dimanche 9 mai 2010

APOCALYPSE 21.10-23





21.10
Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu. 21.11
Son éclat était semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal.

21.12
Elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes, et sur les portes douze anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël:
21.13
à l'orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes, et à l'occident trois portes.
21.14
La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l'agneau.
21.15
Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d'or, afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille.
21.16
La ville avait la forme d'un carré, et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva douze mille stades; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales.
21.17
Il mesura la muraille, et trouva cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, qui était celle de l'ange.
21.18
La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or pur, semblable à du verre pur. 21.19
Les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de pierres précieuses de toute espèce: le premier fondement était de jaspe, le second de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d'émeraude,
21.20
le cinquième de sardonyx, le sixième de sardoine, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d'hyacinthe, le douzième d'améthyste.
21.21
Les douze portes étaient douze perles; chaque porte était d'une seule perle. La place de la ville était d'or pur, comme du verre transparent.
21.22
Je ne vis point de temple dans la ville; car le Seigneur Dieu tout puissant est son temple, ainsi que l'agneau.
21.23
La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer; car la gloire de Dieu l'éclaire, et l'agneau est son flambeau.



Chers frères et soeurs,

Nous continuons aujourd'hui notre parcours dans le livre de l'Apocalypse. Si vous étiez là dimanche dernier, vous vous êtes sans doute rendu compte que notre texte de ce matin répète en partie celui de la semaine dernière. C'est toujours la vision du ciel qui a été accordée à Jean.
Jean pensait sans doute qu'il allait mourir, exilé et isolé dans l'île de Patmos, rendu inutile dans le plan de Dieu par son bannissement. Mais Dieu lui a donné de grandes choses à voir et à dire. Durant les semaines qui viennent de s'écouler, nous avons vu certaines de ces choses: comment l'Agneau, Jésus, est au centre du trône; comment les 24 anciens et les anges et toutes les créatures l'adorent, comment nous allons vers un nouvelle création où Dieu dera toutes choses nouvelles. Quel changement! Un changement de dimension cosmique!!
Est-ce que vous aimez les changements? Ca dépend lesquels me direz-vous sans doute... Le fait est que des changements, il y en a beaucoup dans nos existences. Souvent nous ne nous y attendons pas, et il n'est pas facile d'y faire face. Mais si nous croyons en Jésus, nous avons l'assurance bénie que le dernier changement qui aura lieu dans nos vies nous amènera au ciel. D'une certaine façon, peu importent les changements, bons ou mauvais, attendus ou inattendus qui vont survenir, une chose est sûre et certaine: notre salut.
Notre salut qui est toujours décrit dans la Bible comme le produit de la foi seule. Que faut-il faire pour être sauvé? Croire au Seigneur Jésus, rien de plus rien de moins. Dans la lettre aux Hébreux, nous lisons que « la foi est l'assurance des choses qu'on espère, la démonstration des choses que l'on ne voit pas. C'est à cause d'elles que les anciens ont reçu un témoignage favorable » (Héb 11.1-2). Ici, et dans la suite de ce passage d'Hébreux, l'auteur nous explique comment les croyants de l'Ancienne Alliance attendaient la venue du Messie, le sauveur que Dieu avait promis. Vous et moi, croyants de la Nouvelle Alliance attendons son retour, quand il viendra « pour juger les vivants et les morts ». En fait, comme Jean le décrit pour nous ce matin,nous attendons la Nouvelle Jérusalem. Nous l'attendons en sachant deux choses:
ses portes sont ouvertes
la gloire de Dieu brille sur elle

Au début de notre passage, nous voyons Jean « transporté en esprit au sommet d'une grande et haute montagne ». Jean est transporté en esprit par ce que la vision qu'il va recevoir est une vision spirituelle, qui n'est pas du domaine du matériel pur. Nous, aussi, nous devons apprendre à considérer ce que nous vivons avec le recul que nous donne la foi. Jean est sur une montagne et il contemple. Cela nous rappelle Moïse qui, sur une montagne, a pu contempler le pays promis avant de mourir. Cela nous montre à quel point les choses de l'Ancien Testament sont très souvent des préfigurations matérielles des réalités spirituelles de la Nouvelle.

La vision qui est donnée à Jean est trop grande pour être contenu par des paramètres humains. Jean voit de nouveau la Nouvelle Jérusalem (nous en avons parlé la semaine dernière, le sermon est sur le blog) et il en donne une description très concrète:
Elle avait un grande et haute muraille. Elle avait douze portes et sur les portes douze anges. (v.12)
Une muraille. A quoi ça sert? A protéger. Nous avons vu dimanche dernier, que ce qui caractérise avant tout la Nouvelle Jérusalem, c'est la présence de Dieu. En fait, en forçant un peu le trait on pourrait dire que là où Dieu est présent, la Nouvelle Jérusalem est déjà présente. Et bien, les murailles nous montrent que si Dieu est avace nous, nous sommes en sécurité. « Le Seigneur est mon roc, ma forteresse et mon libérateur. Il est mon Dieu, le rocher où je me réfugie, mon bouclier, l'arme de ma victoire, ma citadelle ». Ainsi parle David dans le psaume 18, et un chant que nous connaissons bien nous permet de proclamer « c'est un rempart que notre Dieu, une retraite sûre ». Etes-vous fatigués des agressions de la vie? Allez vers le Seigneur!

Jean nous dit aussi que la Nouvelle Jérusalem a des portes. On peut passer par ces portes pour y entrer: on n'a pas à escalader ses hauts murs. Les anges accueillent ceux qui ont achevé leur pélerinage terrestre et vont accèder à la Cité Sainte. La ville compte douze portes: 3 à l'est, 3 au nord, 3 au sud et 3 à l'ouest qui portent les noms des douze tribus d'Israël. Le chiffre 12 revient d'ailleurs constamment dans la description de Jean. Ainsi, la ville a la forme d'un cube de 12000 stades (au passage, peut-être que votre Bible traduit 2200 km: c'est utile en termes de compréhension, mais cela vous fait manquer le fait que les dimensions de la ville sont de 12: le nombre du peuple de Dieu x 1000 le chiffre de l'accomplissement). De la même façon, certaines traductions nous disent que la muraille fait 72 mètres de hauteur. C'est intéressant, mais je préfère savoir que c'est 144 coudées (12x12). Au passage, nous percevons bine là que ces mots n'invitent pas à une interprétation littéraliste!
Tout cela nous rappelle le Tabernacle de l'Ancien Testament. Lui aussi était de forme cubique, et lui aussi était entouré des 12 tribus d'Israël. Et encore une fois, le Tabernacle était le symbole de la présence Dieu!

Nous avons en fait ici une fusion de l'Ancien et du Nouveau Testament. Jean continue et nous dit: la muraille de la ville avait douze fondations; elles portaient les douze noms des douze apôtres de l'Agneau (Jésus) v.14.
La muraille a des fondations. C'est normal, c'est nécessaire: aucun édifice ne peut durer sans fondations solides. Nous avons donc le nom des 12 tribus d'Israël sur les portes et le nom des 12 apôtres sur les fondations. 12, toujours le nombre du peuple de Dieu, uni par la même espérance dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament (je n'en dis pas plus, car nous parlerons de ça le jour de la Pentecôte!).

