oublie. Et les résultats se font naturellement sentir très vite : une décadence spirituelle, morale et sociale complète. Il y a un triste refrain qui revient constamment dans le livre des Juges : « chacun faisait ce qu'il voulait » (ça vous rappelle quelque chose??)
Et dans ces tristes circonstances, le livre de Ruth offre un plan resserré sur une famille, ce qui nous permet peut-être de plus nous identifier à ce qui arrive. Ruth, c'est l'histoire de gens (deux femmes surtout) qui vont voir Dieu agir dans leurs vies mais qui n'ont aucune idée de la façon dont il va s'en servir sur le long terme. Et je crois que ce livre peut aussi nous aider à prendre conscience de l'action de la providence de Dieu dans notre vie.

Nous avons donc un homme, Elimélec, qui quitte son village de Bethléem à cause d'un famine. Une famine. Une famine dans le pays où coulaient le lait et le miel. Une famine à Bethléem « la maison du pain ». Cette famine, elle résulte du châtiment de Dieu dont Dieu avait prévenu son peuple en cas d'infidélité « Si malgré cela vous ne m'écoutez pas encore, je vous infligerai, pour vos péchés, une correction sept fois plus grande.19 Je briserai la force dont vous vous enorgueillissez; je rendrai le ciel au-dessus de vous dur comme du fer, et votre terre comme du bronze.20 Vous épuiserez vos forces en vains efforts; vos terres ne produiront plus rien et les vergers ne porteront plus de fruit. » (Lév 26:18-20).
Cependant, Dieu doit dans sa bonté limiter la rudesse du châtiment, puisqu' Elimélec est « dans l'abondance » (v.21) quand il part. Il faut donc croire qu'il cherche à préserver sa fortune et ses biens en faisant cela. Et cela démontre qu' Elimélec est un homme infidèle, et cette infidélité va amener la ruine sur sa famille. Plutôt que de rester dans le pays que Dieu a donné à son peuple, plutôt que de vivre fidèlement devant le Seigneur en comptant sur lui pour pourvoir, Elimélec prend les rênes de sa vie et s'en va chez les Moabites, un peuple idôlatre, dans les Israélites devaient absolument se séparer
Et pourtant, c'est vers ce peuple marqué par l'interdit qu'Elimélec s'en va. Remarquez qu'il y va d'abord « pour séjourner ». C'est temporaire, du moins, c'est prévu comme ça. Mais manifestement, le « temporaire » est deenu définitif : la famille a fini par s'installer dans le pays de Moab, à tel point que les deux fils d'Elimélek et de Naomi ont fini par épouser deux moabites (contrairement aux commandements de Dieu)
Il y a là un avertissement pour nous. Elimélek refuse de placer sa confiance en Dieu et il prend son destin en main, il part d'abord pour un temps chez les Moabites, et puis il y demeure, et puis sa famille toute entière est contaminée par l'esprit dégénéré du lieu. Mes frères, que cela nous serve de leçon : les petits compromis mènent au grandes compromissions et les grandes compromissions mènent à la décadence qui s'achève par la ruine spirituelle.
Je peux vous en donner des exemples, vécus
il y a le cas classique de ces jeunes chrétiens qui vont à la fac et qui n'arrivent pas à résister à la « culture » ambiante. Alors, pour ne pas passer pour un(e) coincé(e), on s'adapte. Un peu, beaucoup, et puis la foi finit par être étouffée.
Je pense aussi à ce couple chrétien (ce n'était pas en France). Le mari gagnait bien sa vie, mais il en fallait plus (pour les vacances, la nouvelle télé) alors elle a commencé à travailler. Et comme de nos jours, dans beaucoup d'emplois, on ramène du travail à la maison le week-end, on a commencé à ne plus aller au culte, et puis la prière familiale a été négligée (parce qu'on avait pas le temps!) et là aussi la foi et la consécration se sont éteintes. Le couple a divorcé quelques années après, parce qu'il n'avait plus les bases spirituelles qui protègent les familles qui marchent sous le regard de Dieu.
Mes amis, nous devrions toujours prendre garde à notre température spirituelle. Ne sommes-nous pas en train de nous refroidir ? Est-ce que nous prenons bien garde à nous nourrir spirituellement dans le culte communautaire et la lecture de la Bible, dans la prière ? Nous pouvons rapidement dévier. Nous pouvons rapidement passer de Bethléem au pays de Moab, et cela finit toujours en catastrophe.
C'est ce qui est arrivé à la famille d'Elimélec, dont l'exemple est pour nous un avertissement solennel. Tout d'abord, Elimélec meurt, sans doute assez rapidement. Puis, au bout d'une dizaine d'années, ce sont ses deux fils qui décèdent à leur tour, sans laisser d'enfants. v.5 « et Naomi resta seule, privée à la fois de ses deux fils et de son mari. »

