lundi 18 juillet 2011

Psaume 16



16 Hymne de David.
Garde-moi, ô Dieu, car *je cherche refuge en toi!
2 Je dis à l'Eternel: «Tu es mon Seigneur, tu es mon bien suprême.»
3 Les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux, sont l'objet de toute mon affection. 4 On multiplie les idoles, on court après les dieux étrangers, mais moi, je ne verse pas d'offrandes de sang en leur honneur, je ne mets pas leur nom sur mes lèvres.
5 Eternel, c'est toi qui es ma part et la coupe où je bois, c'est toi qui m'assures mon lot. 6 Un héritage délicieux m'est attribué, une belle possession m'est accordée. 7 Je bénis l'Eternel, car il me conseille; même la nuit mon coeur m'instruit.
8 *J'ai constamment l'Eternel devant moi; quand il est à ma droite, je ne suis pas ébranlé.
9 C'est pourquoi mon coeur est dans la joie, et mon esprit dans l'allégresse. Même mon corps reposera en sécurité,
10 car tu *n'abandonneras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé connaisse la décomposition.
11 Tu me fais connaître le sentier de la vie; il y a d'abondantes joies dans ta présence, un bonheur éternel à ta droite.


Chers frères et soeurs en Christ,
chers amis,

Je ne sais pas si certains d'entre vous connaissent le très spirituel ouvrage de science-fiction de Douglas Adams Le Guide du Voyageur Galactique. Dans cette série, une race d'êtres supérieurement intelligents décident de résoudre
''la grande question sur la vie, l'univers et le reste''. Pour cela, ils construisent un colossal ordinateur, un monstre de technologie appelé Pensées Profondes en raison de ses incroyables capacités. Pensées Profondes annonce qu'il est bien capable d'apporter la réponse à la ''grande question sur la vie, l'origine et tout le reste'' mais que cela lui prendra 7,5 millions d'années. C'est long, certes, mais cela vaut sans doute le coup d'attendre pour avoir la réponse a la ''grande question sur la vie, l'univers et le reste''. Au bout des 7,5 millions d'années, la race d'etres supérieurement intelligents s'approche de Pensées Profondes avec un crainte révérencieuse. L'ordinateur confirme qu'il a trouvé la reponse. Comme vous pouvez l'imaginer, c'est un moment très tendu, plein d'attente et d'espérance, l'auteur vous tient en haleine...et juste au moment où vous n'en pouvez plus, Pensées Profondes annonce que la réponse à la vie, à l'univers et à tout le reste est...42.

Il s'agit bien sur ici d' une histoire comique, non denuée d'un certain cynisme, mais qui je crois parle à quelque chose qui est commun a l'immense majorité d'entre nous: comment donner un sens a ma vie?? C'est une question que toutes les générations se sont posées. Certaines réponses sont aussi insensées que ''42'', mais sans doute encore préférables à l'idée de Shakespeare qui dit dans MacBeth que la vie n'est qu'une « fable pleine de rage et de fureur, racontée par un idiot et qui ne signifie rien.... »

Si une telle réponse ne vous attire pas et ne vous convainc pas, il faut quand même que vous répondiez à une question: comment trouver un sens a votre vie? Le psaume que nous venons de lire nous apporte une réponse (non, la reponse). Le psalmiste a trouvé un sens a sa vie dans le Dieu qu'il a choisi de servir; un Dieu qui pourvoit, qui dirige et qui inspire.

Ce psaume 16 est généralement attribué a David. David, le berger devenu roi, David l'ancêtre de Jésus-Christ. Personnage central de l'Ancien Testament. Mais aussi, puisque la Bible ne nous cache pas grand-chose; David l'adultère, le meurtrier, le dirigeant qui dût piteusement quitter sa capitale lorsque son propre fils se révolta contre lui. David etait un roi, mais il etait avant tout un humain comme vous et moi, confronté a son péché et à celui des autres, devant faire face à des ennemis puissants et aux conflits au coeur de sa vie. Nous pouvons donc le comprendre et nous mettre a sa place. Alors écoutons ce qu'il a à nous dire ce matin.

Tout d'abord, David parle d'un Dieu qui pourvoit, qui donne.
Je cherche refuge en toi! Refuge. Arrêtez-vous un instant et réfléchissez à ce que ce mot signifie pour vous. Est-ce qu'il évoque pour vous l'idée de securite, de réconfort, de soulagement, particulièrement durant les temps difficiles? Comme nous l'avons dejà dit, David a connu bien des épreuves, mais il savait où trouver un vrai refuge: en Dieu (et non pas dans ses propres forces) et c'est vers Dieu qu'il s'est tourné.
L'autre chose que Dieu pourvoit pour nous, c'est notre subsistance: « Eternel, c'est toi qui es ma part et la coupe où je bois, c'est toi qui m'assures mon lot » (v.5). Ma part, ma coupe...cela évoque la nourriture et la boisson, des choses dont nous avons tous besoin chaque jour pour vivre et avancer. Dieu affirme que Dieu pourvoit cela aussi pour lui. Et je pense qu'il est legitime d'affirmer que cette vérité s'applique aussi bien au domaine spirituel qu'au domaine physique (ne serait-ce que parce que la mentalité hébraïque ne connait pas cette distinction). Dieu nous donne ce dont nos corps ont besoin, et il nous donne ce dont nos âmes ont besoin. Il veut nous nourrir, comme un Père le fait pour ses enfants.
David nous dit aussi que Dieu pourvoit des relations. Ce psaume est un psaume très personnel, centré sur la relation entre David et son Dieu, mais prenez garde au verset 3 '' Les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux, sont l'objet de toute mon affection''. Les saints? De qui s'agit-il? Seul Dieu est saint, mais la Bible nous enseigne que ceux qui croient en lui et en font le maître de leur vie sont aussi saints, parce qu'il lui appartiennent.
Et David dit que ces gens sont ''l'objet de toute son affection''. Frères et soeurs, qu'une chose soit claire: on ne peut pas être chrétien seul. Je connais la phrase qui dit que c'est Jésus qui sauve et pas l'Eglise. Elle est vraie, mais il est aussi vrai qu'on ne peut pas être uni à Christ sans être uni a l'Eglise.
Que fait Jesus aujourd'hui? Selon sa promesse, il construit son Eglise, et l'Eglise n'est pas une option facultative dans le plan de Dieu! Une foi qui voudrait se passer de l'assemblée serait une foi par définition déficiente, et le Nouveau Testament est clair sur le sujet:
« N'abandonnons pas notre assemblée, comme certains en ont l'habitude, mais encourageons-nous mutuellement. Faites cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. » Hébreux 10.25
« si quelqu'un n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas?21 Or, voici le commandement que nous avons reçu de lui: celui qui aime Dieu doit aussi aimer son frère. » 1 Jean 4.20-21 
La foi n'est donc pas qu'une relation "verticale" avec Dieu, mais aussi une relation "horizontale" avec les frères et les soeurs. 

L'idée de David est donc que le sens de notre vie se trouve en un Dieu qui pourvoit. Mais Dieu est aussi celui qui nous dirige: ''Je bénis l'Eternel, car il me conseille; même la nuit mon coeur m'instruit.'' (v.7). Est-ce qu'il vous est déjà arrive, avant de prendre une decision importante par exemple, de demander conseil à une personne de confiance? C'est souvent une aide précieuse n'est-ce pas, ne serait-ce que de pouvoir parler du problème ou de la question concernés.
Et bien ici David dit ''vous savez a qui je demande conseil? Au Seigneur, a mon Dieu, et il me le donne''. C'est un grand privilège que de pouvoir entendre la voix de Dieu dans nos vies, mais c'est un privilège que le Seigneur veut donner à chacun de nous. Nous pouvons tous trouver l'instruction dans les pages de nos Bibles, nous pouvons tous parler a Dieu dans la prière. Pensez-y: le Dieu qui vous a créés ne s'arrête pas là et veut vous guider tous les jours de votre existence.

