dimanche 20 décembre 2009

Philippiens 4.1-7 (4ème Avent)

Phi 4:1 C'est pourquoi, mes bien-aimés, et très chers frères, vous qui êtes ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés!
Phi 4:2 J'exhorte Évodie et j'exhorte Syntyche à être d'un même sentiment dans le Seigneur.
Phi 4:3 Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l'Évangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d'oeuvre, dont les noms sont dans le livre de vie.
Phi 4:4 Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous.
Phi 4:5 Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.
Phi 4:6 Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.
Phi 4:7 Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus Christ.



Chers frères et sœurs,

Il est beaucoup question de joie aux alentours de Noël. Pourtant, nous devons bien admettre que cette époque de l'année n'est pas joyeuse pour tout le monde, et les lumières, les sourires, tout le décorum de ce mois de décembre n'arrange pas les choses. C'est que la joie authentique, la joie qui vient de la Bonne Nouvelle de Noël est devenue bien rare. Alors, les télés, les radios, la famille et les amis même peuvent bien nous dire d'être joyeux: cela ne se décide pas!

Voilà pourquoi, quand Saint Paul dit "réjouissez-vous toujours", il s'empresse de rajouter "dans le Seigneur". Ca fait toute la différence. Vous vous souvenez peut-être de ce que l'ange a dit aux bergers : "ne craignez point, car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie: c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est Christ, le Seigneur" (Luc 2.10-11). Notre grande joie vient de la bonne nouvelle: de l'évangile, du fait que nous avons un Sauveur qui est Christ, le Seigneur.

Jésus est Seigneur parce qu'il est notre Sauveur. Un seigneur domine. Il peut le faire de diverses façons. Si vous avez un maître qui vous force à faire ce que vous ne voulez pas, vous ne serez jamais heureux. Mais un maître qui règne sur vous en vous sauvant de vos pires ennemis et en vous libérant de l'esclavage vous donnera la vraie joie. Et c'est exactement ce que Jésus fait.

Jésus est Dieu, de toute éternité. Il a pris chair humaine dans le sein de la Vierge Marie. Qu'est-ce que ça veut dire pour nous? Est-ce que le fait que Jésus soit Dieu vous fait peur? Après tout, si Jésus est Dieu, il a donné la Loi à Moïse, la Loi qui dévoile et accuse notre péché. Si Jésus est Dieu, cela veut aussi dire qu'il est le juge des hommes et que tous devront lui rendre compte. Si Jésus est Dieu cela veut dire qu'il sait tout de vous, y compris ce que vous avez caché à tout le monde.

Si vous vivez encore dans l'esclavage du péché et sous la condamnation de la Loi, la proximité de Jésus a de quoi vous effrayer. Mais si vous connaissez Jésus pour ce qu'il est vraiment; la source de salut pour ceux qui se repentent et qui croient, alors l'avoir à vos côtés est la pensée la plus rassurante qui soit.
Comme le dit le prophète Esaïe, dans un passage que nous avons lu la semaine dernière:
Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée. (chap.40)

La raison pour laquelle nous pouvons bannir l'anxiété est que Jésus, notre Sauveur est proche. Il est venu à Noël comme un nouveau-né porté par une humble vierge. Il est venu dans l'humilité. Il vient aujourd'hui dans l'Evangile et les sacrements. IL vient vers tous ceux qui se tournent vers lui d'un cœur sincère. Il vient avec grâce et compassion. Il reviendra juger les vivants et les morts, et si nous le connaissons, nous n'avons rien à craindre de ce jugement final.

Dans notre texte, Paul nous dit que nous devons nous réjouir parce que le Seigneur est proche. Christ revient bientôt, et cette nouvelle, loin de nous effrayer, met la paix dans nos âmes.
Jésus est venu et grâce à lui nous pouvons connaître Dieu. Nul ne vient au Père que par moi à dit le Christ. Si nous essayons de savoir qui est Dieu sans passer par Jésus, nous sommes comme des aveugles qui essaient de trouver une aiguille dans une botte de foin par une nuit sans lune. Vous ne pourriez pas être sûr que Dieu vous aime, qu'il est un Dieu de grâce, si Jésus n'était pas venu.
Jésus reviendra pour le grand jugement; cependant, il n'est pas venu pour nous accuser mais pour nous sauver. En fait, Jésus ne vous demande rien. Il vous a déjà tout donné! Jésus est venu nous aimer et par cet amour nous pouvons échapper à la condamnation qui pèse sur nous.
Réjouissez-vous dans le Seigneur. Réjouissez-vous en Jésus-Christ. Si vous avez Jésus, vous avez toujours une raison de vous réjouir. Si vous n'avez pas reçu le pardon de vos fautes, vous n'avez aucune raison de vous réjouir vraiment. Si vous placez votre confiance dans vos "bonnes œuvres", dans le fait que vous n'êtes pas trop mal après tout, vous n'avez aucune raison de vous réjouir vraiment.
La vraie joie ne vient qu'avec la vraie foi, et la vraie foi ne vient qu'avec le vrai Evangile qui nous révèle le vrai Dieu! Voilà pourquoi nous venons dans cette église: pour entendre la parole du vrai Dieu: ce Dieu qui s'est incarné en la Vierge Marie, dont le corps a été cloué sur une croix pour notre salut. Nous pouvons nous réjouir dans ce Dieu-là!
Frères et sœurs, alors que nous célébrons le dernier dimanche de l'Avent, je vous invite à entrer vraiment dans la saison de Noël.
La vraie joie de Noël, ce n'est pas dépenser sans compter comme voudrait nous le faire croire la société marchande qui salit tout ce qu'elle touche.
La vraie lumière de Noël, ce n'est pas celle qui couvre nos villes et nos centres commerciaux.
La vraie joie et la vraie lumière de Noël, c'est Jésus qui nous les donne, car il est le Sauveur que dieu nous a envoyé. Alors accueillons-le comme l'ont fait les bergers auxquels l'ange a parlé. Accueillons celui qui nous montre que Dieu nous a fait grâce, à nous pauvres pécheurs indignes de son amour. Repentons-nous. Croyons au Fils de Dieu. Réjouissons-nous et entrons dans la paix que Dieu nous donne. Oui, la paix, car si Dieu a donné son Fils pour nous, nous pouvons êtres sûrs de sa fidélité envers nous.


