samedi 27 février 2010

Romains 5.1-5






1Ainsi donc, déclarés justes sur la base de la foi, nous avons la paix avec Dieu par l'intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ;2 c'est aussi par son intermédiaire que nous avons accès par la foi à cette grâce, dans laquelle nous tenons ferme, et nous plaçons notre fierté dans l'espérance de prendre part à la gloire de Dieu.3 Bien plus, nous sommes fiers même de nos détresses, sachant que la détresse produit la persévérance,4 la persévérance la victoire dans l'épreuve, et la victoire dans l'épreuve l'espérance.5 Or cette espérance ne trompe pas, parce que l'amour de Dieu est déversé dans notre coeur par le Saint-Esprit qui nous a été donné.


Chers frères et sœurs,


Le carême garde, même aux yeux de ceux qui sont détachés de l'église, l'idée d'une saison sombre, grave. On parle encore aujourd'hui de "face de carême". Il est vrai que le carême est un temps de réflexion, d'examen. Nous reconnaissons nos péchés et nous nous en repentons, en nous souvenant que Jésus est mort pour nous pardonner.
L'atmosphère des cultes de carême est aussi plus réservée, moins expansive: pas d'allelluia, des chants plus solennels…
Cependant, nous devons nous garder de trop insister sur cet aspect grave de Carême. Car, dans le Carême, il y a bien plus qu'un appel à nous reconnaître pécheurs. Dans le texte de l'épître d'aujourd'hui, Paul fait plus que nous appeler à la repentance. Nous entendons dans ce texte un appel à nous réjouir d'une joie profonde et authentique et à célébrer Jésus et tout ce qu'il a fait et continuera à faire pour nous.

Paul donne aux chrétiens trois raisons d'être dans la joie.
Premièrement, nous nous réjouissons dans la gloire de Dieu. Oh, je sais, ça semble être de grands mots, bien éloignés de nos réalités quotidiennes si banales! Mais justement, nous autres humains avons été créés pour louer Dieu, pour connaître sa présence au plus près de nous. Lorsqu'il a créé les humains, Dieu les a façonnés à son image. Mais cette image, elle a été voilée, obscurcie par la désobéissance d'Adam et d'Eve, dont nous avons lu le récit la semaine dernière. Plus tôt dans cette lettre, Paul dit que nous avons tous péché et que nous sommes privés de la gloire de Dieu.
C'est vrai que souvent nos vies, plutôt que de refléter l'amour de Dieu, ne font que l'obscurcir, aux yeux de ceux qui nous entourent et même aux nôtres.
Mais Dieu n'a pas voulu nous laisser loin de lui. Il a envoyé son Fils pour qu'il devienne un des nôtres. Par son obéissance et sa fidélité parfaites, Jésus a sa vie durant rendu gloire à Dieu. Quand Jésus est mort sur la croix, la colère de Dieu contre nos péchés et la condamnation qui pesait sur nous ont été effacées. Si nous croyons en lui, nous dit Paul dans notre texte, nous avons la paix avec Dieu. Nous sommes réconciliés avec notre Créateur et notre Père. Nous pouvons retrouver la communion avec lui pour laquelle nous avons été créés et qui seule peut nous faire vivre des existences pleines et riches.

Nous n'avons pas à vivre sous la coupe du péché. Jésus est venu nous libérer et tous les jours, par l'Esprit Saint, il oriente nos pensées et nos actes vers ce qui est agréable à Dieu. Nous servons Dieu en Jésus-Christ. Bien sûr, notre service est imparfait, notre piété parfois chancelante, mais ce n'est pas sur eux que notre vie se fonde. Ce qui, profondément, doit renouveler le regard que nous portons sur nous-mêmes et les autres, c'est cette assurance que nous sommes aimés de Dieu. Christ est avec nous tous les jours, y compris dans nos actes les plus routiniers. Sa présence se trouve même dans ce qui nous semble être d'une normalité à pleurer. Voilà ce qui fait notre joie: celui qui nous a acquis le salut à la Croix continue son œuvre en nous, jusqu'au jour béni où nous verrons enfin Dieu face à face.



Et nous nous réjouissons aussi dans nos épreuves, dans nos détresses. Je crois qu'il est nécessaire ici de s'expliquer. La présence du mal dans le monde a toujours été la source de bien des interrogations pour les hommes. Tous, croyants ou incroyants sont bien obligés de l'accepter.
Nous cherchons, et c'est bien normal, à nous préserver, à nous protéger le plus possible. Pourtant, la souffrance de l'épreuve n'est jamais loin.

Il y a la souffrance de notre planète, exploitée jusqu'au dernier degré.
Il y a la souffrance du million de chômeurs français qui arriveront en fin de droits dans le courant de l'année 2010.
Et même si nous sommes en apparence préservés de tous ces maux sociaux, nos vies personnelles peuvent être marquées par des relations familiales difficiles, un combat contre la dépression, une maladie, la perte d'un être cher.
Paul dit "nous sommes fiers même de nos détresses, sachant que la détresse produit la persévérance,4 la persévérance la victoire dans l'épreuve, et la victoire dans l'épreuve l'espérance." Quand nous sommes amenés dans la creuset de l'épreuve, notre tendance naturelle est de fuir, de nous débattre, de nous inquiéter, de désespérer et de nous plaindre. Mais c'est à ce moment-là que Dieu nous invite à nous tourner vers lui dans la foi et à nous souvenir de toutes ses promesses.
Souvent, quand nous souffrons, nous nous demandons si nous ne sommes pas en train d'être punis, mais quand nous tournons nos regards vers Christ, nous nous souvenons qu'il n'y a pas de condamnation pour ceux qui croient en lui. Mais il est vrai que Dieu peut se servir de l'épreuve que nous traversons pour renforcer notre foi, comme l'entraînement d'un athlète qui lui permet de devenir plus fort et plus endurant. Cela ne veut pas dire, encore une fois, que l'épreuve soit une chose réjouissante en tant que telle. A cet égard, il faut sortir d'un masochisme chrétien bien malsain. En revanche, même si nous sommes éprouvés, même si nous traversons la plus sombre des périodes, même si nous pleurons, nous ne pleurons pas comme ceux qui n'ont pas d'espérance.

Finalement, nous nous réjouissons en Dieu lui-même. Il nous aime et nous le prouve en Christ, le Sauveur qu'il nous a donnés. Il a répandu cet amour dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous rend témoignage de Jésus. C'est par Jésus que nous sommes réconciliés avec Dieu. C'est par Jésus que nous pouvons nous approcher de Dieu comme d'un Père aimant. C'est en Jésus que nos épreuves peuvent trouver un sens et renforcer notre communion avec Dieu. Voilà tout ce que Christ apporte à ceux qui croient, à ceux qui en lui peuvent connaître Dieu tel qu'il est vraiment: amour, présence, protection et fidélité.