Notez bien que ce sont les douze apôtres qui sont les fondations de la Cité: pas seulement Pierre comme voudrait nous le faire croire une certaine théologie! Dans sa lettre aux Ephésiens, Paul s'adresse à des chrétiens. Il leur rappelle qu'ils étaient auparavant éloignés et séparés de Dieu m ais que le Seigneur a fait d'eux son peuple « Ainsi vous n'êtes plus des étrangers et des exilés, mais vous êtes des concitoyens des saints, membres de la maison de Dieu. Vous avez été construits sur les fondations constituées par les apôtres et les prohètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre d'angle » 2.20


Jésus-Christ est la pierre d'angle, la base de la construction. C'est quelque chose que nous devons toujours avoir à l'esprit.
Il y en a beaucoup qui essaient de bâtir sur d'autres fondations, comme les enseignements des hommes. Il y en a qui voudrait poser dans l'Eglise une autre pierre d'angle que Jésus. C'est ce qui arrive à chque fois que l'autorité de la Bible est remise en cause, qu'on préfère la remplacer par je ne sais quel discours sans doute plaisant aux oreilles humaines mais qui ne vient pas de Dieu. C'est ce qui arrive quand Jésus n'est plus au centre de la prédication, mais qu'il n'est plus qu'une vague référence d'une moralité gentillette. C'est ce qui arrive quand on fait encore de grandes phrases sur Dieu en oublinat que nous ne peut être connun qu'en Christ.
Faisons bien attention frères et soeurs, l'enjeu est trop important! Si Christ n'est plus la pierre angulaire de notre foi, celle-ci va s'effondrer. Si Christ n'est pas la pierre d'angle, alors vous et moi sommes perdus et le monde n'a plus d'espoir. Dieu nous a donné la victoire en Jésus, par sa croix.
Nous trouvons ces paroles en Colossiens 2:
"Vous qui étiez morts en raison de vos fautes et de l'incirconcision de votre corps, il vous a rendu la vie avec lui. Il nous a pardonné toutes nos fautes. Il a effacé l'acte rédigé contre nous qui nous condamnait par ses prescriptions et il l'a annulé en le clouant à la croix. Il a ainsi dépouillé les dominations et les autorités et les a données publiquement en spectacle en triomphant d'elles par la croix" (2.13-15)

La croix est un des symboles de notre foi chrétienne. C'est parce que par ce qui était un instrument de mort, Jésus a fait un instrument de victoire contre Satan et son pouvoir. Christ a amené son ennemi vaincu à son cortège de triomphe! De nos jours, de plus en plus de gens choisissent leur spiritualité; ils se font de Dieu l'image qui leur convient et l'idée selon laquelle Jésus est le seul chemin du salut et de la libération est de moins en moins acceptable. Alors faisons attention, reston sur nos gardes, car il est facile de flancher, de se laisser influencer par la petite musique du relâchement! Continuons à avoir Jésus comme pierre d'angle de notre foi, et nous pourrons bâtir quelque chose de solide!

Nous avons parlé ce matin de murailles et de portes. Jésus aussi a parlé de portes pour décrire notre salut. Le Seigneur nous dit que nous sommes tous mis devant un chemin, celui de la vie, que nous pouvons prendre, avec l'aide du Saint Esprit. En Matthieu 7.13, Jésus dit « entrez par la porte étroite, car large est la porte et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent pas là. Mais étroite est la porte et resseré le chemin qui mènent à la vie et il y en a peu qui les trouvent ».
Frères et soeurs, entrons pas la porte étroite, qui nous mènera à celles de la Nouvelle Jérusalem. En Christ, nos fautes sont pardonnées et nous pouvons prendre le chemin d'une vie nouvelle. Dieu, dans sa grâce, nous a ouvert la porte.


Jean continue de contempler la cité, et c'est sans doute une vision grandiose.


Mais ce qu'il y a de plus beau c'est ce verset qui dit qu'elle « rayonnait de la gloire de Dieu » (v.11). En fait, littéralement, il faudrait traduire « elle avait la gloire de Dieu ». Une gloire, une lumière que l'apôtre va plus loin comparer à celle des pierres précieuses (21.18-20, ce qui nous renvoie aussi à l'Ancien Testament).
Plusieurs choses nous aident à mieux comprendre cet aspect de la gloire de Dieu.
D'une part, il n'y a plus de temple dans la Nouvelle Jérusalem (v.22). Rappelez-vous que pour les Juifs, le temple de Jérusalem était le centre de la vie religieuse, là où ils venaient en pélerinage pour les grandes fêtes et pour apporter leurs sacrifices. Et bien dan sla Nouvelle Jérusalem il n'y a plus de temple car « le Seigneur Dieu tout-puissant est son temple, ainsi que l'agneau ».
C'est une des grandes vérités de la Nouvelle Alliance: ceux qui adorent Dieu l'adorent en esprit et en vérité. Nous n'avons plus à passer par des rituels formalistes, nous n'avons plus à faire des milliers de kilomètres pour nous trouver dans un endroit précis: notre louange est spirituelle. La gloire de Dieu ne se trouve plus cantonnée dans le saint des saints, mais elle a été déversée sur chacun de nous. C'est que cette gloire a un élement principal. Quand Moïse a demandé à Dieu de lui montrer sa gloire, le Seigneur a répondu ainsi « je ferai passer devant toi toute ma bonté et je proclamerai devant toi le nom du Seigneur; je ferai grâce à qui je ferai grâce, et j'aurai compssion de qui j'aurai compassion » (Exode 33.19). Bonté, grâce, compassion, tout cela est si rare dans le monde d'aujourd'hui...

Et bien Dieu nous dit que ces choses font partie de sa gloire. La gloire de notre Dieu, c'est la compassion, la grâce,la bonté, l'amour en un mot. Dieu nous a montré complètement sa gloire en nous donnant son Fils Jésus-Christ pour être notre Sauveur, il nous a montré l'étendue de sa grâce et de sa compassion à nous qui étions des pécheurs.

L'autre élément dont je voulais vous parler pour mieux comprendre la gloire est une autre absence: celle de la Lune et du Soleil (v.23). La ville n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour y briller, car la gloire de Dieu l'éclaire et sa lampe, c'est l'agneau. C'est une référence claire au livre d'Esaïe « tu n'auras plus le soleil pour lumière pendant le jour, ce ne sera plus la lune qui t'éclairera de sa clarté, c'est le Seigneur qui sera ta lumière pour toujours, c'est ton Dieu qui sera ta gloire » (Es 60.19).
Dieu nous a donné sa lumière. Jésus a dit « Je suis la lumière du monde. Celui me suit ne marchera jamais dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8.12).