Voilà pourquoi Paul peut dire; ne vous inquiétez de rien mais priez.
Prier, ce n'est pas un grand exercice mystique. C'est simplement parler à Dieu, avec la certitude qu'il nous entend et qu'il veut prendre soin de nous. Il connaît nos besoins mieux que nous-mêmes.
Et il veut nous donner la paix, une paix qui surpasse toute intelligence, parce qu'elle trouve sa source dans l'incroyable amour de Dieu envers nous. C'est une vraie paix. La paix avec Dieu, la paix avec nous-mêmes et les autres, la paix que nul autre que Dieu ne peut donner. Elle est à vous, frères et sœurs, elle est à vous en Jésus-Christ. Alors, réjouissez-vous dans le Seigneur, je le répète, réjouissez-vous!

Philippiens 4.1-7 (4ème Avent)


Phi 4:1 C'est pourquoi, mes bien-aimés, et très chers frères, vous qui êtes ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés!
Phi 4:2 J'exhorte Évodie et j'exhorte Syntyche à être d'un même sentiment dans le Seigneur.
Phi 4:3 Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l'Évangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d'oeuvre, dont les noms sont dans le livre de vie.
Phi 4:4 Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous.
Phi 4:5 Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.
Phi 4:6 Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.
Phi 4:7 Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus Christ.



Chers frères et sœurs,

Il est beaucoup question de joie aux alentours de Noël. Pourtant, nous devons bien admettre que cette époque de l'année n'est pas joyeuse pour tout le monde, et les lumières, les sourires, tout le décorum de ce mois de décembre n'arrange pas les choses. C'est que la joie authentique, la joie qui vient de la Bonne Nouvelle de Noël est devenue bien rare. Alors, les télés, les radios, la famille et les amis même peuvent bien nous dire d'être joyeux: cela ne se décide pas!

Voilà pourquoi, quand Saint Paul dit "réjouissez-vous toujours", il s'empresse de rajouter "dans le Seigneur". Ca fait toute la différence. Vous vous souvenez peut-être de ce que l'ange a dit aux bergers : "ne craignez point, car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie: c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est Christ, le Seigneur" (Luc 2.10-11). Notre grande joie vient de la bonne nouvelle: de l'évangile, du fait que nous avons un Sauveur qui est Christ, le Seigneur.

Jésus est Seigneur parce qu'il est notre Sauveur. Un seigneur domine. Il peut le faire de diverses façons. Si vous avez un maître qui vous force à faire ce que vous ne voulez pas, vous ne serez jamais heureux. Mais un maître qui règne sur vous en vous sauvant de vos pires ennemis et en vous libérant de l'esclavage vous donnera la vraie joie. Et c'est exactement ce que Jésus fait.

Jésus est Dieu, de toute éternité. Il a pris chair humaine dans le sein de la Vierge Marie. Qu'est-ce que ça veut dire pour nous? Est-ce que le fait que Jésus soit Dieu vous fait peur? Après tout, si Jésus est Dieu, il a donné la Loi à Moïse, la Loi qui dévoile et accuse notre péché. Si Jésus est Dieu, cela veut aussi dire qu'il est le juge des hommes et que tous devront lui rendre compte. Si Jésus est Dieu cela veut dire qu'il sait tout de vous, y compris ce que vous avez caché à tout le monde.

Si vous vivez encore dans l'esclavage du péché et sous la condamnation de la Loi, la proximité de Jésus a de quoi vous effrayer. Mais si vous connaissez Jésus pour ce qu'il est vraiment; la source de salut pour ceux qui se repentent et qui croient, alors l'avoir à vos côtés est la pensée la plus rassurante qui soit.
Comme le dit le prophète Esaïe, dans un passage que nous avons lu la semaine dernière:
Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée. (chap.40)

La raison pour laquelle nous pouvons bannir l'anxiété est que Jésus, notre Sauveur est proche. Il est venu à Noël comme un nouveau-né porté par une humble vierge. Il est venu dans l'humilité. Il vient aujourd'hui dans l'Evangile et les sacrements. IL vient vers tous ceux qui se tournent vers lui d'un cœur sincère. Il vient avec grâce et compassion. Il reviendra juger les vivants et les morts, et si nous le connaissons, nous n'avons rien à craindre de ce jugement final.

Dans notre texte, Paul nous dit que nous devons nous réjouir parce que le Seigneur est proche. Christ revient bientôt, et cette nouvelle, loin de nous effrayer, met la paix dans nos âmes.
Jésus est venu et grâce à lui nous pouvons connaître Dieu. Nul ne vient au Père que par moi à dit le Christ. Si nous essayons de savoir qui est Dieu sans passer par Jésus, nous sommes comme des aveugles qui essaient de trouver une aiguille dans une botte de foin par une nuit sans lune. Vous ne pourriez pas être sûr que Dieu vous aime, qu'il est un Dieu de grâce, si Jésus n'était pas venu.
Jésus reviendra pour le grand jugement; cependant, il n'est pas venu pour nous accuser mais pour nous sauver. En fait, Jésus ne vous demande rien. Il vous a déjà tout donné! Jésus est venu nous aimer et par cet amour nous pouvons échapper à la condamnation qui pèse sur nous.
Réjouissez-vous dans le Seigneur. Réjouissez-vous en Jésus-Christ. Si vous avez Jésus, vous avez toujours une raison de vous réjouir. Si vous n'avez pas reçu le pardon de vos fautes, vous n'avez aucune raison de vous réjouir vraiment. Si vous placez votre confiance dans vos "bonnes œuvres", dans le fait que vous n'êtes pas trop mal après tout, vous n'avez aucune raison de vous réjouir vraiment.
La vraie joie ne vient qu'avec la vraie foi, et la vraie foi ne vient qu'avec le vrai Evangile qui nous révèle le vrai Dieu! Voilà pourquoi nous venons dans cette église: pour entendre la parole du vrai Dieu: ce Dieu qui s'est incarné en la Vierge Marie, dont le corps a été cloué sur une croix pour notre salut. Nous pouvons nous réjouir dans ce Dieu-là!
Frères et sœurs, alors que nous célébrons le dernier dimanche de l'Avent, je vous invite à entrer vraiment dans la saison de Noël.
La vraie joie de Noël, ce n'est pas dépenser sans compter comme voudrait nous le faire croire la société marchande qui salit tout ce qu'elle touche.
La vraie lumière de Noël, ce n'est pas celle qui couvre nos villes et nos centres commerciaux.
La vraie joie et la vraie lumière de Noël, c'est Jésus qui nous les donne, car il est le Sauveur que dieu nous a envoyé. Alors accueillons-le comme l'ont fait les bergers auxquels l'ange a parlé. Accueillons celui qui nous montre que Dieu nous a fait grâce, à nous pauvres pécheurs indignes de son amour. Repentons-nous. Croyons au Fils de Dieu. Réjouissons-nous et entrons dans la paix que Dieu nous donne. Oui, la paix, car si Dieu a donné son Fils pour nous, nous pouvons êtres sûrs de sa fidélité envers nous.