C'est une situation très sombre, dramatique. Nous l'avons déjà vu, se retrouver veuve sans soutien familial, c'était un sort terrible à l'époque. C'était le temps des Juges où chacun faisait ce qui lui semblait bon, mais cela ne dure jamais qu'un temps. Le plan de la famille d'Elimélec pouvait avoir une apparence de sagesse, mais comme tout ce qui n'est pas bâti sur Dieu, il s'effondre. Le mari meurt, puis les deux fils sans qu'en dix ans ils aient pu concevoir un enfant. Il est bien sûr révoltant de dire que toute maladie ou tout problème physique est le fruit d'une punition divine, mais dans ce cas précis, il est difficile d'en douter.
Naomi n'a plus rien. Elle décide alors de retourner en Israël, mais à vide cette fois. Ces deux belles-filles l'accompagnent, mais Naomi les renvoie (v.8) : «Allez-y, retournez chacune dans la famille de votre mère! Que l'Eternel agisse avec bonté envers vous, comme vous l'avez fait envers ceux qui sont morts et envers moi! 9 Que l'Eternel fasse trouver à chacune du repos dans la maison d'un mari!»
Finalement, Orpa fait le choix de rentrer chez elle. Mais Ruth, elle, reste avec sa belle-mère, même si cela veut dire s'installer dans la pauvreté dans un pays étranger où elle serait toujours une Moabite aux yeux des gens : «Ne me pousse pas à te laisser, à repartir loin de toi! Où tu iras j'irai, où tu habiteras j'habiterai; ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu; 17 où tu mourras je mourrai et j'y serai enterrée. Que l'Eternel me traite avec la plus grande sévérité si autre chose que la mort me sépare de toi!» 18 La voyant décidée à l’accompagner, Naomi cessa d'insister auprès d'elle.
C'est la première lumière qui apparaît dans ce sombre tableau : Naomi a compris que l'Eternel est le seul vrai dieu et elle s'est détournée de la fausse religion de son peuple. C'est une conversion bien improbable, tant le témoignage de la famille de Naomi ne devait quand même pas avoir beaucoup de force, mais l'Esprit de Dieu souffle où il veut et quand il veut, et dans sa providence, Dieu avait un plan pour Ruth. Elle ne le savait pas encore, elle ne réaliserait sans doute jamais la portée de ce plan, mais l'important est que Dieu agissait.

Finalement, Naomi et Ruth arrivent à Bethléem. Et en les voyant arriver, les gens se disent « hé ! On dirait Naomi ?? Oh,mon Dieu, c'est Naomi »
Mais la vie de Naomi a pris un tour bien triste, alors elle dit
«Ne m'appelez pas Naomi (nom qui veut dire beauté, douceur), appelez-moi Mara (qui veut dire amertume) , car le Tout-Puissant m'a remplie d'amertume. 21 J'étais dans l'abondance à mon départ et l'Eternel me ramène les mains vides. Pourquoi m'appelleriez-vous Naomi, après que l'Eternel s'est prononcé contre moi, après que le Tout-Puissant a provoqué mon malheur?»
Vous voyez, Naomi attribue tout ce qui lui est arrivé à Dieu (et le livre ne dit jamais qu'elle a tort, même si elle oublie de reconnaître la désobéissance première dont tout le reste a découlé). Ne m'appelez plus douceur, mais appelez-moi amertume.
Je crois que c'est la grande question du livre de Ruth : est-ce que l'amertume de la Providence divine est le dernier mot de Dieu ? Est-ce que je peux aimer et faire confiance en un Dieu qui ne nous épargne pas ?

Pour commencer à répondre à cette question, nous devons d'abord nous rendre compte que Dieu n'abandonne pas Naomi :