Nous voyons dès maintenant la gloire et la lumière de Dieu dans l'amour qu'il nous a montré en Christ. Si les circonstances de vos vies vous font douter, si vous ne voyez rien de glorieux, si vous avez l'impression d'avancer dans les ténèbres tournez vous vers Jésus, celui qui vous ouvre les portes de la Nouvelle Jérusalem et qui vous dit « viens! ».

samedi 1 mai 2010

APOCALYPSE 21.1-6





21.1
Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus.
21.2 Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux.
21.3 Et j'entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux.
21.4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.
21.5 Et celui qui était assis sur le trône dit: Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit: Écris; car ces paroles sont certaines et véritables.
21.6 Et il me dit: C'est fait! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement.




Chers frères et soeurs en Christ,

Ca fait un certain temps que les gens de notre génération sont mariés mais je me souviens bien que plusieurs fois, les nouvelles épouses ont ignoré jusqu'au dernier instant la destination de leur voyage de noces.
Ce n'est pas la même chose avec l'Eglise, qui est l'épouse de Christ. L'Eglise , qui est composée de tous les vrais chrétiens, sait où elle va: vers le ciel. C'est là notre destination finale, notre ligne d'horizon en tant que croyants. Peu impote les circonstances de nos vies, si nous avons placé notre foi en Jésus-Christ, c'est là-bas qu'il nous mène.
Mais, le ciel, c'est comment? Notre texte de l'Apocalypse de ce dimanche nous aide à le comprendre un peu mieux. C'est la septième vision qu'a reçu l'apôtre Jean: le Ciel. C'est aussi la dernière.

Il est difficile d'examiner de façon complète tous les aspects de cette vision, et ce que nous allons faire ensemble c'est nous concentrer sur trois pistes qu'elle nous apporte.

Tout d'abord, nous voyons de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Dieu annonce ce qu'il va faire et il veut que nous en saisissions l'étendue. Le Seigneur ne va pas se contenter de réparer notre vieux monde. Ce n'est pas un rafistolage : il va en créer un nouveau. La radicalité de cette nouvelle création, sa différence fondamentale avec l'ancienne, on la trouve dans un détail: la mer a disparu.
Si vous êtes amateur de surf ou de plongée, vous le regretterez peut-être. Mais ce que nous avons là, ce n'est pas une description physique, topographique d'une sorte de paradis de vacances que Dieu crée pour nous, type « beau gîte tout confort, accès à la plage en 5 minutes ».
Ce que cette vision veut nous faire comprendre, c'est l'impact de la présence de Dieu dans le monde. En effet, la mer (les vastes étendues d'eau de façon générale) est souvent dans la Bible le symbole des forces du chaos et de la mort. C'est pour cela que quand Jésus a marché sur l'eau, ce n'était pas un tour de magie: il voulait nous montrer qu'il était maître de la mort et que celle-ci ne pourrait le vaincre. Et c'est parce qu'il avait cette puissance te qu'il voulait la déverser pour nous qu'il a dit à ce moment là « N'ayez pas peur » à ses disciples effrayés.
N'ayons pas peur, frères et soeurs. Nous vivons dans un monde dur, cruel mais il ne durera pas éternellement. Dieu va créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre? A quoi ressembleront-ils exactement? Nous n'en savons rien, mais Dieu et ceux qui lui appartiennent seront tous réunis pour y vivre.

Il y a une seconde image: celle de la cité sainte, la Nouvelle Jérusalem. Au centre du cile pour ainsi dire, il y a une ville. Pour un gars de la campagne comme moi, c'est très dur à accepter. Cette ville, les chapitres 21 et 22 la décrivent à la fois comme le cadre de vie des croyants de la nouvelle création et comme cette communauté elle-même. Nous habiterons la Nouvelle Jérusalem et nous serons la Nouvelle Jérusalem.
Et, encore une fois, ce qui caractèrise le plus la Nouvelle Jérusalem, c'est la présence de Dieu.

Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux (21.3).
Le tabernacle, c'était la demeure de Dieu dans l'Ancienne Alliance, lorsqu'il avançait avec son peuple. De même, en Jean 1.14, comme nous l'avons vu dans les études bibliques de Saint-Maixent il est littéralement dit qu'en Jésus Dieu a « tabernaclé » parmi nous, il a habité parmi nous.

Elle sera sans doute magnifique cette Jérusalem céleste quand nous y serons. Mais le plus important est de savoir qu'alors nous serons au plus près de Dieu ou, plutôt, que Dieu sera tout proche de nous. Et c'est Dieu qui commence ce mouvement. Notez que la Nouvelle Jérusalem descend: ce n'est pas nous qui montons.
Dieu vient vers son peuple pour être avec lui. Sa présence n'est plus celle du tabernale ou du temple de Jérusalem. Il y a une proximité nouvelle, comme celle d'un père pour ses enfants, un père qui prend soin de ses enfants qu'il aime. A ce moment:

21.4 Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.

Certains ne veulent plus parler du ciel. Ils disent que l'Eglise s'est trop longtemps servi de versets comme celui que nous venons de lire pour dire aux plus pauvres: « vous êtes misérables et exploités? C'est très triste mais après tout, l'essentiel pour le Chrétien, c'est le Ciel ». Ils ont raison, mais hélas, la réaction à cette tendance néfaste ne s'est pas vraiment plus positive. Ce n'est pas parce qu'on va contre une erreur qu'on est dans la vérité.
L'Eglise a voulu cessé d'avoir un torticolis à force de regarder vers le Ciel et elle décidé de mettre les mains dans le cambouis des luttes politico-sociales (de droite ou de gauche).Mais le problème, c'est que ce genre de combat tend toujours à vouloir amener le paradis sur Terre. C'est ce que promettait, entre autres, le Marxisme. On a vu les résultats...Je crois que la vision de Jean nous appelle à un pessimisme: il ne s'agit pas de dire que nous ne devons rien faire pour répondre aux grands problèmes humains en tant que citoyens, mais en tant que Chrétiens nous devons aussi toujours nous rappeler qu'aucun système politique ou social n'apporttera jamais le bonheur complet à l'humanité.

C'est Dieu seul qui pourra essuyer toutes nos larmes. Il le pourra parce que, comme nous le montre la troisième partie de la vision, c'est lui qui dirige l'ensemble de l'histoire te donc aussi nos vies personnelles:

21.5 Et celui qui était assis sur le trône dit: Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit: Écris; car ces paroles sont certaines et véritables.
21.6 Et il me dit: C'est fait! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin.