Voilà pourquoi Paul peut dire; ne vous inquiétez de rien mais priez.
Prier, ce n'est pas un grand exercice mystique. C'est simplement parler à Dieu, avec la certitude qu'il nous entend et qu'il veut prendre soin de nous. Il connaît nos besoins mieux que nous-mêmes.
Et il veut nous donner la paix, une paix qui surpasse toute intelligence, parce qu'elle trouve sa source dans l'incroyable amour de Dieu envers nous. C'est une vraie paix. La paix avec Dieu, la paix avec nous-mêmes et les autres, la paix que nul autre que Dieu ne peut donner. Elle est à vous, frères et sœurs, elle est à vous en Jésus-Christ. Alors, réjouissez-vous dans le Seigneur, je le répète, réjouissez-vous!

dimanche 13 décembre 2009

Santa Lucia: luthérienne...et européenne





Aujourd'hui 13 décembre, les églises luthériennes scandinaves célèbrent la Sainte Lucie. Lucie était une chrétienne italienne, martyre de la foi sous Dioclétien aux alentours de 300 ap.JC.

Son culte s'est répandu au cours du Moyen-Age et, même si la Réforme a aboli le culte des saints, la célébration de sa fête s'est maintenue dans l'Europe du Nord luthérienne. C'est en Suède que la fête prend le plus d'importance, mais elle est aussi célébrée au Danemark (avec un caractère religieux marqué), en Norvège en Finlande et par les nombreux descendants de l'émigration scandinave aux Etats-Unis.


Chaque 13 décembre en Suède, chaque ville élit sa Lucia, portant une couronne de bougies, et ses demoiselles d'honneur; comme elle vêtues de blanc avec une étole rouge.
Les garçons ne sont pas en reste et peuvent accompagner leurs amies, notamment en jouant le rôle de stjärngossar, portant un chapeau pointu et étoilé. Les Lucia et leur suite se rendent ensuite dans les lieux publics, les églises et les maisons de retraite pour chanter des cantiques et distribuer des gâteaux.

Le chant le plus connu de cette fête est le Sankta Lucia, dont l'air est d'origine napolitaine. C'est que le culte de Sainte Lucie reste vivace dans certaines d'Europe méridionale et catholique (Sicile, Corse, Croatie...). D'une certaine façon, la Sainte Lucie unit donc un peu toute l'Europe.

Le maintien de cette célébration est sans doute dû au fait que la symbolique de la Sainte Lucie épouse bien la date du 13 décembre, ancienne date du Solstice d'hiver dans le calendrier julien. La Sainte Lucie est une fête de la lumière, de la victoire sur les ténèbres. Située au coeur de l'Avent, Elle nous rappelle que Jésus est la lumière qui est venue dans le monde!



Matthieu 11.2-6 (3ème dimanche de l'Avent)

Saint Jean-Baptiste
icône grecque



Mat 11:2 Jean, ayant entendu parler dans sa prison des oeuvres du Christ, lui fit dire par ses disciples:
Mat 11:3 Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?
Mat 11:4 Jésus leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez:
Mat 11:5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
Mat 11:6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!




Chers frères et sœurs,

Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez:
Mat 11:5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
Mat 11:6 Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute!

C'est ainsi que Jésus répond aux disciples de Jean-Baptiste qui sont venus de la part de leur maître lui poser la question: "es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?"
Et c'est, je crois, une très bonne question à poser en cette saison de l'Avent. Que se passe-t'il? Jean est le cousin de Jésus, à peine plus âgé que lui. Jean a agi comme un prophète du Seigneur, prêchant la repentance, annonçant l'arrivée proche du Messie. Incapable de se taire lorsqu'il s'agissait de dénoncer les péchés du roi, Jean-Baptiste a été emprisonné. Et c'est du fond de sa prison, alors qu'il n'est plus qu'un homme en sursis qu'il adresse à Jésus cette question: est-ce que oui ou non tu es bien le Messie comme je l'ai moi-même annoncé?
Difficile de savoir ce qui se passe à ce moment-là. Jean commence t'il à flancher, à douter sous le poids de la captivité? Veut-il s'assurer qu'après sa mort qu'il devine prochaine ses disciples rejoindront Jésus? Les deux thèses (et d'autres) ont été évoquées. De toute façon, l'essentiel est ailleurs pour Jean et ses disciples: oui ou non Jésus est-il bien celui qu'ils attendaient?

Nous aussi, nous avons nos questions. Nous nous interrogeons sur le sens de notre vie, sur les valeurs qui doivent la fonder. Et, si nous sommes en recherche spirituelle, il est probable que Jésus ne tardera pas à pointer à l'horizon. Mais qui est Jésus? Qu'a-t-il à voir avec ma vie d'ici et de maintenant?
Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? A cette question, Jésus ne répond pas directement. Il ne dit pas: oui, je suis bien celui qui doit venir. Non, Jésus pointe vers deux choses: allez rapportez à Jean ce que vous entendez et voyez. Et il leur donne une liste des choses qu'il lui ont vu accomplir:
les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
Ce qui est frappant dans cette liste, c'est qu'elle va du plus simple au plus compliqué, même s'il est question de miracles. Je m'explique: Jésus a guéri toutes sortes de maladies. Il a même fait revenir des morts à la vie. Mais, dans sa réponse, nous voyons que ce à quoi il accorde le plus d'importance, c'est d'apporter la Bonne Nouvelle du pardon et du salut. En d'autres termes, pour Jésus, prêcher le pardon des péchés était le point fondamental de sa vie et de son message. C'était vrai alors, et cela continue à l'être aujourd'hui.

