lundi 9 mai 2016

Pourquoi êtes-vous inquiets ?

Cet article est un extrait du livre de Timothy Lane « Vivre sans inquiétude : comment remplacer l'anxiété par la paix » ( lThe Good Book company, 2015).

La clé, c’est le diagnostic. Lorsque quelque chose ne va pas dans votre corps et que vous ne vous sentez pas bien, vous devez savoir à quoi vous avez affaire. Ca marche aussi pour les questions spirituelles. Pour qu’un traitement fonctionne, la clé, c’est un bon diagnostic.
Qu’est-ce que l’inquiétude ou l’anxiété ? C'est un phénomène commun chez presque tous les êtres humains, dans chaque société. Peu de personnes ont vraiment l’esprit libre.

La définition de l'inquiétude

Même si divers facteurs et aspects sont importants, la Bible porte une analyse plus profonde, car elle indique que l'inquiétude est une question profondément spirituelle. La Bible n’ignore pas ou ne conteste pas les aspects mentaux, physiologiques, historiques, sociaux ou environnementaux de l'inquiétude, mais elle les considère dans leur ensemble comme un aspect d’un problème spirituel plus profond. Au final, l'inquiétude est une réponse humaine à la vie vécue dans un monde créé par Dieu. L’inquiétude est donc une réponse à Dieu lui-même.
Quand, dans Matthieu 6:25-34, Jésus nous commande par trois fois, « ne vous inquiétez de rien », le mot grec utilisé est merimnao. Il signifie littéralement « un esprit distrait » ou un « esprit double ». Dans le contexte plus large du passage, cette division, ou ce conflit de loyauté, est entre le royaume de Dieu et mes propres ressources. C’est être préoccupé par un royaume au détriment de l’autre. Le théologien Dick France analyse fort bien l’inquiétude et ses implications : c’est avoir un souci excessif au sujet de quelque chose d’autre que le royaume de Dieu.

Voici donc ce qu’est l'inquiétude : un souci excessif. Cette analyse est simple et perspicace. Elle est également utile car elle nous dit ce que l’inquiétude n'est pas.

1. L'inquiétude n'est pas équivalent au simple souci. Puisque l'inquiétude est un souci excessif, alors elle est bien à distinguer du simple souci. Il arrive d'être préoccupé par des choses. Mais les deux ne sont pas identiques. Vous pouvez identifier la différence : un souci survient, on agit sagement et on prie. Tandis que quand l’inquiétude, ou le souci excessif, survient, on pense et on agit comme si tout nous incombait, ou, comme si tout est complètement hors du contrôle, et on ne prie que de désespoir.
2. La solution à l’inquiétude ne doit pas devenir de l’attentisme. La réponse au souci excessif n'est pas le “sans-souci”.  La réponse au souci excessif n'est pas simplement de devenir une personne paresseuse ou”décontractée”. Être souvent désengagé et indifférent peut revêtir l’apparence de la piété, alors qu’en fait ce n'est pas le cas. Nous connaissons tous des personnes attentistes. Peut-être l’êtes-vous vous-même. Cela peut sembler être une manière merveilleuse de vivre ! Mais il vaut la peine d’aller au-delà de cette attitude superficielle.
3. Le travail n'est pas nécessairement une expression de l'inquiétude. Une autre erreur commune est de penser que la manière d'éviter l'inquiétude est de devenir passif, et de simplement regarder à Dieu pour pourvoir à tous nos besoins. Les illustrations de Jésus au sujet des oiseaux et des plantes suggèrent que la passivité est la piété authentique. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Dieu peut pourvoir à la nourriture des oiseaux, mais ils doivent activement l'obtenir. Naturellement, travailler extrêmement dur pourrait être un signe que nous sommes dans un état chronique et profond de souci excessif ; mais ce n’est pas automatique.

Royaume du monde ou Royaume de Dieu ?

Ces avertissements posés, revenons à la définition de l’inquiétude. Le contexte plus large de Matthieu 6:25-34 clarifie l'essence même de l'inquiétude. L'enseignement de Jésus sur l'inquiétude vient de son célèbre Sermon sur la montagne où le défi qu'il lance à plusieurs reprises est : vivez-vous comme si cette vie sur terre était la finalité ou vivez-vous votre vie pour le Royaume des cieux ? Quel Dieu ? L'essence de l'inquiétude vient de votre recherche d’espoir, de confort et de sens dans quelque chose de temporel et de passager. Elle naît lorsque vous traitez quelque chose de la création en tant que “dieu”. Ainsi vous comptez sur elle, et cherchez votre bien en elle. Mais ce monde n’a pas la stabilité dont vous avez besoin pour être libre de toute inquiétude. Si vous mettez votre espoir dans des choses instables, vous serez instable. Votre loyauté est en conflit entre une chose provenant de la création (l’argent par exemple) et Dieu. Une chose provenant de la création (même bonne) peut usurper la place que seul Dieu mérite dans votre vie. Toutes les fois que vous placerez votre espoir ultime dans quoique ce soit en ce monde, vous lutterez avec l’inquiétude.
Nous pouvons bien dire que Dieu est la chose la plus importante dans nos vies, celui qui contrôle toutes choses. Mais en pratique, nous luttons pour vivre de cette manière à la lumière des circonstances auxquelles nous devons régulièrement faire face. L'inquiétude est un souci excessif qui vient d’un amour excessif pour une chose. Une chose qu’on aime plus que Dieu.

L'inquiétude est une opportunité à saisir

Comment l’inquiétude peut-elle être une opportunité à saisir ? Quand vous vous inquiétez, vous avez là une occasion de voir les choses qui ont tendance à capter votre attention plus que Dieu. Vos soucis excessifs révèlent votre amour excessif. C’est peut-être l’occasion de grandir. Jésus traite le problème à sa source et offre une solution plus profonde et plus substantielle : « Cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par dessus » (Matthieu 6:33).
Jésus nous ramène aux vraies priorités. « Pour quoi vivez-vous ? » demande-t-il. Il nous appelle à nous recentrer sur le Dieu vivant et ses priorités. Le prioritaire d’abord, le secondaire ensuite. Dès lors que nous mettrons cela en pratique, nous commencerons à être libérés de nos inquiétudes.