Mais si Dieu nous guide en nous conseillant, il le fait aussi en nous permettant d'obéir a sa volonté. Le verset 8 dit « J'ai constamment l'Eternel devant moi; quand il est à ma droite, je ne suis pas ébranlé ».
David a fait le choix de l'obéissance, David veut avoir toujours le Seigneur devant lui. Et, bien sûr, cette attitude n'est pas l'affaire d'un moment, mais de toute une vie. David devait constamment décider: ''oui, je vais garder l'Eternel devant ma face; oui je vais marcher dans ses voies''. Plus haut dans ce psaume, David évoque les faux dieux que les gens autour de lui adoraient: ''On multiplie les idoles, on court après les dieux étrangers, mais moi, je ne verse pas d'offrandes de sang en leur honneur, je ne mets pas leur nom sur mes lèvres.'' Pourquoi David pouvait-il faire cela? Parce qu'il avait constamment l'Eternel devant lui. Cela rappelle les paroles de Josué qund il a demandé aux Israelites de choisir clairement qui ils allaient servir, l'Eternel ou les faux dieux:
''Maintenant, craignez l'Eternel et servez-le avec intégrité et fidélité. Faites disparaître les dieux que vos ancêtres servaient de l'autre côté de l'Euphrate et en Egypte et servez l'Eternel.
15 Mais si vous ne trouvez pas bon de servir l'Eternel, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir: soit les dieux que vos ancêtres servaient de l'autre côté de l'Euphrate, soit les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Quant à ma famille et moi, nous servirons l'Eternel'' ( Josue 24).

La vie de la foi est aussi la vie d'un choix: celui de demeurer près de Dieu et de le servir d'un coeur sans partage. Et David pouvait faire ce choix parce qu'il savait pouvoir compter sur le conseil de Dieu et sur sa provision. Voilà pourquoi il pouvait dire que Dieu était à sa droite. Cette expression « à sa droite » évoque dans la Bible l'idée de force, ou d'honneur (et parfois, elle se réfère a Christ lui-même). Dans le contexte de notre psaume, nous entendons David dire: « Dieu est a mes côtés, c'est lui qui m'aide dans mes combats, qui est avec moi dans les bons et les mauvais jours ». David etait fort de cette assurance; voilà pourquoi il pouvait dire « je ne suis pas ébranlé ».

Un Dieu qui pourvoit, un Dieu qui dirige. Mais aussi un Dieu qui inspire. Une des choses les plus précieuses selon moi dans le livre des Psaumes est que nous y trouvons l'expression de la plus complète honnêteté envers Dieu. Lisez les Psaumes et vous entendrez la voix d'humains qui se réjouissent en Dieu mais qui aussi se lamentent quand ils se sentent abandonnés et seuls. Vous y trouverez des prières de louange et de confiance, mais aussi des prières qui demandent des comptes a Dieu. Il y a des psaumes qui célèbrent la bonté de Dieu et d'autres qui lui demandent d'envoyer son jugement. Il y a des affirmations de fidélité envers Dieu et des prières de confession de gens qui savent qu'ils se sont éloignés des chemins du Seigneur et qui se réfugient dans sa grâce. Mais dans tous ces psaumes, quelque soit leur contexte et l'état d'esprit de leur auteur, vous trouverez toujours un thème récurent, vous trouverez toujours une expression de la bonté et de la fidélité de Dieu.
Et c'est parce que David était sûr de la fidélité de Dieu qu'il pouvait posséder la confiance et la paix dans cette vie.
Au v.6, il dit '' Un héritage délicieux m'est attribué, une belle possession m'est accordée.''. C'est l'expression d'un homme qui vivait sa relation avec Dieu dans le cadre de l'alliance mosaïque. Dieu s'était choisi un peuple, Israël, et lui avait promis un bon pays, où coulaient le lait et le miel. Après bien des générations, le peuple a pris possession du pays et David en est devenu le roi. Quant à nous, nous sommes des croyants de la nouvelle alliance fondée en Jésus-Christ. Notre héritage n'est plus un pays terrestre, une partie du globe, mais nous pouvons nous appliquer spirituellement la vérité que David évoque ici. Si nous plaçons notre confiance en Dieu, si par la foi en Jésus nous entrons dans son alliance, une ''belle possession'' va nous échoir.
Oh, cela ne veut pas dire que notre chemin sera toujours facile. Parfois même nous allons devoir marcher dans ''la vallée de l'ombre de la mort'' (Psaume 23), mais même à ce moment-là, Dieu sera avec nous et nous protègera de l'influence du mal, de nos mauvais choix et, ultimement, de la mort éternelle.
La vie de la foi n'est pas forcément une vie facile, mais ce sera toujours une vie authentiquement bénie. C'est beaucoup plus, c'est beaucoup mieux. David le savait et il pouvait donc mettre sa confiance en Dieu.

Mais Dieu n'inspirait pas seulement de la confiance a David. Il lui inspirait aussi sa joie. Tournons-nous vers les vv.9-10: ''9 C'est pourquoi mon coeur est dans la joie, et mon esprit dans l'allégresse. Même mon corps reposera en sécurité,
10 car tu *n'abandonneras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé connaisse la décomposition.''
C'est la dernière partie de ce psaume et vous noterez qu'elle est introduite par un ''c'est pourquoi''. David bâtit sur tout ce qu'il vient de dire de Dieu et en tire les conséquences. Notez aussi que David parle de toutes les parties de son être: son coeur (siège de l'intellect), son esprit (ou son âme, selon une autre traduction), son corps. David ne parle pas ici de quelque chose de purement intellectuel ou émotionnel, mais d'une réalité qui concerne l'ensemble de sa personne. Et il parle de joie, d'allégresse et de sécurité. Et ce sentiment de joie n'est pas que pour la vie présente, il est aussi le fondement d'une ésperance pour le futur.
David affirme ''tu ne permettras pas que ton bien-aimé connaisse la décomposition.''
Vraiment? Pourtant David est bel et bien mort, et son corps est retourné à la poussière. Si nous retrouvions aujourd'hui la tombe de David, nous serions heureux de trouver au plus de la poussière d'os!! Mais la décomposition dont parle le roi d'Israël n'est pas tant physique que spirituelle. David emploie ici une métaphore pour dire qu'il croit que même dans la mort, il ne sera pas séparé de la présence de Dieu. C'est la semence d'une confiance qui allait germer des siècles plus tard dans les paroles de l'apôtre Paul: ''En effet, j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances,39 ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.'' (Romains 8.38-39)