Mais cela peut être pour beaucoup une occasion de chute. Pourquoi? Comment l'annonce d'une si bonne nouvelle peut-elle devenir quelque chose de négatif? Et, surtout, qu'est-ce que tout ça a à a voir avec l'Avent? Cela a tout à voir avec l'Avent, car ce texte nous permet de voir pourquoi Jésus est venu parmi nous.
Durant son ministère, Jésus a choqué beaucoup de gens quand il a dit qu'il devait souffrir et mourir sur une croix pour le salut du monde. Beaucoup ont cessé de le suivre et se sont tournés vers des Messies plus commodes et plus aptes à répondre à leurs aspirations.

Ce qu'ils cherchaient, c'était un roi, un chef de rébellion contre les Romains, ou bien encore une sorte de magicien qui pouvait les nourrir. Mais quand Jésus a commencé à parler de pardon des fautes, par la grâce de Dieu, beaucoup n'ont plus été interessés du tout. Comme l'a dit Saint Paul, la prédication de la Croix est un scandale pour les Juifs et un folie pour les Grecs (ce qui, au passage, prouve que l'histoire de Jésus est vraie: si les disciples avaient cherché à créer une secte de plus, ils auraient pris une histoire autrement plus attractive!).

Tout ça est encore vrai aujourd'hui. On veut encore entendre parler de Jésus comme d'un admirable maître spirituel (et encore!) mais pas plus. On veut bien passer à l'église pour les mariages et les enterrements mais le plus souvent par tradition, sans désir de rencontrer Jésus, le Fils de Dieu vivant.
Rappelez-vous de notre lecture en Esaïe, qui est une prophétie du ministère de Jean-Baptiste:
Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, et criez lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée. (Es 40.1-2).
Ceci, mes amis, est le message de Noël: Dieu nous donne un Sauveur, que Jean-Baptiste a annoncé.
Comme les dit Esaïe un peu plus loin Elève ta voix, ne crains point, dis aux villes de Juda: voici votre Dieu.

Comme ce message est différent de ce que nous cherchons naturellement. Jésus nous donne ce dont nous avons besoin, pas ce que nous voulons. Souvent, nous nous approchons du Seigneur pour lui demander de nous aider dans nos problèmes de famille, de solitude, de travail, de santé, d'argent. Je ne suis pas en train de vous dire que Jésus ne s'intéresse pas à ces problèmes, à vos problèmes, bien au contraire!
Mais ce qu'il faut dire, c'est que Jésus vise plus haut, qu'il voit au-delà. Jésus n'est pas venu sur terre pour que vous soyez beau, riche, fort, intelligent et tout le reste. Il est venu vous relever d'entre les morts. IL est venu vous guérir de la terrible maladie du péché. Il est venu se donner complètement à vous. Il est venu pour faire de vous des fils et des filles de Dieu!

Et aujourd'hui, qu'est-ce que nous entendons et voyons? Un Jésus bien commode qui est là pour vous rendre heureux? Pour lequel c'est OK de pécher? Ou est-ce que vous entendez et voyez le vrai Jésus, le Jésus dont vous avez besoin? Est-ce que vous entendez et voyez le Jésus qui dit que seul son sang peut vous purifier? Est-ce que vous entendez et voyez le Jésus né dans la crèche, cloué sur la Croix, absent de la tombe vide? Entendez-vous et voyez-vous le Jésus qui vous pardonne et vous donne son corps et son sang dans le pain et le vin consacrés?

Voilà pourquoi Jésus dit aux disciples de Jean "heureux celui pour lequel je ne serai pas une occasion de chute". Jésus ne vous donne pas ce dont vous avez envie mais ce dont vous avez besoin. Il vous donne son corps et son sang que vous pouvez voir, il vous donne la prédication de son Eglise que vous pouvez entendre. Bénis êtes-vous si vous n'êtes pas offensés que Jésus se serve d'élément aussi communs que du pain et du vin et de serviteurs si limités que votre pauvre pasteur.

Alors réjouissez-vous, soyez heureux! Jésus est venu et il reviendra. IL nous a prouvé son amour sur la Croix, et nous pouvons donc être sûrs de sa fidélité, à travers les circonstances de notre vie. Tel est le message de l'Avent!



dimanche 6 décembre 2009

Luc 21.25-33 (2ème Avent)

21:25 Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, il y aura de l'angoisse chez les nations qui ne sauront que faire, au bruit de la mer et des flots,
21:26 les hommes rendant l'âme de terreur dans l'attente de ce qui surviendra pour la terre; car les puissances des cieux seront ébranlées.

21:27 Alors on verra le Fils de l'homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire.
21:28 Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche.
21:29 Et il leur dit une comparaison: Voyez le figuier, et tous les arbres.
21:30 Dès qu'ils ont poussé, vous connaissez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l'été est proche.
21:31 De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche.

21:32 Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive.
21:33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.


Chers frères et soeurs,


Vous l'avez sans doute remarqué, j'ai apporté ce matin des cierges neufs pour orner l'autel de notre temple. Ils viennent de Poitiers, de la maison Guedon, qui est en fait une des plus anciennes ciergeries de France.
Cela fait 735 ans que dans le local de la Rue de la Cathédrale on fabrique des cierges et des bougies selon des méthodes qui n'on sans doute pas beaucoup varié depuis l'Empire romain.
Voilà une stabilité impressionnante, surtout si on la compare à la rapidité des changements qui nous affectent tous. De nos jours, tout évolue à une vitesse étonnante. Achetez un ordinateur: 6 mois après, il est déjà "obsolète". Beaucoup plus profondément, notre pays a subi des bouleversements incroyables. Le vieux fonds rural et paysan sur lequel la France était fondé? Il n'en reste presque plus rien! Les valeurs autrefois partagées par tous? Abandonnées et tournées en ridicule, alors que des comportements autrefois unanimement condamnés sont promus par les médias qui font gober ce qu'ils veulent au bon peuple (qui en redemande). Et encore, je ne parle pas des atteintes à l'environnement qui font peser des menaces terribles sur nos équilibres vitaux!