  • il lui donne Ruth (dont les femmes de Bethléem lui diront qu'elle vaut mieux pour elle que sept fils). C'est Ruth qui reste avec Naomi, qui fournit au foyer de quoi vivre en allant ramasser ce que les moissonneurs avaient laissé dans les champs (ce qu'on appelle le droit de glanage, prévue dans la loi de Moïse pour les pauvres -Lv 19.9-10). Première grâce de Dieu
  • Boaz : membre de la famille de Naomi, homme riche et pieux. Il dispose de ce que l'on appelle le « droit de rachat » [quand le proche parent d'un défunt possède le droit de rachat sur ses terres, le devoir d'épouser la veuve du défunt laissée sans descendance et la possibilité de racheter un parent tombé en esclavage). Et Boaz, contrairement à beaucoup d'hommes de cette époque ne va pas fuir cette responsabilité. Chap. 2 raconte la rencontre entre Ruth et Naomi et prend immédiatement soin d'elle. Et là encore, dans sa grâce, Dieu prend soin de Naomi qui avait quitté Moab sans rien. Tout d'abord Boaz montre une grande bonté envers les deux femmes et puis il prend Ruth pour épouse. Dieu remplit la vie de Naomi restaure vie et espoir dans la famille de Naomi et c'est Dieu qui fait cela. Dieu n'abandonne pas Naomi, il ne l'a jamais fait
  • Naomi a le Seigneur. Quand elle est revenue, elle a dit «  l'Eternel me ramène les mains vides. » Mais à la fin du livre, les femmes du village lui disent « Béni soit l’Éternel, qui ne t’a pas laissé manquer aujourd’hui d’un homme qui ait le droit de rachat ! ». Car enfin, c'est Dieu qui avait placé Boaz là, qui lui avait donné un coeur bon et les moyens d'agir !

Naomi disait « ma vie est vide, vide ». Est-ce que vous avez connu dans votre vie un moment où votre peur, votre douleur, votre colère vous ont fait vivre dans l'hyperbole, dans ces moments où l'on emploie des expressions comme « ça me tue », « je suis fichu, je suis fini », « c'est foutu ». IL N'Y A PLUS D'ESPOIR !!
C'est ce que Naomi pensait. Quand elle est revenue à Bethléem, elle disait que Dieu l'avait éprouvée (et c'est vrai) mais cela n'empêchait pas le Seigneur, au milieu d'une providence parfois aride et cruelle, d'agir dans sa grâce et ne jamais la délaisser.

Frères et soeurs, je crois que le premier but de ce livre est de nous dire « regardez quel Dieu vous avez ! Vous allez avoir besoin de ce Dieu et si vous ne le connaissez pas, vous devez le connaître et l'aimer car vous allez avoir besoin de lui »

Aussi étrange et choquant que cela puisse paraître, au milieu de toutes les épreuves de Naomi, Dieu avait un plan parfait et il l'a accompli. Rappelez vous, c'est l'époque des Juges, et au milieu de cette période de ténèbres la grâce de Dieu était à l'oeuvre dans la vie d'une toute petite famille, dans ses tragédies, pour en faire sortir quelque chose d'infiniment beau, et même de glorieux puisque Boaz et Ruth allaient devenir des ancêtres de Jésus (qui est né à Bethléem « à cause d'eux »).
Naomi a dû attendre 15 ans pour saisir (en toute petite partie) ce que Dieu accomplissait au milieu de ses épreuves. Sommes-nous prêts à attendre aussi longtemps, à attendre peut-être jusqu'au moment où nous serons devant le père ? Sommes-nous surtout prêts à croire, au milieu des providences amères, que Dieu est à l'oeuvre dans nos vies et qu'il y accomplit un plan parfait et souverain, pour sa gloire et notre bien ?

Un dernier point que je voulais soulever avec vous est la façon dont le livre de Ruth nous parle de Jésus-Christ :

Ruth est un type, une préfiguration: quand Naomi a le coeur brisé, quand elle se sent finie, pourtant Ruth reste avec elle et ne l'abandonne pas. Ruth nous rappelle que c'est Christ qui est venu vers nous et qui a choisi de rester avec nous et de ne jamais nous lâcher « tu seras mien, je vais être avec toi, je vais pourvoir à tes besoins » Commet Ruth, Jésus nous dit : Là où tu iras, j'irai. Il nous dit en Jean 10 « nul ne les arrachera jamais de ma main ».
Boaz aussi est (de façon très importante) un « type » de Jésus : il a le droit de rachat. Ruth n'a aucun pouvoir, aucune dignité et pourtant Boaz va la racheter en payant une grosse somme. Et nous aussi pécheurs et condamnés, nous avons été rachetés « «non par des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache» (1 Pierre 1 :18-19)
Tout comme Boaz a racheté Ruth et l'a épousée, Jésus nous a rachetés et unis à lui.

Que ce soit pour nous la vraie lumière de cet Avent : Dieu n'abandonne pas son peuple dans les temps sombres, bien plus, il a donné son Fils pour être notre Rédempteur et que nous vivions pour toujours avec lui.
Dieu est toujours à l'oeuvre : c'est la grâce
Dieu pardonne toujours : c'est la grâce
Dieu peut toujours transformer : c'est la grâce
Parce qu'il est le Dieu de grâce. Le Dieu de Ruth, de Tamar, de Rahab. Jésus est son nom.

jeudi 19 décembre 2013