Timothy Lane est le président de Institute for Pastoral Care and co-auteur de Changer vraiment, comment ? avec Paul David Tripp. Il vit à Atlanta (É-U) avec son épouse, Barbara, et leurs quatre enfants.

tiré du site d'Evangile 21

mercredi 20 avril 2016

La Déclaration de Cambridge 1996-2016


Déclaration de Cambridge – Alliance des évangéliques confessants



Massachusetts (États-Unis) – 20 avril 1996

Aujourd’hui, les Églises évangéliques sont de plus en plus soumises à l’esprit du siècle, plutôt qu’à l’Esprit du Christ. En tant qu’évangéliques, nous nous exhortons les uns les autres à nous repentir de ce péché et à retrouver la foi chrétienne historique.
Au fil de l’histoire, les mots changent de sens. C’est ce qui est arrivé au mot « évangélique ». Dans le passé, il exprimait l’accord qui unissait des chrétiens appartenant à une grande diversité de traditions ecclésiastiques. Être « évangélique », c’était être soucieux de confesser sa foi. C’était croire les vérités essentielle du christianisme telles qu’elles ont été définies par les grands conciles œcuméniques de l’Église. De plus, les évangéliques se partageaient l’héritage commun des sola de la Réforme protestante du XVIe siècle.
Aujourd’hui, la lumière de la Réforme s’est nettement affaiblie et le mot « évangélique » s’est mis à recouvrir des réalités tellement diverses qu’il a perdu sa signification. L’unité forgée pendant des siècles est en grand danger. Face à cette crise et à cause de notre amour pour le Christ, pour son Évangile et pour l’Église, nous souhaitons formuler tout à nouveau notre adhésion aux vérités centrales de la Réforme, telles qu’elles ont été confessées historiquement par les évangéliques.

I. Sola Scriptura: l’érosion de l’autorité
L’Écriture seule, telle est la règle inerrante pour la vie de l’Église Or, à l’heure actuelle, une dissociation est effectuée entre elle et sa fonction d’autorité. L’Église – y compris parmi les « évangéliques » – se laisse trop souvent diriger, en pratique, par la culture ambiante. Techniques thérapeutiques, stratégies de marketing, rythme de la civilisation des loisirs correspondent mieux que la Parole de Dieu à ce qu’elle souhaite, à sa manière de fonctionner, à ce qu’elle offre. Nombre de pasteurs ont négligé, comme c’est leur rôle, de veiller de près sur le culte, y compris sur la substance doctrinale des chants. Au fur et à mesure que l’autorité biblique se diluait en pratique, que les vérités scripturaires s’estompaient dans l’esprit des chrétiens et que les doctrines perdaient leur pointe, l’Église a progressivement été dépouillée de son authenticité, de son autorité morale et du sens de sa vocation.
Au lieu de nous efforcer d’adapter la foi chrétienne pour qu’elle corresponde mieux aux besoins des consommateurs, nous devons proclamer la Loi de Dieu comme étant la norme de toute justice véritable et l’Évangile comme l’unique vérité qui sauve. L’Église a besoin de la vérité biblique pour comprendre ce qu’elle doit faire, pour s’édifier et pour exercer la discipline en son sein.
L’Écriture doit nous faire percevoir, au-delà des apparences trompeuses, quels sont nos besoins réels, et nous libérer de l’habitude de tout évaluer à l’aune des images séduisantes, des clichés, des promesses et des priorités d’une culture de masse. C’est à la seule lumière de la vérité de Dieu que nous pouvons nous comprendre et découvrir comment Dieu a pourvu à nos besoins. Il importe donc de prêcher et d’enseigner la Parole de Dieu dans l’Église Les sermons ont à présenter et à expliquer les enseignements bibliques et non à exposer les opinions du prédicateur ou les idées du moment. Nous ne devons rien accepter d’autre que ce que Dieu a donné.
L’œuvre du Saint-Esprit dans une expérience personnelle ne saurait être dissociée de l’Écriture L’Esprit ne s’exprime pas d’une manière qui s’écarte de l’Écriture Sans l’Écriture, nous n’aurions jamais connu la grâce de Dieu en Christ. Le critère de la vérité, c’est la parole biblique et non l’expérience spirituelle.
Première thèse: Sola Scriptura
Nous réaffirmons que l’Écriture inerrante est l’unique source de la révélation divine écrite et qu’elle seule peut lier notre conscience. Seule, la Bible enseigne tout ce qui est nécessaire pour notre salut et notre délivrance du péché; elle est la norme du comportement chrétien.
Nous nions qu’un credo, un concile, ou quiconque puisse lier la conscience du chrétien; que l’Esprit saint parle de manière indépendante de l’Écriture ou s’oppose à elle; que l’expérience spirituelle d’une personne puisse servir de véhicule à la révélation.

II. Solus Christus: l’érosion de la foi centrée sur Christ
Au fur et à mesure que la foi « évangélique » s’est sécularisée, ses intérêts se sont confondus avec ceux de la culture ambiante. Il en est résulté une perte de toute valeur absolue, le développement d’un individualisme permissif, la substitution du bien-être à la sainteté, de la guérison à la repentance, de l’intuition à la vérité, du feeling à la foi, du hasard à la providence et de la satisfaction immédiate à l’espérance persévérante. Le Christ et sa croix ne sont plus au centre de nos préoccupations.
Seconde thèse: Solus Christus
Nous réaffirmons que notre salut est accompli par l’œuvre de médiation du seul Christ historique. Sa vie sans péché et l’expiation qu’il a endurée à notre place sont pleinement suffisantes pour assurer notre justification et notre réconciliation avec le Père.
Nous nions que l’Évangile soit prêché si l’œuvre expiatoire du Christ n’est pas proclamée et si la foi en Christ et en son œuvre n’est pas sollicitée.

III. Sola Gratia: l’érosion de l’Évangile
La nature humaine déchue a suscité une confiance injustifiée dans les capacités de l’homme. Cette confiance dénuée de fondement existe maintenant dans la mouvance évangélique, qu’il s’agisse de l’Évangile de l’estime de soi ou de celui de la santé et de la richesse, que l’Évangile y soit transformé en produit à vendre et les pécheurs en consommateurs désireux de l’acheter, ou qu’on apprécie la vérité de la foi chrétienne à son efficacité. Tous ces dérapages portent atteinte à la doctrine de la justification en dépit des textes officiels de nos Églises
La grâce de Dieu en Christ est non seulement nécessaire, mais la seule cause efficace du salut. Nous confessons que les êtres humains naissent spirituellement morts et sont incapables de toute coopération avec la grâce qui régénère.
Troisième thèse: Sola Gratia
Nous réaffirmons que le salut par la grâce seule nous délivre de la colère de Dieu. L’œuvre surnaturelle du Saint-Esprit nous conduit au Christ en nous délivrant de l’esclavage du péché et en nous faisant passer de la mort à la vie spirituelles.
Nous nions que le salut soit, en quelque manière, une œuvre humaine. Les méthodes, les techniques et les stratégies sont, en elles-mêmes, incapables de susciter cette transformation. La nature humaine non régénérée ne peut pas susciter la foi.

