lundi 26 novembre 2007

Dernier dimanche de l’année liturgique : Matthieu 24, 36-44

C’est aujourd’hui le dernier dimanche du temps de l’Eglise. Une période de l’année qui prend des airs de fin du monde, avec ses passages bibliques évoquant le jugement des nations et la présence glorieuse de Dieu… Et nous voici ce matin dans le cercle intime des disciples, à poser les mêmes questions : Seigneur, dis-nous comment les choses se passeront ! Jésus soulève alors un coin du voile ; il parle des signes de la fin. Il annonce son retour. Il nous donne rendez-vous.
Frères et sœurs, réglez bien vos montres, car Jésus reviendra
- mais personne ne sait quand
- mais à contretemps
- alors soyons vigilants !


I
Cette histoire commence comme une réunion qui s’éternise.
Quelqu’un demande : - cela ne devait pas se terminer à 21 heures ?
Un autre répond : - si ! mais on n’a pas précisé le mois ni l’année !
C’est une blague pour dire que la réunion durera le temps nécessaire, même si l’ordre du jour précise une heure où chacun, normalement, devait rentrer chez soi. Je peux témoigner que généralement, cette blague fait plutôt rire jaune… Que dit Jésus ? Je reviendrai, mais « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, mais le Père seul ».
Alors !? Méchante blague au peuple des croyants ? Un peu comme s'il disait : réglez vos montres, mais j’enlève les aiguilles ? Bien plus : n'est-ce pas la meilleure manière d'endormir notre vigilance ?
En réalité, c'est l'inverse. Pour en être sûr, rappelez-vous peut-être… votre adolescence, quand vous sortiez le samedi soir et que vous disiez à votre mère : ne t’inquiète pas ! Que faisait-elle ? Je peux vous dire que la mienne, elle ne fermait pas l’œil de la nuit ! Elle savait que je devais rentrer ; elle ne connaissait pas le moment exact, alors elle attendait. Et quand enfin son gamin faisait grincer les escaliers et montait se coucher, elle pouvait s’endormir…
Jésus voudrait que chaque croyant attende son retour comme si c'était pour cette nuit. Pensez aussi à la façon dont vous avez peut-être attendu votre fiancé(e) avant chaque rendez-vous ; l’excitation, la joie qui vous animaient… Jésus, pareillement, voudrait que notre vie chrétienne se passe dans la joie de son retour, avec cet amour qui nous fait tant le désirer et le voir.
Vous savez que bien des sectes ont annoncé la venue du Christ avec une précision qu’elles pensaient pouvoir trouver dans les Ecritures… Jésus ne nous demande pas de chercher à deviner le jour de son retour ; personne ne peut le faire, quoi qu’en disent les faux prophètes. Par contre, il voudrait que l’agenda de nos vies comporte deux remarques importantes : il reviendra sûrement, et il reviendra bientôt. Nous a-t-il déjà menti ? Pouvons-nous, ne serait-ce qu’une fois, le prendre en défaut ; lui dire : cela, Jésus, tu l’as annoncé et ce n’est pas arrivé ?
Bientôt, nous fêterons Noël. Aussi sûrement qu'il est né autrefois à Bethlehem, aussi sûrement, il déchirera le ciel et il reviendra. Peu de gens attendaient le Messie il y a deux mille ans ; mais les prophéties se sont quand même accomplies. A la fin des temps, « la foi du plus grand nombre se refroidira », annonce la Bible ; peu importe : il reviendra.
Bien plus : il reviendra bientôt. Mais voici un « bientôt » qui nous gène beaucoup. Vous connaissez cette autre blague que se racontent les enfants : quel est le mot le plus long de la langue française ? Alors vous réfléchissez… Vous pensez à « anticonstitutionnellement » ou un autre phénomène linguistique du même genre… Eh bien pas du tout ! La réponse, c’est « élastique », parce qu’il s’étire !
Frères et sœurs, le mot le plus long de la Bible, c’est « bientôt » (il reviendra « bientôt ») parce que ce bientôt s’étire depuis 2000 ans ! Mais Jésus n’est pas lié au temps comme nous le sommes… Un psaume dit même que pour Dieu, « mille ans sont comme un jour ». Rappelez-vous : la première mention du temps dans la Bible vient avec la mort. Dieu dit à l’homme : « Le jour où tu mangeras de cet arbre, tu mourras ». C’est quand le péché est entré dans le monde que Dieu a commencé à parler au futur ; quand il a fallu annoncer la venue d’un rédempteur… Il semble donc normal que ce monde de souffrance connaisse un terme – et que ce terme soit fixé- puisque sa nature même le lie au temps qui passe....
De ce point de vue, le « bientôt » quelque peu atemporel du Seigneur apparaît bien adapté à sa promesse ! C’est pourquoi vivons à l'heure du Christ en marquant sur nos agendas ces deux repères : il revient bientôt et il revient sûrement.