Alors, durant ce carême, tandis que nous faisons face à la réalité de notre péché, Dieu veut aussi nous rappeler qu'il nous a sauvés de ce péché, qu'il a rétabli toutes choses en Christ. Voilà pourquoi ce carême ne doit pas être seulement un temps solennel, mais aussi un temps de joie.
En raison de l'avis d'alerte émis par Météo France pour notre région de ce soir jusqu'à demain matin, le culte du dimanche 28 février est annulé.

dimanche 21 février 2010

Matthieu 4.1-11 (1er Carême)




Jésus fut emmené par l'Esprit dans le désert pour être tenté par le diable.2 Après avoir jeûné 40 jours et 40 nuits, il eut faim. 3 Le tentateur s'approcha et lui dit: «Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.»4 Jésus répondit: «Il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.»5 Le diable le transporta alors dans la ville sainte, le plaça au sommet du temple6 et lui dit: «Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas! En effet, il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.»7 Jésus lui dit: «Il est aussi écrit: Tu ne provoqueras pas le Seigneur, ton Dieu.»
8 Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire 9 et lui dit: «Je te donnerai tout cela, si tu te prosternes pour m'adorer.»10 Jésus lui dit alors: «Retire-toi, Satan! En effet, il est écrit: C'est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c'est lui seul que tu serviras.»11 Alors le diable le laissa. Et voici que des anges s'approchèrent de Jésus et le servirent.



Que la grâce de NSJC, l'amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous! Amen.

Chers frères et soeurs,
Avez-vous remarqué comment les publicitaires utilisent le thème de la tentation? "Cédez à la tentation" d'une glace au chocolat. "Laissez-vous tenter" par un week-end en amoureux à Marrakech en hôtel trois étoiles. Il y a là une évolution assez remarquable du vocabulaire, car la tentation, c'est me dit mon dictionnaire "l'impulsion qui pousse au péché, au mal, en éveillant le désir". Dorénavant, la tentation, c'est ce qui va nous permettre de dépasser les limites qui freinent (ô horreur) notre bonheur, même si nous avons déjà 10 kilos en trop et que les fins de mois débutent le 15 chez nous. Mais, dans le fond, le propre de la tentation, c'est de nous présenter un miroir aux alouettes. La tentation est mensonge.
Le livre de la Genèse et l'évangile de Matthieu nous racontent aujourd'hui l'histoire de deux tentations qui touchent chacun de nous au plus haut point.
Adam et Eve ont été tentés par le serpent. Ils ont cédé et cela a changé l'histoire de nos vies. Eux qui avaient tout reçu, ils ont écouté la voix trompeuse qui les a fait douter de l'amour et de la bienveillance de Dieu qui les avaient créés et leur avait tout donné. Ils ont violé le seul commandement qu'il leur avait été demandé d'ordonner. Ils sont tombés dans le péché et la révolte et tous leurs descendants depuis, c'est-à-dire l'humanité entière, sont ainsi séparés du Dieu très saint par leur nature pécheresse.
Jésus a été tenté. Il n'a pas cédé et cela vient changer l'histoire de nos vies.

La première des tentations du diable peut paraître assez grossière, mais elle est en fait très pernicieuse. Après tout, quel mal y a-t-il à manger après un jeûne de 40 jours ? Mais il y a derrière tout ça une ruse de l’ennemi. Le diable cherche à faire douter Jésus de l’amour et du soin de Dieu envers lui. C’est comme s’il lui disait «Dieu t’appelle son fils et il te laisse mourir de faim au milieu du désert ? Il t’a abandonné plutôt. Tu ne vois pas qu’il faut que tu te débrouilles tout seul ?».
La seconde tentation, elle, consiste à éprouver la protection de Dieu. La troisième enfin, incite Jésus à se détourner de Dieu et à adorer le diable pour obtenir la domination sur la Terre.
En fait, Satan sait que Christ est celui qui doit lui écraser la tête, selon l'ancienne promesse de Dieu faite à Eve. Et sa stratégie lors de cette attaque, c'est de détourner Jésus de sa mission de salut, de lui faire prendre une autre route, de le faire sortir du plan de Dieu, comme il en avait fait sortir le premier homme et la première femme.

Reconnaissons-le frères et sœurs, s'il s'agissait de nous, nous aurions succombé aux stratagèmes de l'ennemi, nous qui résistons si mal aux tentations qui nous touchent tous les jours et nous entraînent sur la voie du péché. Pour ne s'en tenir qu'à la première tentation, réfléchissez: que seriez-vous prêts à faire pour de la nourriture après un jeûne de 40 jours?
Si nous sommes honnêtes, nous ne pouvons que reconnaître à quel point nous sommes faibles, à quel point nous cédons facilement à ce que nous savons faire du mal à nous-mêmes et aux autres, à quel point nous tournons vite le dos à Dieu pour aller courir dans des chemins de traverse et cela malgré tous nos efforts et notre bonne volonté. Et bien frères et sœurs, si vous avez placé vos espoirs dans vos efforts et votre bonne volonté, repentez-vous. Ils ne vous servent à rien. Vous ne pourrez jamais avec eux remporter la victoire contre la tentation et le péché.

Vous avez peut-être été surpris que nous chantions tout à l'heure l'hymne "C'est un rempart que notre Dieu". Si nous l'avons fait, ce n'est pas parce que je souhaitais démontrer notre pure orthodoxie au Président de notre Synode qui est présent parmi nous aujourd'hui. C'est parce que ce chant, qu'il est dommage de cantonner à la Fête de la Réforme en Octobre, convient tout à fait aux lectures de ce premier dimanche de Carême et qu'il nous permet de mieux comprendre ce qu'elles nous enseignent.
Laissez-moi vous rappeler la deuxième strophe:

A quoi servent tous nos travaux dans ce péril extrême?
Pour nous combat le vrai héros choisi par Dieu lui-même.
Connais ce Sauveur, c'est Christ le Seigneur,
Le Dieu saint et fort dans la vie et la mort,
Ton rédempteur suprême.

Frères et sœurs, l'évangile d'aujourd'hui n'est pas là pour nous dire "Regardez Jésus. On peut résister au péché! Prenez exemple sur lui!". Non, nous n'avons pas besoin d'un modèle : ce ne serait pas suffisant. Nous avons besoin d'un sauveur, d'un rédempteur, de quelqu'un qui va venir nous arracher à l'emprise du péché et de la mort qui enserrent tous les humains depuis la désobéissance d'Adam et Eve. Nos œuvres, nos travaux, ne nous servent à rien pour cela. Il faut que nous placions notre foi en celui qui est venu nous libérer, qui a vécu à notre place une vie absolument pure et sainte.

Ce que les textes de ce premier dimanche de Carême nous disent, c'est que Jésus a été tenté comme nous, mais qu'il a remporté la victoire pour nous.