IV. Sola Fide: l’érosion de l’article de foi principal
La justification est acquise par la seule grâce, au moyen de la foi seule, à cause de Christ et seulement de lui. Tel est l’article de foi sur lequel l’Église est fondée, autrement elle s’écroule. Aujourd’hui, nombre de responsables, de théologiens et de pasteurs qui se prétendent évangéliques le négligent, le déforment ou vont même jusqu’à le contester. L’homme déchu a, certes, toujours refusé d’admettre qu’il avait besoin que lui soit imputée la justice de Christ; aussi la modernité n’a-t-elle eu qu’à attiser cette opposition à l’Évangile biblique. Nous avons permis à cet état d’esprit d’influer sur la nature de notre ministère et sur notre prédication.
Nombre des membres du « mouvement de la croissance de l’Église » croient qu’une bonne compréhension sociologique de la mentalité des participants au culte est tout aussi importante pour la diffusion de l’Évangile que la proclamation de la vérité biblique. D’où un divorce entre les convictions théologiques et les pratiques du ministère. Dans de nombreuses Églises, le recours aux techniques du marketing accentue cette tendance en effaçant la différence entre Parole biblique et monde, en supprimant le scandale de la croix du Christ et en réduisant la foi chrétienne à des principes et des méthodes qui assurent le succès du business corporatif.
Même s’ils disent adhérer à la théologie de la croix, ces mouvements vident celle-ci de sa substance. Il n’y a pas d’autre Évangile que celui qui affirme que Christ s’est substitué à nous en prenant notre place, Dieu lui imputant notre péché et nous imputant sa justice. C’est parce que Christ a enduré le jugement que nous méritions que nous pouvons vivre de la grâce, Dieu nous ayant définitivement pardonnés, acceptés et adoptés comme ses enfants. En dehors de l’œuvre salvatrice du Christ, rien… pas même notre insertion sociale, notre engagement ou notre bonne volonté, ne fonde notre acceptation par Dieu. L’Évangile déclare ce que Dieu a fait pour nous en Christ et non ce que nous pouvons faire pour nous approcher de Dieu.
Quatrième thèse: Sola Fide
Nous réaffirmons que la justification est acquise par la seule grâce, au moyen de la foi seule, à cause de Christ et seulement de lui. Par la justification, la justice de Christ nous est imputée, car elle seule est capable de satisfaire la justice parfaite de Dieu.
Nous nions que la justification repose sur quelque mérite qui nous soit propre ou provienne d’une infusion en nous de la justice de Christ. Nous nions aussi qu’une institution, se prétendant une Église, puisse légitimement être reconnue comme telle si elle récuse ou condamne l’article de foi: Sola Fide.

V. Soli Deo Gloria: l’érosion d’une adoration centrée sur Dieu
Partout où, dans l’Église, l’autorité de la Bible est perdue, le Christ n’est plus au centre, l’Évangile est gauchi ou la foi pervertie, cela a toujours été pour une seule raison: nos intérêts ont supplanté ceux de Dieu et nous appliquons nos méthodes pour accomplir la mission qu’il nous a confiée. Il est malheureusement courant, aujourd’hui, que Dieu ne soit plus au centre de la vie de l’Église C’est pourquoi le culte se transforme en divertissement, la prédication de l’Évangile en opération de marketing, la foi en technique, l’éthique en feeling positif à notre endroit et la fidélité en réussite. Résultat: Dieu, le Christ et la Bible ont perdu beaucoup de leur sens et de leur importance à nos yeux.
Dieu n’est pas là pour satisfaire nos ambitions humaines, nos convoitises et nos appétits, ni même nos intérêts spirituels personnels. Aussi convient-il de centrer notre adoration sur Dieu lui-même plutôt que de rechercher la satisfaction de nos propres besoins. Dans le culte, Dieu est souverain, pas nous. Nous avons à nous soucier du Royaume de Dieu et non de notre puissance, de notre popularité ou de notre succès.
Cinquième thèse: Soli Deo Gloria
Nous réaffirmons que le salut, puisqu’il est de Dieu et a été accompli par lui, est à sa gloire; nous devons toujours l’en glorifier. Jusqu’à notre mort, nous avons à vivre devant la face de Dieu, sous son autorité et pour sa seule gloire.
Nous nions qu’il soit possible de glorifier Dieu en confondant culte et divertissement, en négligeant la Loi ou l’Évangile dans notre prédication ou en substituant à l’Évangile la recherche de l’épanouissement du moi, celle de l’auto-estime ou de la réalisation personnelle.

VI. Un appel à la repentance et à la réformation
La fidélité dont les Églises évangéliques ont fait preuve dans le passé s’inscrit en net contraste avec leur infidélité présente. Au début de ce siècle, les Églises ont soutenu un effort missionnaire remarquable et édifié de nombreuses institutions ou œuvres au service de la vérité biblique et du Royaume du Christ. Le comportement des chrétiens et leurs aspirations différaient, profondément, de ceux de leurs contemporains. Aujourd’hui, il en va souvent autrement. De nos jours, la mouvance évangélique est en train de perdre sa fidélité à la Bible, sa boussole morale, et son zèle missionnaire.
Aussi nous repentons-nous de notre trop grande conformité au monde. Nous avons succombé à l’attrait des faux « évangiles » de notre culture sécularisée. Nous avons affaibli le témoignage de l’Église par notre manque de vraie repentance, notre aveuglement face à nos propres péchés alors que nous les discernons si bien chez autrui, et par notre refus inexcusable de faire connaître autour de nous l’œuvre salvatrice de Dieu en Jésus-Christ.
Nous invitons donc avec instance les évangéliques qui s’écartent d’elle sur les points évoqués jusqu’ici à revenir à la Parole de Dieu. Notre appel s’adresse aussi à ceux qui affirment l’existence d’une espérance de vie éternelle en dehors d’une foi explicite en Jésus-Christ, à ceux qui prétendent que les hommes qui rejettent le Christ dans cette vie seront annihilés dans l’autre et ne subiront pas le juste jugement de Dieu dans une souffrance éternelle, ou à ceux qui affirment qu’évangéliques et catholiques romains sont un en Christ même là où la doctrine biblique de la justification est abandonnée.
L’Alliance des évangéliques confessants exhorte tous les chrétiens à tenir compte de la présente déclaration dans le culte de leur Église, comme dans son ministère, ses actions, sa vie et son annonce de l’Évangile.