Mais cette métaphore exprime aussi l'espérance de la résurrection. Ici, il faut comprendre que les croyants juifs n'avaient pas une idée très claire de la vie après la mort. Mais c'est une question complexe, qui ne doit pas éluder le fait que nous lisons ces mots après Jésus-Christ et que nous pouvons mieux les comprendre que celui qui les a écrits. De fait, l'Eglise apostolique a interprêté ce passage comme une prophétie de la résurrection de Christ, et Pierre et Paul, dans le livre des Actes, disent que cette résurrection de Christ est la garantie de la résurrection des croyants.
Mais la résurrection n'a pas qu'un effet futur sur la vie du chrétien. Paul dit que nous sommes déjà unis à Christ par sa mort et sa résurrection et que cette puissance de résurrection nous permet de mener des vies nouvelles:
''Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, recherchez les choses d'en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu.2 Attachez-vous aux réalités d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre.3 En effet, vous avez connu la mort et votre vie est cachée avec Christ en Dieu.4 Quand Christ, notre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez aussi avec lui dans la gloire.
5 Faites donc mourir en vous ce qui est terrestre: l'immoralité sexuelle, l'impureté, les passions, les mauvais désirs et la soif de posséder, qui est une idolâtrie.6 C'est à cause de cela que la colère de Dieu vient [sur les hommes rebelles].7 Vous aussi autrefois, lorsque vous viviez parmi eux, vous marchiez dans ces péchés. 8 Mais maintenant, renoncez à tout cela, à la colère, à la fureur, à la méchanceté, à la calomnie, aux grossièretés qui pourraient sortir de votre bouche. 9 Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous êtes dépouillés du vieil homme et de ses manières d'agir,10 vous avez revêtu l'homme nouveau qui se renouvelle pour parvenir à la vraie connaissance, conformément à l'image de celui qui l'a créé.11 Il n'y a plus ni Juif ni non-Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni étranger, ni sauvage, ni esclave ni homme libre, mais Christ est tout et en tous.
12 Ainsi donc, en tant qu'êtres choisis par Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience.13 Supportez-vous les uns les autres et, si l'un de vous a une raison de se plaindre d'un autre, pardonnez-vous réciproquement. Tout comme Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.14 Mais par-dessus tout cela, revêtez-vous de l'amour, qui est le lien de la perfection.15 Que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans votre coeur. Et soyez reconnaissants.16 Que la parole de Christ habite en vous dans toute sa richesse! Instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres en toute sagesse par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantez pour le Seigneur de tout votre coeur sous l'inspiration de la grâce.
17 Et quoi que vous fassiez, en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus en exprimant par lui votre reconnaissance à Dieu le Père.''

Vous avez peu-être entendu qu'il y a peu un prétendu ''pasteur'' américain a prévu le retour de Christ pour le 22 mai. Personne ne sait quand Christ va revenir, mais ce que nous savons, c'est qu'il est ressuscité et que sa résurrection peut dès maintenant changer nos existences et nous garantir la vie éternelle, et cela est la source d'un grand espoir.

En conclusion, on peut dire que David résume son propos dans le verset final.
''Tu me fais connaître le sentier de la vie; il y a d'abondantes joies dans ta présence, un bonheur éternel à ta droite.''
Le Dieu de David était un Dieu actif, un Dieu qui pourvoit, qui guide, qui inspire.
Un Dieu qui se révèle, tout simplement, et qui révèle aussi le chemin de la vie.
Des siècles après, Jésus a dit 'je suis le chemin, la vérité et la vie'' puis ''Entrez par la porte étroite! En effet, large est la porte, spacieux le chemin menant à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là,14 mais étroite est la porte, resserré le chemin menant à la vie, et il y en a peu qui les trouvent''

Voulez-vous trouve un vrai sens à votre vie? Voulez-vous un lieu de refuge sûr dans l'épreuve, quelque chose qui vous nourrit, corps et esprit, qui vous guide et vous inspire et qui vous permette de dire ''quoiqu'il arrive, je ne serai pas ébranlé''? Voulez-vous des joies abondantes et un bonheur éternel?
Le Dieu de David lui avait donné toutes ces choses. Le même Dieu est là aujourd'hui et en Jésus-Christ il montre le chemin de la vie a chacun d'entre nous. Puisse Jésus donner un vrai sens a notre vie. Amen.

samedi 2 juillet 2011

1 ROIS 2.10-12; 3.3-14

Romains 8.28-30; Matthieu 13.44-25

Le roi Salomon (icône russe)
 
10 David se coucha avec ses ancêtres et il fut enterré dans la ville de David.
11 Le règne de David sur Israël dura 40 ans. Il régna 7 ans à Hébron, et 33 ans à Jérusalem.
12 Salomon s'assit sur le trône de son père David, et sa royauté fut solidement établie.
3 Salomon aimait l'Eternel, suivant ainsi les prescriptions de son père David. Toutefois, c'était sur les hauts lieux qu'il offrait des sacrifices et des parfums.
4 Le roi se rendit à Gabaon pour y offrir des sacrifices, car c'était le principal des hauts lieux. Salomon offrit 1000 holocaustes sur l'autel.
5 A Gabaon, l'Eternel lui apparut en rêve pendant la nuit et Dieu lui dit: «Demande-moi ce que tu veux que je te donne.»
6 Salomon répondit: «Tu as traité avec une grande bonté ton serviteur David, mon père, parce qu'il marchait en ta présence dans la fidélité et la justice, et avec un coeur droit envers toi. Tu lui as conservé cette grande bonté et tu lui as donné un fils pour siéger sur son trône, comme on le voit aujourd'hui.
7 Maintenant, Eternel mon Dieu, tu m'as établi roi, moi ton serviteur, à la place de mon père David. Or je ne suis qu'un jeune homme, je n'ai pas d'expérience.
8 Ton serviteur se trouve au milieu de ton peuple, celui que tu as choisi, et c'est un peuple immense, si nombreux qu'il ne peut être ni compté ni recensé.
9 Accorde donc à ton serviteur un coeur apte à écouter pour juger ton peuple, pour distinguer le bien du mal! En effet, qui serait capable de juger ton peuple, ce peuple si important?»
10 Cette demande de Salomon plut au Seigneur.
11 Et Dieu lui dit: «Puisque c'est cela que tu demandes, puisque tu ne réclames pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, mais que tu demandes de l'intelligence pour exercer la justice,
12 je vais agir conformément à ta parole. Je vais te donner un coeur si sage et si intelligent qu'il n'y a eu avant toi et qu'on ne verra jamais personne de pareil à toi.
13 Je te donnerai en outre ce que tu n'as pas demandé: des richesses et de la gloire en si grande quantité qu'il n'y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton égal.
14 Et si tu marches dans mes voies en respectant mes prescriptions et mes commandements, comme l'a fait ton père David, je te donnerai une longue vie.»





Chers frères et soeurs en Christ,
chers amis,

Le roi David était mort. Son fils Salomon monta sur le trône. Dieu lui dit « que veux-tu? » et Salomon demanda la sagesse. Et Dieu lui donna non seulement la sagesse, mais aussi la richesse et la gloire toute sa vie.

Moralité: soyons tous comme Salomon, ça vaut vraiment le coup.

Fin de ce sermon; allez en paix.

En fait, non.
Si nous faisons l'effort d'aller au-delà de la surface des choses, nous voyons bien que l'histoire de Salomon est infiniment plus compliquée que cela et qu'elle ne nous incite pas à tomber dans le moralisme. Nous devons prendre garde à ne pas créer une sorte de légende dorée, car ne considérer qu'une partie de la vérité, c'est souvent déjà tomber dans le mensonge. Non, clairement non, Salomon ne saurait être considéré comme un exemple, et la Bible ne le présente certainement pas comme un homme qui aurait tout bien fait dans sa vie.

Oui, c'est vrai, Salomon a demandé la sagesse. Mais il y a l'autre côté de l'histoire. Car Salomon, la Bible ne permet pas de l'oublier, était une personnalité bien déficiente, qui a commis bien des erreurs, et qui a été loin de toujours utiliser la sagesse que Dieu lui avait promis. Jamais, jamais, la Bible ne décrit ses personnages comme des héros immaculés, sans peur ni reproche et nous le voyons bien dans la vie de Salomon.