Et bien, tous ces bouleversements si rapides ne sont rien face à ce que Jésus nous décrit aujourd'hui: des signes dans le soleil, la lune et les étoiles, une mer en furie, une terre qui s'ébranle. On se croirait dans une bande-annonce pour un film-catastrophe! Et, en effet, notre texte est ce qu'on appelle une "petite apocalypse". Si nous faisons attention, nous nous rendons compte que Jésus annonce ici la destruction du Temple de Jérusalem et la fin de l'alliance judaïque. C'est la fin d'un monde, qui préfigure la fin du monde, lorsque Jésus reviendra.
Nous devons accepter que le monde que nous connaissons est transitoire, appelé à disparaître. Mais les paroles de Jésus, elles, ne passeront pas.
Les paroles de Jésus, ce sont avant tout des paroles de pardon. Au paralytique qu'on lui amène un jour, Jésus dit "tes péchés te sont pardonnés". Cela provoque la colère de ses ennemis Pharisiens qui disent "qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul?". Et c'est bien justement ce que Jésus veut dire: il peut pardonner nos fautes, nous purifier. Les Pharisiens croyaient mériter la faveur de Dieu par leurs bonnes œuvres. Jésus, lui, dit "Moi, le Fils de Dieu, j'ai revêtu la chair d'un homme comme toi. J'ai payé pour tes péchés à ta place sur la Croix. Crois-en moi et tu vivras éternellement".
Jésus est venu apporter cette parole de pardon. Allons-nous la recevoir ou non? Allons-nous la mépriser, en disant que nous n'avons pas de péché ou en essayant de faire notre salut par nous-mêmes? Ou bien au contraire, allons-nous faire des paroles de Jésus le rocher sur lequel nous pourrons bâtir nos vies?

Les paroles de Jésus, nous le retrouvons dans la Bible. La Bible est la Parole de Dieu. Bien sûr, elle a été écrite par des hommes, mais l'apôtre Pierre nous dit dans sa deuxième épître que c'est "poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu" (1.21).
Frères et sœurs, prenons-nous la Bible suffisamment au sérieux? Réalisons-nous toujours que les commandements et les promesses qu'elle contient viennent du Seigneur?
C'est une question importante, car depuis trop longtemps, au sein même de l'Eglise, nombreux sont ceux qui nient l'autorité de la Bible. C'est le cas quand la tradition humaine est mise sur le même plan que l'Ecriture.
C'est le cas lorsque le rationalisme et une fausse science se permettent du juger la Parole de Dieu et d'en tordre le sens. L'histoire prouve que toutes les églises qui se sont engagées sur cette voie ont sombré dans l'erreur et l'apostasie. Pourquoi? Parce qu'il n'est pas donné à l'homme de se mettre au dessus de la Parole de Dieu.

Et cette Parole de Dieu, elle est active. Elle agit quand elle est lue ou entendue dans la prédication de l'Eglise. Dans sa Parole, Dieu se révèle, il nous appelle! Le texte de Romains que nous avons lu ce matin dit 'tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction afin que, par la persévérance et par le réconfort que donnent les Ecritures, nous possédions l'espérance." (15.4). La Bible a donc été écrite pour nous donner la persévérance, le réconfort et l'espérance.
Ce sont là des choses précieuses, et encore plus pour les cœurs lourds ou blessés par les sales coups qu'on peut recevoir dans une vie!
La persévérance, le réconfort et l'espérance. Comment la Bible peut-elle nous donner tout cela? Parce que la Bible, toute la Bible, y compris l'Ancien Testament n'a qu'un seul grand thème, un seul grand sujet: Jésus-Christ!
Jésus-Christ qui, comme le lui a dit Pierre, a les paroles de la vie éternelle. Alors que tout change, que les épreuves et les deuils nous frappent, que l'inquiétude du lendemain nous étreint, quelle merveilleuse assurance de savoir en entendant Jésus que Dieu nous aime, qu'il est avec nous et qu'il pardonne leurs péchés à tous ceux qui se repentent et qui croient!

Voilà frères et sœurs, ce que nous avons besoin d'entendre! Je ne sais pas ce que sera notre vie demain, mais je sais que nous aurons besoin de Christ.
Alors soyons fidèles à la prédication de l'Evangile. Lisons la Bible, chaque jour, comme support à la prière. Mais ne la lisons pas pour paraître pieux ou intelligent: vous ne mangez pas parce que vous voulez avoir l'air d'un gourmet ou d'un diététicien, n'est-ce-pas? Vous mangez parce que vous avez besoin d'aliments pour vivre.
Et bien, avec la Bible, c'est la même chose. Nous devons la lire avec comme seul désir dans nos cœurs d'y reconnaître la voix de Christ, notre Sauveur et notre Dieu.

Si ce n'est pas le cas, nous prenons le risque de lire la Bible comme la faisaient les Pharisiens auxquels Jésus a dit

Vous étudiez les Ecritures parce que vous pensez avoir par elles la vie éternelle. Ce sont elles qui rendent témoignage à mon sujet (Jean 5.29).

Vous pouvez trouver les paroles du salut dans la Bible parce qu'elle rend témoignage à Jésus qui est la source du salut. Vous pouvez trouver quel chemin prendre et la vérité dans la Bible parce qu'elle rend témoignage à Jésus, qui est le chemin, la vérité et la vie. Voilà pourquoi la Bible peut nous donner la persévérance, le réconfort et l'espérance!

Et ces trois choses, contrairement à notre monde qui passe, sont permanentes, données à tous ceux qui se tournent vers Jésus-Christ, et qui écoutent avec foi ses paroles "Crois en moi".

lundi 30 novembre 2009

MATTHIEU 21.1-9


1 ¶ Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Jésus envoya deux disciples,
2 en leur disant : Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez–les, et amenez–les–moi.
3 Si, quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez : Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il les laissera aller.
4 Or, ceci arriva afin que s’accomplisse ce qui avait été annoncé par le prophète :
5 Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, Plein de douceur, et monté sur un âne, Sur un ânon, le petit d’une ânesse.
6 Les disciples allèrent, et firent ce que Jésus leur avait ordonné.
7 Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent sur eux leurs vêtements, et le firent asseoir dessus.
8 La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d’autres coupèrent des branches d’arbres, et en jonchèrent la route.
9 Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts !





Chers frères et soeurs,
Non, ce n'est pas une erreur. Nous sommes bien le premier dimanche de l'Avent, et pas le dimanche des Rameaux. Pourtant, nous lisons bien aujourd'hui une partie du récit de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.
En fait, ce qui unit ces deux dimanches, c'est le thème de la venue du Seigneur avec cette phrase "Voici, ton roi vient à toi". Cette phrase je vous propose de l'étudier partie par partie.



Voici. La Bible en Français courant traduit "regarde". Elle a raison. "Regarde!", "fais attention". "Regarde"; ça vaut la peine de tourner les yexu vers ce qui est en train de se passer. Ce mot, ce tout petit mot réclame toute notre attention. Ce qui est en train de se passer est important, capital, ça concerne nos vies.
Mais les gens ne font pas attention. Ils ne se soucient même pas de regarder. Notre société se conduit envers Jésus comme ces gens qui, dans le métro de Paris, passent devant les musiciens qui quémandent quelque monnaie, sans même les voir ou les entendre. Il n'est de pire sourds que ceux qui ne veulent pas entendre et de pires aveugles que ceux qui ne veulent pas voir. Et puis, si on n'a pas envie d'écouter ce que nous disent nos parents, si on na rien à faire de ce que dit le prof ou le patron, on peut toujours le faire. Mais ici, c'est différent. C'est de Dieu dont il s'agit, pas de papa-maman, pas du prof de sciences nat', pas du boss, de Dieu! Regardons, écoutons, recevons ce qu'il nous apporte.


Voici, ton roi. Ton roi, nous avons déjà parlé de cela la semaine dernière n'est-ce pas? Les rois ne sont pas élus. La dignité royale ne se reçoit pas par le vote populaire mais par la naissance. De nos jours, le vote, la démocratie, la règle de la majorité sont devenus sacro-saints.
Mais n'oublions pas que l'Eglise est une Royauté. Nous n'avons pas élu Jésus. C'est le Père qui l'a choisi, de toute éternité. Voici ton Roi. Il règne, il dirige, sans s'inquiéter de savoir si cela plaît aux masses ou non. Nul n'est assez sage pour le conseiller:
"O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller?" Rom 11.33-34
Et ce Roi est NOTRE Roi. Mais ce n'est pas un roi qui, comme beaucoup d'autres dirigeants, gouvernent d'une main de fer, sans se soucier du bien-être de leur peuple. C'est un roi qui est venu nous purifier de nos péchés et porter leur condamnation à notre place. La couronne qu'il a portée était la couronne d'épines qu'on a placée sur sa tête avant de le mener au Calvaire. C'est là qu'il a vaincu le péché, notre péché. C'est là que notre roi a été brisé pour nos offenses et qu'il nous a revêtu de sa justice.



Voici, ton roi vient. Il vient. Le mot "Avent" vient du latin adventus qui signifie "venue".
Jésus est d'abord venu dans son incarnation, quand il est né à Noël, la fête à laquelle nous commençons à nous préparer. Mais Jésus vient aussi vers nous sur l'autel, dans le repas qu'il a institué et que nous allons bientôt partager. J'ai lu un article qui m'a choqué quand j'étais aux USA cet été. On y racontait qu'arrivé à Washington après son élection, Barak Obama s'est mis à chercher une église dont il deviendrait membre avec sa famille. Un dimanche, il s'est rendu dans une paroisse épiscopalienne (anglicane). On y célébrait l'eucharistie. Et savez-vous ce qui s'est passé? Des gens qui s'avançaient vers la Table Sainte s'arrêtaient pour prendre des photos et des vidéos de la famille présidentielle avec leurs téléphones portables.
Frères et sœurs, si j'avais été pasteur de cette paroisse, j'aurai interdit à ces gens de communier. D'une part parce qu'ils venaient de rompre l'ordre liturgique de l'Eglise et surtout parce qu'ils venaient de montrer qu'ils étaient incapables de discerner le corps et le sang de Christ. Il y a beaucoup plus dans le pain et le vin consacrés que le Président des USA ou que tous les dirigeants mondiaux réunis! Il y a Jésus-Christ, le roi des rois, le seigneur des seigneurs! Son règne à lui n'aura jamais de fin, contrairement à celui d'Obama, de Sarkozy, de Poutine ou des autres!
Et ce Roi tout-puissant, il vient vers nous, il se donne dans le pain et le vin, il lave nos péchés dans le baptême, il nous fait entendre les paroles de la vie éternelle dans la Bible! Dans la Parole et les Sacrements, Jésus vient vers nous pour nous servir, pour nous sauver. C'est pour cela qu'il est venu.
Le Fils de l'Homme est venu pour servir et non pour être servi. Ce service, l'acceptez-vous, ou allez-vous dire que vous n'en avez pas besoin? Allez-vous être comme Pierre qui a refusé, dans ce qui lui semblait être pourtant un grand élan de piété, que son Seigneur lui lave les pieds. Ce que Jésus voulait lui faire comprendre, et à nous aussi, c'est que nous devons absolument abandonner tout espoir en nous-mêmes et recevoir par la foi le salut qui nous est donné gratuitement. Nous n'avons pas à chercher à établir notre propre justice par nos œuvres, nous n'avons pas à monter vers Dieu. C'est lui qui vient vers nous en son Fils qui a pris chair humaine, qui vient vers nous dans la Parole et les Sacrements. C'est toujours, toujours Dieu qui vient vers nous. C'est cela, l'Avent.