Pour l’amour de Christ. Amen.


1 Cette déclaration a été publié dans Here we Stand: a Call from Confessing Evangelicals, J. M. Boice et B. E. Sasse, éditeurs (Grand Rapids: Baker, 1996), 14-20. Elle a été suscitée par la situation des « évangéliques » en Amérique du Nord; il n’est pas sans intérêt pour ceux du vieux continent d’en prendre connaissance et de se demander si et dans quelle mesure elle pourrait s’appliquer à la leur. Le principal traducteur de ce texte est M. Frank Horton, ancien directeur de l’Institut biblique Emmaüs (Suisse). Tiré de La Revue Réformée
N° 193 – 1997/2 – MARS 1997 – TOME XLVIII

dimanche 6 mars 2016

vendredi 1 janvier 2016

Chers amis,

L'Eglise Luthérienne en Poitou vous présente ses meilleurs voeux pour l'année 2016.

Que Dieu vous bénisse!

dimanche 13 décembre 2015

Santa Lucia: luthérienne...et européenne


Aujourd'hui 13 décembre, les églises luthériennes scandinaves célèbrent la Sainte Lucie. Lucie était une chrétienne italienne, martyre de la foi sous Dioclétien aux alentours de 300 ap.JC.

Son culte s'est répandu au cours du Moyen-Age et, même si la Réforme a aboli le culte des saints, la célébration de sa fête s'est maintenue dans l'Europe du Nord luthérienne. C'est en Suède que la fête prend le plus d'importance, mais elle est aussi célébrée au Danemark (avec un caractère religieux marqué), en Norvège en Finlande et par les nombreux descendants de l'émigration scandinave aux Etats-Unis.

Chaque 13 décembre en Suède, chaque ville élit sa Lucia, portant une couronne de bougies, et ses demoiselles d'honneur; comme elle vêtues de blanc avec une étole rouge.
Les garçons ne sont pas en reste et peuvent accompagner leurs amies, notamment en jouant le rôle de stjärngossar, portant un chapeau pointu et étoilé. Les Lucia et leur suite se rendent ensuite dans les lieux publics, les églises et les maisons de retraite pour chanter des cantiques et distribuer des gâteaux.

Le chant le plus connu de cette fête est le Sankta Lucia, dont l'air est d'origine napolitaine. C'est que le culte de Sainte Lucie reste vivace dans certaines d'Europe méridionale et catholique (Sicile, Corse, Croatie...). D'une certaine façon, la Sainte Lucie unit donc un peu toute l'Europe.

Le maintien de cette célébration est sans doute dû au fait que la symbolique de la Sainte Lucie épouse bien la date du 13 décembre, ancienne date du Solstice d'hiver dans le calendrier julien. La Sainte Lucie est une fête de la lumière, de la victoire sur les ténèbres. Située au coeur de l'Avent, Elle nous rappelle que Jésus est la lumière qui est venue dans le monde!

dimanche 29 novembre 2015

La méthode douce

Après la mort du philosophe Dallas Willard, des gens de partout lui ont rendu hommage. L’un de ces témoignages, de Gregg Ten Elshof, a récapitulé ce que beaucoup de gens disent avoir vécu :

« Ayant été si profondément influencé par ses écrits, j’ai été agréablement surpris de constater qu’il était beaucoup plus impressionnant que ses œuvres. Être en sa compagnie équivalait à s’approcher du royaume de Dieu. Sa simple présence semblait communiquer la paix, la sécurité, l’amour et l’acceptation de Dieu. Il était presque impossible de s’inquiéter de quoi que ce soit en sa compagnie. Un simple regard, une parole aimable ou une marque affectueuse de sa part ont su maintes fois désamorcer la colère, le mépris, la crainte et d’autres malaises intérieurs. »
Malheureusement, en parlant des chrétiens, les gens les décrivent rarement comme étant doux. Comme partout ailleurs, l’église peut être un endroit où les croyants se disputent et interagissent durement, et utilisent leur pouvoir de manière à dénigrer ou à blesser autrui.
Lire Éphésiens 4.25-32
Avant d’ouvrir la Bible, demandez au Saint-Esprit de vous révéler ce qu’il veut que vous retiriez de ce passage. Puis lisez-le, en notant vos premières impressions. Vous posez-vous des questions? Êtes-vous dérouté par quoi que ce soit? Quels versets se rapportent à votre situation actuelle, et comment vous parlent-ils?

La réalité décrite dans ce verset s’éloigne grandement du mode de vie que Dieu désire que nous adoptions, celui que Jésus nous a démontré. L’apôtre Paul appelle tous ceux qui veulent suivre le Seigneur à manifester les vertus associées à son royaume : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ » (Ép 4.32). De nombreux aspects du caractère chrétien se résument à l’instruction la plus simple, celle que nous enseignons à nos enfants : Sois gentil. Combien de divisions et de blessures seraient évitées si nous apprenions simplement à bien nous traiter mutuellement?
À quoi ressembleraient nos communautés chrétiennes si elles vivaient selon l’attitude que Paul décrit? Si une personne de notre voisinage reconnaissait qu’elle a besoin d’aide, l’église serait-elle la première place où elle penserait à aller? Quand notre cœur est tendre, nous nous soucions plus du bien-être des autres que de notre réputation ou de notre image. Nous tendons la main à ceux qui sont blessés et qui souffrent, à ceux qui semblent offrir peu d’avancement à notre mission. Quand nous apprenons l’art de la douceur, nous possédons un cœur assez grand pour partager les larmes et les peines d’autrui. Nous vivons en paix avec eux et avec Dieu, et chaque grâce reçue fait notre bonheur.
De plus, les paroles de Paul exigent que notre douceur nous fasse renoncer à utiliser la peur, la manipulation et le pouvoir pour persuader les gens, même si la fin justifiait les moyens. Être doux signifie que nous n’insistons pas pour « avoir raison » si, par là, nous blessons l’autre. La douceur veut dire pardonner quand on nous a causé du tort et, comme Jésus au Calvaire, renoncer à se venger. Cela signifie aussi abandonner la colère et les paroles blessantes. Comme Paul l’a écrit aux versets 31 et 32 : « Que toute amertume […] toute colère […] et toute calomnie, disparaissent du milieu de vous […] vous pardonnant réciproquement […]. » L’apôtre ne favorise pas une foi boiteuse et anémique, mais une « douce force » digne du Sauveur qui a tendrement porté nos péchés sur la croix.

Réfléchir
Inscrivez vos pensées dans l’espace réservé à vos notes ou dans un journal.