Au moment où débute notre texte, Salomon vient de prendre le pouvoir. Mais si vous lisez le chapitre précédent, vous réaliserez que cela a été au prix de l'exécution d'un certain nombre de rivaux directs ou indirects...Et puis, Salomon vient de faire alliance par mariage avec le Pharaon d'Egypte. Oui, l'Egypte, l'ennemie historique, le pays aussi des faux dieux. Et notre texte de préciser: « Salomon aimait l'Eternel, suivant ainsi les prescriptions de son père David. Toutefois, c'était sur les hauts lieux qu'il offrait des sacrifices et des parfums. »
Toutefois, parce que, malgré son attachement à Dieu, Salomon continuait à offrir des sacrifices sur ces « hauts lieux » qui étaient souvent liés à des lieux de culte païens. Salomon aimait Dieu, mais d'un coeur partagé. Ce coeur partagé, c'était en fait le grand problème de Salomon, son talon d'Achille. Il en a témoigné plus tard au cours de son règne en tolérant, voire même en encourageant le culte des faux dieux dans son pays.
Mais Salomon était aussi un homme de l'excès. Bien sûr, il a construit un temple à l'Eternel, mais il ne faut pas oublier que son palais personnel (sans doute construit par des esclaves) était bien plus magnifique. Salomon a aussi écrasé son peuple sous les impôts et dilapidé l'argent public dans des dépenses « de prestige » tout simplement parce qu'il voulait avoir « toujours plus ». Salomon avait 700 épouses et 300 concubines, et ce n'est pas avec son argent que ce harem, composé en grande partie de femmes étrangères et païennes, était entretenu.

Oui, quand on regarde le règne de Salomon avec attention on y voit: des meurtres, une recherche éperdue de la puissance et de la gloire, la promiscuité sexuelle, l'indifférence aux pauvres et l'idolâtrie. En fait, la règne de Salomon a été un de ces « âges d'or » qui se terminent en catastrophe, et la guerre civile et l'invasion égyptienne vinrent frapper le pays rapidement après sa mort. En fait, par bien des aspects, on peut dire avec le théologien Frederick Buechner que Salomon a été l'un des « fous les plus sages à avoir jamais porté une couronne ».

Mais voilà que d'un seul coup, j'ai l'impression d'avoir trop chargé la barque dans l'autre sens. Car il faut aussi dire que Salomon a fait preuve durant son règne de décisions réfléchies, d'un sens de l'écoute, d'une capacité à distinguer le bien du mal.
Alors, pouvons-nous vraiment appeler « sage » quelqu'un qui s'est autant trompé? Oui!
Je pense que non seulement nous le pouvons mais que l'histoire de Salomon nous rappelle aussi que c'est le fait d'apprendre de nos erreurs qui peut nous rendre sages.
Dieu a dit à Salomon « Je vais te donner un coeur sage et intelligent ». Nous lisons cette phrase et nous avons l'impression que cela s'est passé sur le coup, instantanément.
Mais ce n'est pas ainsi que la sagesse fonctionne. Dieu a donné à Salomon la possibilité d'acquérir la sagesse. Parfois (souvent), Salomon a agi avec sagesse. Parfois (souvent) Salomon a agi follement. Mais ses erreurs, et surtout les leçons qu'il en a tirées, l'ont rendu plus sage. Bien sûr, hélas pour lui et pour son peuple, Salomon n'a pas toujours appris de ses erreurs. Salomon était un sage, Salomon était un pécheur: l'un n'empêche pas l'autre.

De toute façon, nous devons aussi comprendre que l'histoire de Salomon s'inscrit dans celle de tous les rois d'Israël et de Juda.
Déjà à l'époque de Saül, le premier roi, Dieu avait averti le peuple de ce qui les attendait: « si vous vous donnez un roi, il vous taxera, gouvernera durement sur vous, enrolera vos fils dans ses armées... ». Mais le peuple voulait un roi, comme tous les autres peuples voisins. Dieu accéda à leur demande. Et, bien sûr, les rois d'Israël et de Juda ont été, pour la plupart, de' mauvais rois. Les livres de 1 et 2 Rois racontent les règnes de 40 rois et une reine sur une période de 400 ans. Seuls deux rois reçoivent une approbation sans limite du narrateur. Pour les autres, dans 30 cas sur 41, revient la monotone litanie « il fit ce qui était mal aux yeux de l'Eternel ».

Et pourtant, malgré ces échecs, ces catastrophes, Dieu a continué d'agir dans l'histoire du peuple d'Israël. Dieu a continué à agir et à développer avec patience son plan de salut. Salomon a fait erreur après erreur, et cela n'a pas empêché Dieu d'agir à travers lui et malgré lui. Car Dieu n'est pas limité par nos fautes, nos insuffisances ou même nos rebellions.

C'est que le royaume de Dieu n'est pas le royaume de Salomon et de David. C'est que la sagesse de Dieu n'est pas ce que les puisssants et les riches appellent sagesse.
Dans l'Evangile de ce jour, Jésus parle du royaume de Dieu, et nous voyons que ce dernier part de choses aussi insignifiantes qu'un grain de moutarde pour prendre des dimensions énormes, nous voyons que le royaume de Dieu est caché, comme un trésor dans un champ. Non, vraiment, Dieu ne pense pas et n'agit pas comme nous. Il l'a ultimement prouvé à la croix.

Mais revenons au cas plus personnel de Salomon.

Salomon avait reçu de grands dons de la part de Dieu. Il ne les a pas toujopurs utilisés au mieux. Et nous? Que faisons-nous de ce que Dieu nous a donné (que ce soit certaines capacités, un talent, de l'argent)? Est-ce que nous sommes en train de le gâcher, est-ce que nous l'utilisons pour notre seul profit? Est-ce que nous l'utilisons, tout simplement?
Alors demandons la sagesse au Seigneur, en sachant qu'il oeuvrera toujours dans nos vies malgré toutes nos erreurs, parce qu'il est patient et plein de grâce. Savoir cela, laisser cette vérité illuminer nos vies, c'est le commencement de la sagesse, une sagesse dont Paul dit en Corinthiens qu'elle s'est pleinement révélée en Jésus-Christ, à côté duquel toute la sagesse et la gloire de Salomon ne sont rien:

« 22 Les Juifs demandent un signe miraculeux et les Grecs recherchent la sagesse.23 Or nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les non-Juifs,24 mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, qu'ils soient juifs ou non.25 En effet, la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. »


Au 17ème siècle, le poête japonais Matsuo Basho a écrit à l'un de ses amis « quand tu chemines sur le sentier de la sagesse, ne cherche pas à suivre les pas des sages: cherche plutôt ce qu'ils cherchaient ».
Salomon aimait Dieu, et Dieu l'aimait. Comme tous les croyants de l'Ancien Testament, le roi de d'Israël cherchait quelque chose qu'il n'a fait qu'entrevoir, mais qu'il a saisi par la foi. Aujourd'hui, la sagesse de Dieu (et sa puissance) ont été pleinement révélées en Christ.
Ne cherchons pas à suivre les pas de Salomon: il est loin d'avoir été toujours un exemple. Mais cherchons celui qu'il cherchait: Jésus-Christ. Il se laisse trouver.