« Je fais toutes choses nouvelles ». C'est un des messages clés qui traverse le livre de l'Apocalypse. « c'est fait »: ce sont des paroles qui font clairement écho au « tout est accompli » que Jésus a prononcé avant de mourir.
Le plan du salut est achevé. La Bible commence avec l'introduction du chaos dans la création et s'achève avec la restaurationde toutes par la puissance de Dieu.Ce sont presque les dernières paroles de l'Ecriture Sainte, mais elles ne sont pas un point final. Au contraire, elles sont une porte ouverte sur la vraie vie.
La vraie vie, voilà ce que tous les humains recherchent en réalité, quelque soit la forme que prend leur recherche. Et Dieu veut nous donner cette vraie vie:
A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement.
Essuyer les larmes, ça veut dire guérir notre passé. Donner à boire l'eau de la vie, c'est assurer notre futur. Et c'est Dieu en fait qui se donne. Il se donne en Jésus qui offre à tous ceux qui croient en lui le pardon de leurs fautes. Dieu se donne: gratuitement, sans que nous ayions à payer un prix quelconque.
Vous connaissez sans doute ces annonces « recevez votre livre gratuitement ». Vous vous en méfiez sans doute, parce que vous savez qu'en fait la compagnie qui vous le propose veut vous vendre quelque chose d'autre.
Et je crois que nous pouvons parfois avoir la même attitude face à la grâce de Dieu. Nous pouvons nous dire « si çe ne coûte rien, c'est que ça n'a pas de valeur » ou bien encor « il n'y a que ce que j'ai payé qui est à moi ».
Mais dans le Royaume de Dieu, il n'y a que ce que nous avons reçu qui est vraiment à nous. La question est: est-ce que nous avons vraiment soif? Est-ce que nous voulons être rassasiés? Est-ce que nous voulons boire de cette eau de vie que le Seigneur veut nous offrir?

Ce tetxe invite notre réponse. Réponse à l'offre du salut que Dieu nous adresse. Réponse aussi, en tant que croyants, à la réalité qui est décrite dans ce passage. Pour résumer,
-la nouvelle création n'est pas quelque chose que nous accomplissons. Ce n'est pas à nous de la façonner de la contruire. Encore une fois, comme nous l'avons déjà vu tout à l'heure, ce n'est pas à nous d'amener la Nouvelle Jérusalem sur la terre. A chaque fois que l'Eglise a essayé de le faire, ça s'est mal passé. Et à chaque fois que des idéologies non-chrétiennes ont essyé d'apporter le bonheur universel les résultats ont été tout aussi désastreux.
-le fait que nous attendiosn l'avènement de cette nouvelle création n'implique pas que nous cessions de nous préocupper de l'ancienne. Quand j'entends des chrétiens dire que nous ne devons pas nous occuper de l'urgence climatique parce que de toute façon ce monde est appelé à disparaître bientôt, j'ai envie de hurler. La Nouvelle Création n'est pas une sorte de Plan B, une roue de secours, le moyen pour nous de nous laver les mains de ce qui peut arriver dans notre société.
La Nouvelle Création, encore une fois, c'est la pleine présence de Dieu parmi son peuple. Mais de cette présence, nous avons déjà les prémices. Paul dit en Corinthiens « si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création » (2 Co 5.17). Tous ceux qui sont entrés par Jésus dans l'amour de Dieu sont de mini nouvelles créations parce qu'ils connaissent la présence de Dieu. Ils réalisent « je sais que Dieu m'aime, qu'il m'a racheté par le sang précieux de son Fils bien-aimé et qu'il veille sur moi ».
Mais il y a plus, beaucoup plus. Car ceux qui sont de nouvelles créations, ceux qui sont marqués par la présence de Dieu dans leur existence vont aussi être les témoins de cette présence dans le monde.
Cette présence elle commence par notre témoignage quand nous partageons la Bonne Nouvelle avec nos amis, nos voisins. Elle commence quand l'Eglise fait ce qu'elle a à faire pour sécher les larmes de ceux qui pleurent. A ce moment là, Dieu commence sa nouvelle création.
Une nouvelle création que l'on peut deviner dans toute église qui est une communauté centrée sur la Parole et l'amour fraternel est vécu.
Une nouvelle création que l'on peut deviner dans le culte et la prière de l'église locale rassemblée autour de son Seigneur.
Une nouvelle création dont nous voyons les premier signes quand Dieu rassemble le peuple qui lui appartient dans l'église et qu'il y monte sa puissance, pour le salut des humains et pour sa plus grande gloire.

Amen.

dimanche 25 avril 2010

APOCALYPSE 7.9-8.6

Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l'agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains.
10Et ils criaient d'une voix forte, en disant: Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l'agneau.
11Et tous les anges se tenaient autour du trône et des vieillards et des quatre êtres vivants; et ils se prosternèrent sur leur face devant le trône, et ils adorèrent Dieu,
12en disant: Amen! La louange, la gloire, la sagesse, l'action de grâces, l'honneur, la puissance, et la force, soient à notre Dieu, aux siècles des siècles! Amen!
13Et l'un des vieillards prit la parole et me dit: Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d'où sont-ils venus?
14Je lui dis: Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit: Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau.
15C'est pour cela qu'ils sont devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux;
16ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur.
17Car l'agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
1Quand il ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d'environ une demi-heure.
2Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et sept trompettes leur furent données.
3Et un autre ange vint, et il se tint sur l'autel, ayant un encensoir d'or; on lui donna beaucoup de parfums, afin qu'il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui est devant le trône.
4La fumée des parfums monta, avec les prières des saints, de la main de l'ange devant Dieu.
5Et l'ange prit l'encensoir, le remplit du feu de l'autel, et le jeta sur la terre. Et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et un tremblement de terre.
6Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner.





Le silence. Un silence complet dans les cieux. Pendant une demi-heure, rien n'est dit. Rien n'est fait. Tout et tous figés dans un silence absolu pour trente minutes.

Le silence. Je ne sais pas si c'était la même chose quand le livre de l'Apocalypse a été écrit, mais je sais que pour nous, entourés que nous sommes de radios, de télés, de voitures, d'ordinateurs, de trains et d'avions, le silence est devenu une chose rare. Réfléchissez: quand avez-vous été pour la dernière fois été placé dans un environnement entièrement silencieux?? De toute façon, certains ne peuvent pas supporter le silence, un peu comme ces gens qui emportent leur chaîne même en camping!

Ou peut-on trouver le silence aujourd'hui? Je connais au moins un endroit: dans bien des temples ou des églises avant le début du culte.
Il y a aussi les silences fatigués, quand on rentre épuisé à la maison, qu'on s'écroule sur le fauteuil et qu'on ne dit rien.

Et puis, il y a le silence des drames, comme celui que j'ai vu tomber sur Paris le 11 septembre 2001. Je peux vous dire qu'en revenant à la maison ce jour-là on n'entendait pas les gens parler dans la rue ou dans le métro.

Enfin, il y a le silence du suspense, quand on attend ce qui va arriver.

Par une série de visions, l'Apocalypse stimule notre imagination pour nous faire entrer dans la réalité céleste. L'Apocalypse nous fait entrer dans le Saint des Saints, elle nous fait voir le trône de Dieu. Le livre de Jean, dans un style imagé et poétique nous fait voir l'autre côté de l'histoire, dans la face cachée de ce qui régit nos vies, là où Dieu se trouve.

Notre texte de ce matin est rempli d'action et de bruit. Nous voyons une grande foule de croyants réunie. En langage théologique, c'est l'Eglise Triomphante. C'est la partie de l'Eglise qui, parès avoir vécu sa vie à la lumière de Christ, a achevé sa course, est passé par la dernière épreuve, la mort, et qui a remporté la victoire. Le péché, la douleur,le mal ne peuvent désormais plus les atteindre. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur ambiante...Dieu essuiera toute larme de leur yeux. (7.16,17).