II
Frères et sœurs, réglez bien vos montres, car Jésus reviendra - mais personne ne sait quand. Sachons aussi que ce sera à contretemps.
Arriver « à contretemps », cela veut dire « comme un cheveu sur la soupe », « comme un chien dans un jeu de quilles ». Bref, le temps semble mal choisi ; en tout cas il surprend. Attention, dit Jésus, le jugement viendra subitement, au moment où vous n’y pensiez pas… Et pour bien comprendre, il rappelle l’histoire d’un autre jugement, et ses circonstances :
« Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l'avènement du Fils de l'homme. Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu'à ce que le déluge vînt et les emportât tous ; il en sera de même à l'avènement du Fils de l'homme ». Terrible leçon que l’histoire de Noé et du déluge !
Vous direz peut-être : n’y a-t-il pas une contradiction dans le discours de Jésus ? Il parle des signes de la fin des temps, mais il dit que personne ne peut connaître le moment exact où cela se produira !
Mais regardez autour de vous ! Des signes comme les catastrophes naturelles, les dérèglements climatiques, la prolifération de l’arme nucléaire sont des repères pour ceux qui ont des oreilles pour entendre et un coeur croyant pour comprendre. Le monde voit aussi ces signes ; pourtant, « il regarde sans voir » comme dit la Bible, il a comme un voile devant les yeux. Bien sûr, dans le domaine de l’écologie notamment, il entreprend des réformes avec plus ou moins de succès. Chaque hiver également, notre société est capable de magnifiques élans de solidarité envers les plus démunis. Il faut le souligner et surtout ne pas le minimiser : l’Eglise n’a pas le monopole de la charité, Dieu merci ! Mais que montre l’expérience ? Les efforts de quelques-uns se heurtent toujours à l’égoïsme ou à l’indifférence du plus grand nombre. Il y a des catastrophes que l’on évite de justesse, mais beaucoup (trop) font sans cesse la une de nos journaux … Le monde ne peut trouver en lui-même les ressources de son salut. Il se construit sa propre morale et ses valeurs changent selon les époques. Les avertissements de l'Evangile sont relativisés, quand ils ne sont pas tout simplement ignorés. Les chrétiens – quand ils osent tenir tête à l’air du temps - sont taxés de personnes rétrogrades… de rêveurs, comme il y en a toujours eu dans l'histoire de ce monde.
Il en sera donc, à l'approche de la fin, comme au temps du déluge. Les gens regardaient le père Noé comme un original un peu fêlé, qui construisait un bateau au sommet d’une montagne. Eux construisaient des maisons solides pour y abriter leurs enfants. Et pourtant, dans ce monde qu'on croyait si stable et dans lequel rien ne devait jamais être bousculé, le déluge vint - selon la parole que l'Eternel avait dite - et les emporta tous. Sauf Noé et sa famille.
Jésus semble donc nous dire : Attention, vous qui connaissez l'histoire de Noé, prenez-en de la graine ! Réglez vos montres à l'heure de ce patriarche et ne vous laissez par endormir !
Bien sûr, ce monde fait de grands projets : les politiques construisent l'Europe. Les conférences mondiales travaillent activement pour la paix. De nouvelles découvertes ajouteront encore au confort de nos vies. La médecine fait reculer la maladie et même la mort. De nouvelles techniques étonnantes se multiplient et ainsi la roue tourne, mais je reviendrai, nous dit le Christ, à un moment ou personne ne m’attend. Il ne faut donc pas que la routine des jours qui passent vous endorme. Ne vous laissez pas abuser par les apparences ! Oui, je reviendrai - mais personne ne sait quand - mais à contretemps - alors soyez vigilants ! C’est le dernier point de cette méditation…