Voici, ton roi vient à toi. A toi. A chacun d'entre nous. Il n'est pas près de nous, il est avec nous. Pas seulement le dimanche matin de 10h30 à 11h30 au temple de Prailles, Deux-Sèvres. Il est avec nous, il est avec toi tous les jours de ta vie. Il est avec nous dans les bons jours et les mauvais. Il est avec nous à chaque fois que nous sommes confrontés au choix de le confesser comme notre Seigneur ou de le renier devant les hommes. Il est avec nous quand nous établissons et que nous faisons le choix ou non d'être égoïstes et de préférer nos plaisirs mondains à la charité. Il est avec nous quand nous nous laissons entraîner par certaines conversations et que nous lançons une plaisanterie indécente. Il est avec nous quand nous avons besoin de lui, quand nous nous sentons condamnés et que nous devons nous rappeler d'où nous vient la seule espérance qui ne nous trompera jamais.
Voilà pourquoi nous avons fait de ce tout petit temple notre maison spirituelle, où nous venons être servis par le Seigneur. Jésus est présent et actif. Il est présent et actif là où sa Parole est confessée et enseignée droitement. Il est présent dans le foyer chrétien où la Bible tient la place d'honneur. Regardez! Faites attention! Jésus notre roi nous gouverne en nous purifiant de notre péché. Il règne sur nous en nous donnant sa Parole et les sacrements. Il demeure avec nous en nous donnant son Saint-Esprit. Et, comme le dit Paul, nous nous revêtons de Christ, nous nous couvrons de sa justice, et nous attendons son retour, quand il reviendra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts. Prions pour qu'il nous trouve fidèles lors de son avènement.
Amen.

lundi 23 novembre 2009

JEAN 18.33-37 (Christ Roi)



Le Christ Roi
(Monastery Icons)


33 Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : Es–tu le roi des Juifs ?
34 Jésus répondit : Est–ce de toi–même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont–ils dit de moi ?
35 Pilate répondit : Moi, suis–je donc Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi ; qu’as–tu fait ?
36 Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi, afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant, mon royaume n’est pas d’ici–bas.
37 Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis : je suis roi. Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.





Chers frères et sœurs,

Je voudrais vous souhaiter une bonne fin d'année. Et oui, c'est aujourd'hui le dernier dimanche de l'année ecclésiastique, qui est traditionnellement consacré à une réflexion sur la royauté de Christ. Je crois que pour nous, baptisés de ce début de 21ème siècle, ce thème revêt une importance très grande. Le Christ est Roi. Mais qu'est-ce que cela veut dire? Notre première lecture tirée du livre de Daniel, nous montre le peuple de Dieu soumis à une terrible oppression, croyant qu'elle ne prendra jamais fin. La vision de Daniel leur montre que Dieu, "l'Ancien des Jours" règne, et que leurs souffrances prendront fin. Le Royaume de Dieu est éternel et rien ne pourra la faire disparaître. Le message de Daniel est un message d'espoir, qui dit aux croyants que Dieu ne les abandonnera jamais. Ce sont ces paroles qui leur ont permis de faire face à leur épreuve.
Ce thème, nous le retrouvons dans notre deuxième lecture tirée de l'Apocalypse: que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui était et qui vient! Encore une fois, Dieu règne. Avant que le temps ait existé et même lorsque le temps ne sera plus, Dieu règne! Cela aussi nous donne l'espoir: même au cœur de nos inquiétudes, il n'y a pas un seul moment, une seule minute de nos vies qui ne soient pas sous le contrôle du Seigneur. Il prend soin de nous, il guide nos pas sur le chemin de la paix. Nous pouvons faire face au futur, même s'il est incertain, avec confiance. Nous pouvons placer notre confiance, et même nos vies entières, entre les mains de celui qui contrôle le passé, le présent et le futur.

L'Evangile enfin nous fait mieux comprendre la royauté de Christ. Qu'y voyons-nous? Jésus, qui vient d'être arrêté, abandonné par tous ses proches, condamné par le tribunal religieux des Juifs et qui vient d'être remis au gouverneur romain Pilate pour être interrogé. Parlez-moi d'un roi!
C'est Jésus lui-même qui clarifie tout lorsqu'il dit "mon royaume n'est pas de ce monde…mon royaume n'est pas d'ici-bas". Comme s'il disait "tu vois, Pilate, tu te trompes complètement. Tu cherches en moi un agitateur politique, le prétendant à un trône terrestre. Tu fais totalement fausse route". Et cela, bien sûr, Pilate ne peut pas le comprendre. Il n'a été amené dans cette histoire que parce que les Juifs ne peuvent mettre personne à mort et que son autorisation est nécessaire. La seule chose qui intéresse Pilate, c'est le maintien de l'ordre dans sa colonie, rien de plus. Les histoires de roi des Juifs, il n'en a que faire! Surtout si on lui parle d'un royaume spirituel!

Et pourtant, c'est bien de cela qu'il s'agit. Jésus n'est pas venu sur terre pour, comme l'espéraient beaucoup de ses compatriotes, chasser les Romains et restaurer le trône de David. Non, ce que Jésus a fait, c'est de créer un royaume spirituel, et ce royaume spirituel, nous Chrétiens en faisons partie, nous en sommes les sujets, et Jésus est notre roi.
Tous les dimanches au culte et j'espère, tous les jours dans notre prière personnelle, nous prions "que ton règne vienne". C'est je crois un de nos grands défis en tant que croyants à l'heure actuelle: demeurer aptes à reconnaître les signes annonciateurs du Royaume de Dieu qui s'avance.
Un jour, Jésus a dit "le Royaume de Dieu ne vient pas de façon à frapper les regards" (Lc 17.20). Les nations rivalisent sur le plan économique et militaire. Les défilés militaires permettent d'étaler la force de ses missiles; dans les expositions internationales, les stands des entreprises d'un pays permettent à celui-ci d'étaler sa capacité d'innovation… Mais le Royaume de Dieu avance petitement, presque caché. Comme Jésus l'a dit "le royaume de Dieu est au milieu de vous", c'est-à-dire dans nos cœurs.