Ils sont en sécurité, pour toujours; ils vivent dans la présence visible de Dieu. Ils le voient en face, dans toute sa lumière glorieuse, une gloire telle que personne ne peut la voir et vivre. Ils ont atteint l'immortalité, et ils peuvent contempler cette gloire. Ils peuvent expérimenter l'amour de Dieu, en fait, ils sont immergés dedans.
Et ils célèbrent Dieu et chantent sa louange. Ils portent des robes blanches et ont des feuilles de palmier à la main, la tenue des grandes célébrations à l'époque de Jean. L'église triomphante célèbre le salut que Jésus lui a donné, l'amour du Père qu'elle a reçu, et les anges le rejoignent pour louer Dieu et l'adorer.
Je ne sais pas comment vous vous représentez cette scène, mais elle est étonnante, grandiose. Ce n'est pas par hasard que ce texte est parfois utilisé lors des obsèques d'un croyant. Ces obsqèques, nous, Protestants, les appelont culte d'action de grâce, car mêrme si nous avons de la peine de voire partir un être cher et un frère dans la foi, nous savons que les croyants rejoignent cette Eglise triomphante qui repose dans le sein de Dieu.
Cette image est une image de triomphe, de victoire, de célébration. De célébration éxubérante, bruyante.

Si nous lisons Apoc 14.2, nous avons une autre facette de cette célébration: j'entendis du ciel une voix qui ressemblait au bruit des grosses eaux, au grondement d'un fort coup de tonnerre. Le son que j'entendis était aussi comme celui de joueurs de harpe jouant de leur instrument.

Je sais qu'ils sont nombreux, mais pour faire un grand bruit avec des harpes, il faut quand même s'y mettre!!
Mais la clameur de la louange va faire place au silence. L'Agneau, Jésus, ouvre le septième sceau (8.1). Les sceux que l'on retrouve dans l'Apocalypse sont les étapes successives de l'histoire humaine. Une autre étape, une autre époque, va commencer. Et le silence se fait. Plus de harpes, plus de chants, plus de cris. Plus rien. Le silence. Le silence dans le ciel pendant une demi-heure.

Et alors que le silence s'épaissit, sept anges s'approchent et reçoivent des trompettes. Un autre ange aussi s'approche. C'est à lui que revient la tâche de présenter les prières des croyants qui vivent dans ce monde ci, dans notre monde. Les Chrétiens qui ont toujours à mener les luttes de la vie, qui doivent faire face aux attaques de l'ennemi, ceux qui sont appelés à vivre leur foi dans un monde cassé, déchu et cruel. C'est ce qu'on appelle en langage théologique l'Eglise Militante. L'Eglise qui se bat, qui combat. Et cette Eglise, elle prie. La prière commune fait partie intégrante du culte que nous partageons ensemble chaque dimanche. Il y a bien des choses que je serai prêt à laisser de côté dans notre liturgie, mais sans doute pas la prière. Et puis, à côté de notre prière commune, il y a aussi notre vie de prière individuelle, que nous menons chacun à notre façon, tout au long de la semaine.

Et bien, ces prières, comme l'encens que reçoit l'ange, s'élèvent vers le ciel. Elles vont l'atteindre.
Prions sans cesse frères et soeurs comme nous y invite Paul, parce que nos prières vont être entendues. Dieu les entend. Chaque requête, chaque soupir, il les écoute.
Christ aussi écoute. Romains 8.34 nous dit « Jésus Christ est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ».
Et dans l'encens qui monte vers le Père, en plus de nos prières, il y a les prières de Jésus pour nous.

Encore une fois, frères et soeurs, imaginez la scène:
la grande gloire du ciel
le flot de nos prières qui monte de la terre
les prières de Jésus
sept anges avec des trompettes
C'est l'attente. Tout est prêt...
mais prêt pour quoi? Pourquoi ce silence, que prépare t'il?
En fait, ce silence nous dit des choses. La prmeière, que j'ai déjà évoquée, est donc que Dieu écoute nos prières. Nous croyons en un Dieu qui nous parle. Mais Dieu nous écoute aussi. Elle est précieuse cette écoute. Quand quelqu'un me dit «j'ai besoind de parler », il a en fait besoin d'être écouté, sinon il pourrait se contenter de parler tout seul. Nous devons, en tant que chrétiens, ne pas nous contenter de parler de Dieu. Il faut que nous parlions à Dieu. Dans la prière, nous entrons en dialogue avec lui. Nous passons de la religion à la relation. C'est le premier point.

Pour illustrer le second, je voudrais citer les mots millénaires de vieux prophètes hébreux à notre monde tellement bruyant, tellement remuant, tellement agité qu'il n'a plus de temps pour Dieu. Habakuk 2.20 Le Seigneur est dans son saint temple. Que toute la terre fasse silanche devant lui!
Sophonie 1.7 Silence devant l'Eternel, silence! En effet, le jour de l'Eternel est proche
Zacharie 2.17 Que toute créature fasse silence devant l'Eternel, car il s'est réveillé et sort de se demeure sainte.

Arrêtez tout. Taisez-vous. Ecoutez. Faites attention: Dieu va agir et il va agir puissament.
Vous vous souvenez de notre petite discussion sur les différents typse de silence? Ici, c'est bien le silence du suspense. Quelque chose va arriver. L'ange dont nous avons parlé mélange l'encens (nos prières) avec le feu de l'autel (symbole de l'esprit de Dieu). Puis il renvoie l'encensoir, virevoltant sur la terre.
Voilà ce qui arrive à nos prières. Elles montent vers le Père qui les reçoit, et elles reviennent sur la terre accomplir sa volonté. Notre prière est puissante, frères et soeurs.
Parfois nous la prononçons les yeux au ciel en nous demandant s'il y a quelqu'un là haut ou si Dieu n'est pas trop occupé pour nous entendre. Mais ce n'est pas vrai. Nos prières vont revenir, chargées de la force de l'Esprit, elles vont ouvrir la porte à l'action du Seigneur dans notre vie. La prière du juste a une grande efficacité dit Jacques dans son épître. Elle n'en a quye parce que Dieu a choisi de s'en servir pour en faire une des causes de son action.
Nous devons arriver à voir nos prières comme une sorte d'éclair inversé, qui part de la terre pour frapper le ciel. Un éclair qui va ensuite revenir frapper nos réalités et nous ouvrir les possibles que Dieu veut placer devant nous.
Les anges aux trompettes se préparent à en sonner; la trompette, c'est le symbole de la proclamation, et quand Dieu parle, il agit. Souvenez-vous des trompettes qui accompagnaient les prières des Hébreux qui marchaient autour de Jéricho. Les murailles colossales de la villes sont tombées. De la même façon, les trompettes divines accompagnent votre prière pour faire tomber les murailles qui se dressent devant nous.

Dieu va agir, il va répondre au prières de son peuple. Le silence dans le ciel n'est pas la marque d'un refus, mais celle d'une préparation. Dieu n'est pas devenu indifférent, Dieu ne nous a pas oubliés alors que nous attendons une réponse à la prière. Mais, dans le silence, il se prépare et il nous prépare à le voir agir.