L'auteur de l'épître aux Hébreux nous dit que "nous n'avons pas un grand-prêtre incapable de compatir à nos faiblesses. Au contraire, il a été en tout point comme nous, mais sans commettre de péché." (Hébreux 4.14-15). Jésus n'a pas été comme Adam et comme tous ses descendants qui ont vécu, qui vivent ou qui vivront. Cette rencontre dans le désert avec Satan est un moment crucial pour nous. La défaite de l'adversaire dans le désert préfigure son écrasement final le jour de Pâques.
Il a résisté au diable en se fondant sur la Parole de Dieu. Jésus utilise la Parole divine pour contrer la stratégie de l'Adversaire, pour déraciner les graines amères qu'il avait plantées en nos premiers parents.

Revenons s'il vous plaît à la troisième strophe de notre chant:

Et quand les démons furieux rempliraient cette terre,
De ces tyrans audacieux qu'importe la colère!
Le Dieu tout-puissant est ici présent.
Prie et ne crains rien:
Un seul mot, ô chrétien terrasse l'adversaire.

Un seul mot terrasse l'adversaire. Ce mot, comme le dit la strophe suivante c'est "du grand Roi des rois la Parole immortelle".

Dans l'Ancien Testament et dans l'Evangile de ce jour nous avons deux paroles: celle de Satan et celle de Dieu. La Parole de Satan, adressée à Adam et Eve et à Jésus n'est que mensonge. Et Satan continue à vous mentir, parce qu'il est le père du mensonge.
Satan vous ment en vous tentant pour que vous violiez les commandements de Dieu.
Satan vous ment en voulant vous faire croire que vos actes mauvais ne sont finalement pas si graves.
Satan vous ment en vous faisant croire que vous êtes fondamentalement une bonne personne.
Satan vous ment en vous faisant croire que vous pouvez gagner la faveur de Dieu par vos œuvres.
Satan vous ment en vous faisant douter de l'amour de Dieu pour vous quand votre conscience vous taraude.

La seule façon de sortir du mensonge du diable, c'est de se tourner vers la parole de Dieu. La parole de Dieu est vérité. Et, en Jésus, cette parole annonce le pardon à ceux qui se repentent et qui croient que Jésus a été tenté pour eux, que sur la croix il a payé le prix de leurs fautes à leur place, qu'il est ressuscité pour eux et que sa résurrection leur assure la victoire sur la mort et qu'on ne peut être sauvé que par grâce, par la faveur imméritée de Dieu.
Cette parole du pardon, c'est celle qui accompagne les sacrements du baptême et de l'eucharistie. C'est celle que vous entendez quand un ministre de l'Eglise vous pardonne vos péchés au nom de la Sainte Trinité. Si vous croyez en cette parole, vous êtes purifiés par le sang de Christ qui a coulé pour vous.

Si vous recevez par la foi le salut que Dieu vous donne en Christ sans aucun mérite de votre part, le Royaume de Dieu est à vous. Jésus a triomphé pour vous afin que, même si votre vie terrestre ne sera pas exempte de tentations et d'épreuves, vous n'aurez pas à avancer seul.
Christ va marcher avec vous sur le chemin de la vie, en ne vous lâchant jamais la main, jusqu'au jour où nous le verrons face à face. C'est avec cette assurance que nous pouvons entrer dans ce Carême. Puisse-t-il nous rapprocher de notre Sauveur.

Et que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence garde vos cœurs et vos esprits en JC pour la vie éternelle. Amen!

dimanche 14 février 2010

Luc 18.31-43





31 Jésus prit les douze avec lui et leur dit: «Nous montons à Jérusalem et tout ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l'homme va s'accomplir.32 En effet, il sera livré aux non-Juifs, on se moquera de lui, on l'insultera, on crachera sur lui33 et, après l'avoir fouetté, on le fera mourir; le troisième jour il ressuscitera.»34 Mais les disciples ne comprirent rien à cela: c'était pour eux un langage obscur, des paroles dont ils ne saisissaient pas le sens.35 Comme Jésus était près de Jéricho, un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait.36 Il entendit la foule passer et demanda ce qui se passait.37 On lui dit: «C'est Jésus de Nazareth qui passe.»38 Alors il cria: «Jésus, Fils de David, aie pitié de moi!»39 Ceux qui marchaient devant le reprenaient pour le faire taire, mais il criait beaucoup plus fort: «Fils de David, aie pitié de moi!»40 Jésus s'arrêta et ordonna qu'on le lui amène; quand il fut près de lui, il lui demanda: 41 «Que veux-tu que je fasse pour toi?» Il répondit: «Seigneur, que je retrouve la vue.» 42 Jésus lui dit: «Retrouve la vue, ta foi t'a sauvé.» 43 Il retrouva immédiatement la vue et suivit Jésus en célébrant la gloire de Dieu. Voyant cela, tout le peuple se mit à adresser des louanges à Dieu.



Chers frères et sœurs,

Quand nous entendons Saint Paul dire "l'amour est patient et plein de bonté", savons de qui il parle? Quand il dit " l'amour n'est pas envieux, l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne recherche pas son propre intérêt, il ne s'irrite pas, il ne soupçonne pas le mal" qui décrit-il?
Paul parle ici d'une personne. Il parle de Jésus. Jésus "supporte tout" pour nous. Jésus "endure tout" pour nous. Parce qu'il nous aime. Il ne nous aime pas parce que cela lui apporte quelque chose. Il ne nous aime pas parce que nous l'avons mérité. Il ne nous amie même pas parce que nous l'avons aimé en retour. Non, le Seigneur "supporte tout" parce qu'il vous aime. Parce que l'amour véritable n'attend pas qu'il y ait quelque chose à gagner, il n'attend pas d'avoir été mérité, il n'attend pas d'être sûr qu'on appréciera ce qu'il apporte.

Et nous, est-ce que nous aimons de cette façon? Vous êtes peut-être bon et patient avec vos proches, les membres de votre famille. Pour vos parents, pour vos enfants, vos frères et sœurs, vous êtes prêts à supporter beaucoup de choses. Mais comme Jésus l'a bien dit, il n'y a rien d'extraordinaire à aimer ceux qui nous aiment. Les païens font la même chose! Et disons-le: même au sein des couples, même au sein des familles où les gens s'aiment vraiment, il y a des accrochages, des incidents, des disputes, parce que nous allons être envieux, nous allons vouloir imposer notre point de vue, nous allons être irritable. J'aimerai que l'on me montre la famille chrétienne où il n'y a jamais eu une seule dispute du dimanche matin avant le culte parce qu'on va être en retard et qu'on n'est pas encore prêts! Non, nous n'aimons pas comme Dieu, car nous avons toujours tendance à nous aimer en premier. Paul ne nous décrit pas en 1 Corinthiens 13. Il nous dit que l'amour est la clé de voûte de la vie chrétienne, parce qu'en aimant, nous prenons modèle sur Jésus-Christ, l'amour incarné.

En Jésus, l'amour a agi plein de douceur même en face de l'hostilité la plus sauvage. "Nous montons à Jérusalem et tout ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l'homme va s'accomplir. En effet, il sera livré au non-Juifs, on se moquera de lui, on l'insultera, on crachera sur lui et, après l'avoir fouetté, on le fera mourir".