1 ROIS 2.10-12; 3.3-14

10 David se coucha avec ses ancêtres et il fut enterré dans la ville de David.
11 Le règne de David sur Israël dura 40 ans. Il régna 7 ans à Hébron, et 33 ans à Jérusalem.
12 Salomon s'assit sur le trône de son père David, et sa royauté fut solidement établie.
3 Salomon aimait l'Eternel, suivant ainsi les prescriptions de son père David. Toutefois, c'était sur les hauts lieux qu'il offrait des sacrifices et des parfums.
4 Le roi se rendit à Gabaon pour y offrir des sacrifices, car c'était le principal des hauts lieux. Salomon offrit 1000 holocaustes sur l'autel.
5 A Gabaon, l'Eternel lui apparut en rêve pendant la nuit et Dieu lui dit: «Demande-moi ce que tu veux que je te donne.»
6 Salomon répondit: «Tu as traité avec une grande bonté ton serviteur David, mon père, parce qu'il marchait en ta présence dans la fidélité et la justice, et avec un coeur droit envers toi. Tu lui as conservé cette grande bonté et tu lui as donné un fils pour siéger sur son trône, comme on le voit aujourd'hui.
7 Maintenant, Eternel mon Dieu, tu m'as établi roi, moi ton serviteur, à la place de mon père David. Or je ne suis qu'un jeune homme, je n'ai pas d'expérience.
8 Ton serviteur se trouve au milieu de ton peuple, celui que tu as choisi, et c'est un peuple immense, si nombreux qu'il ne peut être ni compté ni recensé.
9 Accorde donc à ton serviteur un coeur apte à écouter pour juger ton peuple, pour distinguer le bien du mal! En effet, qui serait capable de juger ton peuple, ce peuple si important?»
10 Cette demande de Salomon plut au Seigneur.
11 Et Dieu lui dit: «Puisque c'est cela que tu demandes, puisque tu ne réclames pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, mais que tu demandes de l'intelligence pour exercer la justice,
12 je vais agir conformément à ta parole. Je vais te donner un coeur si sage et si intelligent qu'il n'y a eu avant toi et qu'on ne verra jamais personne de pareil à toi.
13 Je te donnerai en outre ce que tu n'as pas demandé: des richesses et de la gloire en si grande quantité qu'il n'y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton égal.
14 Et si tu marches dans mes voies en respectant mes prescriptions et mes commandements, comme l'a fait ton père David, je te donnerai une longue vie.»





Chers frères et soeurs en Christ,
chers amis,

Le roi David était mort. Son fils Salomon monta sur le trône. Dieu lui dit « que veux-tu? » et Salomon demanda la sagesse. Et Dieu lui donna non seulement la sagesse, mais aussi la richesse et la gloire toute sa vie.

Moralité: soyons tous comme Salomon, ça vaut vraiment le coup.

Fin de ce sermon; allez en paix.

En fait, non.
Si nous faisons l'effort d'aller au-delà de la surface des choses, nous voyons bien que l'histoire de Salomon est infiniment plus compliquée que cela et qu'elle ne nous incite pas à tomber dans le moralisme. Nous devons prendre garde à ne pas créer une sorte de légende dorée, car ne considérer qu'une partie de la vérité, c'est souvent déjà tomber dans le mensonge. Non, clairement non, Salomon ne saurait être considéré comme un exemple, et la Bible ne le présente certainement pas comme un homme qui aurait tout bien fait dans sa vie.

Oui, c'est vrai, Salomon a demandé la sagesse. Mais il y a l'autre côté de l'histoire. Car Salomon, la Bible ne permet pas de l'oublier, était une personnalité bien déficiente, qui a commis bien des erreurs, et qui a été loin de toujours utiliser la sagesse que Dieu lui avait promis. Jamais, jamais, la Bible ne décrit ses personnages comme des héros immaculés, sans peur ni reproche et nous le voyons bien dans la vie de Salomon.

Au moment où débute notre texte, Salomon vient de prendre le pouvoir. Mais si vous lisez le chapitre précédent, vous réaliserez que cela a été au prix de l'exécution d'un certain nombre de rivaux directs ou indirects...Et puis, Salomon vient de faire alliance par mariage avec le Pharaon d'Egypte. Oui, l'Egypte, l'ennemie historique, le pays aussi des faux dieux. Et notre texte de préciser: « Salomon aimait l'Eternel, suivant ainsi les prescriptions de son père David. Toutefois, c'était sur les hauts lieux qu'il offrait des sacrifices et des parfums. »
Toutefois, parce que, malgré son attachement à Dieu, Salomon continuait à offrir des sacrifices sur ces « hauts lieux » qui étaient souvent liés à des lieux de culte païens. Salomon aimait Dieu, mais d'un coeur partagé. Ce coeur partagé, c'était en fait le grand problème de Salomon, son talon d'Achille. Il en a témoigné plus tard au cours de son règne en tolérant, voire même en encourageant le culte des faux dieux dans son pays.
Mais Salomon était aussi un homme de l'excès. Bien sûr, il a construit un temple à l'Eternel, mais il ne faut pas oublier que son palais personnel (sans doute construit par des esclaves) était bien plus magnifique. Salomon a aussi écrasé son peuple sous les impôts et dilapidé l'argent public dans des dépenses « de prestige » tout simplement parce qu'il voulait avoir « toujours plus ». Salomon avait 700 épouses et 300 concubines, et ce n'est pas avec son argent que ce harem, composé en grande partie de femmes étrangères et païennes, était entretenu.

Oui, quand on regarde le règne de Salomon avec attention on y voit: des meurtres, une recherche éperdue de la puissance et de la gloire, la promiscuité sexuelle, l'indifférence aux pauvres et l'idolâtrie. En fait, la règne de Salomon a été un de ces « âges d'or » qui se terminent en catastrophe, et la guerre civile et l'invasion égyptienne vinrent frapper le pays rapidement après sa mort. En fait, par bien des aspects, on peut dire avec le théologien Frederick Buechner que Salomon a été l'un des « fous les plus sages à avoir jamais porté une couronne ».

Mais voilà que d'un seul coup, j'ai l'impression d'avoir trop chargé la barque dans l'autre sens. Car il faut aussi dire que Salomon a fait preuve durant son règne de décisions réfléchies, d'un sens de l'écoute, d'une capacité à distinguer le bien du mal.
Alors, pouvons-nous vraiment appeler « sage » quelqu'un qui s'est autant trompé? Oui!
Je pense que non seulement nous le pouvons mais que l'histoire de Salomon nous rappelle aussi que c'est le fait d'apprendre de nos erreurs qui peut nous rendre sages.
Dieu a dit à Salomon « Je vais te donner un coeur sage et intelligent ». Nous lisons cette phrase et nous avons l'impression que cela s'est passé sur le coup, instantanément.
Mais ce n'est pas ainsi que la sagesse fonctionne. Dieu a donné à Salomon la possibilité d'acquérir la sagesse. Parfois (souvent), Salomon a agi avec sagesse. Parfois (souvent) Salomon a agi follement. Mais ses erreurs, et surtout les leçons qu'il en a tirées, l'ont rendu plus sage. Bien sûr, hélas pour lui et pour son peuple, Salomon n'a pas toujours appris de ses erreurs. Salomon était un sage, Salomon était un pécheur: l'un n'empêche pas l'autre.

De toute façon, nous devons aussi comprendre que l'histoire de Salomon s'inscrit dans celle de tous les rois d'Israël et de Juda.
Déjà à l'époque de Saül, le premier roi, Dieu avait averti le peuple de ce qui les attendait: « si vous vous donnez un roi, il vous taxera, gouvernera durement sur vous, enrolera vos fils dans ses armées... ». Mais le peuple voulait un roi, comme tous les autres peuples voisins. Dieu accéda à leur demande. Et, bien sûr, les rois d'Israël et de Juda ont été, pour la plupart, de' mauvais rois. Les livres de 1 et 2 Rois racontent les règnes de 40 rois et une reine sur une période de 400 ans. Seuls deux rois reçoivent une approbation sans limite du narrateur. Pour les autres, dans 30 cas sur 41, revient la monotone litanie « il fit ce qui était mal aux yeux de l'Eternel ».