Nous quittons ce texte avec un appel à la prière, une exhortation à la prière. Prions, frères et soeurs, prions notamment pour notre église. Elle en a besoin car nous savons que l'Adversaire ne veut pas que l'Evangile du Salut soit annoncé. Prions pour l'unité et l'amour entre nous. Prions pour la puissance dans le témoignage auquel nous sommes tous appelés. Prions pour nos frères et soeurs, pour ceux qui s'éveillent à la foi, pour le pasteur et sa famille.
Une prière chaque semaine pour votre église. Voilà ce que je vous demande frères et soeurs. Je vous le demande avec la certitude qu'elle sera entendue et que nous verrons bientôt l'encensoir venir frapper cette terre du Poitou et y répandre le feu de l'Esprit du Seigneur.



Nous sommes de retour!!

Milles excuses pour l'interruption des publications sur ce blog depuis deux semaines. Vous retrouverez bientot les sermons des deux derniers dimanches, qui font partie d'une série sur le livre de l'Apocalypse, que nous lisons cette année durant le temps de Pâques.

vendredi 9 avril 2010

Attention, la séance de caté prévue le 11 avril est annulée.

Par ailleurs, des problèmes techniques nous empêcheront de mettre ce blog à jour la semaine prochaine.

Avec nos excuses et à bientôt.

samedi 3 avril 2010

Luc 24.13-35 (Pâques)




13 Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, éloigné de Jérusalem d'une douzaine de kilomètres.14 Ils discutaient ensemble de tout ce qui s'était passé. 15 Pendant qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha et fit route avec eux, 16 mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.17 Il leur dit: «De quoi parlez-vous en marchant, pour avoir l'air si tristes?»18 L'un d'eux, un dénommé Cléopas, lui répondit: «Es-tu le seul en séjour à Jérusalem qui ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci?» 19 «Quoi?» leur dit-il. Ils lui répondirent: «Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,20 et comment les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont fait arrêter pour qu'il soit condamné à mort et l'ont crucifié.21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour que ces événements se sont produits. 22 Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Elles se sont rendues de grand matin au tombeau23 et n'ont pas trouvé son corps; elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu'il est vivant.24 Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit, mais lui, ils ne l'ont pas vu.»25 Alors Jésus leur dit: «Hommes sans intelligence, dont le coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes!26 Ne fallait-il pas que le Messie souffre ces choses et qu'il entre dans sa gloire?»27 Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.28 Lorsqu'ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin,29 mais ils le retinrent avec insistance en disant: «Reste avec nous car le soir approche, le jour est [déjà] sur son déclin.» Alors il entra pour rester avec eux.30 Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna.31 Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux.32 Ils se dirent l'un à l'autre: «Notre coeur ne brûlait-il pas en nous lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures?»33 Ils se levèrent à ce moment même et retournèrent à Jérusalem, où ils trouvèrent les onze et les autres qui étaient rassemblés34 et qui leur dirent: «Le Seigneur est réellement ressuscité et il est apparu à Simon.»35 Alors les deux disciples racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils l'avaient reconnu au moment où il rompait le pain.



Chers frères et sœurs,
Chers amis,

Il y a dans le langage typique de certains milieux chrétiens une expression "rencontrer le Christ" qui évoque une expérience vécue de découverte de Christ. Comme beaucoup d'expressions toutes faites, elle a le don de m'énerver, mais nous devons bien admettre qu'elle est vraie. Rencontrer le Christ vivant n'est pas une option pour un croyant. Etre Chrétien, c'est rencontrer le Christ ressuscité, et les récits qui racontent les apparitions du Christ vivant à ses disciples après le matin de Pâques en témoignent encore et encore.

Je voudrais avec vous méditer sur l'histoire de ces deux "pèlerins" sur la route d'Emmaüs ce matin. Nous ne savons presque rien d'eux, à part un nom, Cléopas. Nous ne savons pas s'il s'agit de deux amis ou d'un couple, mari et femme. Nous ne savons pas d'ailleurs précisément où se trouvait le village d'Emmaüs. En fait, qu'importe? En l'occurrence, je crois que tout ce flou sur les détails nous aide aussi à nous identifier à ses deux disciples qui cheminent ensemble ce matin là.

Ils discutaient ensemble de tout ce qui s'était passé dit Luc, et sans doute leur dialogue était-il lourd et triste. Ils parlent de la mort de Jésus, et de cette histoire incroyable de tombe vide qu'on leur a rapportée avant qu'ils ne quittent Jérusalem. Une histoire qu'ils ne savaient pas trop comment expliquer mais que, de toute évidence, ils n'ont pas crue. Voilà pourquoi ils s'en vont, le cœur lourd, amer et déçu. C'est à ce moment là que Jésus se met à marcher avec eux. Et c'est là une première bonne nouvelle pour nous: savoir que quand nous sommes en train de nous battre avec le doute, quand nous essayons de trouver un sens à notre vie, quand nous devons faire face à la déception et à la tristesse, Jésus est là, avec nous. En Esaïe, Dieu dit "j'habite dans les hauteurs et la sainteté, mais je suis avec l'homme brisé et abattu, afin de redonner vie au cœur abattu" (57.15).
Oh, bien sûr, les deux disciples ne reconnaissent pas Jésus. Luc nous précise "leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître". Empêchés par leurs propress tristeses et leurs manques de foi? Peut-être. Mais aussi et surtout, je crois, au risque de vous choquer, empêchés par Dieu lui-même. Car si nous croyons en un Dieu qui se montre, qui se révèle, il ne faut jamais oublier que ce même Dieu choisit le moment et la façon dont il se révèle. C'est là un point essentiel de ce texte, et je vous demande de garder cette pensée pour plus tard.
Jésus marche deux à côté des deux pèlerins. "Vous parlez de quoi? Ca n'a pas l'air d'aller??".

"De Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont fait arrêter pour qu'il soit condamné à mort et l'ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël".

Cette réponse est fascinante. Tout d'abord, faites attention aux temps employés: Jésus ETAIT un prophète, nous ESPERIONS que ce serait lui qui délivrerait Israël.
C'est du passé, pour eux, tout est fini. Bien plus, la réponse de Cléopas montre qu'il n'avait rien compris à l'identité et à la mission de Jésus. Pour eux Jésus était un prophète, rien de plus. Bien sûr ils avaient bien espéré qu'il soit le Messie, mais pour eux comme pour beaucoup de juifs de l'époque, le Messie devait être le libérateur qui viendrait les délivrer de l'occupation romaine manu militari. Ils pensaient que Jésus allaient écraser les occupants. Mais il était mort, et avec lui leurs espoirs et leur foi. Pourquoi? Parce que ce qu'ils attendaient ne pouvait pas être fait par un Messie crucifié comme le dernier des bandits.
Cléopas demande à celui qui les a rejoints "es-tu le seul à ne pas savoir ce qui s'est passé ces jour-ci à Jérusalem??". En fait, Cléopas ne savait pas ce qui s'était passé à Jérusalem. Il connaissait les évènements qui s'étaient produits mais il n'en saisissait pas le sens.