  • Lisez deux des descriptions bibliques les mieux connues des vertus et du caractère chrétiens : les Béatitudes (Mt 5.1-11) et le fruit de l’Esprit (Ga 5.22,23). Remarquez les thèmes se rapportant à la douceur et à la bonté. Comment ces thèmes sont-ils soulignés? Quel lien voyez-vous entre la bénédiction que Jésus accorde à ceux qui sont doux, aux miséricordieux et à ceux qui procurent la paix, et l’affirmation de Paul selon laquelle l’œuvre de l’Esprit se distingue, entre autres, par l’amour, la bonté et la douceur?
  • Réfléchissez aux diverses actions et attitudes que Paul dit aux chrétiens de rejeter : l’amertume, l’animosité, la colère, la clameur (en d’autres termes, se disputer, chercher querelle), la calomnie et la méchanceté. Puisque ces traits attestent une attitude belliqueuse et une position peu aimable envers notre prochain, quelles sont les implications particulières de chacune? Comment s’opposent-elles à l’appel de Paul à être « bons les uns envers les autres »? (Ép 4.32.)
  • Paul a écrit : « Que votre douceur soit connue de tous les hommes […] » (Ph 4.5). Comment Jésus a-t-il incarné la force ainsi que la douceur? Comment son attitude contraste-t-elle avec celle que vous voyez souvent à l’intérieur et à l’extérieur de l’église?

Réagir
  • Pensez à l’une de vos connaissances que vous pourriez décrire comme ayant un cœur tendre. Qu’est-ce qui vous attire à elle, et comment vous sentez-vous en sa présence?
  • Avec qui et dans quels types de situations trouvez-vous le plus difficile de faire preuve de douceur et de bonté? Pourquoi selon vous?
  • Décrivez des situations où vous avez été victime de manipulation, de contrainte, d’abus de pouvoir, ou encore où vous avez simplement affronté une personne qui persistait à avoir raison ou à avoir le dernier mot. Comment ces situations auraient-elles été différentes si les gens concernés avaient fait preuve de douceur?
Récapituler
  • Écoutez les actualités au cours des semaines à venir, et essayez d’y découvrir des expressions de douceur. Comment décrirez-vous ce que vous observez?
  • Mémorisez Éphésiens 4.32. Remarquez comment vos interactions avec vos collègues, votre famille et vos amis prennent une nouvelle tournure lorsque vous laissez la parole de Dieu transformer vos interactions.
  • Ce mois-ci, prêtez attention aux médias sociaux, et imaginez à quel point Facebook et Twitter seraient transformés si la douceur y était la norme.
tiré de Ministères En Contact

Avent 2015-1: Après la longue attente (Luc 1.1-25)

dimanche 1 novembre 2015

dimanche 18 octobre 2015

RUTH 1.1-19

Ruth and Naomi - a portrait by Guy Rowe.
A l'époque où les chefs gouvernaient Israël, une famine survint dans le pays. Un homme de Bethléhem en Juda partit séjourner avec sa femme et ses deux fils dans la campagne du pays de Moab.
2 Cet homme s'appelait Elimélek, sa femme Noémi et ses deux fils Mahlôn et Kilyôn. Ils faisaient partie des Ephratiens, de Bethléhem en Juda. Ils parvinrent en Moab, dans la campagne, et s'y établirent.
3 Elimélek, le mari de Noémi, mourut là et elle resta seule avec ses deux fils.
4 Ils épousèrent des femmes moabites, dont l'une s'appelait Orpa et l'autre Ruth. Ils demeurèrent là une dizaine d'années,
5 puis Mahlôn et Kilyôn moururent à leur tour, et Noémi resta seule, privée à la fois de ses deux fils et de son mari.
6 Lorsqu'elle apprit que l'Eternel était intervenu en faveur de son peuple et qu'il lui avait donné de quoi se nourrir, Noémi se mit en route avec ses deux belles-filles pour rentrer du pays de Moab.
7 Elles quittèrent donc ensemble l'endroit où elles s'étaient établies et prirent le chemin du pays de Juda.
8 Alors Noémi dit à ses deux belles-filles:
---Allez et rentrez chacune dans la famille de votre mère! Que l'Eternel soit bon pour vous, comme vous l'avez été pour ceux qui sont morts et pour moi-même.
9 Qu'il vous donne à chacune de trouver le bonheur dans un nouveau foyer.
    Puis elle les embrassa pour prendre congé. Les deux jeunes femmes pleurèrent à gros sanglots
10 et lui dirent:
    ---Non! nous t'accompagnerons dans ta patrie.
11 Noémi leur répondit:
---Retournez chez vous, mes filles! Pourquoi viendriez-vous avec moi? Je ne peux plus avoir des fils qui pourraient vous épouser.
12 Retournez chez vous, mes filles, allez! Je suis trop âgée pour me remarier. Et même si je disais: «J'ai de quoi espérer des enfants, je me donnerai à un mari cette nuit même et j'en aurai des fils,
13 attendriez-vous qu'ils aient grandi et renonceriez-vous pour cela à vous remarier? Bien sûr que non, mes filles! Je suis bien plus affligée que vous, car l'Eternel est intervenu contre moi.»
14 Alors les deux belles-filles se remirent à sangloter. Finalement, Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth resta avec elle.
15 Noémi lui dit:
---Regarde: ta belle-sœur est partie rejoindre son peuple et ses dieux, fais comme elle: retourne chez les tiens!
16 Mais Ruth lui répondit:
---N'insiste pas pour que je te quitte et que je me détourne de ta route; partout où tu iras, j'irai; où tu t'installeras, je m'installerai; ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu.
17 Là où tu mourras, je mourrai aussi et j'y serai enterrée. Que l'Eternel me punisse avec la plus grande sévérité, si autre chose que la mort me sépare de toi!
18 Devant une telle résolution à la suivre, Noémi cessa d'insister
19 et elles s'en allèrent toutes deux ensemble jusqu'à Bethléhem. 