Durant des siècles, on a accusé les Juifs d'avoir tué le Christ. C'était oublier que les Romains, symboles des non-Juifs, avaient aussi joué un rôle dans l'affaire. De toute façon, fondamentalement, ce ne sont ni les Juifs, ni les Romains qui ont tué Christ. C'est vous. C'est votre insolence qui l'a insulté. C'est votre malfaisance qui s'est moquée de lui. Ce sont vos péchés qui l'ont cloué à la Croix.
Mais Jésus n'est pas tombé dans un piège. Jésus va vers Jérusalem volontairement, conscient de ce qui l'attend. Jésus va vers Jérusalem plein d'amour pour ceux qui ne l'aiment pas. Il va vers la mort pour tous ceux qui ont oublié ce qu'est l'amour. Jésus va à Jérusalem pour une humanité qui s'est éloignée de l'amour du Père et qui fait régner dans ses sociétés l'animosité, l'envie, la dureté et le mensonge. Jésus se prépare à mourir, par amour, pour des humains qui n'ont plus d'espoir dans cette vie et au-delà.

De tout ça, les disciples ne comprennent rien. C'est pour eux "un langage obscur". Obscur? Certainement pas du point de vue linguistique! Jésus aurait difficilement faire plus simple comme explication à part peut-être dire " Vendredi prochain, je vais être crucifié par le gouverneur romain Ponce Pilate. A 6 heures du soir, je serai mort. Vous m'aurez tous abandonné la nuit précédente. Seul Jean assistera à mon exécution".
Les disciples auraient dû comprendre. Jésus leur avait déjà parlé de sa mort. Et puis, il y avait l'Ancien Testament qui annonçait un Sauveur souffrant. Mais, cela, justement, les disciples préfèrent l'évacuer. Oh, bien sûr, ils croient que Jésus est le Messie, pas de doute là-dessus. Mais bon, tout le monde sait qu'un Messie, c'est quelqu'un de glorieux qui va renvoyer les occupants romains chez eux et rétablir le royaume de David, n'est-ce pas? Voilà ce que les disciples attendent!
Alors, quand Jésus parle d'arrestation, de mort, ils ne peuvent pas comprendre ce dont il parle, parce qu'ils refusent de croire que le Fils de Dieu doive mourir pour le pardon de leurs fautes. Ne soyons pas trop durs avec eux: tous les humains sont comme eux. Nous pensons pouvoir mériter les faveurs de Dieu, nous réduisons la gravité de notre péché. Naturellement, nous pensons tous que nous sommes bons à la base, avec quelques petits défauts sur lesquels nous devons travailler. Mais pour reconnaître que seul le sang de Jésus peut nous purifier, il faut une véritable conversion du cœur.

C'est même vrai pour nous chrétiens: si on nous demande de décrire Dieu, je pense que la plupart d'entre nous parleront de ses attributs; amour, toute-puissance, bonté, sagesse… Combien d'entre nous diront que Dieu a des yeux, des oreilles, des mains et des pieds, et que ces mains et ces pieds ont été percés de clous pour nous?

Les disciples sont incapables de comprendre ce que Jésus leur annonce. Seul un aveugle, celui qui ne voit rien, va discerner la vraie identité de Jésus quand il part vers Jérusalem. Et cet aveugle, notre texte nous invite à reconnaître que nous lui ressemblons beaucoup.
L'aveugle est là, sur le bord de la route, à mendier. Nous sommes tous des mendiants frères et sœurs, des mendiants devant Dieu. Nous devons saisir l'étendue de notre corruption, de notre rébellion, pour comprendre que nous n'avons rien à présenter à Dieu à part une main ouverte et implorante.
D'ailleurs, il implore, l'aveugle. Il implore en criant tellement fort que les gens lui disent de se taire. Peu importe à l'aveugle, il continue à crier " Jésus, Fils de David, aies pitié de moi!".
Cette parole, vous vous en êtes peut-être rendu compte, nous l'utilisons à chaque culte "Seigneur prends pitié de nous, Christ, prends pitié de nous, Seigneur prends pitié de nous". C'est le Kyrie, qui dans certaines liturgies contemporaines est dite en guise de confession. Cette pratique ne me choque pas: " Jésus, Fils de David, aies pitié de moi!". C'est le cri de la foi. C'est la voix de toutes et de tous ceux qui disent "sans Jésus, je sais que je suis perdu, je sais que mon seul espoir est en lui. Alors, je veux implorer sa grâce et ne pas m'arrêter avant de l'avoir reçue". C'est la prière aussi, de ceux qui savent qu'ils peuvent s'approcher de Dieu librement par la grâce donnée en Jésus: "vous n'avez pas un esprit d'esclavage pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit d'adoption par lequel nous crions "Abba, Père" (Rom 8.15). Dans nos prières, nous devrions pour crier à Dieu avec la confiance, l'audace de l'aveugle.

Voyez-vous, cet homme ne voyait pas, mais il n'était pas aveugle à la plus grande réalité spirituelle. Ce Jésus qui passait n'était pas un homme ordinaire. Il est le Fils de David, l'héritier du trône. Mais nous voyons aussi que l'aveugle sait que Jésus est plus qu'un roi terrestre, parce qu'il lui demande quelque chose que seul Dieu peut faire: lui rendre la vue.

Ce texte de l'évangile vient vers nous aujourd'hui pour nous montrer ce que la saison du Carême, qui va commencer mercredi prochain, doit être. Le Carême ce n'est pas une religiosité morbide pendant 40 jours. Le Carême ce n'est pas se complaire dans une spiritualité éminemment malsaine car fondée sur la privation et l'abstinence. Non, ce que le Carême nous invite à faire, avec sérieux, avec consécration, avec sainteté, c'est à recouvrer la vue. Le monde dépose chaque jour devant les yeux de notre esprit un nuage de fumée trompeur.
Nous avons besoin de voir la gravité de notre péché. Nous avons besoin de voir la grandeur de l'amour de Dieu. "Nous montons à Jérusalem" dit Jésus. Lui seul portera le poids de notre péché sur la croix, mais nous allons avec lui. Et quand il va vaincre la mort le jour de Pâques, nous serons aussi avec lui. Sur la route qui mène à la Croix, nous sommes avec Jésus. Ou, plutôt, Jésus est avec nous. Nos souffrances, nos blessures, nos espoirs déçus, nos aveuglements, nos tristesses, notre péché, notre mort, il porte tout cela. Par amour.