Alors Jésus doit tout reprendre à zéro. "Hommes sans intelligence, dont le coeur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes! Ne fallait-il pas que le Messie souffre ces choses et qu'il entre dans sa gloire?". Ce que Jésus va expliquer, en se basant sur les promesses de l'Ancien Testament, c'est que le Messie annoncé ne devait pas venir dans la puissance et la force mais vivre dans la faiblesse et expier par sa mort les péchés des hommes. Quels textes Jésus a-t-il utilisés? Nous n'en savons rien, mais peut-être s'est il servi d'Esaïe 53 que nous avons lu lors du Vendredi Saint.
3 Méprisé et délaissé par les hommes, homme de douleur, habitué à la souffrance, il était pareil à celui face auquel on détourne la tête: nous l'avons méprisé, nous n'avons fait aucun cas de lui.4 Pourtant, *ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé. Et nous, nous l'avons considéré comme puni, frappé par Dieu et humilié.5 Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes: la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et *c'est par ses blessures que nous sommes guéris.6 Nous étions tous comme des brebis égarées: chacun suivait sa propre voie, et l'Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous.

Le Messie ne devait pas être un guerrier libérateur. Le Messie devait être un serviteur souffrant dont le sang devait couler pour que nous soyons purifiés de nos fautes. Ce que Jésus est en train de dire, de faire comprendre en se servant de la Parole de Dieu.
C'est là quelque chose d'essentiel. Nous parlons ce matin de rencontrer Jésus. Encore faut-il rencontrer le vrai Jésus, le Jésus dont la Bible rend témoignage, le Jésus confessé depuis des siècles par la véritable Eglise dans le Credo de Nicée-Constantinople. Pas un de ces Jésus alternatifs tels que beaucoup de pseudo-théologies en fabriquent, pas une sorte de Che Guevara palestinien, pas une espèce de gourou New Age, non, le vrai Christ. Ce vrai Jésus, nous le connaîtrons à travers la Parole lue, méditée, écoutée dans la prédication de l'Eglise. Les deux pèlerins avaient une vision du Messie totalement opposée à celle de Jésus et de la Bible. Voilà pourquoi ils n'ont d'abord pas pu le reconnaître. Mais si nous rencontrons le Christ de l'Ecriture, vrai homme et vrai Dieu, par les blessures duquel nous sommes guéris, alors notre cœur commencera à bruler d'un feu nouveau.

C'est ce qui arrive aux deux pèlerins alors que cet étranger bizarre. Mais ils ne sont pas encore arrivés à Emmaüs. Cela c'est une autre étape, à laquelle nous devons aussi arriver.
Car une fois arrivés dans le village, les deux compagnons disent à Jésus "reste avec nous". Qu'elle est belle cette parole: "reste avec nous". Nous qui brûlons à l'écoute de la Parole de Dieu, allons-nous le laisser s'éloigner ou allons-nous lui demander de se manifester pleinement? Pas si nous suivons l'exemple de pèlerins. Mais alors, il faudra lui ouvrir notre maison. Comme l'a dit Mickaël Oxen "Ouvrir nos portes, dire: reste avec nous, c'est accepter de remettre complètement en cause notre religion personnelle, nos idées sur le Christ pour nous mettre à l'écoute de la Parole de Dieu".
A cette présence que vous pouvez ressentir à vos côtés, dites "reste avec nous".
C'est alors que nous nous ouvrirons à la grâce d'une rencontre complète avec le Christ. En effet, une fois installés, il faut bien manger. "Jésus prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna". Ca ne vous rappelle rien tout ça??
Oui, c'est à ce moment que les yeux des disciples s'ouvrent totalement, et qu'ils reconnaissent celui qui, la nuit où il fut livré, prit du pain et, après avoir rendu grâce le rompit et le donna à ses disciples en disant "prenez mangez ceci est mon corps qui est donné pour vous", le corps du Fils de Dieu brisé pour le pardon de nos fautes.

Et tout de suite après, Jésus disparaît. Pourquoi? Pour montrer son pouvoir? Non, je crois que Luc veut ici nous montrer qu'il est plus important pour nous de voir Jésus dans la Parole et les sacrements que dans sa chair. Il est plus important de rencontrer le Christ vivant dans la Parole et les sacrements avec les yeux de la foi que de le voir avec les yeux de notre tête.
Et le reste de l'histoire nous le prouve(Lc 24. 35-49) ; les deux disciples retournent à Jérusalem et qu'est-ce qui se passe? :

Les amis de Jésus sont rassemblés
Jésus apparaît au milieu d'eux
La Parole est annoncée
Un repas est partagé

Exactement comme dans l'histoire des pèlerins d'Emmaüs. Exactement comme dans les autres Evangiles où l'on retrouve le même schéma: disciples rassemblés, présence de Jésus, écoute de la Parole, partage du pain. Exactement comme dans le livre des Actes où Luc décrit ainsi la jeune église: ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres (Parole), dans la communion fraternelle (rassemblement) dans la fraction du pain et dans les prières (repas) (Actes 2.42).

Est-ce que vous voyez où je veux en venir? Le culte de la première église était fondé sur l'expérience de la rencontre avec le Christ ressuscité! Car nos cultes n'ont pas d'autre raison d'être que de rencontrer le Christ vivant. Nous nous rassemblons, nous écoutons la Parole, nous rompons le pain ensemble et nous sommes assurés de la présence de Christ au milieu de nous. Dieu nous a donné sa Parole et le sacrement de la Cène pour que nous puissions y rencontrer Christ.

Si, dans votre spiritualité, il n'y pas de place pour une rencontre réelle avec Jésus dans le pain et le vin consacrés, changez de spiritualité: elle n'est pas biblique. Vous vous privez d'une bénédiction, et la même chose arrive quand vous négligez la lecture et la méditation de la Parole de Dieu.Nous avons tous besoin de nourrir notre foi à ces deux canaux que Dieu nous ouvre dans sa bonté. Nous avons besoin d'eux pour avoir la force, comme les pèlerins d'Emmaüs, comme les premiers chrétiens, d'aller dire aux autres: "Jésus est ressuscité!" afin qu'ils puissent le rencontrer comme leur Seigneur et leur Sauveur.

vendredi 2 avril 2010

Jean 18.39 (Vendredi Saint)





Chers frères et soeurs,
Chers amis,

N'avez-vous jamais ressenti de la satisfaction en pouvant dire, une fois un gros travail achevé "c'est fait, c'est terminé"? Ce soir, je voudrais passer quelques moments avec vous pour méditer sur le sens des derniers mots de Christ en croix "tout est accompli".

Tout est accompli. Jésus est mort avec ces mots à la bouche. Tout est accompli, mais qu'est-ce que "tout"? Qu'est-ce que Christ a voulu dire?
Tout d'abord, il faut comprendre le sens général de ces mots, qui en fait , en grec n'en sont qu'un : tetelestai . Tetelestai, cela veut dire c'est terminé, c'est fini; le travail est fait, et il n'y aura plus à y revenir. Tetelestai, ce n'est pas un langage sacré, c'est une expression de tous les jours de la langue de l'époque.