 


Toujours un peu étrange pour moi de prêcher sur ce texte, puisqu'il figurait en bonne place dans notre liturgie de mariage. Mais bon, ça, « c'est ma vie ».
Et bien justement : l'histoire de Ruth est une histoire qui nous dit que Dieu agit dans nos vies, qu'il agit même dans nos erreurs et qu'en fait, nous devrions nos vies inscrites dans le grand plan de Dieu. C'est l'histoire de Ruth.
Cette histoire, elle commence à l'époque des Juges (v.1), une période de chaos politique, moral et spirituel. L'auteur raconte qu'en plus de ce contexte déjà difficile : « une famine survint dans le pays. Un homme de Bethléhem en Juda partit séjourner avec sa femme et ses deux fils dans la campagne du pays de Moab.2 Cet homme s'appelait Elimélek, sa femme Noémi et ses deux fils Mahlôn et Kilyôn. Ils faisaient partie des Ephratiens, de Bethléhem en Juda. Ils parvinrent en Moab, dans la campagne, et s'y établirent. »
Israël et Moab étaient deux nations voisines, mais surtout ennemies, qui se livraient une guerre sans merci. C'est là qu'on voit le premier point de l'histoire de Ruth. Elimélek et sa famille font le choix de quitter le pays donné par Dieu pour aller s'installer dans une nation païenne. Et on ne peut même pas dire que c'est la faim qui les a poussés, car Noémi dira qu'elle était « dans l'abondance » quand elle est partie ! L'histoire commence avec un manque de foi et une infidélité d'une famille israélite qui, comme Lot allant vers Sodome, fait le choix de la facilité. Hélas pour cette famille, les choses vont mal aller
3 Elimélek, le mari de Noémi, mourut là et elle resta seule avec ses deux fils.4 Ils épousèrent des femmes moabites, dont l'une s'appelait Orpa et l'autre Ruth. Ils demeurèrent là une dizaine d'années,5 puis Mahlôn et Kilyôn moururent à leur tour, et Noémi resta seule, privée à la fois de ses deux fils et de son mari.


Quelle suite de deuils ! Quelle tristesse ! Mais tristesse aussi de voir que la famille d'Elimélek s'était encore plus enfoncée dans l'infidélité en mariant les fils avec deux Moabites païennes !
A présent Noémi n'avait plus rien qui la retenait en Moab : Lorsqu'elle apprit que l'Eternel était intervenu en faveur de son peuple et qu'il lui avait donné de quoi se nourrir, Noémi se mit en route avec ses deux belles-filles pour rentrer du pays de Moab.7 Elles quittèrent donc ensemble l'endroit où elles s'étaient établies et prirent le chemin du pays de Juda.8 Alors Noémi dit à ses deux belles-filles:---Allez et rentrez chacune dans la famille de votre mère! Que l'Eternel soit bon pour vous, comme vous l'avez été pour ceux qui sont morts et pour moi-même.9 Qu'il vous donne à chacune de trouver le bonheur dans un nouveau foyer.Puis elle les embrassa pour prendre congé. Les deux jeunes femmes pleurèrent à gros sanglots10 et lui dirent:
--Non! nous t'accompagnerons dans ta patrie.
La culture de l'époque demandait à une belle-fille de demeurer avec sa belle-famille, même si son époux venait à mourir. Mais Noémi est conscient des difficultés qui attendent ses brus : elles vont devenir des étrangères pauvres, et il est douteux qu'on homme israélites leur propose de se remarier... Noémi estime donc préférable pour les deux jeunes femmes de rester dans leur pays et elle les libèrent de leurs obligations.
Opra et Ruth insistent pourtant pour rester avec leur belle-mère. Mais il semble que pour Opra, il ne s'agisse que d'une politesse formelle. Pour Ruth, c'est différent :
Retournez chez vous, mes filles, allez! Je suis trop âgée pour me remarier. Et même si je disais: «J'ai de quoi espérer des enfants, je me donnerai à un mari cette nuit même et j'en aurai des fils,13 attendriez-vous qu'ils aient grandi et renonceriez-vous pour cela à vous remarier? Bien sûr que non, mes filles! Je suis bien plus affligée que vous, car l'Eternel est intervenu contre moi.»14 Alors les deux belles-filles se remirent à sangloter. Finalement, Orpa embrassa sa belle-mère, mais Ruth resta avec elle.

Orpa, libérée de ses obligations, fait le choix de saisir cette opportunité et de redémarrer une nouvelle vie. Mais Ruth, elle, reste avec Noémi ! « Non, je suis vraiment sérieuse : je reste avec toi !! »

Ce qui explique l'attitude de Ruth, ce n'est pas tant son attachement à Ruth mais sa foi évidente dans le vrai Dieu. Quand Noémi insiste encore en disant qu'Orpa est repartie vers son peuple et ses dieux, la réponse de Ruth est catégorique : N'insiste pas (...) partout où tu iras, j'irai; où tu t'installeras, je m'installerai; ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu.

Ruth était païenne d'origine ; peut-être s'était-elle pliée aux rituels juifs pour se marier (à moins que ce ne soit son époux qui ait suivi les rituels païens). Mais, d'une façon ou d'une autre, Dieu a agi dans la vie de Ruth et l'a amenée à se tourner vers lui. Cela ne veut pas dire que les enfants de Dieu aient le droit de se marier avec des incroyants : Dieu ne promet pas la conversion du conjoint et il ne faut pas le tenter ! Ce qui est vrai, c'est que Ruth avait la foi

ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu.

Mon peuple, MON Dieu

Un auteur chrétien des premiers siècles, Tertullien, a dit « on ne naît pas chrétien, on le devient ». Hélas, beaucoup confondent la foi et la religiosité. Il y a une différence ? Oh oui, et une différence vitale ! La religiosité, ce sont ces baptêmes que des gens qu'on n'a pas vu au culte depuis 20 ans demandent pour leur enfant qui vient de naître ; la religiosité, ce sont ces familles qui s'attendent à ce que le pasteur répondre « présent » pour enterrer un païen notoire, la religiosité, ce' sont ces « premières communions » qui sont la plupart du temps les dernières... La religiosité est un ensemble de rituels vides de sens et de toute valeur spirituelle. La spiritualité, ce sont des milliers de gens baptisés, confirmés, mariés au temple partis vers l'enfer ! La foi, elle, est personnelle
La vraie foi, elle, est personnelle : Ruth peut dire « mon Dieu ». La foi, elle est vivante et active : c'est par la foi que Ruth suit Noémi et change de vie ; et c'est vrai que le fruit d'une authentique conversion, c'est une vie changée !

C'est par la foi que Ruth a marché, et c'est ainsi qu'elle devenue (sans même le savoir) un chaînon dans le plan du salut divin. A Bethléem ; Ruth va rencontrer un homme juste et bon, Boaz. Boaz est de la famille de Noémi, et Il dispose de ce que l'on appelle le « droit de rachat » [quand le proche parent d'un défunt possède le droit de rachat sur ses terres, le devoir d'épouser la veuve du défunt laissée sans descendance et la possibilité de racheter un parent tombé en esclavage). Et Boaz, contrairement à beaucoup d'hommes de cette époque ne va pas fuir cette responsabilité. Boaz épouse Ruth et ils ont un fils Obed. Obed aura un fils Jessé et Jessé sera le père de David, qui deviendra roi d'Israël et ancêtre selon les hommes de notre Seigneur Jésus-Christ. Ruth a, dans la foi, contribué à amener le Sauveur promis.
Près de 12 siècles après, Jésus est né à Bethléem « ville de David », de Boaz, de Ruth...