Et pourtant, malgré ces échecs, ces catastrophes, Dieu a continué d'agir dans l'histoire du peuple d'Israël. Dieu a continué à agir et à développer avec patience son plan de salut. Salomon a fait erreur après erreur, et cela n'a pas empêché Dieu d'agir à travers lui et malgré lui. Car Dieu n'est pas limité par nos fautes, nos insuffisances ou même nos rebellions.

C'est que le royaume de Dieu n'est pas le royaume de Salomon et de David. C'est que la sagesse de Dieu n'est pas ce que les puisssants et les riches appellent sagesse.
Dans l'Evangile de ce jour, Jésus parle du royaume de Dieu, et nous voyons que ce dernier part de choses aussi insignifiantes qu'un grain de moutarde pour prendre des dimensions énormes, nous voyons que le royaume de Dieu est caché, comme un trésor dans un champ. Non, vraiment, Dieu ne pense pas et n'agit pas comme nous. Il l'a ultimement prouvé à la croix.

Mais revenons au cas plus personnel de Salomon.

Salomon avait reçu de grands dons de la part de Dieu. Il ne les a pas toujopurs utilisés au mieux. Et nous? Que faisons-nous de ce que Dieu nous a donné (que ce soit certaines capacités, un talent, de l'argent)? Est-ce que nous sommes en train de le gâcher, est-ce que nous l'utilisons pour notre seul profit? Est-ce que nous l'utilisons, tout simplement?
Alors demandons la sagesse au Seigneur, en sachant qu'il oeuvrera toujours dans nos vies malgré toutes nos erreurs, parce qu'il est patient et plein de grâce. Savoir cela, laisser cette vérité illuminer nos vies, c'est le commencement de la sagesse, une sagesse dont Paul dit en Corinthiens qu'elle s'est pleinement révélée en Jésus-Christ, à côté duquel toute la sagesse et la gloire de Salomon ne sont rien:

« 22 Les Juifs demandent un signe miraculeux et les Grecs recherchent la sagesse.23 Or nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les non-Juifs,24 mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, qu'ils soient juifs ou non.25 En effet, la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. »


Au 17ème siècle, le poête japonais Matsuo Basho a écrit à l'un de ses amis « quand tu chemines sur le sentier de la sagesse, ne cherche pas à suivre les pas des sages: cherche plutôt ce qu'ils cherchaient ».
Salomon aimait Dieu, et Dieu l'aimait. Comme tous les croyants de l'Ancien Testament, le roi de d'Israël cherchait quelque chose qu'il n'a fait qu'entrevoir, mais qu'il a saisi par la foi. Aujourd'hui, la sagesse de Dieu (et sa puissance) ont été pleinement révélées en Christ.
Ne cherchons pas à suivre les pas de Salomon: il est loin d'avoir été toujours un exemple. Mais cherchons celui qu'il cherchait: Jésus-Christ. Il se laisse trouver.









dimanche 12 juin 2011

JEAN 20.19-23 (Pentecôte et confirmation)



19Le soir de ce jour-là, qui était le premier de la semaine, alors que les portes de l'endroit où se trouvaient les disciples étaient fermées, par crainte des Juifs, Jésus vint ; debout au milieu d'eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous ! 20Quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent de voir le Seigneur. 21Jésus leur dit à nouveau : Que la paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. 22Après avoir dit cela, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l'Esprit saint. 23A qui vous pardonnerez les péchés, ceux-ci sont pardonnés ; à qui vous les retiendrez, ils sont retenus.



Chers frères et soeurs en Christ,
chers amis, habitués de cette paroisse ou venus de loin en ce dimanche,
cher Wilfried,

Vous l'avez remarqué, l'autel et les lutrins sont parés de rouge aujourd'hui à Prailles.
Le rouge, c'est la couleur symbolique de l'Esprit Saint, rouge qui rappelle les flammes qui se sont posées sur les têtes des disciples lorsque, le jour de la Pentecôte, ils ont reçu l'Esprit. Mais le rouge, c'est aussi la couleur des fêtes de l'Eglise. L'Eglise est en fête aujourd'hui, parce qu'avec la confirmation de Wilfried, elle accueille un frère à la sainte cène.
Il y a donc dans la confirmation une double dimension, individuelle et collective: Wilfried vient de confesser sa foi, mais cette foi est bien celle de l'Eglise chrétienne, dont il vient d'affirmer vouloir être pleinement membre, avec les droits et les devoirs qui s'y attachent. C'est la confirmation de Wilfried Polet, mais elle concerne tous les chrétiens

Le texte de l'Evangile d'aujourd'hui est en fait un texte de Pâques, mais nous le lisons parce qu'il préfigure la Pentecôte et le don de l'Esprit. C'est aussi un texte bien adapté à la circonstance, car nous y voyons Jésus confirmer la foi de ses disciples. Il le fait par sa paix, par l'envoi en mission et par sa Parole.

Nous sommes le dimanche de Pâques. Christ est ressuscité. Marie de Magdala et les autres femmes ont trouvé la tombe vide, tout comme Pierre et Jean. Un ange a dit aux femmes que le Seigneur avait vaincu la mort. Quelle journée!
C'est le soir, et Jean nous dit que les disciples se sont réfugiés derrière des portes closes « car ils avaient peur des chefs juifs ». Les disciples ont peur. La merveilleuse nouvelle de la résurrection n'a pas encore pu faire son oeuvre dans leur coeur et leur esprit. Pour l'instant, elle n'est qu'une cause supplémentaire d'interrogation. Les disciples ont peur des chefs juifs, ceux-là même qui ont fait crucifier Jésus, ceux-là même qui, en fait, ne vont cesser de les persécuter après la Pentecôte. Les disciples ont peur et il est bien vrai qu'ils font face à un danger de la persécution et de la mort.

C'est alors que Christ leur apparaît et dit: « que la paix soit avec vous ». Il leur montre ses mains et son côté percés. Les disciples, dit Jean, sont « remplis de joie en voyant le Seigneur ». Jésus répète: « que la paix soit avec vous ». La joie qui chasse la peur, voici ce que nous apporte cette paix que Jésus nous donne.
En fait, « que la paix soit avec vous » ou « shalom » était une expression tout à fait courante dans le langage de l'époque. Mais dans la bouche du Seigneur, elle prend un relief tout particulier. Déjà, avant d'aller à la Croix, Jésus avait dit « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble pas et ne se laisse pas effrayer. »

Qu'est-ce qui vous effraie aujourd'hui? Qu'est-ce qui vous donne envie de fuir derrière des portes closes? Ce n'est sans doute pas la peur des chefs juifs, mais ce peut être celle du chômage ou d'un divorce, celle de la maladie ou de conflits au sein de la famille ou bien encore la peur de l'avenir. Alors, nous cherchons la paix. Dans des paradis artificiels pour certains. Dans notre compte en banque pour d'autres. Dans tellement d'endroits différents où nous ne pourrons jamais trouver cette paix véritable et durable qui ne se trouve qu'en Jésus-Christ.
Jésus nous dit « je vous donne ma paix ». C'est un don. Quelque chose de gratuit. Cette paix, nous n'avons pas à la gagner ou à la mériter. Il suffit juste de la recevoir en mettant notre foi, notre confiance, en Jésus-Christ.

Dans la lettre aux Romains, Paul dit « Etant donc justifiés en vertu de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ » (Rom 5.1)

Le premier aspect de la paix de Christ, le plus fondamental, c'est la paix avec Dieu. Nos fautes nous séparent de notre Créateur. Mais Dieu a envoyé son Fils vers nous: « Le Christ lui-même a souffert la mort pour les péchés, une fois pour toutes. Lui l’innocent, il est mort pour des coupables, afin de vous conduire à Dieu. » (1 Pierre  3.18).
Christ nous a « réconciliés avec Dieu », dit la Bible. Nous ne sommes plus les ennemis de Dieu, mais ses enfants.
Et de cette paix avec Dieu découle l'autre aspect de la paix de Christ: la paix avec nous-même, parce que nous nous savons dignes d'être aimés, et la paix avec les autres, parce que Jésus nous donne la force pour les aimer. Tout cela nous vient des mains et du côté percés pour nous de Christ.