Alors, laissons le Carême qui va bientôt commencer être un temps de nouveau départ, un temps où nous allons tourner le dos à tout ce qui nous pèse dans notre passé parce que, à la Croix, nous pouvons nous décharger de nos fardeaux, de notre aveuglement, de nos cris de colère. Crions à présent "Jésus, Fils de David, prends pitié de moi!". Jésus entend notre prière, et nous le suivons, en glorifiant le Père.


mercredi 10 février 2010

LUC 8.4-15




4 Une grande foule se rassembla et des gens vinrent vers lui de diverses villes. Alors il dit cette parabole:5 «Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin; elle fut piétinée et les oiseaux du ciel la mangèrent.6 Une autre partie tomba sur un sol pierreux; quand elle eut poussé, elle sécha, parce qu'elle manquait d'humidité.7 Une autre partie tomba au milieu des ronces; les ronces poussèrent avec elle et l'étouffèrent. 8 Une autre partie tomba dans la bonne terre; quand elle eut poussé, elle produisit du fruit au centuple.» Après cela, Jésus dit à haute voix: «Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.»9 Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. 10 Il répondit: «Il vous a été donné, à vous, de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient pas et qu'en entendant ils ne comprennent pas.11 Voici ce que signifie cette parabole: la semence, c'est la parole de Dieu.12 Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent; puis le diable vient et enlève la parole de leur coeur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. 13 Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, l'acceptent avec joie; mais ils n'ont pas de racine, ils croient pour un temps et abandonnent au moment de l'épreuve.14 Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la parole, mais en cours de route ils la laissent étouffer par les préoccupations, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne parviennent pas à maturité.15 Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui ont entendu la parole avec un coeur honnête et bon, la retiennent et portent du fruit avec persévérance.




Chers frères et sœurs,

Parmi les grandes bénédictions que Dieu m'a accordées et pour lesquelles je lui rends grâce réside la fait que je peux vivre et élever mes enfants chez moi, à la campagne. Quand on est pasteur, le fait d'être issu d'un milieu rural présente des avantages insoupçonnés.
Par exemple, il n'y a pas besoin d'être ingénieur de l'Institut National d'Agronomie pour se rendre compte que le semeur de notre texte travaille d'une façon désastreuse.
Voilà un paysan qui ne laboure pas, qui ne fertilise pas, qui ne s'inquiète pas du temps qu'il fait. Et quand bien même il aurait fait toutes ces choses, ça n'aurait servi à rien: nous le voyons semer ses graines n'importe où, sans faire attention à la nature du terrain.

Seule une graine sur quatre a sa chance. Les autres sont mangées par les oiseaux, ne trouvent pas d'eau ou sont étouffées par les ronces. En ce qui concerne les semences, ça n'est ni fait ni à faire comme on dit dans le Poitou!
Imaginez qu'un agriculteur moderne fasse la même chose: ses graines, on les retrouverait dans la cour de la ferme, le long du chemin qui mène aux champs, sur la Place du Temple. Ce paysan dépenserait plus en graines que ce qu'il pourrait espérer tirer de sa récolte. Disons-le: mener son exploitation de cette façon, c'est la meilleure façon de se ruiner complètement!!

Mais nous n'avons pas à prévenir la Chambre d'Agriculture. Car le semeur de la parabole n'est pas un paysan ordinaire. Le semeur, c'est Dieu, et je crois que c'est sous cet angle que nous devons lire cette parabole.

Souvent, les sermons sur ce récit se concentrent sur les terrains. On demande "quelle sorte de terre êtes-vous? Avez-vous bien reçu la Parole de Dieu?". J'ai un problème avec cette approche, parce que je pense qu'elle néglige le fait que nous sommes tous, à certains moments de nos vies, un des quatre terrains dont Jésus parle.
Nous avons tu fait taire la Parole de Dieu parce que nous étions trop occupés par le bruit de nos soucis. Nous avons, à un moment ou à un autre, refusé de l'entendre parce que nous préférions suivre la voie du péché. De tout cela, nous devons nous repentir. Repentons-nous et tournons avec confiance vers Dieu car cette parabole nous parle de l'amour obstiné du Dieu semeur.

Dieu est sauveur parce qu'il est semeur. Il dépose ses graines partout. La Bible nous dit que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Voilà pourquoi Dieu continue à semer, encore et toujours, et partout. Il sait que le diable et le monde n'arriveront pas à détruire toutes les graines, que certaines vont germer.

Dieu est obstiné. Il n'abandonne pas. Il n'abandonne jamais. Même si nous le rejetons, il continue à répandre sa Parole, à nous appeler par elle. Cet amour obstiné de Dieu pour ceux qui le rejettent n'est pas nouveau. Déjà, dans l'Ancien Testament, nous voyons les Israëlites s'éloigner pour aller vers de faux dieux et le Seigneur chercher à les ramener à la vraie foi et à la vie. Les Juifs préféraient chercher les bonnes chose qui ne peuvent venir que de Dieu auprès des fausses divinités des peuplades voisines. Et dans l'Ancien Testament, nous entendons, encore et encore, Dieu avertir son peuple dire à son peuple que les faux dieux ne peuvent amener que la destruction, que lui seul peut donner la paix, la sécurité et la vie éternelle.

Quand Dieu a dit qu'il était un dieu jaloux, c'était parce qu'il savait que son peuple ne pouvait recevoir de bonnes choses qu'en lui. Il ne voulait pas qu'ils s'égarent loin de lui pour aller chercher ce dont ils avaient besoin ailleurs. C'est lui qui avait tout ce qui est bon, et il voulait le leur donner.

Et quand les Israelites s'enfonçaient dans leur idolatrie, Dieu les punissait. Il faisait tomber sa colère sur eux pour abaisser leur orgueil. Mais la colère de Dieu n'était jamais causée par un désir de vengeance, par une pulsion de haine. Le Seigneur voulait détruire les idoles, montrer à ceux qui avaient pris un mauvais chemin leur vanité pour leur permettre de se rendre compte que nous ne devons dépendre que de la grâce de Dieu seule.

Depuis la chute d'Adam et d'Eve, le Seigneur n'a jamais cessé d'appeler les humains à revenir vers lui. Il sème la Loi qui nous montre notre péché, l'Evangile qui nous donne le salut par la grâce. Inlassablement, Dieu sème les paroles de la vie éternelle, même si dans sa toute-puissance il sait que beaucoup refuseront de s'ouvrir à son amour.

Je sais que certaines sociétés de mission, qui s'occupent d'implanter des églises, ont déjà rayé l'Europe occidentale de leurs cartes. Elles ne croient plus utiles d'investir dans nos pays, pensant que le christianisme y est mort. Bien sûr, si l'on réfléchit selon les règles du marché qui ont tout corrompu, cela se comprend. Mais Dieu lui, veut continuer. Il veut continuer d'appeler à lui des gens, ici, en France, et c'est de nous qu'il veut se servir pour ça.
Connaissez-vous le très beau film de Marcel Pagnol "La Femme du Boulanger" avec Raimu et Ginette Leclerc? Voyez-le ou revoyez-le et vous vous rendrez compte qu'il exprime bien ce qu'est l'évangile. Je vous rappelle l'histoire: la jeune femme d'un boulanger provençal lève le pied avec un berger du village. L'histoire se passe mal pour elle et elle revient, ne sachant pas comment elle va être reçue. Et son mari, qui na jamais cessé de l'aimer l'accueille chez eux. Il y a cette scène fameuse où Raimu reporte toute sa colère et sa peine sur Pomponette, la chatte de la maison, qui était partie elle aussi, abandonnant le pauvre vieux chat Pompon.
C'est un peu une image de ce qui s'est passé pour nous. Nous étions enfants des ténèbres, ennemis de Dieu. Et le Père a envoyé son Fils unique pour souffrir, mourir et nous accorder le pardon de toutes nos fautes. Jésus a été puni à notre place et il nous a donné sa vie, sa sainteté, sa relation d'amour avec le Père. Tout cela est devenu nôtre à la croix, et nous en prenons possession par la foi.