Dieu VOUS pardonne VOS péchés, parce que le Messie promis, auquel croyait Ruth, est enfin venu racheter le monde. Comme le dit Pierre en Actes : «  Mais Dieu a accompli de cette manière ce qu'il avait annoncé d'avance par tous ses prophètes: le Messie qu'il avait promis d'envoyer devait souffrir (…) Tous les prophètes ont parlé de lui en disant que tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »

Devant Jésus, nous sommes comme Ruth appelés à un foi personnelle, votre foi personnelle. Peu importe que vous veniez d'une famille croyante ou, comme Ruth, des ténèbres du paganisme. La seule question est celle du vieux cantique « Que feras-tu de Jésus ? ». Est-ce que tu peux dire comme l'apôtre Thomas : « il est mon Sauveur et mon Dieu »

L'histoire de Ruth c'est aussi celle de Noémi. Noémi qui a connu tant d'épreuves et de tragédies dans sa vie, mais qui a aussi pu voir l'onction de Dieu, qui guérit, qui restaure, à tel point que ses amies ont pu lui dire « Dieu te fait revenir à la vie » (4.15NBS)
C'est une histoire qui nous incite en l'espérance, parce qu'elle nous montre que les épreuves et même nos erreurs n'empêcheront pas les bénédictions du Seigneur de se déverser sur nous.
Paul dit en Romains : « Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous? Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment, de ceux qui ont été appelés conformément au plan divin. »
Noémi a pu croire que Dieu se déchaînait contre elle, mais la Bible assure le contraire au croyant : Dieu est avec nous et pour nous. C'est aussi cela
l'histoire de Ruth.










dimanche 11 octobre 2015

JOSUE 1:1-9

Après la mort de Moïse, serviteur de l'Eternel, l'Eternel dit à Josué, fils de Noun, l'assistant de Moïse:
2 ---Mon serviteur Moïse est mort. Maintenant donc, dispose-toi à traverser le Jourdain avec tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je donne aux Israélites.
3 Comme je l'ai promis à Moïse, je vous donne tout endroit où vous poserez vos pieds.
4 Votre territoire s'étendra du désert jusqu'aux montagnes du Liban et du grand fleuve, l'Euphrate, à travers tout le pays des Hittites jusqu'à la mer Méditerranée, à l'ouest.
5 Tant que tu vivras, personne ne pourra te résister, car je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse, je ne te délaisserai pas et je ne t'abandonnerai pas.
6 Prends courage et tiens bon, car c'est toi qui feras entrer ce peuple en possession du pays que j'ai promis par serment à leurs ancêtres de leur donner.
7 Simplement, prends courage et tiens bon pour veiller à obéir à toute la Loi que mon serviteur Moïse t'a prescrite, sans t'en écarter ni d'un côté ni de l'autre. Alors tu réussiras dans tout ce que tu entreprendras.
8 Aie soin de répéter sans cesse les paroles de ce livre de la Loi, médite-les jour et nuit afin d'y obéir et d'appliquer tout ce qui y est écrit, car alors tu auras du succès dans tes entreprises, alors tu réussiras.
9 Je t'ai donné cet ordre: Prends courage et tiens bon, ne crains rien et ne te laisse pas effrayer, car moi, l'Eternel ton Dieu, je serai avec toi pour tout ce que tu entreprendras.

pour le fichier audio cliquer ici



En tant que croyants, nous devrions nous voir comme marchant sur un chemin spirituel. Cela veut dire que nous sommes sensés avancer, mais trop souvent quelque chose vient nous bloquer et nous empêcher de marcher à la suite de Dieu et de recevoir ses bénédictions. C'est ce qui est arrivé au peuple d'Israël quand il est arrivé devant le Pays promis la première fois. Le pays était bon, mais occupé par des peuples cruels et puissants. Alors le peuple a pris peur et n'a pas voulu aller plus avant. Ils ont tout simplement oublié ce que Dieu avait fait pour eux : la libération d’Égypte, le passage de la Mer, la nourriture venue du ciel... ils n'ont pas voulu croire que Dieu pouvait les aider à vaincre leurs ennemis. Le manque de foi marche souvent avec la désobéissance. Alors Dieu a puni le peuple, qui a dû marcher dans le désert jusqu'à ce que la génération rebelle. Mais après ce temps, Dieu va de nouveau mettre son peuple en marche, avec un nouveau leader : Josué.
Comment aller de là où nous sommes vers où Dieu veut que nous allions ? C'est un peu ce que notre texte nous explique.


La première chose que nous voyons est que c'est Josué qui va maintenant diriger le peuple. Josué était un homme de foi : il était un des rares à avoir voulu entrer dans le Pays promis. Mais les choses ont changé : Moïse est mort, et Josué passe d'un rôle d'aide du chef à celui de chef du peuple. C'est quand même un défi !
Après la mort de Moïse, serviteur de l’Éternel, l’Éternel dit à Josué, fils de Noun, l'assistant de Moïse:2 ---Mon serviteur Moïse est mort. Maintenant donc, dispose-toi à traverser le Jourdain avec tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je donne aux Israélites.


Josué est appelé par Dieu, tout comme Moïse l'avait été (voir sermon de la semaine dernière). Parlez moi d'une situation stressante : devoir diriger tout un peuple (qui plus est pas un peuple facile), les mener à la bataille contre des ennemis farouches, créer une nouvelle société... Mais par la foi, Josué est entré dans ce défi que Dieu mettait devant lui.
Le premier obstacle, c'était le Jourdain, qu'il fallait franchir pour entrer dans le pays. Or, nous savons que «  C'était l'époque de la moisson où le Jourdain déborde continuellement par-dessus ses rives. » (3.15)
Les choses auraient été plus faciles si la rivière avait été plus à sec ! Cependant, je crois que nous honorons particulièrement Dieu quand nous lui faisons confiance dans les situations difficiles. Nous devons tous faire face à des « rivières en crue » dans nos vies. Dieu veut que nous les traversions avec lui, en faisant face. On voit d'ailleurs que Dieu a produit un grand miracle à cette occasion : « Au moment où ceux qui portaient le coffre arrivèrent sur ses bords et où ces prêtres mirent les pieds dans l'eau,16 les eaux venant de l'amont cessèrent de couler et formèrent comme un mur sur une grande distance, à partir de la ville d'Adam située à côté de Tsartân, tandis qu'en aval, les eaux qui descendaient vers la mer de la vallée du Jourdain, c'est-à-dire la mer Morte, s'écoulèrent. ». Cela a dû rappeler le passage de la Mer Rouge, et cela nous rappelle à nous que Dieu aime révéler son pouvoir en faveur de nous quand nous sommes confrontés à de grands défis, de grands problèmes.