Et les saisons de l'année liturgique nous aident en fait à nous recentrer sur ce qui devrait être le plus important dans nos vies: qui Dieu est, ce qu'il veut accomplir et notre appel en tant que baptisés dans ce monde. Chaque saison va nous donner une image différente de Jésus. Chaque saison va nous montrer un autre visage de Jésus-Christ, notre Roi.
Durant la saison de l'Avent, nous nous préparons à la venue de Christ. Les lectures parlent d'abord de Dieu prenant forme humaine, et nous nous préparons pour la venue du nouveau-né dans l'étable. Mais les lectures de l'Avent parlent aussi de la seconde venue de Christ. Il reviendra à la fin des temps, dans sa gloire, pour le jugement. Ces passages de l'Ecriture nous aident à mieux nous préparer à rencontrer le Seigneur. Cette certitude que Jésus va revenir pour juger les vivants et les morts est une incitation puissante à rejeter la voie de mort qu'ont choisie nos sociétés et à vivre la vie nouvelle donnée en Christ. En Ephésiens 5 Paul dit "sachez le bien; aucun impudique, ou impur, ou cupide, c'est-à-dire, idolâtre, n'a d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu". Quand on voit notre société, avec sa passion débridée pour l'argent vue comme valeur ultime et sa tolérance (promotion?) pour les inconduites sexuelles les plus choquantes, on se rend compte à quel point notre royaume, celui de Christ est en guerre contre un autre!
Veillons, comme nous l'avons vu la semaine dernière! Veillons pleins d'espérance, car l'Avent pointe aussi naturellement vers Noël, cette fête de la promesse tenue: Dieu nous a donnés un sauveur!
La saison de Noël est courte, mais elle nous permet de nous rappeler pourquoi Jésus est venu parmi nous: il est venu nous racheter de notre péché et du châtiment que nous méritons tous. Peut-être aurons-nous une crèche dans le temple, auquel cas, elle sera surmontée de la croix. C'est bien ainsi. Il n'y a pas de croix sans mangeoire, car il a fallu que le Fils se fasse homme pour nous sauver, il n'y a pas de mangeoire sans croix car le but de l'incarnation de Jésus a été d'assurer notre salut.

La saison de l'Epiphanie est marquée par l'histoire des mages qui viennent voir Jésus en suivant une étoile. Ils recherchent un espoir, un sauveur, un roi. La lumière tient un grand rôle durant cette saison. Elle nous permet de remercier Jésus pour la lumière qu'il fait briller dans les plus noires de nos ténèbres. Durant l'Epiphanie, nous parlons beaucoup de la présence de Dieu avec nous. Nous sommes amenés à comprendre que l'homme naturel demeure dans les ténèbres mais que Jésus donne la lumière. Il nous permet de nous détourner du péché et de vivre dans l'espérance, malgré les pressions du monde sur nous. La saison de l'Epiphanie se termine avec la fête de la Transfiguration où nous voyons aussi Jésus , revêtu de lumière, révéler sa puissance et sa mission. Il est vainqueur du péché, de la mort et du diable. Tournons-nous vers la lumière de Christ!

Viendra ensuite le Carême. On a trop insisté sur les privations physiques durant cette saison. C'est en fait un temps de méditation, de réflexion et de changement. L'Eglise ancienne utilisait ses 40 jours pour préparer les candidats au baptême. Ce temps d'étude permettait au jeune croyant de méditer sur un autre aspect de Jésus: l'Agneau immolé, le serviteur souffrant. Durant le Carême nous est décrite la route de Jésus vers la Croix et les défis auxquels il a dû faire face. Cela nous rappelle aussi que Jésus marche avec nous quand nous avons à porter nos propres croix. Le Carême est un temps de repentance, un temps pour changer de direction, pour réorienter nos vies vers un service de Dieu centré sur l'amour et la reconnaissance.
La Semaine Sainte est en fait peu célébrée chez nous. Dans notre usage liturgique local, nous ne célébrons que le Vendredi Saint. En ce jour, nous pouvons nous souvenir que "ce n'est pas par des choses périssables, par de l'argent ou de l'or que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez hérité de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache" (1 Pierre 1.19).

Pâques; c'est la grande surprise que Dieu fait à son peuple. Jésus n'est pas resté dans la tombe, et nous n'y resterons pas non plus! En voyant l'émerveillement et la joie des disciples, nous sommes invités nous aussi à entrer dans une nouvelle dimension: au cœur de nos vies quotidiennes, quelles sont les résurrections que Dieu veut amener? Cette bonne nouvelle de la victoire sur la mort, comment la partager avec d'autres?
Vient ensuite la fête de la Pentecôte, l'anniversaire de la fondation de l'Eglise, lorsque l'Esprit Saint a été répandu sur les croyants, marquant ainsi l'entrée dans la Nouvelle Alliance. L'Eglise, oui, l'Eglise. Combien il est regrettable qu'un certain individualisme ai réduit son importance à nos yeux. Pourtant, si Jésus a choisi de la bâtir, c'est bien qu'il devait avoir une raison. Alors que les dernières traces de Christianisme sociologique disparaissent de nos pays, il est fondamental que nous nous souvenions que nul ne peut avoir Dieu pour Père s'il n'a l'Eglise comme mère. Dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus dit "quiconque est de la vérité écoute ma voix". Mais qui, dans le plan de Dieu, doit annoncer la vérité? L'Eglise. Auprès de qui les âmes chargées peuvent-elles recevoir la Parole et les Sacrements que Dieu à créés pour nous? L'Eglise. Ou se trouve l'arche au sein de laquelle Dieu amène tous ses rachetés pour qu'ils puissent bénéficier du soutien de la communion fraternelle? Dans l'Eglise. Alors frères, si nous disons que nous aimons Dieu, aimons aussi l'Eglise: l'un ne va pas sans l'autre. Soutenons notre paroisse par notre présence au culte, par nos dons, par l'amour apporté aux frères et reçus d'eux!
C'est avec eux que nous pourrons, durant la saison de la Trinité, nous mettre à l'écoute de l'enseignement de Jésus, recevoir ses paroles de vérité et de vie. Le Père nous a créés, le Fils nous a rachetés, le Saint Esprit nous a sanctifiés: nous pouvons vivre dans l'amour et de l'amour!

Ainsi, les saisons de l'année ecclésiastique qui s'ouvre devant nous nous montreront, chacune à sa façon, comment Jésus est notre Roi. Elles nous disent combien l'amour et la compassion de Dieu sont grands pour nous. Elles nous disent que Dieu est fidèle. Elles nous apportent le message de Jésus-Christ et nous invitent à le partager avec les multitudes.
Dans toutes les saisons de l'année liturgique, dans toutes les saisons de nos vies, Dieu est avec nous et pour nous. Voilà comment Christ est Roi. Rendons-lui gloire.