Alors, c'est vrai, nous l'avons vu, nous n'offrons pas toujours un terrain très favorable. Ce n'est pas toujours la Beauce ou la Brie chez nous. Mais l'amour de Dieu ne se laisse pas arrêter par notre dureté de cœur ou par nos chutes et nos faiblesses. Il continue à nous montrer l'obstination de son amour. Le Père nous offre le salut, et il n'y a pas de condition à cette offre. Aucun de nos péchés ne le fera arrêter de semer sa parole de vie en nous.

Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. C'est là pour nous à la fois une merveilleuse assurance et un ordre de mission pour l'église.
Dieu veut que vous croyiez en l'Evangile et que vous soyez sauvés. Il veut faire de vos vies des terrains qui seront propices à une riche récolte des fruits de la repentance.

La parabole de ce dimanche nous dit l'étendue, la folie de l'amour de Dieu pour les perdus. Cet amour sans limite, cet amour qui garde l'espérance et continue à chercher les brebis perdues, sachons nous aussi l'avoir dans notre témoignage auprès de ceux que nous connaissons, dans les actions d'évangélisation de notre paroisse dont nous devons tous être partie prenante, notamment par une prière fervent et régulière.

Le semeur continue à semer. Prions pour que la moisson soit grande.

dimanche 31 janvier 2010

Matthieu 20.1-16a

20 »(En effet,) le royaume des cieux ressemble à un propriétaire qui sortit dès le matin afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. 2 Il se mit d'accord avec eux pour un salaire d'une pièce d'argent par jour et les envoya dans sa vigne.3 Il sortit vers neuf heures du matin et en vit d'autres qui étaient sur la place, sans travail.4 Il leur dit: 'Allez aussi à ma vigne et je vous donnerai ce qui sera juste.' 5 Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi et vers trois heures de l'après-midi et il fit de même.6 Il sortit enfin vers cinq heures de l'après-midi et en trouva d'autres qui étaient là, [sans travail]. Il leur dit: 'Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans travailler?'7 Ils lui répondirent: 'C'est que personne ne nous a embauchés.' 'Allez aussi à ma vigne, leur dit-il, [et vous recevrez ce qui sera juste].'8 Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant: 'Appelle les ouvriers et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers.'9 Ceux de cinq heures de l'après-midi vinrent et reçurent chacun une pièce d'argent. 10 Quand les premiers vinrent à leur tour, ils pensèrent recevoir davantage, mais ils reçurent aussi chacun une pièce d'argent. 11 En la recevant, ils murmurèrent contre le propriétaire 12 en disant: 'Ces derniers arrivés n'ont travaillé qu'une heure et tu les as traités comme nous, qui avons supporté la fatigue du jour et de la chaleur!'13 Il répondit à l'un d'eux: 'Mon ami, je ne te fais pas de tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour un salaire d'une pièce d'argent? 14 Prends ce qui te revient et va-t'en. Je veux donner à ce dernier arrivé autant qu'à toi. 15 Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de mes biens? Ou vois-tu d'un mauvais oeil que je sois bon?'16 Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers»



Chers frères et sœurs,

Quand j'étais enfant, je regardais à la télé le dessin animé Caliméro. Caliméro, c'était ce petit poussin noir auquel il arrivait toujours des mésaventures. D'ailleurs, la phrase que Caliméro répétait souvent c'était "C'est vraiment trop injuste".
En l'occurrence, les ouvriers de la première heure dans la parabole que Jésus nous présente aujourd'hui sont atteints du syndrome de Caliméro. Nous sommes tous profondément sensibles aux injustices et aux inégalités, surtout quand nous en sommes les victimes. Ce que nous voulons, c'est la justice! Et bien, frères et sœurs, ce que Jésus veut nous faire comprendre ce matin, c'est que nous ne voulons surtout pas que Dieu nous traite de façon juste. Ce serait la pire chose qui pourrait nous arriver.

Jésus parle d'une situation que tous les gens de l'époque connaissaient. Il évoque ses ouvriers agricoles qui se louaient à la journée. Ces journaliers constituaient la partie la plus pauvre et la plus fragile de la classe agricole d'alors. Un homme embauche donc, de bon matin, un groupe d'ouvriers pour aller dans sa vigne. Le salaire? Un denier. Une pièce d'argent, ce n'est sans doute pas trop: de quoi acheter de la nourriture pour une famille pour un jour. Mais c'est le salaire normal, vu comme juste et correct. Là où les choses commencent à devenir étranges, c'est que le propriétaire, au cours de la journée, envoie dans sa vigne d'autres ouvriers qui n'avaient pas encore trouvé de travail. Notez qu'il y a une différence: le patron ne s'engage pas sur un salaire précis mais leur donnera " ce qui sera juste". Les ouvriers qui sont ainsi engagés ne peuvent donc que se dire: bon, on aura au moins quelque chose, même si ce sera peu.
Et le soir, au moment de payer, surprise! Tous les ouvriers reçoivent le même salaire: une pièce d'argent! Ceux qui ont travaillé deux heures seulement sont payés autant que ceux qui ont travaillé toute la journée! Et ces derniers ne sont pas contents, non pas contents du tout: "C'est vraiment trop injuste! Si c'est comme ça, il fallait nous donner plus que le salaire prévu!"

Frères et sœurs, je crois que si une chose comme celle-ci nous arrivait, nous aurions naturellement la même réaction. Et c'est bien parce que ce serait notre réaction naturelle que Jésus enseigne cette parabole, pour nous montrer que nos pensées sont éloignées des pensées de Dieu, que le Royaume de Dieu n'est pas régi par les mêmes lois et les mêmes logiques que les sociétés humaines.
Tout de suite avant, on avait demandé à Jésus "qui peut donc être sauvé?". Le Seigneur avait répondu "aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible". Jésus disait là qu'il nous est absolument impossible d'être sauvé par nos œuvres, par notre bonté, par notre piété ou quoique ce soit qui vienne de nous. Seulement voilà, les disciples de Jésus l'ont mal pris "Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi. Que se passera-t'il pour nous?" (19.27). C'est une façon délicate de dire "attends, quand même, regarde Jésus, ce que nous avons fait pour toi! Tu n'es pas en train de nous dire que ça compte pour du beurre, que ça ne nous accorde pas quand même un peu de mérite?".
Voilà pourquoi Jésus enseigne cette parabole: pour déraciner chez ses disciples et chez nous une idée de la justice qui, si elle était appliquée jusqu'au bout tournerait à la catastrophe pour nous.