Jésus nous donne sa paix. Qu'en ferons-nous? Allons-nous la saisir? Allons-nous nous reposer en elle? Elle est la première chose que Jésus apporte à ces disciples en ce jour pour confirmer leur foi. Mais en plus de leur donner sa paix, Jésus les donne l'Esprit Saint qui les équipe pour la mission.

Voilà pourquoi Jésus dit « Tout comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie (…) Recevez le Saint-Esprit! 23 Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »
Jésus ne se contente pas de rassurer ses disciples. Il les envoie, il leur donne une mission: dire au monde que le pardon des fautes se trouve en lui, annoncer l'Evangile: la Bonne Nouvelle que Dieu aime chacun d'entre nous et veut le ramener à lui.
Wilfried, tu fais dorénavant partie d'une communauté en mission. Tu viens de confesser ta foi, et tu viens d'affirmer être chrétien aux yeux du monde. Comme chaque baptisé, tu es appelé à prendre une part active dans l'Eglise. Cette communauté a besoin de toi et tu as besoin d'elle, car on n'est jamais chrétien seul. Jésus t'appelle à le servir et à témoigner de lui. Comme chaque chrétien, tu as reçu des dons de l'Esprit Saint, que tu peux utiliser pour l'édification commune. Oui, frères et soeurs, Jésus nous envoie et nous donne son Esprit. Et cela, il le fait par sa parole.

Jésus vient confirmer ces disciples, et il le fait en leur parlant. Nous aussi, aujourd'hui, nous avons besoin d'écouter la Parole du Seigneur. C'est en elle que nous trouverons le visage de Jésus. Cette Parole de Dieu, Wilfried, elle a commencé à agir en toi lorsque tu as été baptisé. La confirmation d'aujourd'hui n'est que la suite logique de ce baptême.
Trop souvent, nous pouvons avoir l'impression que Dieu reste silencieux. Mais c'est le plus souvent parce que nous ne nous donnons pas vraiment la peine d'écouter. Dieu parle. Dieu nous parle, parce qu'il veut établir une relation vivante avec nous. Il a quelque chose à dire à chacun d'entre nous.
Dieu nous parle de différentes manières, alors prêtons l'oreille à ce qu'il a à nous dire. Il nous parle à travers les pages de la Bible, qui est prêchée lors de nos cultes. Sa Parole est aussi intimement liée au sacrement du baptême et à la sainte cène. Dans tous les cas, Dieu nous dit « tu as du prix à mes yeux, je t'aime et je t'ai racheté ».

Jean précise au début de notre texte que ce jour était « le premier de la semaine ». Cela est destiné ,je crois, à nous rappeler le récit de la création en Genèse, où l'on voit Dieu créer le monde en six jours et se reposer le septième. En Genèse, c'est la Parole de Dieu qui tire l'ordre du chaos, qui crée le monde et les humains. Et bien je pense que Jean est ici en train de nous dire: « écoutez la Parole de Jésus, le Fils de Dieu. Lui aussi est en train de créer quelque chose de radicalement nouveau. »

Au début de la Genèse, nous trouvons ces paroles bien connues: « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. »
Dans le prologue de son Evangile, Jean nous parle d'une autre lumière, qui est venue dans le monde, et il nous dit « qu'à tous ceux qui l'ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu— à ceux qui mettent leur foi en son nom ».
Cette lumière n'était pas celle du soleil. Cette lumière était Jésus-Christ, qui est venu chasser les ténèbres de nos vies.
Wilfried, tu peux marcher à la lumière de Christ. Et toi aussi, qui m'écoutes ce matin, tu peux connaître cette lumière que Dieu veut se faire lever sur toi.
Ouvrons tous nos yeux et nos coeurs.

Et que la paix soit avec vous. Amen.

dimanche 5 juin 2011

Psaume 117 (Fête des Missions)



Sermon présenté à la Fête des Missions, Châtenay-Malabry.

Chers frères et soeurs en Christ,



chers amis,






J'ai travaillé durant plusieurs années dans une librairie chrétienne parisienne. Nous avions plusieurs rayons: vie chrétienne, doctrine, commentaires bibliques, jeunesse...Et puis, il y avait le rayon commun: évangélisation et mission. C'était de loin celui où les livres se vendaient le moins. C'était paradoxal, car beaucoup de nos clients avaient un coeur pour témoigner de la Bonne Nouvelle. Du coup, nous avions appelé ce rayon « Mission Impossible » et nous nous sommes demandés pourquoi il était ainsi délaissé. Il y a eu plusieurs réponses possibles. D'une part, c'est une chose que de vouloir témoigner de Christ, mais se former pour être capable de le faire de façon pertinente en est une autre. Surtout, j'ai pu constater une vision dommageable selon laquelle la « mission » ne concernerait que des terres lointaines ou bien serait l'affaire de quelques spécialistes.




Alors aujourd'hui je voudrais vous inviter à considérer la mission que Dieu a confiée à chacun d'entre nous. Quelle est la mission dans laquelle il vous envoie? Et comment l'accomplir? Cherchons la réponse à ces questions dans la Parole de Dieu ce matin.


Je vous invite donc à écouter la lecture du psaume 117:


«  Louez l’Éternel, vous, toutes les nations ; célébrez-le, vous, tous les peuples ! Car sa bonté est grande envers nous, et la vérité de l’Éternel demeure à toujours. Alleluia! »






Quelle est votre mission? Faut-il que vous achetiez des billets d'avion et que vous vous envoliez vers l'Afrique? Est-ce de déménager dans une autre ville pour y aider à l'imlantation d'une église? Est-ce de tenir un stand biblique sur les marchés ou de distribuer des traités d'évangélisation? Peut-être. Certains chrétiens vont pouvoir être appelés à faire ces choses, et ils aident alors l'Eglise à accomplir sa mission. Mais notre mission est de toute façon plus large que tout ceci.




Quelle est notre mission? Un mot de notre psaume peut la résumer: Alleluia! Alleluia qui veut dire en Hébreu « Louez le Seigneur ». Notre mission, en tant qu'Eglise, est de louer Dieu et d'amener des gens de toute nation, de toute ethnie à faire de même, parce que c'est ce que le Seigneur veut: « Louez l'Éternel, vous toutes les nations, Glorifiez-le, vous tous les peuples ! »


La louange du Seigneur va être le moteur de notre témoignage.






Mais, là encore, nous pouvons être pris au piège d'une définition trop étroite. Nous ne louons pas Dieu que le dimanche durant le culte en chantant des cantiques. Et pour comprendre ce qu'est la louange authentique, nous devons nous demander quelle raison nous avons de louer Dieu. Notre psaume nous apporte une réponse:


« sa bonté est grande envers nous, et la vérité de l’Éternel demeure à toujours. »






Une autre version de la Bible traduit « sa bonté nous dépasse ». C'est vrai. La bonté de Dieu a été manifestée quand son Fils unique s'est sacrifié sur la Croix pour chacun d'entre nous, alors que nous étions encore pécheurs.






Comme le dit un de nos anciens cantiques:


Pour quel péché Jésus, pour quelle offense a t'on sur toi prononcé la sentence?


Ah, qu'as-tu fait, innoncente victime, quel est ton crime?