Imaginez que vous vous retrouviez dans le monde méditerranéen de l'époque de Jésus.
Vous entendriez un serviteur dire tetelestai à son maître pour lui dire que le travail qui lui a été confié a été fait.
Vous entendriez un prêtre dire tetelestai en parlant d'un sacrifice offert par quelqu'un pour dire qu'il est accepté.
Vous entendriez un marchand dire tetelestai en parlant d'une dette contractée et totalement payée.
Vous entendriez un artiste, prenant du recul pour contempler l'œuvre à laquelle il vient de donner la dernière touche dire tetelestai. C'est terminé.
Sachant tout cela, tournons-nous à présent vers notre Seigneur pour comprendre ce que tetelestai a pu vouloir dire dans sa bouche.

Le premier élément, je crois, est que la vie terrestre de Jésus était terminée. Ce sont les dernières paroles d'un mourant qui sait que son heure est venue. Jésus a connu une vie en tous points semblable à la nôtre, avec une différence fondamentale: il était sans péché. Mais à présent cette vie allait s'achever. Christ le savait. Et ce n'était pas simplement le réalisme d'un mourant se rendant compte qu'il arrive au bout, non, beaucoup plus profondément que cela Jésus a accepté de mourir. Le seul homme qui n'avait pas à mourir a accepté de le faire, pour vous. Christ avait annoncé sa mort, il savait où son chemin le menait "Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l'enlève, mais je la donne de moi-même" (Jean 10.17-18). Jésus a accepté de mourir afin que par sa mort la puissance de la mort dans nos vies soit vaincue et pour que nous puissions recevoir le salut et l'espérance de la résurrection.

Deuxièmement, c'était l'œuvre de Jésus, sa mission, qui était achevée. On dit que certains grands hommes (ou considérés comme tels) ont, au moment de mourir, exprimé le regret de ne pas avoir fait plus, d'avoir encore tant à accomplir.
Jésus n'est pas mort en laissant derrière lui une tâche inachevée. Il avait à mener l'œuvre la plus importante: le salut du monde, et il l'a accomplie. Tetelestai. Tout est accompli. Jésus avait reçu une mission du Père. Avant d'être arrêté, Jésus a dit "Père, j'ai révélé ta gloire, sur la terre, j'ai terminé ce que tu m'avais donné à faire" (Jean 17.4). Jésus a accompli tout ce qu'il fallait pour que nous puissions être sauvés, pour que nous puissions retrouver la communion avec Dieu et avec les autres.
Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a fait devenir péché pour nous afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu dit Paul (2 Co 5.21). Jésus a vécu une vie parfaite à notre place. Jésus a payé pour nos fautes à notre place. Tout est accompli. Il n'y besoin de rien d'autre, de votre part ou de quiconque. Vous n'avez qu'accepter par la foi cette bonne nouvelle.

Troisièmement, ce que nous voyons en Christ, c'est l'accomplissement des Ecritures. Dieu avait promis en Genèse que le Sauveur naîtrait d'une femme et cela s'est accompli (Gen 3.15, Gal 4.4). Dieu avait dit que le Sauveur naîtrait d'une vierge par la bouche du prophète Esaïe (7.14) et cela s'est accompli ( Mt 1.18). Le prophète Michée avait annoncé que le Messie naîtrait à Bethléem et cela s'est accompli (Mich 5.2). L'entrée triomphale à Jérusalem a été annoncée par Zacharie et cela s'est accompli, comme nous avons pu le voir dimanche dernier lors du culte des Rameaux. Dans ce culte du Vendredi Saint, nous ne lisons pas seulement les Evangiles qui racontent la mort du Seigneur. Nous lisons aussi, et c'est très important, les textes de l'Ancien Testament qui annoncent la venue du Messie et qui nous montrent que Jésus était bien le Sauveur promis parce qu'il les a accomplis.
Esaïe 53 a annoncé le rejet du Christ par les hommes. Le même texte a décrit sa terrible agonie des centaines d'années avant que les soldats romains ne mettent la croix en place pour le supplice. La crucifixion a aussi été prédite dans le psaume 22 et nous savons tous que cela s'est accompli.

Il y a dans l'Ancien Testament plus de 300 prophéties concernant le Messie qui se sont accomplies dans la vie de Jésus. Ce que cela nous montre, c'est que Christ a accompli les promesses de Dieu, qui avait dit aux humains qu'il leur enverrait un sauveur. Jésus est l'accomplissement du colossal plan de salut que Dieu a fait courir sur plusieurs siècles, ce plan de salut, qui, aussi impressionnant qu'il soit ne vous en concerne pas moins directement. L'amour de Dieu pour vous vient de loin, de très loin. Il a été accompli en Christ.

Enfin, Jésus a été l'accomplissement de l'expiation.
Jésus a un jour résumé ainsi sa mission "Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Luc 19.10). Et Paul nous dit que Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs (1 Tim 1.15). Les pécheurs que nous sommes tous ne pouvaient être trouvés que sous la domination de la mort et sous la condamnation de Dieu. Les pécheurs que nous sommes ne pouvaient être sauvés que par une personne prenant leur place et portant leur culpabilité. IL fallait que nos fautes soient lavées dans le sang d'un être innocent. Il fallait que les exigences justes et droites de la Loi de Dieu soient satisfaites, que la dette de notre péché soit entièrement effacée par quelqu'un qui paierait pour nous. Et c'est sur la Croix que tout cela s'est accompli.

Tout ce vers quoi l'Ancien Testament pointait a été achevé en Christ. Les peaux d'animaux dont Dieu a couvert Adam et Eve après la chute, le refuge de l'arche de Noé, la protection offerte aux Israelites par le sang de l'agneau disposé sur leurs portes, tout cela pointait vers ce qui allait pleinement se développer en Jésus.

Esaïe dit comme nous l'avons entendu tout à l'heure "l'Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous". Dieu a fait retomber mes fautes sur Christ, elles ne sont plus sur moi. Bien sûr, il y a toujours du péché en moi, mais je ne porte plus sa condamnation. C'est une distinction vitale. Vous avez peut-être entendu parler la semaine dernière de cet américain marié à une française qui vit depuis des années dans le couloir de la mort d'un pénitencier texan et qui s'est vu accorder une grâce supplémentaire. Cet homme est sous le coup d'une condamnation à mort. De la même façon, ceux qui ne croient pas que Christ leur donne le salut sont sous le coup de la condamnation de Dieu. Mais pour ceux qui ont reçu Christ, il n'y a plus de condamnation, il n'y a plus de culpabilité: elles ont été portés par Christ. Et parce qu'il a dit "tout est accompli" tout peut être accompli pour vous.

Ces paroles prononcées il y a près de 2000 ans vous concernent. Christ vous a donné le salut, il a vaincu le péché et la mort, il a accompli les Ecritures et le plan divin du salut. Alors, cessez de vouloir vous en sortir seuls. Cessez de vous demander si vous avez assez de foi pour être acceptés par Dieu. La seule question, c'est de savoir si votre foi est tournée ou non sur Jésus et sur lui seul. Vous n'avez rien à présenter à Dieu, c'est lui qui vous dit "tout est accompli". Cette parole, recevons-là, croyons-là et reposons nous sur celui qui a tout accompli pour nous.

Amen.