Le Royaume de Dieu ne repose pas sur la justice, heureusement pour nous! Car ce n'est pas de justice dont nous avons besoin, frères et sœurs, mais de grâce!
Considérons-nous que Dieu nous doit quelque chose? Parlons salaire: "le salaire du péché, c'est la mort" (Romains 3). Nous sommes tous pécheurs, mes amis, nous avons tous violé la loi de Dieu. Est-ce que, étant conscients de ça, vous voulez vraiment que Dieu soit juste? Cela voudrait dire que chacun d'entre nous devrait être envoyé à la mort éternelle, à l'enfer. Voilà ce qui serait juste.
Alors, chassons de notre esprit toute idée de mérite de notre part. Dieu ne nous devra jamais rien! Les premiers ouvriers sont ceux qui fonctionnent sur l'idée du salaire, du donnant-donnant. Ils oublient quand même un point important: eux aussi sont au bénéfice de la bonté du propriétaire, car ils auraient très bien pu rester sur le carreau, ne rien gagner ce jour-là et rentrer dans une maison à la table vide. Bien plus, la bonté du propriétaire, ils la voient d'un mauvais œil.
Cela peut arriver, vous savez, que certains finissent par vouloir limiter l'amour extravagant de Dieu pour des pécheurs.

Les ouvriers de la première heure sont comme ces gens qui s'efforcent de vivre droitement, mais pour lesquels le christianisme n'est pas la bonne nouvelle de pardon des péchés mais un code, une morale. Ce sont des gens qui ne connaissent pas la liberté des enfants de Dieu, des gens qui essaient de bâtir leur propre justice par leurs efforts. Ils refusent d'entendre cette parole de Jésus "vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné dites 'nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire" (Luc 17.10).
Oui, nous sommes tous des serviteurs inutiles. Bien sûr, si nous sommes chrétiens, Dieu nous appelle à travailler dans sa vigne, dans son Royaume. Pour cela, il donne à chacun de nous des dons différents, que nous pouvons utiliser pour le bien commun de l'Eglise.
Mais nous ne travaillons pas pour être sauvés. Paul, qui a écrit la majeure partie du Nouveau Testament, qui a implanté des églises, qui a souffert la persécution pour Christ n'était pas plus sauvé que le voleur qui, sur sa croix placée à côté de celle de Christ a confessé sa foi dans le Fils de Dieu sauveur.

Dans l'Eglise ancienne, le dimanche Septuagésime marquait le début du Carême et de la préparation des catéchumènes au baptême. Déjà à cette époque, on lisait l'épître et l'évangile que nous avons entendu aujourd'hui. Et je crois que c'est deux textes étaient placés l'un à côté de l'autre pour faire comprendre aux futurs baptisés une vérité qu'il nous faut nous aussi toujours avoir devant les yeux.
Vous vous souvenez comment Paul parle "tous les athlètes s'imposent toutes sortes de privations, et ils le font pour obtenir une couronne qui va se détruire, mais nous, c'est pour une couronne indestructible" (1 Co 9.25). Ici, Paul nous explique l'importance d'une vie consacrée, centrée sur l'Evangile, une vie où la Parole de Dieu et les valeurs du Royaume vont passer en premier.
Nous avons besoin de discipline dans notre vie chrétienne. Nous en avons besoin parce que les valeurs du monde cherchent constamment à s'imposer à nous, à nous porter à la compromission et à la médiocrité spirituelles, à avoir un cœur partagé. Il nous faut garder le regard fixé droit devant, vers l'issue de la course.
Mais si nous faisons tout ça, c'est dans l'optique de la grâce que nous avons déjà pleinement reçue en Jésus. Nous ne travaillons pas dans la vigne du Seigneur pour devenir des enfants de Dieu mais parce que nous sommes des enfants de Dieu. Nous ne faisons de bonnes œuvres pour mériter quoique ce soit. Si nous voulons vivre des vies saintes, qui plaisent à Dieu, c'est par reconnaissance pour ce que nous avons déjà reçu.
Saint Paul dit dans sa lettre au Romains:
4 Celui qui travaille reçoit un salaire ; ce salaire ne lui est pas compté comme un don gratuit : il lui est dû.
5 Mais quand quelqu’un, sans accomplir de travail, croit simplement que Dieu accueille favorablement le pécheur, Dieu tient compte de sa foi pour le considérer comme juste.
6 C’est ainsi que David parle du bonheur de l’homme que Dieu considère comme juste sans tenir compte de ses actions :
7 « Heureux ceux dont Dieu a pardonné les fautes et dont il a effacé les péchés !8 Heureux l’homme à qui le Seigneur ne compte pas son péché ! (Rom 4.4)

Frères et sœurs, nous n'avons pas à gagner notre salut à la sueur de notre front. Il a été acquis lorsque nous avons été purifiés de nos fautes par le sang de Jésus qui a été versé pour nous.
Alors que nous étions les derniers, alors que nous ne méritions rien, Dieu nous a appelés, dans son amour. Il nous a pardonnés toutes nos fautes en Christ. Jésus a dit: venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai le repos. Acceptez mes exigences et laissez-vous instruire par moi et vous trouverez le repos pour votre âme. (Matt 11.28-29).
Il est frappant de voir que le repos est souvent dans la Bible, l'image de salut. C'est pour nous montrer que n'avons pas à nous fonde sur nos œuvres. Nous ne sommes pas traités selon la justice, mais selon la grâce infinie de Dieu: c'est là une grande bénédiction. Cette grâce de Dieu, chérissons-là, laissons-là nous nourrir dans la Parole et les sacrements. Elle nous conduira jusqu'au bout de notre course, vers Jésus notre sauveur. Amen.

samedi 23 janvier 2010

2 Corinthiens 4.6-10







6 Car le Dieu qui a dit : que la lumière brille au milieu des ténèbres, c’est lui–même qui a brillé dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.7 Mais ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile, pour que cette incomparable puissance soit de Dieu et non de nous.8 ¶ Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés ; dans des impasses, mais nous arrivons à passer ;9 pourchassés, mais non rejoints ; terrassés, mais non achevés ;10 sans cesse nous portons dans notre corps l’agonie de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps.



Chers frères et sœurs,

Nous parlons tellement de récipients ces temps-ci que nos cultes commencent à ressembler à une réunion Tupperware. La semaine dernière, nous avons vu les grandes jarres de pierre où Jésus a fait placer l'eau qu'il a transformée en vin. Aujourd'hui, dimanche de la Transfiguration, Paul nous parle de vases d'argile. Mais ces vases ne contiennent pas de l'eau, du vin ou encor de la nourriture. Ils contiennent un trésor.