L'autre défi auquel Josué et le peuple doivent faire face, c'est celui de l'inconnu. Les israélites devaient aller vers un endroit qu'ils ne connaissaient pas, vers un pays qui leur avait été promis, mais qui leur était inconnu. C' était une génération nouvelle, qui n'avait pas certains repères. Nous aussi, nous devons faire face à l'inconnu. Personne ne sait ce que l'avenir réserve. Reconnaissons le : nous n'aimons pas l'inconnu, parce qu'il est angoissant, déstabilisant. C'est pour cette raison je crois que beaucoup de gens préfèrent rester dans une situation compliquée plutôt que s'engager dans un autre chemin. Nous sommes pourtant appelés à suivre Dieu en terrain inconnu, ce qui créera en nous un sentiment de dépendance qui peut mener à la victoire.


Cela pointe vers un élément essentiel : reconnaître que Dieu est impliqué dans nos vies. Dieu dit à Josué « Tant que tu vivras, personne ne pourra te résister, car je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse, je ne te délaisserai pas et je ne t'abandonnerai pas » (v.5)
C'est vrai que la mission confiée à Josué était immense. Mais les promesses de Dieu pour lui l'étaient tout autant ! Dieu ne nous lance pas dans la bataille pour nous abandonner ensuite. Il n'est pas du genre « armons-nous et partez ». Cette promesse «  je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse », Jésus l'a aussi faite à ses disciples « je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde ».
Dieu a voulu rappeler à Josué qu'il allait pouvoir faire face à tout, qu'il allait pouvoir triompher, non pas parce qu'il était plus fort, ou plus intelligent, ou plus saint, mais parce qu'il était avec lui.
Il est encore une fois essentiel de toujours se rappeler que cette promesse de la présence divine à nos côtés, elle est aussi nôtre en Jésus-Christ.
Cette présence, elles est personnelle. Dieu ne se contente pas d'envoyer des anges : c'est lui-même qui est là avec nous. Cette présence, elle est aussi permanente : Josué reçoit la promesse que Dieu sera toujours avec lui. Est-ce que ça veut dire que tout a roulé comme sur du velours dans la vie de Josué ? Pas du tout ! Il y a eu des difficultés, des batailles... mais Dieu a toujours été là. C'est une des grandes questions « où est Dieu ?? »... même les croyants se la posent parfois. Il y a eu des moments dans l'histoire du peuple où la présence de Dieu était visible, tangible, comme avec la nuée qui guidait les israélites. Les choses ont changé, mais le fait que la présence divine ne soit plus visible ne la rend pas moins certaine. Ne nous basons pas sur nos impressions ou nos manques mais sur les promesses de Dieu.
Et puis aussi, si nous avons vraiment faim de la présence du Père, prenons aussi garde à ne pas attrister l'Esprit Saint qui en rend témoignage. Nous pouvons le faire par notre laisser-aller, par notre désobéissance... toutes ces choses peuvent nous priver de l'intimité avec Dieu, du sentiment qu'il est tout près de nous dont nous avons pourtant tellement besoin !
Cela mène à notre troisième point :
« Simplement, prends courage et tiens bon pour veiller à obéir à toute la Loi que mon serviteur Moïse t'a prescrite, sans t'en écarter ni d'un côté ni de l'autre. Alors tu réussiras dans tout ce que tu entreprendras. »
Dieu avait donné par Moïse une loi à Israël, et le peuple devait continuer à suivre cette loi s'il voulait être béni.
Nous sommes des croyants de la Nouvelle Alliance, qui a complètement été accomplie en Jésus-Christ. Mais le fait, par exemple, que l'Esprit ait été plus répandu qu'il ne l'était à l'époque de Josué ne veut pas dire que nous pouvons nous laisser aller à négliger la Parole de Dieu, bien au contraire. En fait, l'amour de la Bible est un des premiers signes d'une vraie action de l'Esprit dans la vie d'un croyant ou d'une église.
Ce respect de la Parole de Dieu doit être complet (« toute la Loi ») : nous n'avons pas à choisir ce qui nous plaît et laisser ce qui ne nous arrange pas. Dieu dit aussi de ne s'écarter de sa Parole «  ni d'un côté ni de l'autre ». Cette Parole, nous devons la suivre tout le temps : dans notre vie quotidienne, au travail, en famille... la foi n'est pas une chose limitée au dimanche matin, et notre obéissance doit être constante.


Dieu a choisi Josué pour guider son peuple dans le Pays Promis. Mais ce qu'il faut comprendre c'est aussi que Josué est un type (une préfiguration) de Jésus-Christ. D'ailleurs, ce sont les mêmes prénoms : « Dieu sauve ».
- Josué est venu après Moïse et de même, Jésus succède à la Loi mosaïque.
- Josué a mené le peuple à la pleine victoire (Jos 21.43-45 L’Éternel donna aux Israélites tout le pays qu'il avait promis par serment à leurs ancêtres. Ils en prirent possession et s'y établirent.)
Jésus est celui qui assure une pleine victoire à son peuple ((Ro 8:37 Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.)


- Josué a tenu les Cananéens en échec (Jos 17.18)
Jésus-Christ est le grand vainqueur de ses ennemis, celui qui triomphe du monde (Jn 16.33 ; Ap 17.14 Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. / Ils combattront contre l'agneau, et l'agneau les vaincra, parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et les appelés, les élus et les fidèles qui sont avec lui les vaincront aussi. )


- Josué plaida en faveur du peuple d'Israël (Jos 7.6-9)
Jésus-Christ plaide la cause de son peuple à la manière d'un avocat (1Jn 2.1 si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste. )


- Josué partagea le pays de Canaan aux 12 tribus d'Israël (Jos 23.1-4)
Jésus-Christ partage les fruits de sa victoire avec son peuple (Eph 1.3, 11, 14
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ! En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté, En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint Esprit qui avait été promis, 1.14lequel est un gage de notre héritage)


Nous sommes appelés à avancer, et notre guide est sûr : Jésus lui-même !!