III
« Vigilant » ! Le mot vient de « veiller », c'est-à-dire s’abstenir de dormir. Le veilleur fait attention à ce qui l’entoure et réveille au besoin la population endormie… De là aussi les vigiles chargés de la sécurité et les surveillants de nos cours de récréation…
Si vous croyez en mes paroles, dit Jésus, vous ne serez pas pris au dépourvu. Il nous appelle à la vigilance : « En ce jour-là, de deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé ; et de deux femmes qui moudront à la meule, l'une sera prise et l'autre laissée. Veillez donc, puisque vous ne savez quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, Si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas fracturer sa maison. C'est pourquoi, vous aussi, tenez vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas ».
La Bible ne connaît pas trente-six manières d'être prêt. Il n'y en a qu'une : vivre dans la repentance et la foi en Christ. Comment ? En puisant chaque jour dans sa Parole !
Elle nous dit que Jésus a expié nos péchés et donné sa vie. Tous ceux qui saisissent ces paroles par la foi reçoivent ce qu’elles expriment : le pardon et le salut sans condition, sans contribution humaine d’aucune sorte. Et puisque nous péchons tous les jours et que tous les jours la chair, le monde et le diable nous entraînent à l'incrédulité, à la tiédeur, au doute, au désespoir ou à l'erreur, laissons-nous instruire, guider, consoler et rassurer par la Parole ! Elle doit nourrir notre âme comme le pain nourrit notre corps. Frères et sœurs, nous faisons preuve de vigilance quand nous permettons au Seigneur de s'asseoir près de nous pour nous parler de sa grâce qui nous donne une conscience paisible. Nous sommes vigilants quand son Evangile guide et sanctifie nos cultes ; quand il inspire le contenu de nos prières. Quand il réclame pour notre vie davantage de foi, de persévérance, de fidélité, de fermeté, de pureté, et toutes les bénédictions de son royaume. Sans lui, nous retomberions vite dans la tiédeur, l'aveuglement ou l'insouciance.
Nous témoignons enfin de notre vigilance quand les biens du Seigneur fructifient entre nos mains. C’est l’image des serviteurs de la parabole qui, en l’absence de leur maître, doublent chacun la valeur de leur dépôt… Frères et sœurs, comment gérons-nous ce que Dieu nous a confié ? Avons-nous « creusé un trou dans la terre » pour y cacher l’argent de notre maître, ou travaillons-nous à le faire fructifier ? Suis-je veilleur dans mon église, dynamique et entreprenant, attentif à ses besoins – y compris matériels ? Suis-je impliqué dans ses efforts missionnaires, dans ses associations de bienfaisance ?
C'est ainsi seulement, et pas autrement, que nos montres sont réglées à l'heure du Christ et aux bienfaits de son royaume. Alors, quoi qu'il arrive, où que nous soyons, nous serons enlevés au ciel. Jésus n'oubliera aucun de ses bien-aimés le jour du grand rendez-vous. Amen !

1 commentaire:

Un passant a dit…

Merci de poster des sermons bibliques; cela m'aide beaucoup...