Trésor, c'est un mot qui fait rêver n'est-ce pas? Il nous fait penser à des coffres remplis de pièces d'or et de diamants, à toutes les merveilles qu'Indiana Jones peut retrouver dans les films de Spielberg. Mais le trésor dont parle Paul n'est pas fait d'or ou d'autres richesses. Il est infiniment plus précieux que cela. Un peu plus haut dans sa lettre, Paul a évoqué le ministère de la nouvelle alliance (3.6) que lui et ses compagnons avaient reçu. Cela veut dire que cette nouvelle alliance, ils l'annonçaient à toutes et à tous (le livre des Actes nous raconte cela).
Mais la nouvelle alliance, c'est peut-être un peu vague pour certains. Si je vous dis que, selon Paul, cette nouvelle alliance est qui "ne dépend pas de la Loi avec ses commandements écrits, mais de l'Esprit. Car la Loi, avec ses commandements écrits inflige la mort. L'Esprit, lui, communique la vie" (3.6), vous voyez peut-être déjà mieux ce dont il s'agit. Et si je vous cite le chapitre 8 d'Hébreux où Dieu déclare que dans cette nouvelle alliance il nous fera grâce de nos injustices et ne se souviendra plus de notre péché (8.12) vous devez y voir franchement plus clair: la nouvelle alliance, c'est celle de l'Evangile, de la Bonne Nouvelle que Dieu pardonne tous leurs péchés à ceux qui croient que Jésus-Christ est mort pour eux sur la Croix.
Voilà pourquoi Paul dit "nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, c'est le Christ Jésus, le Seigneur, que nous prêchons" (4.5).
Paul et ses amis prêchaient Christ (et vous remarquerez qu'il ne s'agit pas tant ici de prêcher une doctrine qu'un personne) parce qu'ils savaient que seul Jésus peut nous donner le pardon et nous réconcilier avec le Père. Ils savaient que Dieu avait choisi de dissiper les ténèbres de nos vies par la grande lumière de Christ (4.6). Les paroles de délivrance, d'espoir, d'amour de l'Evangile étaient pour eux le plus grand des trésors.


Et nous, frères et sœurs? Est-ce que l'Evangile est notre plus grand trésor? Est-ce que notre communion avec Jésus-Christ est vraiment ce qui nous tient le plus à cœur? Est-ce que la certitude de l'amour de Dieu pour nous la certitude d'être entièrement purifiés et libérés de la puissance du péché et de la mort illuminent nos choix de vie, nos valeurs, nos priorités?
Chérissons-nous l'Evangile à sa juste valeur? Elle est infinie, car la Bonne Nouvelle repose sur le sacrifice du Fils de Dieu pour nous " vous avez été libérés de cette manière de vivre futile que vous ont transmise vos ancêtres et vous savez à quel prix. Ce n'est pas par des biens qui se dévaluent comme l'argent ou l'or. Non, il a fallu que Christ, tel un agneau pur et sans défaut verse son sang précieux en sacrifice pour vous" (1 Pierre 1.18-19).
"Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur" a dit Jésus (Luc 12.34). Où est votre trésor frères et sœurs? Ou, pour s'exprimer comme Jésus: est-ce que votre cœur est centré sur Dieu et sur lé révélation de son amour en Jésus-Christ?



L'Evangile est un trésor. Mais Paul nous dit qu'il est contenu dans des vases d'argile! C'est une image tirée des défilés triomphaux des généraux romains victorieux, qui transportaient leur butin dans des vases de terre. Inutile de vous dire que les gens s'intéressaient beaucoup plus aux bijoux, à l'or, aux pierres précieuses qu'à leur contenant. Car quoi de plus commun qu'un vase d'argile? Les poteries de toute sorte sont de loin els objets qu'on le retrouve le plus dans les chantiers archéologiques: elles ont été utilisées par les humains durant des millénaires, elles étaient faciles et peu chers à fabriquer et à remplacer. Le vase d'argile, c'était le gobelet en plastique de l'Empire romain: un truc de rien!


Et bien, frères et sœurs, les vases d'argile, ce sont les Chrétiens. Si l'on veut suivre strictement le sens du texte, il est clair que Paul ne parle que de lui et de ses amis. Mais je crois que tous ceux qui croient en Jésus peuvent faire leurs les paroles de l'apôtre parce que notre vocation de baptisés nous invite à être nous aussi témoins de l'Evangile.
Seulement voilà, nous sommes des vases d'argiles selon Paul. Du fragile, de l'économique… Est-ce que Paul veut nous rabaisser jusqu'à terre? Non, il cherche à nous faire comprendre une chose fondamentale: la grâce.
Mais ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile, pour que cette incomparable puissance soit de Dieu et non de nous.
Voilà ce que dit Paul en fait: "nous apportons un message, nous faisons de choses mais c'est la puissance de Dieu qui agit, ça ne vient pas de nous, parce que nous sommes faibles et démunis: nous sommes des vases d'argiles."
Un peu plus loin dans sa lettre, Paul parle d'une maladie qui le touchait. Il explique qu'après avoir prié pour être guéri, Dieu lui a répondu "ma grâce te suffit, c'est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement" (2 Co 12.9). Pourquoi est-ce que notre faiblesse permet pleinement à la puissance de Dieu de se manifester? Parce que si nous n'avions pas conscience de nos limites, de nos échecs, de nos incapacités, nous pourrions dire 'bon, heureusement que Dieu m'a pour me donner un coup de main quand même" et ce serait faux, frères et sœurs: toute la puissance et toute la gloire reviennent à Dieu seul.

Nous vivons dans une société qui place sur nos épaules un poids terrible. Nous vivons dans le culte de la performance. Il faut toujours être au top pour ne pas se laisser dépasser. Il faut être jeune, beau, en bonne santé… Malheur aux lambins et aux canards boiteux! Et puis un jour arrive, où nous allons atteindre nos limites physiques, mentales, etc…Nous sommes amenés à reconnaître que nous ne pouvons pas aller plus loin, amenés à reconnaître notre faiblesse.
Et bien frères et sœurs, le Royaume de Dieu est fait pour ceux qui savent qu'ils sont des vases d'argile. Pour ceux qui reconnaissent qu'ils ont besoin d'un Sauveur parce qu'ils ne peuvent pas se sauver eux-mêmes. Pour ceux qui reconnaissent qu'ils n'ont qu'une main vide à présenter à Dieu. Pour ceux qui reconnaissent que si Dieu veut les aimer, ce n'est pas parce qu'ils sont aimables ou qu'ils l'ont mérité, mais parce qu'il est amour. Nous ne sommes pas des vases d'albâtre recouverts de pierres précieuses. Nous sommes des vases d'argile.
Dieu aurait pu se servir d'anges pour annoncer le message de Jésus-Christ. Ils auraient peut-être fait du meilleur boulot. Mais le Père a choisi de simples hommes, ô combien imparfaits, pour prêcher la Parole et administrer les sacrements avec des choses aussi simples que de l'eau, du pain et du vin. Le Père nous a choisi, nous tous, pour que nous soyons ses témoins là où il nous a placés!
Ca semble dérisoire n'est-ce pas? Oui, et c'est précisément pour cela que la puissance de Dieu s'accomplit en nous, par sa grâce.
Le Père a répandu en nous le trésor de l'Evangile, son amour pour nous et pour le monde. Alors, restons ouverts pour que ceux qui ne le connaissent pas puissent le voir, au sein des humbles récipients que nous sommes, pour la plus grande gloire de Dieu. Amen.