Qui peut t'avoir attiré ce supplice? C'est moi Seigneur, oui c'est mon injustice;


de ces tourments où ton amour t'expose, je suis la cause


Pour me sauver quel moyen admirable! Le maître meurt pour l'esclave coupable, le bon berger pour sa brebis chérie donne sa vie.






Tout cela, nous le savons, nous le croyons, nous nous en réjouissons. C'est la Bonne Nouvelle qui a changé notre vie, c'est elle et seulement elle que nous devons annoncer dans notre mission. Cela vous semble évident? Et pourtant...Trop souvent, depuis quelques années, on a vu éclore des « évangélisations sans Evangile », où le message biblique du péché et de la rédemption est tronqué, voire effacé. Récemment est sorti un livre intéressant sur les nouvelles approches de la vie d'Eglise; et l'auteur regrettait que dans bien des milieux chrétiens, la doctrine du sacrifice expiatoire de Christ soit obscurcie, mais il le faisait en passant comme s'il n'y avait pas là un problème fondamental, le signe d'une dérive certaine.


A la fac, un de mes professeurs disait toujours « avant de prétendre évangéliser, soyez certains d'être clairs sur ce que l'Evangile. ». Frères et soeurs, l'annonce de la bonté de Dieu manifestée en Jésus-Christ doit être la seule chose qui anime l'Eglise. Elle n'a pas à devenir un organisme d'aide sociale (il y a la puissance publique pour cela), elle n'a pas à se muer en une ligue de vertu prétendant régenter la société.


Nous sommes là pour annoncer la bonté de Dieu, manifestée en Jésus-Christ à ceux qui ne la connaissent pas encore.


Notre mission, c'est de louer notre Dieu, dans toute notre vie.




Comment remplir cette mission?


Chers chrétiens, nous devons nous rendre compte que notre vie entière, celle que nous menons jour après jour, cette vie de louange est une vie qui peut montrer et dire. Tout comme Dieu a montré de la bonté envers vous, montrez-en aux autres. Cela peut se faire en les aidant, en les pardonnant, en accomplissant ces petits gestes devenus si rares, en priant pour eux. Montrez-leur la bonté de Dieu à l'oeuvre dans votre vie; votre vie de parent, d'époux ou de célibataire; votre vie au travail, à la maison ou dans vos engagaments associatifs. Montrez-leur que la Parole de Dieu qui annonce la grande bonté du Seigneur est importante pour vous, que vous la méditez régulièrement et que allez l'entendre au temple. Car c'est un témoignage que d'assister au culte: cela montre simplement que pour vous Dieu passe avant la grasse matinée ou le jogging du dimanche matin. En venant au culte vous prenez clairement position. Vous interpellez ceux qui vous voient. En faisant tout cela, vous montrez.






Et cela mène à la deuxième étape qui consiste à « dire ». Une citation faussement attribuée à François d'Assise commande: « Prêchez l'Evangile. Si besoin est, utilisez des mots ». Ceux qui l'utilisent laissent entendre que nos actes en disent plus que nos paroles. Mais c'est un raisonnement faux. Vouloir annoncer l'Evangile par des actes seulement, c'est comme vouloir donner votre numéro de téléphone sans utiliser de chiffres. D'une part, les chrétiens sont loin d'être les seuls à se montrer bons et généreux envers leurs semblables. Des athées, des croyants d'autres religions en font autant. Il faut donc bien DIRE à un moment pour « rendre compte de l'espérance qui est en vous » (1 Pierre 3.15). L'annonce de l'Evangile implique le recours à la Parole: la Parole prêchée (la Bible), la Parole visible des sacrements du baptême et de la cène. C'est une parole de vérité. Notre psaume dit: « la vérité de l'Eternel demeure à toujours ». Nous sommes dans un monde de relativisme, sans repère, emporté aux vents du matérialisme et du plaisir à court-terme. Le plus grand cadeau que nous pouvons faire est d'annoncer la vérité éternelle, qui ne change pas, parce qu'elle vient de Dieu, le seul rocher sur lequel on peut bâtir une vie.


Mais si la vérité est éternelle, la façon de l'annoncer peut et doit changer. Pourquoi? Tout simplement parce que la société qui nous entoure et vers laquelle nous sommes envoyés change elle aussi. Un des drames des églises en Europe est qu'elles ont passé une bonne partie des 50 dernières années à répondre à des questions que personne ne se posait en employant un langage que personne ne comprenait. Je crois qu'il faut accepter que les temps où il suffisait que l'Eglise parle pour être écoutée sont derrière nous. Si nous voulons pouvoir parler, il faut que ce soit non plus dans le cadre d'un monologue, mais dans celui d'une conversation avec le reste de la société, avec ses différents de pensée. Montrer et dire. Voilà comment nous remplissons notre mission d'Alleluia.




« Mais pasteur, me direz-vous, je ne suis pas capable de faire tout ça .» Exact. Et personne ne vous le demande, parce que vous n'avez pas tous les dons, tout comme moi. Mais cela ne veut pas dire que nous n'avons pas toute notre place dans notre mission d'Alleluia. Souvenez de ce passage de la 1ere lettre aux Corinthiens où Paul compare l'Eglise à un corps humain. Nous sommes tous des parties de ce corps, mais nous n'avons pas tous les mêmes dons, tout comme un oeil ne peut pas sentir comme un nez ou entendre comme une oreille. Mais l'Esprit Saint vous donne les dons que Dieu veut que vous possédiez. Demandez-vous ce que l'Esprit vous a donné et utilisez-le. Par exemple, je pense à une dame de notre paroisse. Pour toutes sortes de raisons, elle ne peut pas, par exemple, tenir un stand biblique. Mais le Seigneur lui a mis à coeur d'accueillir les visiteurs qui commencent à visiter notre église, à les faire se sentir à l'aise, à les aider avec la liturgie durant le culte. Elle n'est pas la seule à le faire, mais son attitude a aidé à l'intéggration des nouveaux venus.






Oui, l'Esprit nous donne ce dont nous avons besoin pour entrer dans la mission. Certains dons viennent d'habiletés naturelles. D'autres peuvent se développer par l'expérience et l'étude. Dans tous les cas, nous devons rester humbles, car nous n'avons rien que nous n'ayons reçu. Tout est un don, gratuit. Notre salut est par grâce, et ce qui nous permet de servir est ici gratuit. « Il y a diversité de dons, dit Paul, mais le même Esprit »; et tout vient de lui.




Alors ces dons, utilisez-les pour servir «il y a diversité de services, mais le même Seigneur » continue Paul(1 Corinthiens 12.5)


Les dons de l'Esprit ne sont pas faits pour notre propre gloire mais pour que nous puissions servir. Jésus lui même est venu pour servir, et nous devons marcher dans ses pas. Servez les autres, et cela nous ramène à la dimension du « montrer ».






Enfin, ces dons, mettez-les en pratique. Ne dites pas: « les dons de tel ou tel sont plus importants que les miens. Je vais le laisser faire ». Non, la mission n'est pas une affaire de spécialistes. Elle concerne tous les membres de nos communautés. Un proverbe africain dit qu'il faut un village pour élever un enfant. Je crois qu'il faut une paroisse pour gagner des gens à Christ et les édifier dans la foi. Ne négligez pas le don que Dieu vous a fait, laissez-le agir à travers vous et accomplir sa mission.






Nous avons différents dons, mais nous sommes unis par Christ et à Christ. C'est lui qui nous a lancés dans l'aventure de la mission. C'est lui qui nous a choisis pour cette mission d'alleluia. Il nous a donné ses dons pour que nous puissions annoncer en vérité la bonne nouvelle de sa bonté. Louez le grand maître de la mission. Alleluia. Amen.



jeudi 2 juin 2011